Premières lignes #17mars

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit puis je vous parle de ma lecture. Cette semaine, un début un peu particulier puisque le roman commence par une série de lettres :

 

« Cher monsieur le maître de Caraval,
Je m’appelle Scarlett, mais en fait, je vous écris pour vous parler de ma petite soeur Tella. C’est bientôt son anniversaire (le 37ème jour de la saison des Pousses) et elle aimerait beaucoup voir votre spectacle. Alors, si vous pouvez passer par notre île avec vos fantastiques comédiens de Caraval, ce serait un cadeau merveilleusement formidable

Avec tout mon espoir,
Scarlett de l’île conquise de Trisda « 

Le premier tome de la trilogie Caraval était annoncé comme un véritable événement (25 coéditeurs, les droits audiovisuels achetés par la Fox, la presse américaine unanime, etc…)

A la lecture, l’enthousiasme retombe assez vite. Si le roman se lit de bout en bout facilement, tenant même en haleine, il a du mal à éviter les incohérences et la psychologie à deux balles des personnages.

Les deux soeurs, Scarlett et (Dona)Tella, qui sont les protagonistes, apparaissent comme des victimes : enfants battues pendant des années par leur père, jeunes femmes à la merci du premier homme qui passe. On en a vite assez de cette image de la femme qui se montre soit soumise, soit capricieuse, soit infantile, soit frivole (la combinaison des quatre est aussi possible).
Car, même si l’action est placée dans un monde imaginaire où, semble-t’il, les femmes obéissent à des règles dictées par les hommes, on n’en sert guère plus. Rien n’explique véritablement le comportement des deux jeunes filles.

De même, l’univers n’est jamais expliqué un minimum: que sont les îles conquises ? d’où vient la magie ? qui est qui ?
Cela laisse beaucoup de vide, finalement. Quand le jeu-spectacle de Caraval se met en place, même si les éléments merveilleux sont bien trouvés et agréablement décrits, on aimerait en savoir plus. Et quelle est donc l’origine des émotions que l’héroïne semble voir en couleurs ? Voilà qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe.

Tout cela ne m’a pas empêchée de finir le livre: les twists sont plutôt bien amenés et la lecture est agréable.

 

 

Résumé : Bienvenue à Caraval !
Le spectacle le plus extraordinaire de tous les temps ! Vous y verrez plus de merveilles que le commun des mortels au cours de toute une vie. Mais avant que vous vous plongiez dans notre univers, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un jeu…
Nous tenterons de vous convaincre que ce qui se passe au-delà de ce portail est réel, mais ce n’est qu’illusions.
Alors prenez garde à ne pas vous laisser trop emporter. Car les rêves qui se réalisent peuvent être magnifiques, mais ils peuvent aussi se transformer en cauchemars si l’on ne se réveille pas…

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• La Chambre rose et noire
• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Chronicroqueuse de livres
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• Le monde enchanté de mes lectures
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Premières lignes #14janvier

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

 

Des premières lignes assez inattendues, cette semaine – et ceci pour plusieurs raisons: 1° : je n’avais absolument pas prévu de lire le livre qui suit (pour tout dire: il est au programme de français de ma fille, en 1ère)
2°: les premières lignes sont plus que surprenantes.

« La première fois que j’ai vu mon traître, il m’a appris à pisser. C’était à Belfast, au Thomas Ashe, un club réservé aux anciens prisonniers (…) »

Pour un incipit, c’est réussi.

« Antoine est un luthier parisien qui très vite, se prend d’amour pour l’Irlande. Fasciné par sa culture, ses paysages et par la chaleur des gens, le jeune français découvre l’Irlande du Nord, avec Belfast et sa grisaille, ses barbelés et ses tensions politiques. Il y rencontre des habitants qui deviendront plus tard ses amis. Tous font partie du mouvement républicain, et mènent comme ils le peuvent quelques actions pour le compte de l’IRA.

Au fil des contacts, Antoine y rencontre Tyrone Meehan , un homme dont il s’éprend d’amitié. Tyrone Meehan est à l’époque un éminent leader du mouvement républicain.

Au fil des ans, Antoine rend de plus en plus de visites à ses amis. Son enthousiasme pour la “cause” est tel, qu’il s’enflamme lui aussi pour le conflit en Irlande du Nord : il commence alors à participer à certaines actions.

Ces actes, ils les mènera durant plus de 25 ans, vraisemblablement appuyé par son ami Tyrone Mehaan… Jusqu’au jour où il apprend par la presse que son ami agissait en vérité depuis plus de 20 ans pour le compte du gouvernement britannique. « 

C’est la deuxième fois que je lis quelque chose de Sorj Chalandon . Et cette fois, cette manière de faire, archi-documentée, très journalistique m’a réellement gênée. C’est bien de fournir autant d’informations mais l’histoire, où est-elle?
On a peine à croire à une fiction tant le livre tient plus du récit, voire du documentaire plus que du roman.  (cf. les grèves de la faim, la dirty protest qui rappelle tant « Hunger », le film de Steve McQueen avec Michael Fassbender).
J’en suis ressortie mitigée….
A noter que Chalandon a écrit sur le même thème trois ans après « Mon traître »: « Retour à Killybegs » le point de vue de Tyrone Meehan (le traître).

Quant à Meehan, il est inspiré de Denis Donaldson, membre de l’IRA et du  Sinn Féin, abattu en 2006. Un proche de Bobby Sands – j’en reviens donc à « Hunger »:

 

Premières lignes #26novembre

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

 

Bonne pioche, cette semaine, puisqu’après avoir lu et terminé « La salle de bal » de Anne Hope, mes deux réservations à la bibliothèque sont (enfin) arrivée: Vernon Subutex 2 et 3. (ma chronique du 1er tome ici)

Mes premières lignes viennent donc de ce deuxième tome:

« Vernon attend qu’il fasse nuit et qu’autour de lui toutes les fenêtres se soient éteintes pour escalader les grilles et s’aventurer au fond du jardin communautaire. « 

A propos du tome 2:

« Le deuxième tome commence par un rapide rappel sous forme d’une liste de courts portraits des différents protagonistes présents au premier épisode, comme une série ferait le rappel de la saison précédente. Virginie Despentes accompagne le lecteur avant de le replonger dans la suite des aventures de Vernon Subutex, son héros et on lui en est reconnaissant. C’est très pratique. On peut s’y référer de temps en temps au cours de la lecture.

Dans ce deuxième tome, donc, on retrouve Vernon toujours dans la rue, et dans un drôle d’état. Depuis qu’il a été malade (grosse fièvre), l’ancien disquaire traverse des phases de lévitation où il perd totalement contact avec le monde réel. Installé dans une bâtisse abandonnée de la capitale, nichée derrière un jardin communautaire, « il débloque. Il a des absences. »

source

Intéressant: Vernon a trouvé refuge sur la butte Bergeyre (et pas Montmartre, comme je l’ai lu dans beaucoup – trop – de chroniques). La butte Bergeyre, c’est ce petit quartier du 19ème, située sur une colline près des Buttes-Chaumont.

 

 

Bonnes lectures! 

L’as-tu lu ou le liras-tu? La Fontaine: une école buissonnière – Erik Orsenna

 

Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche, grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés. Malicieuse et sage compagnie !
Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus grand poète de notre langue française ?
Voici une promenade au pays vrai d’un certain tout petit Jean, né le 8 juillet 1621, dans la bonne ville de Château-Thierry, juste à l’entrée de la Champagne.
Bientôt voici Paris, joyeux Quartier latin et bons camarades : Boileau, Molière, Racine.
Voici un protecteur, un trop brillant surintendant des Finances, bientôt emprisonné. On ne fait pas sans risque de l’ombre au Roi Soleil.
Voici un très cohérent mari : vite cocu et tranquille de l’être, pourvu qu’on le laisse courir à sa guise.
Voici la pauvreté, malgré l’immense succès des Fables.
Et, peut-être pour le meilleur, voici des Contes. L’Éducation nationale, qui n’aime pas rougir, interdisait de nous les apprendre. On y rencontre trop de dames « gentilles de corsage ».
Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie : mi-fable, mi-conte.

 

 

Tout le monde connaît La Fontaine – ou presque. Tout le monde connaît ses Fables.
Mais l’homme? sa vie? ses autres écrits?

C’est sur cette base que Erik Orsenna a construit ce documentaire.
Alors, effectivement, c’est instructif, c’est parfois croustillant: on y trouve des Contes peu connus car jugés  trop « olé-olé » pour les scolaires, ces mêmes contes que La Fontaine a renié en vieillissant, la peur de l’enfer aidant.

Orsenna a une plume élégante et amusante, mais parfois, très datée. A force de vouloir LA tournure de style, on frôle la préciosité.
De plus, si les premières pages retraçant la jeunesse de La Fontaine sont légères et attractives, le lecteur peut se lasser de ce style d’écriture qui recherche l’érudition et le « beau mot » à longueur de phrases. Et cette biographie s’essouffle.

Certes, Orsenna a su replacer l’oeuvre du poète dans le contexte historique.
Pour autant, on  a tendance à s’ennuyer par un certain manque d’originalité.

 

A lire:

– pour connaître l’autre facette des Fables

– pour en apprendre plus sur la Fontaine

– pour le florilège de Fables en fin de volume

 

 

Ce sera une note  moyenne pour ma part:

2,5/5 

Une belle définition: « la lecture est une prémonition »

 

Ce que dit Erik Orsenna

 

Merci à NetGalley et aux éditions Stock