Premières lignes #24novembre

Premières lignes cette semaine après un petit break pour causes de NaNo (le NaNo avançant pas trop mal, j’ai le temps d’écrire un peu sur le blog).
Attention, on s’accroche dès les premières lignes (j’explique ensuite) :

« J’étais une fille autrefois, c’est fini. Je pue. Couverte de croûtes de sang, mon pagne en lambeaux. Mes entrailles, un bourbier. Emmenée en trombe à travers cette forêt que j’ai vue, cette première nuit d’effroi, quand mes amies et moi avons été arrachée à l’école. « 

Je ne vais pas continuer le récit d’horreur de cette jeune fille (fictive) mais qui reprend celui de ces lycéennes enlevées par Boko Haram au Nigéria. Car c’est le propos de Girl, le roman basé sur de vrais faits, écrit pas la grande écrivaine irlandaise Edna O’Brien. 

Girl

 

Quand je suis allée chercher le roman, réservé à la médiathèque ( à cause de son succès) j’ai vu le visage de la bibliothécaire se décomposer un peu : nous le cherchions toutes les deux, nous le trouvions pas dans les réservations,  et soudain, elle me dit « Ah… « Girl, c’est ce roman… « . En rentrant, j’ai regardé le livre en me demandant bien ce qu’il avait de spécial.
En fait, il fait partie des romans difficiles, si je peux dire ça comme ça. Difficile pour deux raisons : la première partie est consacrée au rapt des lycéennes et aux violences et viols, souvent racontés en détail. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché… Mais j’ai envie de dire que si on a eu envie d’ouvrir le livre, on ne s’attendait sûrement pas à avoir de la chick-lit ou de la romance. Ou alors, on a mal lu le résumé….
Difficile aussi, en ce qui concerne le style, particulièrement dans la seconde partie du roman où le personnage principale, Maryam, s’échappe et survit. A ce moment commence pour elle une longue période d’errance, de confusion. Elle tente de retrouver les siens, de reprendre sa vie là où elle l’avait laissée. Et, forcément, ce n’est pas possible. Edna O’Brien restitue le trauma vécu en cassant la temporalité, en hachant le rythme, en brouillant les temps de narration – et je peux vous dire que pour le lecteur, la tâche devient compliquée !
Car, si le but est atteint : on est vraiment plongé dans la parfaite confusion, il en résulte aussi beaucoup d’exaspération.
Cette seconde partie aborde d’autres thèmes comme le rejet, la honte, la culpabilité, toute la complexité de la nature humaine….

Le livre est puissant, incroyablement documenté (l’autrice est allée sur place, à plus de 80 ans). Il n’est pas facile, il n’est pas agréable mais il est fort et il mérite que l’on prenne le temps de le lire.

Interview d’Edna O’Brien 

 

Résumé : S’inspirant de l’histoire des lycéennes enlevées par Boko Haram en 2014, l’auteure irlandaise se glisse dans la peau d’une adolescente nigériane.
Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle, comme en apnée, le rapt, la traversée de la jungle en camion, l’arrivée dans le camp, les mauvais traitements, et son mariage forcé à un djihadiste – avec pour corollaires le désarroi, la faim, la solitude et la terreur.
Le plus difficile commence pourtant quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s’évader, avec l’enfant qu’elle a eue en captivité. Celle qui, à sa toute petite fille, fera un soir dans la forêt un aveu déchirant – « Je ne suis pas assez grande pour être ta mère « 

 

Les autres premières lignes sont chez :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Chronicroqueuse de livres
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• La Voleuse de Marque-pages
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• La Booktillaise
• Les lectures d’Emy
• Songes d’une Walkyrie
• Aliehobbies
• Rattus Bibliotecus
• Ma petite médiathèque
• Prête-moi ta plume
• L’écume des mots
• Chat’Pitre
• Pousse de ginkgo
• Ju lit les mots
• À vos crimes
 Mille rêves en moi

Jour 4 – Un film qui vous rend triste

Jour 4 –

Bonjour, bonsoir!

 

Le film de ce jour 4 m’a  quasiment mise mal à l’aise, vraiment émue. Il est extraordinairement bien interprété par Michael Fassbender:

Hunger – 2008, sur la grève de la faim de 1981 dans les prisons en Irlande.

J’avais hésité avec un autre film  du même réalisateur Steve McQueen ( oui, le réalisateur, pas le défunt acteur),  12 years a slave . .

Je rappelle ce qu’était la grève de la faim des années 80 en Irlande (suite de la « blanket protest » et de la « dirty protest ») :
« La grève de la faim irlandaise de 1981 était l’aboutissement de cinq ans de protestation des prisonniers républicains irlandais au cours du conflit nord-irlandais. Les protestations avaient débuté avec le blanket protest de 1976 lorsque le gouvernement britannique retira aux prisonniers paramilitaires condamnés leur statut spécial. En 1978, après une série d’attaques sur des prisonniers qui avaient quitté leur cellule pour vider leur pot de chambre, le conflit prit la forme d’une « sale protestation » (dirty protest) lorsque les prisonniers refusèrent de se laver et recouvrirent les murs de leur cellule d’excréments. En 1980, sept prisonniers participèrent à une première grève de la faim, qui prit fin après 53 jours.

La seconde grève de la faim eut lieu en 1981 et constitua une épreuve de force entre les prisonniers et le premier ministre Margaret Thatcher. L’un des grévistes de la faim, Bobby Sands, fut élu député au cours de la grève, ce qui attira l’attention des médias de partout dans le monde.. On mit fin à la grève après que dix prisonniers furent morts de faim, parmi lesquels Bobby Sands, dont les funérailles attirèrent 100 000 personnes. La grève entraîna une radicalisation des politiques nationalistes et constitua la force motrice qui permit au Sinn Féin de devenir un parti politique de masse. »(wiki)

Le rythme du film est lent, voire très lent. De même, peu de paroles (quand il faut mais je n’en dirais pas plus). L’impact est garanti.

Demain, « Un film qui vous rappelle quelqu’un »…

A demain!