Premières lignes — 30 août

 » Materena aime bien les films d’amour.
Quand il y a un film d’amour à la télévision, Materena s’installe sur le canapé, croise les mains, et ne quitte pas l’écran des yeux. Elle ne balaye pas, elle ne repasse pas, elle ne se coupe pas les ongles des pieds, elle ne range pas ses linges. Elle ne fait rien d’autre : elle regarde son film.
Les films d’amour chavirent le coeur de Materena et il lui arrive même d’imaginer qu’elle est l’héroïne. « 

Contrairement à ce que laissent penser ces premières lignes , L’arbre à pain n’est pas une romance. Il y est question de sentiments, et même de mariage, puisque c’est le fil rouge qui relie tous les chapitres, envisagés comme des tranches de vie tout au long du roman. Mais ici, rien n’est sirupeux ou mièvre. Bien au contraire.
Et pourtant en nous plongeant dans le quotidien de Materena, de sa famille (et elle est vaste, comme on pourra le constater), Célestine Hitiura Vaite réussit à nous transporter au sein de la société tahitienne.
C’est un roman particulièrement chaleureux, émouvant, teinté parfois de nostalgie, d’un brin de tristesse mais toujours amusant que signe l’autrice polynésienne. L’arbre à pain est aussi le premier d’une trilogie avec Frangipanier et Tiaré, tous parus aux éditions Au Vent des Iles Pacifique puis en poche chez 10/18.
J’ai adoré de bout en bout ce roman, truffé de vocabulaire tahitien (il y a un lexique à la fin).

Un gros coup de coeur, donc.

Chroniques de Tahiti, tome 1 : L'arbre à pain par Hitiura Vaite

Résumé : Vivez le quotidien d’une famille tahitienne drôle, attachante et haute en couleurs.
Chronique d’une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti, L’Arbre à pain nous plonge dans le quotidien de Materena, mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, au franc-parler  » local  » et aux rêves simples. Dans ce premier volet de la trilogie, la succession des récits, authentiques et tendrement drôles, est cousue de fil blanc… celui de la robe de mariée de Materena qui rêve d’une bague au doigt et d’un certificat de mariage encadré au mur. Son tane, Pito, en mâle primaire, entre bière et copains, ne veut rien entendre et résiste. Au risque de se voir réclamer à tout moment de rentrer chez sa mère… Un roman truculent, délicieux de vérité et d’émotion, qui décrit l’art de vivre au fenua et l’amour à la tahitienne dans un style vif et plein d’humour.

L’Arbre à Pain
(Chroniques de Tahiti – 1)
Célestine Hitiura Vaite
Henri Theureau (Traducteur)408 pages
Éditeur : 10-18 (20/05/2021)

 

 

Premières lignes – 11 octobre

Premières lignes

« Introduction — Hiver
Il va sans doute bientôt neiger. elle regardera cette première neige par la fenêtre de sa chambre d’hôpital.
Je peux l’imaginer quittant son lit, glissant ses pieds dans ses pantoufles et s’approchant lentement de la fenêtre. je vois son petit visage pâle, le front qu’elle appuie contre la vitre froide, son visage sans expression ; elle aura enfoncé ses mains aux poignets fragiles dans les poches de son pyjama d’hôpital trop grand pour elle. Et quand elle se penchera vers la fenêtre en clignant des yeux, abaissant ses longs cils brillants qu’on dirait humides, le pendentif orné d’un griffon, suspendu à une chaîne d’argent fine effleurera sa clavicule. « 

Encouragez donc les garçons ! par Eun

 

Avec ce roman de Eun Hee-kyung  direction la Corée du Sud. Publié en 2010, 소년을 위로해줘, « Console le jeune garçon » (on voit déjà qu’il y a un problème de traduction mais je vais y revenir) est un beau roman sur l’adolescence, sur le fait de grandir, de trouver sa place dans la société la pression sociale, sur le fait d’être différent.e, sur l’amour, l’amitié, le manque de repères et comment s’en créer, la paternité, la maternité aussi, ….
On a là un roman d’apprentissage avec beaucoup de thèmes abordés au travers de l’histoire Yeonwu qui vit seul avec sa mère. Ce n’est pas fréquent en Corée et il en souffre. Il n’a pas connu son père. La mère et le fils accompagnés de leurs deux chats emménagent dans un nouvel appartement. Yeonwu va intégrer un nouveau lycée avec la pression que cela comporte : les examens, les heures de classes supplémentaires et obligatoires pour les préparer — nous n’avons aucune idée de la charge que cela représente, ici, en France. Lorsque les lycéens s’y soustraient, ils reçoivent des punitions qui peuvent être des châtiments physiques (oui, on les frappe et ceci est considéré comme « normal » dans la mesure où le prof ne frappe pas trop fort) ou bien des humiliations (porter une pancarte toute une journée indiquant que vous avez séché le cours et marquant votre honte – ce qui est particulièrement insupportable en Asie). Chaeyeong, la jeune fille dont Yeonwu va devenir l’ami, va subir ces punitions. Taesu, le troisième larron de la petite bande, revient des USA où ses parents ont vécu. Il a étudié là-bas et émaille ses phrases d’expressions américaines. Il a du mal à se réadapter aux critères coréens au grand désespoir de sa jeune soeur et de sa famille. En gros, il devient le vilain petit canard. Taesu et Yeonwu partagent le même goût pour la musique et surtout pour le rap. Ils vivent sur ce rythme.

Mais on ne suit pas que les adolescents ; les soucis d’adaptation concernent aussi la mère de Yeonwu, Mina,  et son petit-ami, Jaeuk, plus jeune qu’elle. Voilà une situation qui n’est pas correcte : elle est une femme divorcée qui ne « rentre pas dans les cases » , et elle sort avec un homme plus jeune, sans vouloir se marier. Absolument pas coréen. Sans parler du fait que Jaeuk n’a pas d’emploi respectable dans une grande entreprise !
Pour autant, la génération des parents ne comprend pas celle des enfants. Mina, déjà en rupture avec la tradition a du mal avec Yeonwu. Et même Jaeuk qui essaie d’être ami avec lui, l’entraînant à la course à pied, se révèle être un grand moralisateur. Tout le monde cherche ses repères et a bien du mal à les trouver dans une Corée qui est tiraillée constamment entre le passé rigide, les exigences de performance et ce qui se profile. C’est vraiment très intéressant. Et comme je m’intéresse à l’Asie ; au Japon depuis longtemps ( les années 80 grâce à mes parents ) et à la Corée du Sud depuis quelques années seulement (merci la K-pop, je n’ai pas honte de le dire) , je n’ai pas été surprise.
J’ai aimé aussi les personnages, les touches délicates pour entrer dans l’histoire, la poésie qui se dégage.
Par contre, le roman souffre d’un très gros problème que j’évoquais dès le début : la traduction est une catastrophe de même que la mise en page à certains moments (les dialogues délimités n’importe comment). Il y  a aussi des fautes de frappe, des erreurs de français qui rendent la lecture difficile. Parfois, j’ai dû relire plusieurs fois le même passage pour comprendre le sens. On sent que la traduction est très littérale. Je sais que le coréen n’est pas facile à traduire, à la base (pour un aperçu de la structure de la phrase coréenne, c’est par ici).  Parfois cela donne de drôles d’interprétations, voire plusieurs nuances quand on le passe dans notre langue mais ce n’est pas une raison. C’est compliqué de lire un texte qui n’a pas vraiment de sens… Sans cela, Encouragez donc les garçons — le titre ne correspond d’ailleurs à rien puisqu’il est inexact — serait un très bon roman. Et c’est pourquoi il est à lire. En tout cas, j’ai découvert une autrice à suivre.

Résumé : Yeonwu vit seul avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Après leur déménagement, il fait la connaissance de Taesu, futur camarade de classe. La musique qui s’échappe du casque de ce dernier, son cœur qui bat sur ce rythme, c’est le début de tout. Nouvelle amitié, rencontre avec Chaeyeong, fille craintive, premiers émois, premier amour, séparation forcée, retrouvailles… De l’été à l’hiver, puis de l’hiver au printemps… À travers ce roman d’apprentissage dans l’hyper-modernité sud-coréenne, l’auteure dresse un portrait sans complaisance de la génération des parents des protagonistes, dont certains ont rompu avec les traditions familiales et d’autres  se satisfont de leur rôle social, tandis que leurs enfants, n’ayant plus de repères solides, sont à la recherche d’eux-mêmes. Portait d’une jeunesse qui communie dans la même musique et le même rêve d’un monde autre, rêve qui peut conduire aussi à des choix dramatiques.

Publié en 2010 en Corée du Sud. Editions Atelier des Cahiers 

Lire ce roman m’a fait énormément penser au manhwa de Park Hee-Jung, qui date de 2004/2005 et qui parle d’adolescents coréens à la dérive (harcèlement, etc…). La série s’appelle Fever — on ne la trouve que d’occasion.

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Premières lignes #19février

Et je vais même parler d’autre chose que de SF ou de fantasy ! Si ! Premières lignes un peu en retard (toujours la même rengaine, gnégnégné, connexion en panne, SFR se fiche de nous, ça devient une histoire de fous) : 

 

« Dee le repéra avant tout le monde. Elle en fut très heureuse et fit durer l’instant. Elle se sentait spéciale, de l’avoir pour elle seule pendant quelques secondes, avant que le monde autour d’eux ne s’arrête et que personne ne s’en remette jusqu’à la fin de la journée. « 

Le nouveau est un roman de Tracy Chevalier et c’est bien en voyant le nom de l’autrice que j’ai choisi d’emprunter le livre, contente de me plonger dans l’un de ses récits dont elle a le secret. C’est un peu l’effet que fait Tracy Chevalier : on prend le livre les yeux fermés, sans même lire la quatrième de couverture. Parce qu’il y a eu La jeune fille à la perle, Prodigieuses créatures, La dernière fugitive ou A l’orée du verger. Et ce sont toutes de formidables histoires captivantes, bien écrites, dont on garde d’excellents souvenirs. Alors je suis partie confiante – hum… j’ai assez vite déchanté.

Celui-ci se déroule dans les années 70 dans une école américaine de Washington DC. On comprend vite que l’arrivée d’un élève noir en classe de CM2 alors qu’il n’y a que des blancs va poser certains problèmes.

Le nouveau est en fait une version adaptée d’ Othello de Shakespeare. On y retrouve les personnages principaux, les unités de lieux et de temps. Jusque là, l’originalité est plutôt intéressante. Là où le bât blesse, c’est que T. Chevalier a choisi comme protagonistes des enfants (des élèves de CM2 dont des 10/11 ans) pour mettre en scène non seulement l’amour passionnel mais aussi le désir. Et là, disons-le, ça passe moyen. Bien sûr, il pourrait être question d’amour et de jalousie mais à ce point…
Les pensées ainsi que les propos tenus par les gosses sont assez en décalage avec leur âge : cela fonctionnerait vraiment mieux s’ils étaient au collège, par exemple. Parce que des CM2 qui pensent à coucher ensemble, je ne dis pas que ça n’existe pas du tout mais ça n’est pas vraiment la majorité des gamins et des gamines….

C’est le premier gros défaut du roman.
Le second se situe au niveau du racisme vécu par l’élève africain. J’ai eu beaucoup de mal à le croire plausible, là aussi. Tout ce que j’ai lu, c’est un racisme vu par une femme blanche qui n’a jamais été confrontée à cela et qui essaie tant bien que mal à transposer sa culpabilité (de blanc) sur le papier. Il y a des remarques qui ne ressemblent à rien, vraiment à rien… Je regrette de ne pas avoir pris le temps de tout noter mais  il y a une phrase bien lourde  sur le malaise engendré par l’omniprésence des yeux bleus (?!) que j’ai gardée   :

 » Quand Dee.-quel merveilleux hasard qu’elle aussi, on l’appela par la première lettre de son prénom– releva les yeux, Osei sentit son corps s’embraser. Elle avait les yeux marron : le brun clair et liquide du sirop d’érable. Pas le bleu qu’il avait vu dans tant de cours d’école, le bleu des ancêtres anglais, écossais, irlandais, le bleu de l’Allemagne et de la Scandinavie. Le bleu des Européens du Nord venus s’installer en Amérique, qui avaient conquis les yeux bruns des Indiens et importés des yeux noirs d’Afrique pour faire leur travail à leur place.« 

J’ai trouvé l’utilisation du « bleu qui génère de la gêne » (cité ailleurs encore dans le roman) terriblement maladroite — et peu sinon, absolument pas, crédible. C’est pataud,  et le pire, c’est que toutes les réflexions liées au racisme sont du même cru.

Je vais m’arrêter là. Ce n’est donc pas une réussite, c’est même assez mauvais. Et c’est dommage car l’idée de base était vraiment intéressante. Ce n’est pas grave, ça sera meilleur au prochain livre !
– je crois que je vais retourner à la SF et à la fantasy avec tout ça ^^ – 

 

Le nouveau par Chevalier

 

Washington D.C., dans les années 1970. En six ans, c’est la quatrième fois qu’Osei, fils d’un diplomate ghanéen, découvre une nouvelle école. Tout heureux de rencontrer Dee, la fille la plus populaire de sa classe, il ne s’inquiète pas des manigances et de la jalousie de ceux qui voient d’un mauvais œil l’amitié entre un garçon noir et une jolie blonde.

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Premières lignes #5janvier

Premières premières lignes de l’année !
Et c’est là que je me rends compte que ça fait plus de 2 ans que je participe à ce rendez-vous, un format qui est idéal pour moi, me permettant de parler de lectures régulièrement, ni trop, ni pas assez, surtout depuis que je pense à inclure la chronique du livre en même temps (sinon, j’oublie totalement, et je n’ai aucune envie de revenir écrire par la suite🙄).

 

« La carriole était prête. Elle était lavée, graissée, et on y avait placé les trois sièges ; les rayons rouges des grandes roues brillaient comme des bâtons de sucre d’orge.
Clay Jefford s’installa et saisit les rênes. Dan grimpa sur le siège à côté de lui. Ils se tournèrent ensemble vers leur soeur, Vance, qui attendait à deux pas de la voiture pour leur dire au revoir. « 

C’est un western,  ce roman-là. Signé Niven Busch, un auteur qui a aussi écrit le scénario de Le facteur sonne toujours deux fois,  de La Vallée de la peur, dont le roman Duel au soleil est connu surtout pour son adaptation cinématographique. Ce n’est pas anodin : le roman a tout d’un film, avec des paysages grandioses, des personnages ancrés dans des époques troublées, développant des passions violentes. Ici, ce sont les personnages féminins qui sont les piliers de l’histoire, et en particulier la jeune Vance, une femme forte qui va bientôt déclarer la guerre à sa nouvelle belle-mère. Le père est une sorte de figure issue de l’Antiquité (le roman ne s’appelle pas Les Furies pour rien, ces divinités infernales  : Tisiphone, Mégère et Alecto).
Le drame plane sur le ranch… Et on en attend le dénouement ….
D’autres thèmes sont aussi abordés comme celui des questions raciales, et pour un roman de  1948, sans condescendance.

A lire aussi la postface de Bertrand Tavernier qui est une mine de renseignements.
Bref, une très belle découverte pour commencer l’année.

Le roman a été adapté à l’écran en 1950.

Les furies par Busch

Résumé : Nouveau-Mexique, fin XIXe siècle. Temple Caddy Jefford, qui élève des bovins sur des centaines d’hectares, a perdu sa femme et s’absente de plus en plus de ses terres. Sa fille Vance et ses fils gèrent le domaine et attendent son retour avec impatience. Mais lorsqu’il revient, c’est avec une nouvelle compagne, qui entend évincer Vance du domaine…

Un western captivant, à la fois oedipien et shakespearien, qui entraîne son lecteur sur les traces de deux êtres remarquables, dans une cavalcade effrénée à travers les immenses étendues américaines et les passions inassouvies.

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Premières lignes #1erdécembre

Premières « Premières lignes » du mois de décembre et une année 2019 qui se termine dans un mois ! je vous épargne le refrain sur le temps qui passe, bla bla bla  et j’entre dans le vif du sujet avec une autobiographie pour changer cette semaine :

« L’avant-propos du précédent volume de mon autobiographie, Né au bon moment 1935-1975, paru en 2016, se concluait ainsi :
Ces mémoires décrivent comment je suis devenu auteur, essentiellement de romans et de critiques littéraires, à commencer par les expériences qui ont nourri mon oeuvre.  Elles couvrent ce qui constituent, au moment où j’écris, la première moitié de ma vie, jusqu’à l’âge de quarante ans. J’espère écrire un autre livre à propos de la seconde, si j’en ai le temps. »

Au premier abord, on peut se dire que c’est un peu sec : une autobiographie, ce n’est pas forcément la lecture la plus enthousiasmante du monde. Sauf si on aime beaucoup celui ou celle qui l’écrit. Et c’est mon cas puisque que David Lodge est certainement mon écrivain anglais préféré. Je l’avais découvert comme pas mal de lecteurs et lectrices français.e.s lors de sa publication chez Rivages (il y est toujours édité) dans les années 90. C’est, d’ailleurs un point que l’on découvre dans ce livre : le succès que Lodge rencontre en France alors qu’il commence à décliner dans son propre pays au milieu et à la fin des années 90.

Ici, on découvre l’envers du décor : la vie universitaire qu’il décrit avec tant d’humour dans ses romans, sa quête du Booker prize et ses déceptions, ses voyages, les adaptations de ses romans à la télé ( j’ai trouvé un extrait que je mets ici, en dessous), mais aussi sa vie quotidienne, sa famille, ses enfants, ses doutes, sa surdité…

Bien sûr, il peut être rébarbatif quand il aborde le sujet de la critique littéraire pour les personnes qui ne sont pas intéressées par le sujet mais il conseille carrément de sauter le passage en question. Je ne suis pas dans ce cas car c’est un élément qui m’a toujours passionnée ( études littéraires, Barthes, Genette, post-structuralisme, etc…, ceci explique cela) et que j’ai toujours aimé retrouver chez Lodge. Mais on peut très bien lire en diagonale les passages en question.

Lodge sait toujours alterner l’humour et l’émotion même quand il parle de sa propre vie, conscient qu’il n’écrira peut-être pas de dernier tome (il a 84 ans).

La chance de l’écrivain est le second tome de son autobiographie, commencée avec Né au bon moment. 

Je conseille à celles et ceux qui voudraient le découvrir de lire ses romans, en particulier, ceux qui se passent dans la ville fictive de Rummidge (la « trilogie de Rummidge) : Changement de décor; Un tout petit mondeJeu de société.

La chance de l'écrivain par Lodge

Jeu de société (Nice work) adapté en série pour la TV anglaise (délicieusement kitsch):

David Lodge à propos de la littérature américaine et la littérature anglaise (VOSTFR)

 

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Premières lignes #6 octobre

Il est assez facile de reconnaître le roman simplement en lisant ses premières lignes, cette semaine :

« Lyra et son daemon traversèrent le Réfectoire où grandissait l’obscurité, en prenant bien soin de rester hors de vue des cuisines. Les trois longues tables qui occupaient toute la longueur du Réfectoire étaient déjà dressées, l’argenterie et les verres réfléchissaient la lumière déclinante, et les longs bancs étaient tirés, prêts à accueillir les convives. « 

À la Croisée des Mondes, tome 1 : Les Royaumes du Nord par Pullman

A la croisée des mondes (His dark materials, en VO) est une oeuvre que j’ai lue il y a 10/12 ans et que j’avais alors particulièrement appréciée.

J’ai relu les tomes 1 et 2 pour les besoins du HMSFFF challenge (thème du mois de septembre : la littérature jeunesse ). Même si j’ai un sérieux bémol à apporter au sujet de ce classement : si la trilogie de Pullman se lit très bien, les thèmes abordés ne sont pas simples. Clairement, ce n’est pas de la littérature « enfantine ». J’entends même pas mal d’adultes qui ont lu A la croisée des mondes assez jeunes (au collège, par ex.) et qui n’ont pas compris grand chose. Les romans de Pullman ne se contentent pas brosser les aventures de Lyra parmi des ours en armure et des sorcières mystérieuses au milieu de gitans lancés dans le grand nord.
C’est bien plus que cela.
Bien sûr, on peut se contenter de ce niveau de lecture – comme on peut se satisfaire du film qui, malgré plusieurs erreurs, n’est pas à jeter à la poubelle . Il souffre en particulier d’un casting discutable (Daniel Craig et Nicole Kidman en Lord Asriel et Marisa Coulter, mais qui a eu cette idée absurde ? ). 

L’adaptation TV arrive bientôt … à voir…

De même, je ne vois pas l’intérêt de comparer La croisée des mondes à Harry Potter. Hormis le fait que les deux séries sont sorties à la fin des années 90 (95 à 2000 pour celle de Pullman, 97 à 2007 pour celle de Rowling) et qu’elles sont classées en littérature jeunesse, il y a peu de lien entre elles et les thèmes abordés sont résolument différents (religion, Paradis Perdu, humanisme, science, etc… dans la Croisée des mondes). Il est plus intéressant de faire une étude comparée du Monde de Narnia de CS Lewis avec La croisée des mondes. 

Ce que je peux dire après m’être replongée dans ce premier tome, c’est que la lecture est toujours aussi fascinante. Pour ceux et celles qui l’auraient encore dans leur PAL et qui hésiteraient, foncez !

 

Résumé : Ce n’était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans : Lyra vivait, en compagnie de son dæmon Pantalaimon, parmi les Érudits du Jordan Collège, passant ses journées à courir dans les rues d’Oxford à la recherche éperdue d’aventures. Mais sa vie bascule le jour où elle entend parler d’une extraordinaire particule. D’une taille microscopique, la Poussière – que l’on trouve uniquement dans les vastes étendues glacées des Royaumes du Nord – est censée posséder le pouvoir de briser les frontières entre les mondes, un pouvoir qui suscite effroi et convoitises… Jetée au cœur d’un terrible conflit, Lyra sera forcée d’accorder sa confiance aux gitans et à de terribles ours en armure. Et, lors de son périlleux voyage vers le Nord, elle devra découvrir pourquoi son propre destin semble étroitement lié à cette bataille sans merci où s’opposent des forces que nul ne l’avait préparée à affronter.

 

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Premières lignes #29septembre

Les premières lignes de cette semaine nous entraînent dans les grands espaces :

 « C’est étrange, d’écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d’un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l’eau – tout petit et se présentant sous un angle si  inhabituel que je suis surprise de constater qu’il s’agit de mon reflet. après tout ce temps, un stylo a quelque chose de raide et d’encombrant dans ma main. « 

Dans la forêt par Hegland

Enfin, j’arrive à mettre la main sur ce roman dont j’entends parler depuis pas mal de temps. Et, pour info, il existe aussi un film datant de 2015,  avec Ellen Page et Evan Rachel Wood (ça, c’est un casting bien trouvé), Into the forest. 

Jean Hegland avait commencé son roman dans les années 80. Dans la forêt a finalement été édité en 1996 et seulement en 2017, aux éditions Gallmeister, en France.
Pourtant, le propos est tout à fait d’actualité – il faudrait simplement y ajouter l’urgence du réchauffement climatique pour expliquer ce qui a pu provoquer le grand désastre. Car s’il s’agit d’un roman d’anticipation, Dans la forêt est un peu comme La route de  Cormac McCarthy. On ne sait pas ce qui est arrivé exactement. On ne sait pas non plus comment c’est arrivé. On n’est pas là pour connaître les détails.
On  suit le parcours des deux adolescentes Eva et Nell via le prisme de Nell, ses lectures (principalement l’encyclopédie)  et son journal intime. Ce point de vue est forcément biaisé mais c’est le seul dont on dispose – un habile truc (et classique) pour entourlouper les lecteurs mais qui fonctionne bien.

Mais si les deux adolescentes suivent un chemin quasi-initiatique tout au long de l’oeuvre (vie, mort, deuil, naissance), elles ne sont finalement pas les personnages centraux de l’histoire. Le seul personnage principal, c’est bien la forêt elle-même, entité poétique et véritablement vivante qui permet aux humains survivants de (re)trouver leur place dans un monde en profond changement.
La symbolique du végétal est partout (la grande souche du séquoia, par ex.). Végétal comme élément onirique et vital en opposition à un monde industriel sur le déclin. Cela est particulièrement flagrant avec la description de la ville de Redwood abandonnée et du supermarché pillé.

Dans la forêt m’a souvent fait penser à un autre roman qui n’est ni post-apocalyptique, ni américain mais qui joue avec les mêmes codes (renaissance, attente, végétal fortement symbolique) : Un balcon en forêt de Julien Gracq. 

Résumé : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle

Elles en ont parlé dans le cadre du HMSFFF challenge (thème du mois d’août) : 
June and cie 
Pretty Rosemary 
Alberte Bly

Interview de Jean Hegland 
Jean Hegland parle de la naissance de Dans la forêt (en anglais)

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 Mille rêves en moi

Lire de la SFFF ? Un challenge sympa !

Qu’on ait l’habitude ou pas de lire de la SFFF (Science-fiction, Fantasy et Fantastique),

qu’on en lise un peu, beaucoup, qu’on soit fan ou qu’on ait envie de découvrir le genre, voici un excellent challenge littéraire  lancé par Charmant Petit Monstre et Pretty Rosemary!

Alors, ça se passe comment ?

  • Un challenge sur un an, du 1er Juin 2019 au 31 Mai 2020,
  • Un thème par mois,
  • Une sélection de 10 romans chaque mois,
  • Trois niveaux de difficulté,
  • Du plaisir en barre fois mille XXXL

La participation au challenge ne nécessite AUCUNE INSCRIPTION (j’adore cette idée!)

Si ça vous intéresse, il n’est pas trop tard (il n’est jamais trop tard), rejoignez-nous sur le groupe facebook « Hold My SFFF Challenge » pour partager  avis, chroniques, coups de coeur. On ne mange personne !

Du coup, vous pouvez commencer dès aujourd’hui, le thème de juin étant consacré au thème « Monstres et Créatures » : 

HMSFFF juin

La sélection de livres n’est pas exhaustive. Elle permet de débloquer  des titres bonus si tu veux passer au level supérieur du challenge (bah, oui, sinon, c’est pas vraiment un challenge !) :

HMSFFF titres

N’hésitez pas, ça n’engage à rien ! sauf à faire de belles découvertes littéraires ! Et surtout, n’oubliez pas de partager vos avis, lectures, etc… avec le  le hashtag #HMSFFF sur Twitter, FB,  Instagram .

 

Pour l’instant, j’ai choisi de lire Lazare en guerre (T.1 – L’artefact) de Jamie Sawyer, histoire de découvrir un roman que je n’avais pas déjà lu. Pour l’instant, j’ai avancé assez rapidement. Par contre, je trouve le roman bourré de clichés, du déjà-lu (une partie m’a fait penser à une partie de l’Eveil du Léviathan (The Expanse, pour la série). Et non, je ne suis toujours pas fan de guerre ni des problèmes des militaires…


Au hasard, parmi les romans de SFFF parlant de créatures de toutes sortes, je pensais  aux Griffes et des Crocs de Jo Walton qui propose une histoire peu ordinaire de dragons (j’en avais parlé ici), ou à la série de Robin Hobb, la Cité des Anciens.
Question créatures, en urban fantasy, je conseille A comme Association de Erik Lhomme et Pierre Bottero.
Je pensais aussi aux créatures qui marquent le cycle de Tschaï, un grand classique de la SF, signé Jack Vance. 

 

Dans un autre registre et en parlant de Lovecraft qui est aussi proposé, voilà une très bonne vidéo à propos de Cthulhu et des tous les autres:


La liste est longue ! 

Bonnes lectures !

 

Premières lignes #26mai

Aujourd’hui, les Premières lignes sont tirées d’un roman que j’ai lu il y a déjà quelques semaines :

« La vieille maison est tapie sur sa colline, avec sa peinture blanche écaillée, ses baies vitrées, ses frêles balustrades en bois envahies de sumac vénéneux et de rosiers grimpants. Leurs tiges puissantes ont délogé les bardeaux qui s’entremêlent désormais parmi les joncs. L’allée de graviers est jonchée de douilles vides tachées de vert-de-gris. martin Alveston descend du pick-up et ne regarde pas Turtle qui reste assise derrière lui dans l’habitacle, il gravit le porche, ses chaussures militaires un son creux sur les planches, un homme robuste en jean Levi’s qui ouvre la porte vitrée coulissante. Turtle attend, elle écoute les cliquetis du moteur avant de lui emboîter enfin  le pas. « 

My absolute darling fait partie de ces livres qui déboulent comme des OVNI dans la littérature. Il est fort, doté d’une écriture originale et, surtout, il dérange.
Les premières lignes contiennent déjà tous les indices de la relation entre Turtle (Julia) et son père, Martin.
Julia (Turtle ou Croquette, pour son père) est une adolescente qui mène une vie particulière: elle ne parle à presque personne, a des difficultés à l’école. Mais, une fois dans la nature, elle sait survivre, construire un abri, chasser….
Son père, un survivaliste qui vit à l’écart de tous depuis la mort de la mère de Julia, l’entraîne dans des exercices militaires qui parfois touchent à la torture. Il est aussi un père abusif, incestueux qui pense affirmer son emprise sur sa fille pour leur bien à tous les deux.

On ne sort pas indemne de ce livre.
Et pas  seulement parce qu’il contient des passages violents, parce qu’il est brillamment écrit, qu’il bouleverse, qu’il décrit la nature de manière sublime comme il montre les comportements humains de toutes sortes sans porter de jugement.
J’ai eu souvent des instants d’hésitation: l’auteur va-t’il verser dans la complaisance, voire le voyeurisme ? Comment parler, montrer, l’inceste sans tomber dans le glauque, le voyeurisme (si jamais vous avez lu Christine Angot, vous voyez de quoi je veux parler…)?

Voilà la réponse de l’auteur quand on l’interroge sur les scènes difficiles à lire :
Certaines scènes sont presque insupportables à lire, comme celle où le père de Turtle l’oblige à faire des tractions en maintenant un couteau entre ses cuisses ou bien l’opération improvisée d’un doigt. Était-ce aussi insupportable de les écrire?

Oui, mais j’ai toujours su que ça allait être un livre douloureux. Je pensais savoir des choses vraies à propos de la douleur et j’espérais pouvoir les retranscrire dans la fiction. Alors, je rendrais à Turtle sa dignité et son innocence, si je parvenais à montrer clairement au lecteur qui elle était. J’espérais que ce serait une consolation pour quelqu’un. Des gens souffrent. Si nous n’écrivons pas pour cette raison, je ne sais pas ce que nous faisons.

(source)

Il reste que My absolute darling est un roman fort, intense, à l’écriture magistrale (il y a longtemps que je n’ai pas été scotchée par une telle puissance).
Je pense que c’est un livre à lire, vraiment ; parce que la littérature n’est pas pour nous conforter, nous cocooner, ni même fabriquer des personnages auxquels il faudrait par je-ne-sais quel tour de passe-passe avoir à  s’identifier forcément. Lire, c’est aussi et surtout,  prendre des risques, découvrir des territoires inconnus, se mettre en danger.  Et ce livre le confirme.

Résumé :
A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

 

Les blogueurs et blogueuses qui  participent aussi  aux Premières Lignes : 

• Vie quotidienne de Flaure
• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Chronicroqueuse de livres
• Les livres de Rose
• Au détour d’un livre
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• La Voleuse de Marque-pages
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
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• Pousse de gingko
• Rattus Bibliotecus
• La Pomme qui rougit
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• Encore un livre
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Premières lignes #20janvier

 

Les Premières lignes se suivent et ne se ressemblent pas (et heureusement). Cette semaine, un gros roman qui a largement tenu ses promesses.

 » C’est par une douce nuit du début juillet, en cette année depuis longtemps envolée, que les Intéressants se réunirent pour la première fois. Ils n’avaient alors que quinze ou seize ans et ils se donnèrent ce surnom avec une ironie timide. Julie Jacobson, extérieure au groupe, et peut-être même considérée comme une anomalie, avait été invitée pour d’obscures raisons ; assise dans un coin, sur le plancher qui avait besoin d’un coup de balai, elle cherchait à paraître effacée sans avoir l’air pathétique : un équilibre délicat. « 

 

Résumé : 

« Durant les années 1970, Julie, 16 ans, passe une partie de son été à Spirit in the wood, une colonie de vacances. Elle y fait la connaissance d’un groupe de cinq jeunes adolescents qui se sont baptisés «Les Intéressants», par défi vis à vis des autres pensionnaires : Ethan, un surdoué des films d’animation, Goodman et sa soeur Ash, ainsi que Jonah, le fils d’une célèbre chanteuse folk icône de la contre culture, et enfin Cathy, une très belle fille qui rêve de devenir danseuse.

Julie – rebaptisée Jules par les Intéressants – est fascinée par ces jeunes gens de son âge, cultivés, ironiques, talentueux et sûrs d’eux.

Le roman suit l’évolution des Intéressants pendant près de quarante ans. Ethan épousera Ash. Ensemble, ils connaîtront le succès, même si Ethan reste profondément amoureux de Jules. Goodman, lui, devra faire face à la justice. Ash sera détourné de la musique.  Et Jules…  Jules se cherchera pendant de longues années et racontera leur histoire à tous.

Que deviennent les talents et les aspirations de chacun ? Un don de jeunesse peut-il constituer le socle de toute une vie ? Et comment peut-on y rester fidèle malgré les choix qu’impose la vie adulte ? Chacun trahira à sa manière l’adolescent qu’il fut.

Une fresque impressionnante, à la fois réaliste et sensible. Le roman d’un écrivain au sommet de son art.

Les Intéressants , ce sont six adolescents dont nous allons suivre le parcours durant près de quarante ans. Roman dense, roman d’apprentissage, avec Les Intéressants, Meg Wolitzer sait nous capter au fil des pages sans que jamais on y trouve de longueurs. J’ai pris mon temps pour ce livre, pour apprécier chaque personnage, chaque trajectoire et je dois dire que c’est le genre de roman qui sait me happer.
On ne s’y ennuie pas car à aucun moment le lecteur n’a l’impression de lire du « texte dilué » ni de s’ennuyer devant un pavé. Les personnages ont une véritable profondeur (enfin! ). Bref, je ne peux que le conseiller… Une condition: ne pas se hâter dans la lecture.

L’une des plus belles découvertes de ce début d’année

 

Les Intéressants, Editions Rue Fromentin et LDP (2016)

 

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