Chez Bilbo #L’été de l’art -8

 

Le professeur Tolkien ne s’est pas contenté de créer un monde, ni d’écrire l’un des cycles de fantasy les plus célèbres, il a aussi illustré ses écrits. On retrouve ses illustrations sur ce site.

 

 

 

 

Barad dur

La tombe de Balin

Sauron

Dragons

Couronnes du Gondor

 

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T’as pas vu ma pop #7

Comme nous avons pu le voir la semaine dernière,  les héros pop s’engagent dans des aventures très différentes les unes des autres. Il semblerait pourtant que ces héros soient  reliés entre eux par un fil conducteur, un ou des éléments communs. Tous se définissent quasiment par leur grand point faible – ou, du moins, leur faiblesse relative. De plus, quasiment tous choisissent  de refuser la puissance/le pouvoir à la fin de leurs aventures.
C’est le cas de Frodon qui jette l’anneau dans la Montagne du Destin -plutôt que de devenir un nouveau Sauron, ce qui était quand même sacrément badass. Idem pour Luke Skywalker qui ne se laisse pas tenter par le côté obscur, préférant abandonner le combat contre Dark Sidious/Palpatine. On sait ce qui arrive: Vador, ne pouvant supporter de voir son fils souffrir devant ses yeux, s’empare alors de Palpatine, rendu vulnérable  et le jette dans le générateur de l’Etoile Noire et youpi!  triomphe de l’amour!Quant à  Harry Potter refuse la Baguette de Sureau et l’immense pouvoir qu’elle confère.

Le héros pop est donc un exemple – malgré lui, dirait-on. « Il ne veut pas le pouvoir pour lui-même », se disent ceux qui sont autour de lui. « Aidons-le. »  De là, naissent les communautés héroïques (La Communauté de l’Anneau, l’Ordre du Phénix, etc..). Car on touche ici à l’élément fédérateur. Ce qui est une faiblesse devient alors LE point fort du héros pop.

On voit que dans le récit pop, on a commencé par « croire à » (=une prophétie, un mythe, une légende) pour « croire en » (accorder sa confiance; former une communauté). Le héros doit à présent faire croire (en lui).

Récemment, les récits de héros pop mettent en avant un personnage  que tout le monde pourrait devenir. Le héros pop reflète la croyance des autres plus qu’il n’est marqué comme un être unique en son genre. En cela, beaucoup de récits ressemblent étrangement aux romans d’apprentissage (ou d’éducation), ceux qu’on appelle  le Bildungsroman.

Le héros pop est alors confronté à différents schémas qui vont définir son récit:

  • Il souffre. C’est Frodon, tout en abnégation, en figure doloriste (sauf lorsqu’il s’en prend au malheureux Sam en se comportant comme un vrai tyran – ou en diva pop – il fait sa rockstar -; là, c’est Sam qui lui vole la vedette et devient le  héros à temps partiel)
  • Il est courageux. Modeste, issu de nulle part, voilà notre héros qui se découvre des ressources insoupçonnées! C’est Bilbo version Peter Jackson qui affronte l’affreux Azog dans Le Hobbit au cinéma. Bien sûr, ce n’est pas nouveau…
  • Il a un pouvoir mais le connaît mal/ou ne sait pas le maîtriser. Jack Frost sait refroidir l’air, pas assez pour figer Pitch, le Croquemitaine.

Autre cas de figure: il n’est héroïque que par défaut. C’est un héros accidentel.
C’est suite au décès de son frère (jumeau, c’est plus pratique!) que Jack Sully est amené à remplacer celui-ci – et à devenir le sauveur de Pandora, dans Avatar.
Mais, à la base, Sully n’est que l’avatar – celui de son frère.
De même, Shrek est un remplaçant. Il doit sauver une princesse à la place de Lord Farquaad.

Dernière piste: il voyage dans le temps. Et, oui le voyage temporel! On sait dès le début que le héros a accompli sa mission, reste à trouver le bon orage magnétique, la bonne machine temporelle pour que ledit héros réalise son destin.
C’est Terminator où l’on vient du futur (qui n’est pas folichon, entre nous).
Ce schéma a été largement pillé par les auteurs de SF (je ne citerais pas toutes les références, vu le grand nombre), accompagné de son leitmotiv: le paradoxe temporel.

Le paradoxe temporel le plus connu est le paradoxe du grand-père selon lequel l’intervention tue l’aïeul de l’intervenant empêchant ainsi sa naissance… et donc son intervention. Ici, nous nous trouvons en face du paradoxe du premier type, mais l’auteur avance l’hypothèse d’une autocorrection du temps. En effet, le voyageur est voisin d’un architecte; malencontreusement, il empêche la naissance de ce voisin, mais les maisons réalisées par ce voisin, n’en sont pas moins dessinées par un autre architecte.

On pense à Barjavel (Le Voyageur imprudent); à Bradbury (Un coup de tonnerre),  à Vous les zombies All You Zombiesde Robert A. Heinlein, à  La Patrouille du temps de Poul Anderson, mais aussi à La Spirale du Temps (Yoko Tsuno) de Roger Leloup, à Valérian et Laureline qui sont des agents spatio-temporels,  à Thorgal (dans Le Maître des Montagnes). Je passe sur le nombre d’allusion dans Doctor Who.  Dernièrement, dans la saison 10 – épisode 3 « Thin Ice » dont voici un aperçu  ci-dessous, Bill,  qui accompagne le Docteur, pose à nouveau cette question « Et si…. » – et se fait gentiment tourner en dérision.

Londres, 1814. La ville entière s’est révélée pour la plus grande foire de givre depuis des décennies. Mais sous la Tamise glacée, les fêtards disparaissent, s’embrassent dans la glace et pénètrent dans les profondeurs où se cache un monstre terrifiant. Le docteur et Bill arrêteront-ils le massacre avant qu’ils ne soient entraînés dans les eaux glacées

Yoko Tsuno : La spirale du temps

Le héros ne change pas l’univers.Très souvent, il contribue à en maintenir sa cohésion. Cette idée en induit une autre: la préexistence du futur.
Nous faisons un tour sur nous-mêmes et nous projetons dans un avenir qui, s’il n’est pas une certitude, est susceptible de déjà exister.
Voilà qui a le mérite d’en séduire plus d’un….

Héros fédérateur, héros fort de sa faiblesse, la pop culture nous invite à nous pencher sur nous-mêmes, à nous réapproprier des codes, des histoires. Elle nous renvoie à notre propre humanité, et en cela, à nos différences, à nos singularités.
Elle nous réunit quand nous devenons fans (merci, les fandoms!);  elle nous montre que c’est en faisant un  atout de notre différence que nous en devenons héroïques. Pour conclure ce premier volet en 7 parties sur la pop culture, je  citerais R. Mèmeteau dont l’ouvrage m’a servi de guide-fil: « Une société de plus en plus normée finit donc fatalement par devenir une véritable machine à créer les stars ».

Je vous retrouve bientôt pour un autre volet et en attendant, je  vous souhaite une bonne semaine.

T’as pas vu ma pop est une série d’articles en plusieurs volets (1 complet à ce jour, le second en publication, le troisième en réflexion) qui cherche à explorer et à analyser simplement la culture pop, dans toutes ses dimensions (société, philo, artistique, psycho, etc..). J’en ai eu l’idée après avoir lu plusieurs essais passionnants sur la pop culture, en écoutant des chansons, en rédigeant d’autres articles. Je n’invente rien, je me base sur des publications existantes – mais, parfois j’y ajoute mon grain de sel.

Pour m’en parler, échanger, en savoir plus:

leyartsphotos@hotmail.com

Ou plus facilement: via la page FB

Instagram ou twitter

T’as pas vu ma pop? 1er volet

Introduction – part.1

La pop et le camp part.2

Come on, vogue! -icône pop –part.3

Pop culture: le monomythe- part.4

Prophéties part.5

Prophéties: Matrix, Harry Potter – part.6

Héros pop: croire ou ne pas croire part.7

Le Seigneur des Anneaux, ça se chante, ça se chante…

En lisant l’article de June au sujet de la musique de Bilbo le Hobbit, je me suis dit que j’avais quelque part dans mes archives des petits trésors relatifs au Seigneur des Anneaux.

Et en allant chercher les liens, sur quoi suis-je tombée?

De fameux articles parus sur le site Thetolkienist.com parlant de « music from Middle-Earth« !

 

Voilà un échantillon de mes errances tolkienisantes. Car, si on devait réellement adapter Tolkien, je pense que cela ferait un film musical, vu le nombre de chansons que le professeur a incorporé à ses livres.
En 1981, une version radio du Seigneur des Anneaux avait été diffusée à la BBC avec Ian Holm dans le rôle de Frodo (oui, Ian Holm qui joue Bilbo vieux, chez Peter Jackson). La musique a été composée par Stephen Oliver (et est disponible sur divers supports , CD, etc…merci internet aussi ). J’ai retenu cette Marche des Ents:

Les paroles donnent cela:

We come, we come with roll of drum
We come, we come with horn and drum:
To Isengard! Though Isengard be ringed
and barred with doors of stone;
Though Isengard be stong and hard,
as cold as stone and bare as bone,

We go, we go, we go to war,
to hew the stone and break the door;
For bole and bough are burning now,
the furnace roars – we go to war!

To land of gloom with tramp of doom,
with roll of drum, we come, we come;
To Isengard with doom we come!
With doom we come, with doom we come!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

O Elbereth Gilthoniel: (très elfique)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a aussi Bilbo’s last song:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais avant tout, j’aurais dû mentionner la musique composée pour le film de Ralph Bakshi – 1968-  (une adaptation du Seigneur des Anneaux très éloignée de celle de Peter Jackson mais qui mérite d’être vue, à mon avis), composée par Leonard Rosenman:(extrait)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’imagine que tout le monde connaît la relation qu’il y a entre Led Zeppelin (et non, je ne veux pas entendre: Led quoi? ) et Le Seigneur des Anneaux. Si vous avez manqué cette partie de la Grande Histoire du Rock et de la Fantasy, petit moment de rattrapage:

The battle of evermore:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kashmir:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les années 70, on trouve un paquet de chanson inspirées par le Seigneur des Anneaux (amis du rock progressif, soyez servis..)

Barclay James Harvest  -Galadriel:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a aussi de la pop elfique, par l’une des soeurs de Mike Oldfield (« Tubular Bells »):Waterbearer – 1978

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toujours rock prog, mais avec des accents de hard-rock (ai-je dit « miam, miam »? ), Rush a composé cette ballade très mélodique:(1975)

Rivendell

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vous passe Camel (et son Nimrodel/Procession/The white Rider) qui parle de Gandalf (mais qui, visiblement, en 1974, avait abusé des substances psychotropes). Je vais passer aussi sur Bo Hansson et son rock psychédélique Sagan om ringen.

Côté gros bruit, Battlelore s’est inspiré de Tolkien album après album:

Je vais arriver à mes chouchous dans le genre: Blind Guardians (attention, hymne!):

There are signs on the Ring
Which makes me feel so down
There’s one to enslave all Rings
To find them all in time
And drive them into darkness
Forever they’ll be bound
Three for the Kings
Of the elves high in light
Nine to the mortal
Which cry

I’ll keep the Ring full of sorrow
I’ll keep the Ring till I die
I’ll keep the Ring full of sorrow
I’ll keep the Ring till i die

Slow down and I sail on the river
Slow down and i walk to the hill

And there’s no way out

Mordor

Dark land under Sauron’s spell
Threatened for a long time
Threatened for a long time
Seven rings to the dwarves
In their halls made of stone
Into the valley
I feel down
One ring to the dark lord’s hand
Sitting on his throne
In a land so dark
Where i have to go
I’ll keep the Ring

Slow down and I sail on the river
Slow down and i walk to the hill

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nightfall in Middle-Earth (1998) est un concept-album (carrément!).

Dans un autre style, l’album entier de David Arkenstone (on ne rit pas) est consacré à la Terre du Milieu:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Très elfique encore, sur l’album Music inspired by the Lord of the Rings de Mostly Autumn, Lothlorien:

 

 

 

 

 

 

 

Côté black metal, Summoning  a sorti plus d’un album inspiré par Tolkien. (et non, je n’ai pas pitié de vos oreilles, et oui, il en faut pour tout le monde):

 

 

 

 

 

 

 

Je n’allais pas terminer sans oublier le Tolkien Ensemble avec Christopher Lee et sa voix superbe: Treebeard’s song

 

 

 

Et un petit morceau de Richard Armitage (Thorin) chantant The Misty Mountains:

 

Pour le reste – ce que j’ai oublié – pas mentionné – mes autres sources, je vous renvoie ici (en fin d’article, surtout).

 

 

Sur ces mots,

Namárië!