Premières lignes — 29 mars

Premières lignes pour le Masse Critique Babelio (et sans traîner, je n’en reviens pas !)

« Le camp bourdonnait d’activité. Encore bien emmitouflés dans leurs manteaux en peau lainée, les enfants jouaient entre les habitations temporaires. ils imitaient leurs aînés et le bruit de leurs petites épées de bois se mêlait aux rires moqueurs des vainqueurs. Les perdants se retrouvaient à terre, dans la boue et se faisaient tirer les oreilles en regagnant leurs yourtes, moins pour leurs affaires crottées que pour les défaites qu’elles trahissaient. « 

Voilà des premières lignes parfaites qui illustrent assez bien la vie du peuple des steppes ( les Tstets ) : la guerre de conquête est leur quotidien. Leur chef, Khazan, est d’ailleurs un jeune homme qu’on imagine bien, quelques années en arrière, jouant dans le camp temporaire au milieu des yourtes avec ses futur.e.s meilleurs guerriers — et guerrières. Mais Khazan doit faire face à d’autres responsabilités alors que le roman s’ouvre : la perte d’une compagne, la naissance d’un fils et un combat à mener. Pour mener à bien sa conquête, il a besoin d’un apport : une technique que son peuple ne maîtrise pas mais qu’il sait trouver auprès de ceux de la Montagne, des êtres étranges qui vivent dans une Ruche.

L’histoire est carrée et fonctionne bien. On se bat, on aime, on découvre de nouveaux et nouvelles alliées. Les trahisons et les ennemis sont présents. Les rebondissements se situent au bond moment et le roman se lit de façon agréable. Les chapitres sont très courts — j’en ai même été surprise au départ mais je dois être habituée aux chapitres longs comme des boas, ce qui n’est pas forcément plus efficace, parfois.

Je dirais que ce qui fait la force de ce premier tome des Royaumes ennemis, ce sont les personnages. Je suis assez contente d’écrire cette ligne, d’ailleurs car je râle suffisamment sur les personnages laissés de côté et qui sont sans épaisseur dans bon nombre de romans en fantasy (particulièrement en fantasy Y.A, même si ce tome n’est pas du Y.A, ici — mais pourrait presque appartenir au genre).
Le peuple de la Ruche est vraiment bien trouvé, et les êtres humanoïdes qui ressemblent à des insectes sont parfaitement caractérisés ( je ne me suis pas demandée qui était qui ni emmêlée les pinceaux — ou les antennes, du coup ). Les propos qu’ils peuvent tenir au sujet des humains sont bien vus — tout cela avec humour.
Je dois aussi et surtout parler de la place des femmes dans ce livre qui est importante — et réussie. Toutes connaissent une évolution particulièrement intéressante et ne restent jamais en arrière.
Iridiane la guerrière et Lulaï la rêveuse sont deux personnages forts qui réservent de belles surprises. Et j’aurais bien applaudi durant une scène entre ces deux-là : le soutien d’une femme envers une autre, voilà qui est intéressant à lire!.

Tant que j’en suis à parler des scènes très bien faites : les conversations d’esprit à esprit, particulièrement en lien avec les magiciennes m’ont particulièrement plu ( je ne tiens pas à tout révéler non plus 😉 ). Il y a quelque chose du Bene Gesserit de Dune, un peu comme les voix des Révérendes Mères. (bonjour la Mémoire Seconde )
J’ai été un peu moins convaincue par les femmes tueuses et séductrices de Meri, même si elles suivent une logique imparable. Mais c’est un avis très personnel.
Autre petit bémol complètement lié à mon dégoût du sang : ça égorge et ça éclabousse un peu trop pour moi ( dit celle qui a lu Le Trône de Fer plusieurs fois🤨 🤣) Mais je comprends tout à fait que ce n’est pas un problème pour quelqu’un d’autre.

Je ne vais pas chercher des défauts là où il n’y en a pas. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture et je suis très contente d’avoir fait ce choix pour le Masse Critique ( merci les Editions du 38).

Pour finir, je conseille de le lire en écoutant The Hu ( on est fan ou on ne l’est pas). Je rappelle que the Hu est groupe de Mongolie qui joue une sorte de folk-metal en langue mongole et en chant diphonique (throat singing). Il y a d’ailleurs sur l’album « The Gereg » un excellent titre qui s’appelle « Song of women » , un hymne aux femmes. Ils l’ont ré-enregistré avec Lzzy Hale ( de Halestorm) qui a écrit sa propre partie en anglais.


Royaumes ennemis, tome 1 : Les magiciennes par Kaufhold

Résumé : L’hiver s’achève dans les steppes, laissant le Septentrion déchiré en deux territoires ennemis. Khazan, l’ambitieux seigneur des Tsets, est à la recherche d’une nouvelle technologie qui lui garantirait la victoire sur le chef des Araks et sa maîtresse sanguinaire. Il doit pour cela obtenir l’aide d’un peuple étrange, retiré dans les Montagnes de l’Ouest et miné par des conflits internes menaçant sa survie. Trois de ses meilleurs guerriers, dont la solaire Iridiane, le soutiennent dans sa quête. Mais d’autres dangers guettent le jeune chef de guerre, ne lui laissant aucun répit. Le jour, la reine magicienne d’un royaume pirate menace le sud de ses terres et la nuit, ses songes sont le terrain de jeu d’une jeune rêveuse boréale.

Royaumes ennemis – t. 1 Les magiciennes – Sylvie Kaufhold. Editions du 38

Royaumes ennemis, tome 1 : Les magiciennes par Kaufhold

Premières lignes – 7 février

 Premières lignes 

 » Il semblerait qu’il soit né le 4 février 1986.
Au Pays du Matin calme, l’enfant entre dans l’existence dès sa conception. Sans grande considération pour les lois de la science, il sera déclaré — non pas à l’état civil, mais à la famille — âgé d’un an le jour de sa naissance. Il gardera cet âge tout au long de l’année lunaire qui s’en suivra. Ainsi l’enfant comptera deux au nouvel an de l’année suivante — au Nouvel An lunaire appelé Seollal — qu’il soit né en décembre ou en juillet.
Au centième jour de sa naissance, une fête célèbrera la fin de la période suspecte de mortalité infantile, la victoire de sa survie au monde. « 

J’avais très envie de lire Idoles de Marianne Weller aux Ateliers du Cahier, un document sur le groupe de K-pop TVXQ!. 

Dès les premières lignes, on voit apparaître l’intérêt de ce livre — et son ambigüité.  D’une part , il nous éclaire si bien sur la société coréenne que c’est un plaisir d’apprendre des détails que, parfois, on ignore et, de l’autre, il n’est ni un essai sur la Corée, ni une biographie du groupe TVXQ! même s’il s’en a tous les aspects.
Voilà donc son gros défaut : à force d’hésiter entre les genres, il n’en a aucun. Et à force de n’être pas une biographie, il ressemble à un fouillis qui mériterait vraiment une relecture (une vraie ) afin de raconter une histoire qui ait un véritable sens ou qui se dirige vers un essai qui soit structuré correctement.
Mais ce n’est pas le cas.
Et donc, on oscille entre une partie fictionnelle et une autre très documentée, se mixant sans réel habileté.
La première partie du récit ressemble quand même terriblement à une biographie puis, étrangement, on passe à une seconde, très confuse et brouillonne où il faut pêcher les informations. L’autrice dit qu’elle a tenté de mêler le vrai et le faux puisque « ceci n’est pas une biographie ». Même si j’ai tout à fait entendu l’intention, je dois dire que le résultat n’est pas concluant. malgré tout, j’ai lu entièrement, retenant ce qui m’intéressait, pestant contre les maladresses ( ex : dans un paragraphe, subitement apparaît une formulation à la première personne du singulier alors qu’à aucun moment il n’a été mentionné un quelconque « je » ;  défaut de narration ou oubli malencontreux 😫).
Par contre, j’ai vraiment apprécié à sa juste valeur toute la documentation. Les anecdotes sur le groupe, qu’elles soient connues (car réelles) ou pas ( car inventées mais bien trouvées) sont excellentes. C’est vraiment dommage que ce récit ne soit pas une fiction car l’autrice avait trouvé son sujet et est particulièrement à l’aise pour entrer dans la vie des « idoles » dont elle parle avec une grande humanité.
A ce sujet, j’ai appris un tas de détails sur ce groupe que je ne connaissais que superficiellement ( merci  » Mirotic » — la vidéo et le titre qui firent scandale en Corée du Sud :

TVXQ, c’est aussi le  groupe qui a fait les frais des méthodes honteuses d’une très grosse maisons de disques,  la SM entertainment, qui a fait ses dents sur eux — avant de lancer EXO... ( on ne va pas rappeler les dégâts que causent l’industrie musicale en Corée, le problème étant plus vaste, sociétal, ce qui me rappelle une lecture récente ).

Pour finir, Idoles a été une lecture en demi-teinte : j’aurais aimé que le récit soit dans la continuité de la première partie. A mon avis, l’autrice aurait dû être encouragée à développer cette partie sur toute la longueur car elle a un réel talent pour la fiction ( et je viens de lire une interview d’elle où elle confirme mon doute sur son processus d’écriture…). La seconde partie reste, à mon sens, du remplissage et c’est dommage.

Note perso : Oui, Marianne Weller, écrivez de la fiction !
( et en plus, elle aime Big Bang et G-Dragon ! 😍 )

 

Idoles par Weller

Résumé : En 2004, un nouveau groupe de cinq chanteurs fait ses débuts en Corée du Sud. Le plus jeune a quinze ans, le plus âgé dix-sept. Ils se sont rencontrés par hasard, réunis par la plus grosse agence de production du pays. Ils vont devenir le groupe le plus célèbre de toute l’Asie, battant tous les records de popularité. Et les meilleurs amis du monde. Mais, pour trois d’entre eux, la liberté compte plus encore. En 2009, entouré d’une pression médiatique énorme, le groupe vole en éclat et les ennuis commencent. Procès, déchirements, l’industrie musicale coréenne ne compte pas laisser s’envoler ainsi la poule aux œufs d’or…
​Un récit inspiré de l’histoire du groupe TVXQ!, stars incontestées de la deuxième génération de K-pop, éternellement regrettés, longtemps pris pour modèles par la génération d’aujourd’hui.

Merci à Babelio Masse Critique 

 

 

 

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On ne coupe pas les pieds d’une jeune fille — Taï-Marc Le Thanh

On ne coupe pas les pieds d'une jeune fille par Le Thanh

 

Résumé : À quoi ça tient l’existence ? À une bulle d’air. Une note de musique. Aux amis et aux compagnons d’infortune. À l’imagination. Au combat de chaque jour. Ce combat, Nola le mène depuis qu’à la suite d’une opération à l’hôpital ses jambes ne répondent plus correctement. Mais elle n’est pas seule : dans sa tête, il y a un clown, un avion avec un pilote, et un Soldat. Ensemble, à l’assaut de la vie !

C’est le titre qui m’avait attirée. Puis la photo de couverture, c’est vrai ( une vraie réussite). En lisant le résumé, je m’étais dit que l’histoire avait l’air vraiment intrigante. Du même auteur, j’ai dû lire un roman ou deux, pas plus.

J’ai donc profité du Masse Critique (merci les éditions de l’Ecole des Loisirs) pour faire cette lecture qui est un joli voyage.

Tout commence en 1977 à l’hôpital Broussais : le  pavillon des enfants malades n’est certainement pas un lieu de réjouissances. Et pourtant, la première scène s’accompagne d’une fanfare !
Mais pour le personnage principal, Nola, 11 ans au début, rien ne va : obligée de subir une opération au coeur, elle ressort de l’intervention guérie mais…. non, en fait. Car quelque chose est allé de travers et Nola ne sent plus ses jambes ! Elle ne peut plus s’ne servir.
De là, commence  un récit touchant, émouvant et souvent loufoque, découpé en scènes à la façon d’une pièce de théâtre. Une histoire sensible pleine d’humour et de résilience.
Je ne le savais pas mais le roman s’est inspiré  librement des jeunes années de Natalie Tual, autrice nantaise et compositrice.

 

A partir de 12 ans

317 pages

Paru le 14 octobre 2020

Editions ECOLE DES LOISIRS

La Belgariade – T. 1 – David et Leigh Eddings

J’avais déjà lu des romans de David Eddings il y a bien longtemps ; sans me tromper, je suis quasiment sûre qu’il s’agissait de la trilogie des joyaux. Je n’en garde pas de souvenir particulier ( ni en bien, ni en mal ). Par contre, je n’avais jamais lu ce classique de la fantasy qu’est la Belgariade. L’opération Masse Critique m’a permis de remédier à cela. Me voilà donc avec  « Le pion blanc des présages« , le premier des cinq tomes. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée : il y a de l’aventure, de l’humour, des péripéties, une prophétie, des dieux, un artefact magique, des sorciers, un élu, des personnages à la longévité exceptionnelle, une guerre en perspective. Tiens, tiens, cela me rappelle assez le Seigneur des Anneaux. Le début, particulièrement, avec une création du monde très tolkienesque.
Par la suite, l’histoire reste assez classique ( mais ce n’est pas un reproche, les formules éprouvées sont souvent les plus efficaces ) . On se déplace pas mal (vive les cartes), on rencontre d’autres personnages et peu à peu, on voit que le jeune homme promis à un destin prestigieux, Garion, est, pour l’instant, un benêt. Il continue à ne rien comprendre alors qu’il a tous les éléments en main. C’est sympa mais à la longue, cela peut être un peu lassant (ce running gag, il court, il court). 

Les dialogues sont bien fichus et plutôt amusants (je ne me suis pas non plus écroulée de rire, j’ai vu mieux, quand même). Les personnages sont également bien définis et leurs caractères se dessinent très vite. On en a besoin car ils sont assez nombreux mais on ne s’y perd pas pour autant. Le rythme est soutenu. C’est difficile de s’endormir sur le livre. J’ai très vite eu envie de savoir ce qui se passait ensuite.
Pourtant, peut-être parce que la Belgariade reste de la fantasy terriblement convenue, classique, qu’il y a eu tellement de romans plus originaux depuis sa création (les années 80), je n’ai pas non plus été emballée. Peut-être l’aurais-je été beaucoup plus si j’avais lu la série à sa sortie, c’est certain. En refermant le livre, je me suis dit que cela me plairait d’aller emprunter un jour les autres tomes à la bibliothèque, un jour, mais je ne suis pas pressée. Et je ne vois pas l’intérêt d’avoir la série chez moi non plus. C’est sympa, ça se lit bien. Mais on on touche les limites de la high fantasy, à mon sens. Malgré l’humour, ça reste manichéen. Et surtout, j’ai eu cette impression de déjà-lu sans ce petit quelque chose en plus (après, pour être franche, je préfère lire 10 fois la Belgariade que le Sorceleur/Witcher, particulièrement indigeste, à mon goût, mais ça c’est une autre histoire😉).
En gros, si vous aimez le Seigneur des Anneaux, ou La Roue du Temps  ça devrait passer, à mon avis.

 

La Belgariade, tome 1 : Le pion blanc des présages par Eddings

Résumé : Et les dieux créèrent l’homme, et chaque dieu choisit son peuple. Mais Torak, le dieu jaloux, vola l’Orbe d’Aldur, le joyau vivant; façonné par l’aîné des dieux, et ce fut la guerre. Le félon fut châtié; à Cthol Mishrak, la Cité de la Nuit, il dort toujours d’un long sommeil hanté par la souffrance. Le fleuve des siècles a passé sur les royaumes du Ponant. Les livres des présages sont formels : Torak va s’éveiller. Et justement l’Orbe disparaît pour la seconde fois. Que le maudit la trouve à son réveil et il établira son empire sur toutes choses. Belgarath le sorcier parviendra-t-il à conjurer le sort ? Dans cette partie d’échecs cosmique, il a réussi à préserver une pièce maîtresse : le dernier descendant des Gardiens de l’Orbe, désigné par les présages, mais qui n’est encore qu’un petit garçon. Un simple pion, et si vulnérable…

Premières lignes : La fileuse d’argent

Je n’ai pas un rythme de lecture très soutenu en ce moment. Ou autrement dit : je rame pour terminer ce que je commence 😆. Parfois, je laisse le livre de côté pour le reprendre un peu plus tard. Bref, ça me fait cet effet depuis la fin du confinement (je vais accuser le confinement, ça sera plus rapide mais il y a pas mal de fatigue, aussi).

J’ai bouclé un roman assez long récemment dont voici tout de suite les premières lignes : 

« La véritable histoire est loin d’être aussi belle que celle que vous avez entendue. La véritable histoire, la voici : la fille du meunier aux longs cheveux d’or veut séduire un seigneur, un prince, le fils d’un notable, aussi se rend-elle chez le prêteur et y emprunte-t’elle une bague, un collier, qui la feront paraître à son avantage à la fête du village. Et comme elle est resplendissante, le seigneur, le prince, le fils d’un notable la remarque, danse avec elle et la culbute dans un grenier à foin quand l’heure n’est plus à la danse. Après quoi, il rentre chez lui et épouse la riche héritière que sa famille a choisie pour lui. Puis la fille du meunier, spoliée, raconte à tous que le prêteur est en affaires avec le diable et les villageois le chassent, lui jettent même quelques pierres, ainsi peut-elle au moins garder les bijoux pour se constituer une dot et donner sa main au forgeron, avant que naisse son premier enfant au terme d’une grossesse un peu courte. « 

C’est sous forme de conte que débute « La fileuse d’argent » un roman que j’ai reçu grâce à Masse critique (Babelio) :ma participation datait d’avant le confinement, et les circonstances ont fait que tout a été bloqué pour l’envoi du livre pendant un bon moment.

« La fileuse d’argent » est un roman que j’attendais avec impatience de lire car j’avais beaucoup apprécié « Déracinée » de la même autrice, Naomi Novik.
Cette fois encore, nous nous embarquons pour l’univers des légendes, un peu à la façon de « L’ours et le rossignol«  de Katherine Arden (j’ai trouvé pas mal de ressemblances, entre le monde slave, le roi de l’hiver, etc…. ). Nous suivons ici principalement (mais pas que…) trois jeunes femmes, la fille du prêteur, Miryem, Wanda qui viendra l’aider et tiendra un rôle important par la suite de « lien » entre deux mondes, et Irina, la jeune noble qui va épouser le nouveau tsar. Ces trois points de vue restent les principaux car l’intrigue tournent surtout autour d’elles mais l’autrice s’intéresse  avec beaucoup d’habileté aux points de vue secondaires comme celui de la nounou d’Irina ou du jeune frère de Wanda, ce qui apporte une richesse dans le développement des personnages. J’ai trouvé que le procédé était très bien maîtrisé 👍

La dimension fantastique apparaît en premier lieu avec les Staryk, dont on ne comprend pas au début l’origine. Leur monde, leur culture, tout sera développé un peu plus au fur et à mesure. Et je dis : « chic, on ne nous balance tout ça en même temps »  — l’autrice prend son temps et c’est un point fort.  Il y a également un autre personnage fantastique, un être du feu qui particulièrement réussi.

C’est d’ailleurs une réussite. Mais il faut savoir être patient.e. Comme pour « Déracinée », j’ai eu l’impression d’avancer doucement dans le roman au début, de devoir progresser à petite vitesse avant que l’histoire ne se déploie pleinement — mais avec quelle force ! (et je ne parle pas ici du dénouement ! ). Un enchantement, un de plus.

La fileuse d'argent par Novik

Résumé : Petite-fille et fille de prêteur, Miryem ne peut que constater l’échec de son père. Généreux avec ses clients mais réticent à leur réclamer son dû, il a dilapidé la dot de sa femme et mis la famille au bord de la faillite… jusqu’à ce que Miryem reprenne les choses en main. Endurcissant son coeur, elle parvient à récupérer leur capital et acquiert rapidement la réputation de pouvoir transformer l’argent en or. Mais, lorsque son talent attire l’attention du roi des Staryk – un peuple redoutable voisin de leur village -, le destin de la jeune femme bascule. Obligée de relever les défis du roi, elle découvre bientôt un secret qui pourrait tous les mettre en péril…

 

 

 

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Novembre, NaNo, et visual kei

Un peu moins présente depuis la fin octobre sur mes blogs, j’ai diverses raisons à cela:
– la recherche d’emploi
– le NaNo (= NaNoWrimo) qui a débuté début novembre
– la préparation de mes calendriers photos 2018 – qui est un beau projet et dont je reparlerais sur mon blog photos LeyArts.

Le NaNo, déjà.
Je dois bien dire qu’il constitue plus un prétexte pour enfin finir l’un de mes romans en cours sur lequel je traîne.   Je me rends compte qu’avec l’emploi du temps de l’an dernier, j’y ai à peine touché même si je ne suis pas loin de toucher au but.
Côté NaNo, c’est mon 4 ème. J’ai réussi à en boucler deux avec beaucoup de travail (2013 – 2014) – et à avancer assez bien un autre (2015).

NaNo? C’est ce mois où il s’agit d’écrire  50 000 mots d’un roman.
Nous sommes de nombreux nanoteurs en France, à présent. Même si le principe a des inconvénients (la tendance à bâcler l’écriture pour faire son quota quotidien).

Blogs et médias anglo-saxons publient en effet régulièrement des articles de conseils. Sur les réseaux, les « nanoteurs », ou « wrimos » en anglais, s’encouragent dans le marathon, discutent de leurs idées, partagent des articles sur l’écriture, échangent des anecdotes. (source)
C’est très simple de s’inscrire (site Nano), simple d’y participer. Moins facile pour tenir le rythme.
On peut lire de nombreux conseils en écriture, on peut se retrouver entre nanoteurs (si on en a envie ou le temps).
Et au bout du compte, on gagne quoi?
Rien, sinon: un texte de 50 000 mots mini. et la satisfaction d’avoir mené à bien le challenge.
Il y aura beaucoup de travail de corrections et de relecture à faire par la suite car écrire à cette cadence ne permet pas de s’appesantir. Mais cela reste un exercice intéressant.
En attendant, j’avance. Et cela me change les idées de façon positive.
J’en profite pour me faire des playlists sur YouTube ou Spotify, ne sachant pas écrire sans musique.
Cela m’a permis de me caler quelques morceaux de rock et metal  visual kei.
Même si je connais X Japan depuis de nombreuses années (ce groupe!une légende!), je n’ai jamais été spécialement fan. Je préfère the Gazette :
Connus pour ceci: OP de Kuroshitsuji- Black Butler

 

L’autre OP légendaire de Black Butler est tout aussi excellent :
Sid – Monochrome no kiss
Mais pour revenir à mon J rock, un autre groupe qui me fait sourire à cause de leur concept (Versailles!) et de leur fascination pour la France : Versailles, justement.
Je ne peux m’empêcher de penser que pas mal de groupes de metal japonais ont appris à accélérer le rythme – et leurs guitaristes à caler leurs solos façon Yngwie Malmsteen;  ce qui est normal puisque le virtuose a eu (a encore? j’en doute ) beaucoup de succès au Japon:
Malmsteen au top de sa forme:
 Et sur ces mots, je retourne à  mon NaNo …

Les faits durables – Emmanuèle Jawad

 

 

Poète, Emmanuèle Jawad creuse la langue jusqu’à obtenir une prose trouée, lacunaire, allégée des vides du discours. Touchés par ce travail de fragmentation, les mots éclatent de polysémie, ils s’entrechoquent et se frottent les uns aux autres dans un crépitement de significations. L’histoire qu’ils délivrent a trait à l’emprise du genre, aux stratagèmes à déployer pour s’en déprendre. Elle s’illustre de faits aléatoires et têtus, aux effets durables. « RÉPERTORIER LES ÉVÉNEMENTS DE SON TEMPS N’ENTAME EN RIEN LA FICTION »

les faits durables rassemblent :

des faits ,des effets, les effets de …

C’est donc un recueil de poésie dont je vais parler aujourd’hui – recueil que j’ai reçu après avoir participé à l’opération Masse Critique de Babelio.
 Je remercie Babelio et les éditions iXe que j’ai eu le plaisir de d’apprendre à connaître.
A propos de la poésie du XXIème siècle:
« Héritière de la poésie de la fin du 20e siècle, diverse, innovante, libre, la poésie de cette première décennie du 21e siècle se montre dynamique, agitée. Elle échappe aux courants, mais laisse entrevoir des tendances : celle d’un renouveau du lyrisme et celle d’une poésie d’expérimentationproche des arts plastiques. Elle tente d’exprimer la réalité du monde sensible.Tout comme les surréalistes et les grands noms du 20e siècle comme Char, Ponge, Michaux, certains poètes contemporains conçoivent encore leur art comme une expérimentation audacieuse sur le langage au service du sens. Le lecteur est invité à décrypter patiemment le texte pour comprendre son sens. (Christian Prigent, Anne-Marie Albiach, Valère Novarino, Jean Daive…)
b. Entre les contraintes et les libertés
Ils poursuivent le travail de recherches formelles, (parfois ludique) qui consiste à créer un espace d’observations et d’innovations pour le langage.  « 

Emmanuèle Jawad décortique le langage, la phrase, pour mieux la reconstruire, s’exprimer, dire (ici: dire les faits).

Pas de rimes ni de ponctuation, ici, mais des listes, des énumérations, des juxtapositions audacieuses. On pense à Tristan Tzara (dadaïsme), aux surréalistes, aux  Calligrammes d’Apollinaire, ou aux poètes de l’OuliPo. Il y a une grande liberté: blancs typographiques, mots isolés sur la page, déconstruction, collection de faits divers.

C’est une lecture déconcertante car nous sommes nombreux à avoir été formatés selon le modèle « j’ai lu et analysé de la poésie à l’école ». Mais, une fois le moment de surprise dépassé, la découverte des mots d’Emmanuèle Jawad est intéressante.
J’ai accompagné ma lecture de sa voix, lisant certains de ses poèmes. L’idée était bonne: une fois dits, une fois le rythme posé, les mots prennent tout leur sens.

Parce que j’aime découvrir, aller vers de nouveaux territoires, parce que j’aime la poésie en général, j’ai largement apprécié ce recueil.

 

Pour ceux/celles qui ont envie:

  • de découvrir une autre forme de poésie
  • de s’initier à la poésie du XXIème s.
  • de se laisser surprendre
  • d’aller au-delà des apparences

Un conseil :

  •  l’écouter,  pas seulement  lire.

 

«la voix d’une tonalité grave ne l’autoriserait à s’exprimer publiquement un trouble visuel se dégage : les épaules larges le torse sans poitrine apparente la pilosité légère au-dessus de la lèvre supérieure son déplacement»

«des contestations empruntent les voies urbaines TunisLecaireLisbonneLondresMexicoTelAvivNewYork»

«L’enquête révèle que les convois d’animaux empaillés furent dans un premier temps expédiés par la victime au musée de la Chasse et de la Nature par erreur…»

► Emmanuèle Jawad lit des extraits des Faits durablesPour l’écouter, cliquer ici.

► une recension sur le site de la revue web libr-critique

 une autre de Alain Helissen

« Le parcours d’écriture tente ainsi de se faire peu à peu, au regard des écritures qui balisent, sous une pluralité de formes, le champ poétique contemporain, dans leur lecture assidue et l’exploration de ces écritures travaillées par la radicalité et l’expérimentation, d’autres traversées par un réel plus intimiste que social et critique ou se situant encore à leur jonction.
L’écriture, dans ses recherches et ses tentatives, ne peut se faire que dans la fréquentation des écritures d’aujourd’hui, qu’au regard de ces pôles de références dans le domaine poétique : pôle dans une visée objective radicale dont l’écriture poétique rejoint une forme de minimalisme neutre, dans une recherche de langue plate travaillée par les faits et pôle vers un réel se portant dans une désarticulation formelle où la désarticulation du monde peut alors faire corps avec celle du langage. »
(Emmanuèle Jawad, Traces de ces flux, dossier « Ecrire aujourd’hui », Diacritik, 2016)
les faits durables, ixe, 2012