T’as pas vu ma pop (le retour) – Les guerres de l’étoile

 

Si vous m’avez suivie lors de mes aventures au pays de la pop culture, vous savez alors que j’ai passé du temps dans le monde de Matrix, dans l’univers d’Harry Potter et, bien sûr, dans celui de Star Wars.
C’est de ce dernier dont je vais parler à présent, en m’appuyant sur des lectures que j’ai pu faire récemment (je mettrais mes références en fin d’article, promis).

 

Star Wars, quand il est sorti, n’avait certainement pas la prétention d’être autre chose qu’un film de divertissement. Car, même si en 1977, on ne parlait pas encore de public Young Adult, c’est bien à eux que se destinait le premier volet (les familles avec des gens de tous âges).
Les adolescents et les enfants ont très rapidement accroché à cette fameuse « Guerre des Etoiles« ,  les jouets et les produits dérivés étant apparus rapidement dans les boutiques. (mes figurines Star Wars datent de cette période, justement).

Pourtant, le succès aidant, la taille du fandom s’est considérablement agrandie. Certains ont grandi avec Star Wars, comme, quelques années plus tard, d’autres grandiront avec Harry Potter. D’autres ont vu arriver une autre trilogie – la prélogie. les uns ont emmené leurs enfants voir les deux trilogies; certains emmènent les leurs voir la dernière trilogie depuis 2016. Trois générations se rassemblent dans les salles obscures.
Star Wars est devenu un phénomène. On a écrit, on a fait des romans, des comics, on a produit  des dessins animés, des fanfilms, écrit encore des fanfictions, et on a aussi beaucoup tenté de disséquer la saga, pour reprendre un mot assez impropre; le cycle, devrait-on dire.


bande annonce française originale

 

Star Wars est à présent une figure typique de la pop culture: les références pullulent.
Oh, attendez, j’ai écrit: pop culture? Pop culture, yeah!
C’est en préparant mes premiers articles sur le sujet que j’ai eu envie d’aborder l’univers de la galaxie lointaine, très lointaine au travers de quelques thèmes.

 

Je  n’ai pas pour but de donner mon avis  (je ne détiens aucune vérité universelle) ni de démontrer que telle trilogie est meilleure que l’autre, que les films Star wars actuels sont moins bien ou pas, que le canon est ou n’est pas respecté – non, je n’ai pas envie de me perdre dans ce genre de considérations que vous pouvez trouver à peu près dans tous les fils des réseaux sociaux. J’ai simplement envie de partager une exploration d’un univers assez fascinant qui est entré dans notre quotidien.
Mon propos  est toujours d’écrire sur la pop culture. Et sur Star Wars en particulier.
Je vous invite donc à me suivre dans les semaines à venir…

A très bientôt avec un nouveau volet de T’as pas vu ma pop !

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Les derniers Jedi – une nouvelle étincelle

C’est fait, c’est vu. Mon Noël 2017, c’est « The Last Jedi (Les derniers Jedi) » en VOSTFR.
Et, effectivement, c’est un beau spectacle, certainement l’un des Star Wars les plus esthétiques, sinon LE plus esthétique, l’un des plus aboutis aussi.
Je ne suis pas une fan hard-core de Star Wars, dans le sens où je ne connais pas sur le bout des doigts tous les comics, les romans, et autres dessins animés de l’univers. J’ai lu pas mal de romans se situant après « Le retour du Jedi« , quelques comics par ci par là.
Je me situe à mi-chemin sur l’échelle du fan: ceux qui font partie de  la génération qui était déjà née lors de la Trilogie originale – et en âge de la voir; parmi ceux qui regardent la prélogie mais qui la trouvent vraiment mal fichue – et qui ont apprécié « Le retour de la Force » sans crier au génie ni non plus au scandale. La nostalgie, camarade, ça va un moment…mais ça ne fait pas tout; donc copier le scénario du tout premier Star Wars (Un nouvel espoir) pour fabriquer « L’éveil de la Force« , ça n’était pas une bonne idée (JJ Abrams à la réalisation non plus).

Je préfère prévenir que cet article est truffé de spoilers et références aux autres films, « Rogue One » inclus.

It’s time for the Jedi to end.
Luke Skywalker: I only know one truth: It’s time for the Jedi… to end.

 

Cette fois, on y est. Jedi or not Jedi, les personnages ont suffisamment tourné autour de l’idée.

Cette fois, il faut en finir avec cet ordre tel qu’il est pensé, un ordre qui souvent privilégie une élite, qui est le créateur de monstres tels que les Siths, Palpatine, Darth Vader …heu..Snoke?.  Et ce n’est pas le côté Obscur qui aura le dernier mot, mais justement, ces fameux derniers Jedi tournés vers la lumière.

Luke Skywalker: Now that they’re extinct, the Jedi are romanticized, deified. But if you strip away the myth and look at their deeds, the legacy of the Jedi is failure. Hypocrisy, hubris. That’s not true. At the height of their powers, they allowed Darth Sidious to rise create the Empire, and wipe them out. It was a Jedi Master who was responsible for the training and creation of Darth Vader.

Oui, il faut en terminer avec l’Ordre Jedi, il faut détruire le temple, les écritures – on notera le parallèle biblique. C’est une sorte de feu du ciel via Yoda qui anéantit le premier lieu sacré sur la planète Ahch-To.,ce temple où sont conservés les écrits sacrés, finalement sauvés par Rey (on le découvre à la fin lorsque Finn ouvre un tiroir).

On se souviendra que la ville de pèlerinage des Jedi, Jedah City (sur la planète Jedah) avait été détruite par l’Empire dans « Rogue One ».

Durant la Star Wars Celebration de Londres, le réalisateur de Rogue One Gareth Edwards a accordé une interview à plusieurs blogueurs.

Il a d’abord parlé de la planète Jedha, un lieu de pèlerinage pour les croyants en la Force :

« C’est né du fait qu’il n’y a théoriquement aucun Jedi à l’époque de notre film. George [Lucas] a merveilleusement su faire une histoire sur une chose, tout en sous-entendant qu’il y avait des millions d’autres choses à l’arrière-plan et des idées bien plus vastes, et notre film utilise évidemment cela et raconte une histoire dans ce cadre, d’où l’idée d’avoir un film Star Wars qui ne parle pas de la Force. Mais pour moi, Un Nouvel Espoir est un peu l’histoire de Jésus, ce qui implique qu’il y ait toute une religion derrière cela, et on avait l’impression que les Jedi avaient été les leaders d’un système de croyances spirituelles durant un millier de générations, et qu’il devait donc y avoir une sorte de Mecque ou de Jérusalem au sein du monde de Star Wars. Ca nous semblait très contemporain d’avoir une situation où l’Empire s’imposait sur un important lieu spirituel de Star Wars, pour ses propres raisons, ses propres buts, et qu’il y ait une résistance se construisant et tentant de se défendre au sein de cette zone. Mais nos personnages finissent par se rendre sur Jedha et  par être un peu mêlés à l’histoire de ces gens.

Et l’ordre Jedi de Coruscant est massacré par le nouveau seigneur du Côté Obscur dans « La revanche des Sith ». Mais, jusque là, la destruction provenait toujours des Autres (le côté Obscur).

titre img

Dark Sidious parvenant par la tromperie à faire basculer Anakin du Côté Obscur de la Force, il décida d’éradiquer l’Ordre Jedi. Pour ce faire, il envoya des troupes de clones, guidés dorénavant par Dark Vador, assaillir le Temple et y massacrer tous les Jedi présents. Cette nuit là, les cieux furent illuminés par les grandes flammes qui s’échappaient du lieu symbolique d’un Ordre Jedi agonisant.

 

En finir avec les Jedi, c’est d’abord mettre un terme à la lignée quasi maudite des Skywalker. On frôle le syndrôme Atrides, à ce stade: et je tue mon père, et je manque d’épouser ma soeur jumelle, et j’abandonne mes gosses, et je manque de tuer mon neveu, et je re-tue mon père…(ad lib !)
Frank Herbert nous avait pourtant prévenus dans Dune: il y aquelque chose de pourri avec  ces lignées ! Regardez le Kwisatz Aderach et ce qui s’ensuit. Dans « Les derniers Jedi », il faut en terminer afin de faire renaître l’étincelle. Et ce sera le leitmotiv de Leia dans ce film.

Luke, en vieil ermite désormais fermé à la Force,  ne s’est pas retiré du combat pour des prunes. Il n’est pas allé biberonner du lait vert sur une planète-île, Ach-To, par pur plaisir!
C’est un personnage complexe que nous retrouvons, adulte, mûri. Il est clair que son évolution n’a  pas plu à son interprète, dixit Mark Hamill récemment :

 « Ce n’est pas mon Luke Skywalker. Luke était tellement optimiste, plein d’espoir et d’énergie. Et là il est vraiment au fond du trou, je ne m’y attendais vraiment pas. Je l’ai dit à Rian: ‘Les Jedi n’abandonnent pas. Même s’il a un problème, il prendrait peut-être un an pour essayer de s’en sortir, mais s’il a fait une erreur, il essayerait de la corriger. Donc sur ce point, nous avions des points de vue fondamentalement différents. »

« Il est temps pour les Jedi de disparaître. » Il confie : « Luke ne dirait jamais ça, en tout cas, dans le Star Wars de George Lucas. Là, c’est la nouvelle génération de Star Wars. J’ai presque dû imaginer que c’était un nouveau personnage, peut-être que c’est Jake Skywalker. Mais ce n’est pas mon Luke Skywalker.

« Mais ce n’est plus mon histoire désormais, c’est l’histoire de quelqu’un d’autre, et Rian avait besoin que je joue d’une certaine façon pour rendre la fin efficace. (…) Je n’accepte toujours pas ce changement de direction de mon personnage, mais ce n’est qu’un film. »

Et pourtant, le développement d’un héros tel que Skywalker prend ici une tournure qui paraît tout à fait acceptable parce qu’humaine plus qu’héroïque, justement.
C’est cette progression des caractères qui rend ce 8ème volet plus abouti, plus adulte.

 

Kylo Ren: You’re not alone.
Rey: Neither are you.

Lors de l’épisode précédent, le fils de Han Solo et de Leia  devenu Kylo Ren nous apparaissait surtout comme un jeune immature, rapide à tout brûler, à tut détruire dès qu’il se mettait en colère.
On voit ici un Kylo Ren absorbé dans la contradiction, les remords, la lutte intérieure; combat qui se prolonge dans cette communication via la Force avec son alter ego lumineux, Rey qui tient moins la vedette que dans le 7ème épisode.
Mais son interaction avec Ben Solo (elle l’appelle Ben) est l’un des éléments les plus passionnants du film. Oui, la Force est puissante!
Ils se parlent, ils se voient (scène facile où Kylo/Ben a oublié sa chemise et non, il ne la remettra pas), mieux que cela: ils se touchent – si, si!
Une chose est sûre: la connexion Kylo/Rey est l’une des réussites du film.

 

Kylo Ren (to Rey): Let the past die. Kill it if you have to. That’s the only way to become what you were meant to be. 

Rejoins-moi!

Mais la Force est autrement puissante dans d’autres scènes (celle de Leia, par ex.), ce qui prouve comme le constate Rey qu’elle est autre chose que de simplement « soulever des rochers ».

  1. Luke Skywalker: What do you know about the Force?
    Rey: It’s a power that Jedi have that lets them control people and make things float.
    Luke Skywalker: Impressive… Every word in that sentence was wrong. 
  2. Luke Skywalker (to Rey): The Force is not a power you have. It’s not about lifting rocks. It’s the energy between all things, a tension, a balance, that binds the universe together. 
Echouer, c’est vivre, c’est avancer

Master Yoda (to Luke): Heeded my words not, did you? Pass on what you have learned. Strength, mastery. But weakness, folly, failure also. Yes, failure most of all. The greatest teacher, failure is. 

L’échec, les personnages de cet opus vont tous le connaître: Luke, Rey, Finn, Poe, Snoke, Rose, Holdo , etc…
C’est même le leitmotiv de Luke: « j’ai échoué » – de même qu’Obiwan avant lui, que Yoda avec lui. Pire: Luke n’a pas seulement échoué, il a contribué à faire basculer Ben Solo vers la noirceur, le changer en Kylo Ren.
Ici, on peut penser que Luke n’est pas départi d’orgueil en s’attribuant tout le crédit de ce basculement  – hé, Luke et le libre arbitre de Ben Solo, on en reparle? La lutte interne que mène tout Jedi en lui-même lors de son apprentissage (le combat intérieur que se livre chaque humain, plutôt), ça ne te rappelle rien?
Autre échec: le comportement de tête brûlée à la Han Solo. Non, combattre, ce n’est pas sauter dans un vaisseau spatial et dégommer tout ce qui vole comme à un jeu d’arcade. C’est là que le pilote Poe Dameron se voit confronté à son propre échec. Et à un échec inévitable du comportement macho appelé à tort « être un mec ».

Leia Organa (to Poe): Poe, get your head out of your cockpit. There are things that you cannot solve by jumping in an X-wing and blowing something up!

Car, dans cet épisode, une fois encore, ce sont les femmes qui détiennent pouvoir – et sagesse.
Les femmes sont prédominantes, joli parti pris de parité de même qu’il y en a un de diversité ethnique (on attend encore une romance non-hétérosexuelle, hello Disney!)
Rey arrive à atteindre Kylo Ren car elle fait preuve de compassion. Leia se montre une habile et avisée stratège de même que l’amirale Holdo.
Rose se montre plus habile et se révèle une équipière de choc pour Finn.

  

« That’s how we’re gonna win. Not fighting what we hate, saving what we love.  » Rose Tico to Finn

Humour fan service, et petites bêtes

Les droïdes comme les créatures extra-terrestres sont des incontournables de Star Wars.
Qui dit marketing, dit bestioles, et mignonnes, si possible…
Depuis les Ewoks, on attend la bébête sympa à reproduire en jouet. C’est chose faite avec les Porgs, ces manchots-marmottes qui peuplent la planète-refuge de Luke.

Très jolis aussi, les renards de cristal de la planète Crait. Ces Vulptex sont élégants et visuellement très bien rendus.

Moins mignon mais plus fun, les Thalas-sirens:

Le fan service est assuré par les droïdes, à bon ou moins bon escient (l’utilité de C3PO? à part mettre en valeur Leia? )

 

Rouge est la couleur

-et superbes sont les prises de vue!

Magnifiques plans tout au long de cet épisode.
Le rouge est prédominant :

Finalement, il y a bien sûr des points faibles dans ce film. Il  est dense, long, très (trop!) rempli. Les intrigues se mêlent aux autres, les personnages secondaires se multiplient avec plus ou moins de bonheur (le retour de Capitaine Phasma? l’équipée de Rose et Finn? )
Long, surchargé, empli de personnages parfois à peine utiles, « Les Derniers Jedi « gagnerait à être épuré.
Car, parfois, on peut se demander : « où va-t’on? » et surtout: « Mais quand répondra-t’on à nos interrogations? ».
Quid de l’origine de Rey? de l’apparition de Snoke?
Snoke est l’exemple du vilain qui ne sert à rien, imbu de lui-même tel un pâle reflet de Palpatine (ou une énième incarnation?) facilement pris à son propre piège.
On n’en sait pas plus sur le lien Rey/Kylo Ren.

 

 

Quelques moments bien vus (parmi d’autres):
– bataille sur Crait (couleurs)
– Chaque scène avec Leia
– Yoda/Luke
– Kylo/Rey
– Sacrifice Holdo
– humour en général:

Luke Skywalker: So it is time for the Jedi Order to end.
Master Yoda: Time it is. Hmm. For you to look past a pile of old books, hmm?
Luke Skywalker: The sacred Jedi texts.
Master Yoda: Oh. Read them, have you?
Luke Skywalker: Well, I…
Master Yoda: Page-turners they were not. Yes, yes, yes. Wisdom they held, but that library contained nothing that the girl Rey does not already possess. 

 

Phasma: You are a bug in the system.
Finn: Let’s go, chrome dome.
Phasma: You were always scum.
Finn: Rebel scum.

Moments dispensables:
– Interventions Hux (Hugs)
– Apparition C3PO
– Retour de Phasma
– Finn/Rose

Le mot de la fin :

Kylo Ren: The Resistance is dead. The war is over. And when I kill you, I will have killed the last Jedi.
Luke Skywalker: Amazing. Every word of what you just said was wrong. The Rebellion is reborn today. The war is just beginning. And I will not be the last Jedi. 

 

T’as pas vu ma pop #7

Comme nous avons pu le voir la semaine dernière,  les héros pop s’engagent dans des aventures très différentes les unes des autres. Il semblerait pourtant que ces héros soient  reliés entre eux par un fil conducteur, un ou des éléments communs. Tous se définissent quasiment par leur grand point faible – ou, du moins, leur faiblesse relative. De plus, quasiment tous choisissent  de refuser la puissance/le pouvoir à la fin de leurs aventures.
C’est le cas de Frodon qui jette l’anneau dans la Montagne du Destin -plutôt que de devenir un nouveau Sauron, ce qui était quand même sacrément badass. Idem pour Luke Skywalker qui ne se laisse pas tenter par le côté obscur, préférant abandonner le combat contre Dark Sidious/Palpatine. On sait ce qui arrive: Vador, ne pouvant supporter de voir son fils souffrir devant ses yeux, s’empare alors de Palpatine, rendu vulnérable  et le jette dans le générateur de l’Etoile Noire et youpi!  triomphe de l’amour!Quant à  Harry Potter refuse la Baguette de Sureau et l’immense pouvoir qu’elle confère.

Le héros pop est donc un exemple – malgré lui, dirait-on. « Il ne veut pas le pouvoir pour lui-même », se disent ceux qui sont autour de lui. « Aidons-le. »  De là, naissent les communautés héroïques (La Communauté de l’Anneau, l’Ordre du Phénix, etc..). Car on touche ici à l’élément fédérateur. Ce qui est une faiblesse devient alors LE point fort du héros pop.

On voit que dans le récit pop, on a commencé par « croire à » (=une prophétie, un mythe, une légende) pour « croire en » (accorder sa confiance; former une communauté). Le héros doit à présent faire croire (en lui).

Récemment, les récits de héros pop mettent en avant un personnage  que tout le monde pourrait devenir. Le héros pop reflète la croyance des autres plus qu’il n’est marqué comme un être unique en son genre. En cela, beaucoup de récits ressemblent étrangement aux romans d’apprentissage (ou d’éducation), ceux qu’on appelle  le Bildungsroman.

Le héros pop est alors confronté à différents schémas qui vont définir son récit:

  • Il souffre. C’est Frodon, tout en abnégation, en figure doloriste (sauf lorsqu’il s’en prend au malheureux Sam en se comportant comme un vrai tyran – ou en diva pop – il fait sa rockstar -; là, c’est Sam qui lui vole la vedette et devient le  héros à temps partiel)
  • Il est courageux. Modeste, issu de nulle part, voilà notre héros qui se découvre des ressources insoupçonnées! C’est Bilbo version Peter Jackson qui affronte l’affreux Azog dans Le Hobbit au cinéma. Bien sûr, ce n’est pas nouveau…
  • Il a un pouvoir mais le connaît mal/ou ne sait pas le maîtriser. Jack Frost sait refroidir l’air, pas assez pour figer Pitch, le Croquemitaine.

Autre cas de figure: il n’est héroïque que par défaut. C’est un héros accidentel.
C’est suite au décès de son frère (jumeau, c’est plus pratique!) que Jack Sully est amené à remplacer celui-ci – et à devenir le sauveur de Pandora, dans Avatar.
Mais, à la base, Sully n’est que l’avatar – celui de son frère.
De même, Shrek est un remplaçant. Il doit sauver une princesse à la place de Lord Farquaad.

Dernière piste: il voyage dans le temps. Et, oui le voyage temporel! On sait dès le début que le héros a accompli sa mission, reste à trouver le bon orage magnétique, la bonne machine temporelle pour que ledit héros réalise son destin.
C’est Terminator où l’on vient du futur (qui n’est pas folichon, entre nous).
Ce schéma a été largement pillé par les auteurs de SF (je ne citerais pas toutes les références, vu le grand nombre), accompagné de son leitmotiv: le paradoxe temporel.

Le paradoxe temporel le plus connu est le paradoxe du grand-père selon lequel l’intervention tue l’aïeul de l’intervenant empêchant ainsi sa naissance… et donc son intervention. Ici, nous nous trouvons en face du paradoxe du premier type, mais l’auteur avance l’hypothèse d’une autocorrection du temps. En effet, le voyageur est voisin d’un architecte; malencontreusement, il empêche la naissance de ce voisin, mais les maisons réalisées par ce voisin, n’en sont pas moins dessinées par un autre architecte.

On pense à Barjavel (Le Voyageur imprudent); à Bradbury (Un coup de tonnerre),  à Vous les zombies All You Zombiesde Robert A. Heinlein, à  La Patrouille du temps de Poul Anderson, mais aussi à La Spirale du Temps (Yoko Tsuno) de Roger Leloup, à Valérian et Laureline qui sont des agents spatio-temporels,  à Thorgal (dans Le Maître des Montagnes). Je passe sur le nombre d’allusion dans Doctor Who.  Dernièrement, dans la saison 10 – épisode 3 « Thin Ice » dont voici un aperçu  ci-dessous, Bill,  qui accompagne le Docteur, pose à nouveau cette question « Et si…. » – et se fait gentiment tourner en dérision.

Londres, 1814. La ville entière s’est révélée pour la plus grande foire de givre depuis des décennies. Mais sous la Tamise glacée, les fêtards disparaissent, s’embrassent dans la glace et pénètrent dans les profondeurs où se cache un monstre terrifiant. Le docteur et Bill arrêteront-ils le massacre avant qu’ils ne soient entraînés dans les eaux glacées

Yoko Tsuno : La spirale du temps

Le héros ne change pas l’univers.Très souvent, il contribue à en maintenir sa cohésion. Cette idée en induit une autre: la préexistence du futur.
Nous faisons un tour sur nous-mêmes et nous projetons dans un avenir qui, s’il n’est pas une certitude, est susceptible de déjà exister.
Voilà qui a le mérite d’en séduire plus d’un….

Héros fédérateur, héros fort de sa faiblesse, la pop culture nous invite à nous pencher sur nous-mêmes, à nous réapproprier des codes, des histoires. Elle nous renvoie à notre propre humanité, et en cela, à nos différences, à nos singularités.
Elle nous réunit quand nous devenons fans (merci, les fandoms!);  elle nous montre que c’est en faisant un  atout de notre différence que nous en devenons héroïques. Pour conclure ce premier volet en 7 parties sur la pop culture, je  citerais R. Mèmeteau dont l’ouvrage m’a servi de guide-fil: « Une société de plus en plus normée finit donc fatalement par devenir une véritable machine à créer les stars ».

Je vous retrouve bientôt pour un autre volet et en attendant, je  vous souhaite une bonne semaine.

T’as pas vu ma pop est une série d’articles en plusieurs volets (1 complet à ce jour, le second en publication, le troisième en réflexion) qui cherche à explorer et à analyser simplement la culture pop, dans toutes ses dimensions (société, philo, artistique, psycho, etc..). J’en ai eu l’idée après avoir lu plusieurs essais passionnants sur la pop culture, en écoutant des chansons, en rédigeant d’autres articles. Je n’invente rien, je me base sur des publications existantes – mais, parfois j’y ajoute mon grain de sel.

Pour m’en parler, échanger, en savoir plus:

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Ou plus facilement: via la page FB

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T’as pas vu ma pop? 1er volet

Introduction – part.1

La pop et le camp part.2

Come on, vogue! -icône pop –part.3

Pop culture: le monomythe- part.4

Prophéties part.5

Prophéties: Matrix, Harry Potter – part.6

Héros pop: croire ou ne pas croire part.7

T’as pas vu ma pop #4

 

Cette semaine, il y sera question de mythe (avec le « yth », bien sûr).
Plus précisément, je vais vous parler du monomythe, qui a considérablement influencé les scénarios hollywoodiens, ces grands pourvoyeurs de pop culture.

Monomythe et pop culture

Monomythe?

Si je dis: « Star Wars »? Vous voyez à peu près de quoi je veux parler – oui, ce tout petit film, un truc obscur…

Maintenant, si je dis: Joseph Campbell?
Pour nous autres, européens, le monsieur est moins connu et moins étudié que Claude Lévi-Strauss ou Mircéa Eliade, par exemple. Depuis « Star Wars », nous sommes un peu plus familiers de ses théories, et pour cause.

Joseph Campbell:

Joseph Campbell, né le 26 mars 1904 à White Plains (New York)et mort le 30 octobre 1987 à Honolulu, est un mythologueaméricain, professeur, écrivain et conférencier, connu pour ses ouvrages portant sur la mythologie comparée et la religion comparée. Son apport principal est sa théorie du monomythe qui postule que les mythes, légendes et contes du monde entier, à de nombreuses époques, sont des expressions d’un schéma narratif unique, lui-même lié aux structures de la psyché humaine. Les théories de Campbell s’inscrivent en partie dans la lignée de celles du psychologue analytique Carl Gustav Jung. Peu influent et souvent critiqué dans le domaine des études mythologiques lui-même, Campbell devient cependant populaire grâce à ses ouvrages, conférences et émissions, et ses ouvrages sont employés par la suite comme guides d’écriture par les scénaristes

C’est avec  « The hero with a thousand faces » (Le héros aux mille visages)  – 1949 que Campbell se fait connaître hors des universités et enchante Hollywood.  Dans l’introduction du « Héros… » désormais célèbre, Campbell définit ainsi  le monomythe:

« Un héros s’aventure à quitter le monde du quotidien pour un territoire aux prodiges surnaturels : il y rencontre des forces fabuleuses et y remporte une victoire décisive. Le héros revient de cette mystérieuse aventure avec la faculté de conférer des pouvoirs à ses proches. »

Il s’agit donc d’une histoire simple, partagée par toutes les cultures qui peut être résumée de cette façon : le Voyage du héros.
On peut découper ce voyage en plusieurs étapes (17 dans la version originale de Campbell) mais les principales sont les suivantes:

  • 1 – Le Départ: le Héros connaît l’appel vers l’Aventure
  • 2 – l’Initiation: Il est transformé par ce qu’il vit
  • 3- Le Retour: Le Héros revient dans le monde, changé, et voulant partager ce qu’il a connu/gagné avec la communauté.

 

En images, les 17 étapes détaillées selon Campbell:

 

 

Et version Star Wars:

 

Quelques exemples d’étapes:

 

On peut constater qu’avec le modèle campbellien, on voit se dessiner un héros bien connu: celui qui se voue à la communauté (le type mort/renaissance) tandis que son antagoniste (l’Ennemi ultime!) est celui qui refuse  ce destin (je pense à Voldemort, soudainement) ou bien qui accapare le bien commun (Saroumane ).

« Le talent de Campbell est de dire tout ça avec une histoire de mythe bien juteuse par page avec en plus de nombreuses références à Nietzsche … » R.Mèmeteau – Pop culture p.94

Et Star Wars dans tout ça?
Il se trouve que George Lucas avait lu Campbell quand il était à la fac puis relu quand il finissait le script du 4 (1er volet de la trilogie originelle – 1977). Il en parle très bien dans le documentaire « The mythology of Star Wars » durant l’entretien avec Bill Moyers:

Lucas rencontre Campbell une fois la première trilogie terminée. Tout ce petit monde se retrouve dans le ranch de George et visionne les trois premiers épisodes (nous sommes en 1983 – heureusement, il n’existe que cette trilogie – oups, ai-je dit « heureusement »? ). Joseph Campbell est enchanté. Il devient fan. Il dit alors qu’il y a vu  » sa matière ».

A partir de cet instant, Campbell est littéralement découvert par le grand public américain.
Christopher Vogler, story consultant (consultant en histoires – je sais, ça fait étrange) chez Disney  connaît les livres de Campbell. Il écrit un mémo et le diffuse à ses collègues. Le mémo est lu et devient une référence en la matière. Très vite, Vogler est chargé de l’écriture du Roi-Lion (même si on voit plutôt l’inspiration du Roi-Lion chez Shakespeare, »Hamlet » mais bon…) et tant d’autres. En 1992, il publie le « Guide du scénariste ». Une recette du scénario à succès est née…

 

Depuis, Shrek effectue bon nombre de voyages avant de retourner dans son marais. Avant lui Bilbo (et Frodon) auront participé à des aventures, Néo a reçu l’appel via une pilule rouge, Harry Potter via une lettre portée par un hibou et j’en passe…Les mentors se nomment Gandalf, Dumbledore, Prof.Xavier, Yoda, Obiwan Kenobi, (toujours prêts à corrompre la jeunesse, ces pervers ^^).
Monomythe et pop culture, mythe et pop, croyances et pop?
Je continue avec vous cette exploration de la pop culture la semaine prochaine!

 

 

Animaux fantastiques #Harry Potter

 

 

Amis potteriens, soeurs potteriennes, l’heure est grave!

(d’autres disent: Potterheads, c’est vous qui voyez)

Voilà,  je viens de lire chez nos confrères anglophones que:

  • Nous allons voir Dumbledore (alors âgé d’une 40taine d’années)
  • Dans la suite des « Animaux…. », nous verrons Gellert Grindelwald qui sera joué par…(j’en avale ma baguette): Johnny Depp
  • Le second film sera tourné à Paris

Par les caleçons en dentelle de Merlin, elle nous fait un grand numéro, Mrs. Rowling!

Je cite:

« Yates revealed at the Global Fan Event that while Grindelwald is mainly just in the background of the first movie, he’s a prominent character throughout the franchise. I saw the first 10 minutes of Fantastic Beasts and – avert your eyes for spoilers – it sets up Grindelwald’s attacks across Europe via newspaper headlines. So it makes sense for the sequel to travel back to Europe and catch up with whatever Grindelwald is up to, likely finding him in hiding. » (screencrush)

Et:

« Depp will be making a cameo in Fantastic Beasts, but his character is being kept under wraps so audiences will have to keep an eye out.

David Yates will return to the director’s chair for the follow-up, which has already been dated for Nov. 16, 2018.

During a fan event earlier this month in Hollywood, J.K. Rowling made a surprise announcement that she has finished the plot for five films in the Fantastic Beast franchise. (The franchise was previously reported as a trilogy.)

The world of witchcraft and wizardry seems like a perfect fit for the actor who is known for such fantastical cinematic roles as Edward Scissorhands and Captain Jack Sparrow » (source The Hollywood Reporter)

Et il y a ça:une édition limitée du magazine The Empire

Et dois-je parler de ..ça?

Posté par JK Rowling sur twitter, le scénario des Animaux Fantastiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2014 cinéma

Selon les chiffres du CNC l’année 2014 a été géniale pour le cinéma français (la meilleure depuis 1967 !)

Mais, franchement, à part « Lucy« , que je regarderais un jour (mais je ne paierais pas 10 €), le reste, non merci. A vrai dire, depuis « Intouchables« (2011), décidément un excellent film, le cinéma français me laisse froide.

Voir et revoir C.Clavier faire le couillon ou les mêmes gags de Dany Boon, c’est usant.


Pour ma part, 2014 au ciné, a été une très bonne année pour d’autres raisons – d’autres films:

Mes préférés cette année: (plus ou moins dans l’ordre)
« X-Men : Days of Future Past » (déjà, le 1er était très bon mais celui-ci, je viens de le revoir en DVD et
je confirme)
« Les Gardiens de la Galaxie »
« Hunger Games : La Révolte – Partie 1″

Ensuite , je dirais:
« Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées« : j’aurais été ravie de le mettre dans mes fav’ – hélas, c’est une petite déception. Je ne sais pas à quoi je m’attendais (ou si j’ai trop espéré)
mais je vais devoir me résoudre à écrire enfin (ou finir de) mes impressions au sujet de ce film.Ceci dit, cela reste un bon film.
« La Planète des Singes : l’Affrontement » – pas le film du siècle (mais bien fait – et puis…il y a Gary Oldman, quand même)
J’ai vu « Divergente », pas au ciné,mais en VOD, donc quelques mois après sa sortie.
Là aussi, l’adaptation n’est pas mauvaise. Ce n’est pas génial mais ayant lu la trilogie,
je n’ai pas regretté. Je crains un peu de voir la suite (surtout en connaissant le déroulement
de l’intrigue…)