Premières lignes #13janvier

 

J’espère que l’année 2019 a bien commencé pour vous et, bien sûr, que les lectures déjà faites ou à venir sont nombreuses…
Pour les Premières lignes de cette semaine, j’ai récidivé avec une autrice qui ne m’avait pas convaincue. Je vous en dis plus juste après les premières lignes :

 

 » Les serviteurs les appelaient les malenchki, les petits fantômes, parce qu’ils étaient les plus petits et les plus jeunes, et parce qu’ils hantaient la demeure du duc en gloussant. »

 

 

Résumé : Depuis des siècles, le royaume de Ravka est divisé par le Shadow Fold, épaisse nappe de ténèbres peuplée de créatures sanguinaires. En tant que cartographe pour la Ire armée, Alina doit le traverser pour la première fois. Aussitôt, des volcras l’attaquent. Elle est sauvée par Mal, son meilleur ami, dont elle est secrètement amoureuse et qui, à son tour, se retrouve acculé par les créatures. Elle émet alors malgré elle une lumière puissante, qui repousse les volcras. Dès lors, son destin prend une autre tournure : Alina est l’Invocatrice de lumière, celle qui pourrait vaincre le Shadow Fold et rendre la paix au royaume. La voilà emmenée à la capitale, au Little Palace, où elle entame son apprentissage aux côtés des Grisha, caste de magiciens qui gouverne le royaume avec le roi, et du plus puissant d’entre eux, le Darkling. Mais les intrigues de la cour sont moins simples qu’il n’y paraît, et Alina ignore où est censée aller son allégeance : au roi ?

Après avoir tenté par 3 fois de lire « Six of crows »  et après l’avoir abandonné en cours de route ( tout ressemble beaucoup à « Fils des Brumes  » de Sanderson en beaucoup, beaucoup moins abouti et réussi), j’ai persisté en empruntant les deux premiers tomes de l’autre série située dans l’univers des Grisha.

Malheureusement, je n’ai toujours pas été convaincue. L’histoire se tient, certes mais l’univers et les compétences des Grisha sont vraiment trop survolés. Je ne parle pas des personnages : leur psychologie semble tenir à pas grand chose ( Leigh Bardugo ou comment construire des personnages en carton….). Si j’ai lu le premier tome en entier, je suis allée de déception en déception, rencontrant les mêmes soucis qu’avec Six of Crows : l’univers pourrait être vraiment intéressant mais il n’est pas assez développé, pas assez décrit – il manque de profondeur. C’est ce que je trouve dommage : il y a des tas d’idées mais l’univers n’est pas assez complexe. Et, en fantasy, ce genre de défaut lasse très vite. Alors, oui, on peut lire Grisha si on est novice dans le genre , peut-être (et encore…), ou pour se détendre.
Mais cette fois, je laisse tomber: Leigh Bardugo comme Sabaa Tahir (Une braise sous la cendre)  ou pire, Sarah J. Maas ( Keleana, etc..) me paraissent sorties du même moule.

Par contre, les couvertures de Grisha ou Six of Crows sont de réelles réussites. Dommage que l’intérieur ne soit pas à la hauteur de l’extérieur….

 

 

 

 

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Premières lignes #6janvier

Premières premières lignes de l’année !
Et toujours bonne année, bonne santé et des tas de bonnes et belles choses en 2019

 

 » Nous l’avons pendu sur le parvis de la cathédrale de Kingsbridge. C’est là  qu’ont habituellement lieu les exécutions. Après tout, si vous n’êtes pas capable de tuer un homme à la face de Dieu, mieux vaudrait  sans doute ne pas le tuer du tout. « 

 

C’est avec un pavé que j’ai commencé l’année, un Ken Follett qui poursuit la grande série des Piliers de la terre (puis : Un monde sans fin). J’avais beaucoup aimé Les Piliers de la terre. On retrouve ici les mêmes ingrédients: une documentation très fournie, des personnages ayant existé, plusieurs familles dont les destins vont se croiser…
Dans Une colonne de feu, les personnages sont bien trouvés : un peu trop manichéens, comme souvent chez Follet, on n’est pas là pour explorer en finesse des détails psychologiques. Non, ce qui est bien fait, c’est une certaine reconstitution de l’époque. Parfois, on croirait avoir pris une machine à remonter le temps.

Ensuite, je n’ai pas forcément adhéré à 100% aux descriptions des grands événements historiques comme la St Barthélémy (tellement plus prenante chez Dumas ou chez Robert Merle, par ex.). J’ai eu l’impression aussi que parfois, Follett avait été un brin trop ambitieux et ne développait pas certains aspects. Par exemple, les relations entre Marie Stuart et Elisabeth 1ère sont plus qu’expédiées; idem pour la tentative d’invasion espagnole et la grande Armada.

Pour finir, le roman se lit très bien, particulièrement les deux-tiers. On ne peine pas avec les 900 pages. J’ai un peu survolé la fin qui m’a parue un peu bâclée, par contre.

 

Résumé :En 1558, les pierres patinées de la cathédrale de Kingsbridge dominent une ville déchirée par la haine religieuse. En Angleterre, Elisabeth Tudor devient reine et le pouvoir passe de manière précaire des mains des catholiques à celles des protestants.

Toute l’Europe se dresse contre elle. La jeune souveraine, habile et déterminée, crée les premiers services secrets du pays, afin d’être avertie à temps des complots qui se trament contre sa vie, des projets de rébellion et des plans d’invasion.

À Paris, Marie reine d’Écosse, proclamée souveraine légitime de l’Angleterre, attend son heure. Jeune femme séduisante et obstinée appartenant à une famille française d’une ambition sans scrupule, elle possède de nombreux partisans qui intriguent pour se débarrasser d’Elisabeth.

Ned Willard n’a qu’un désir : épouser Margery Fitzgerald. Mais lorsque les amoureux se retrouvent de part et d’autre de la fracture religieuse qui divise le pays, Ned se place au service de la princesse Elisabeth. En ce demi-siècle tourmenté où l’extrémisme attise la violence d’Edimbourg à Genève en passant par Paris, l’amour entre Ned et Margery paraît condamné.

 

A lire aussi:

  • Les piliers de la terre – même auteur
  • La cathédrale de la mer (saga formidable) – Ildefonso Falcones
  • Fortune de France – Robert Merle
  • Les rois maudits – Maurice Druon
  • La reine Margot – Alexandre Dumas

 

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Premières lignes #30décembre

Et hop ! les dernières Premières Lignes de l’année 2018 !

« Ils avaient fait tout le chemin jusqu’à la maison de Mr.Styles avant qu’Anna s’aperçoive que son père était nerveux. D’abord, elle avait été distraite par le trajet, en filant sur l’ Ocean Parkway comme s’ils mettaient le cap sur Coney Island, quatre jours après Noël alors qu’il faisait incroyablement froid pour aller à la plage. « 

 

Je termine l’année 2018 avec deux romans américains : Les Fantômes du vieux pays de Nathan Hill (The Nix, en VO) et celui-ci : Manahattan beach de Jennifer Egan. Et autant je me suis ennuyée comme rarement avec le roman de Nathan Hill (le grand roman américain des dernières années ? non, impossible ), autant Manhattan Beach me ravit.

On est tout de suite happé par cette histoire qui se déroule à la fin des années 30 et durant la seconde guerre mondiale. La famille d’Anna, les Kerrigan, des  irlandais plongés, dans la Grande Dépression puis de la Seconde Guerre mondiale. La jeune Anna décide un jour de devenir  plongeur scaphandrier …et elle y parviendra. C’est passionnant et surtout, on se laisse embarquer par les personnages et leurs tribulations. Il y a peu de longueurs, le style est fluide, bref, tout ce qui m’a manqué dans Les fantômes du vieux pays, lu juste avant. Brillant !

 

Résumé : Alors qu’elle a presque douze ans, Anna Kerrigan accompagne son père chez Dexter Styles, un homme qui, comprend-elle, est crucial pour la survie de sa famille. Derrière sa maison, elle aperçoit l’océan, qui l’émerveille autant que le mystère pesant qui lie les deux hommes. Des années plus tard, son père a disparu, et le pays est en guerre. Anna travaille au chantier naval de Brooklyn, où les femmes effectuent des tâches autrefois réservées aux hommes, désormais au front. Elle devient la première femme scaphandrier ; sa mission essentielle, des plus dangereuses, consiste à réparer les navires qui aideront les États- Unis à remporter la guerre. Un soir, dans un club, elle croise de nouveau le chemin de Dexter Styles, et commence à comprendre la complexité de la vie de son père, ainsi que les possibles raisons de sa disparition.

 

Si vous ne repassez pas par le blog avant 2019, bonne fin d’année ! 

Premières lignes #23décembre

On arrive presque à la fin de l’année et j’ai trouvé le temps cette semaine de préparer ce Premières Lignes.

Cette semaine, ce sont les premières lignes d’une suite que je vous propose (le début du tome 3 :

« La dernière fois que j’ai vu Lila, c’était il y a 5 ans, pendant l’hiver 2005. Nous nous promenions de bon matin le long du boulevard et, comme cela se produisait depuis des années déjà, nous n’arrivions pas à nous sentir véritablement à l’aise. « 

Dès les premières lignes, tout est dit : la relation entre les deux filles devenues femmes, leur amitié, l’évolution de ce lien (qui, souvent, ressemble peu à de l’amitié sinon à une relation étrange de dépendance, de mise en compétition).
Dans ce tome de l’âge adulte, on retrouve notre narratrice, Elena « Lenu » mariée puis mère, installée à Florence. Mais au-delà de la relation Lila/Elena, c’est l’Italie et son agitation politique violente des années autour de 1968.  On croise des membres du Part Communiste Italien mais surtout on assiste (tiens, tiens…) la montée des extrêmes. les fascistes  et les Brigades Rouges  d’extrême  gauche s’affrontent dans les rues, aux portes des usines et des universités.

Les deux amies traversent les années de plomb, chacune à leur manière. 

Ce troisième tome nous permet aussi de retrouver les personnages qui nous sont familiers depuis le premier tome . Il relate de façon documentée ce pan de l’Histoire italienne. Et même si parfois les interrogations d’Elena (qui ne peut s’empêcher d’être particulièrement énervante) lassent un peu, on a envie d’avancer dans le roman…et de lire le suivant (le dernier).

Résumé : Pour Elena, comme pour l’Italie, une période de grands bouleversements s’ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s’annoncent, les mouvements féministes et protestataires s’organisent, et Elena, diplômée de l’École normale de Pise et entourée d’universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine, telles deux sœurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix.
Celle qui fuit et celle qui reste n’a rien à envier à ses deux prédécesseurs. À la dimension historique et intime s’ajoute même un volet politique, puisque les dix années que couvre le roman sont cruciales pour l’Italie, un pays en transformation, en marche vers la modernité

Je dois dire un mot de la série TV qui est diffusée en ce moment. Je trouve l’adaptation très fidèle. Le casting est vraiment bien fait. Mais le format de la série apporte encore plus de punch et m’a fait oublier certaines longueurs  (ma principale critique vis à vis des romans d’Elena Ferrante, d’ailleurs).
Je trouve les personnages d’autant plus attachants et je ne peux que conseiller de regarder L’amie prodigieuse (My brilliant friend). Il est à noter que la version italienne sous-titrée en anglais est bien meilleure à la version française. C’est dommage que nous n’ayons pas droit à l’italien sous-titré en français….

 

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Premières lignes #2décembre

 

Les Premières lignes de cette semaine proviennent d’un roman qui a reçu en France le Prix des Lecteurs en littérature étrangère (Livre de Poche). Ayant fait partie du jury pour la section Polars, j’ai eu la chance de recevoir le livre.

 

 

 

 

 

Et je n’ai pas été déçue. Ce premier roman est magistralement bien pensé.
La structure n’était pas forcément évidente puisque nous partons du Ghana, où une femme donne naissance à deux filles issues de deux unions. Les deux soeurs ne se rencontreront jamais et suivront un chemin diamétralement opposés: Effia se marie au gouverneur blanc du Fort de Cape Coast, dans l’un de ces forts où les négriers regroupaient les futurs esclaves destinés à être déportés. Sa demi-soeur Esi fera partie de ses esclaves.

 

Nous suivons alors les descendants d’Effia et d’Esi, en Afrique et en Amérique.
Chaque chapitre est consacré à l’un des descendants, alternant la terre natale africaine et celle d’adoption, américaine.
Yaa Gyasi se dit très influencée par les contes et les légendes. Elle a réussi à mêler à son récit des histoires et des rêves qui apportent une dimension magique.
On ne se perd pas trop dans les différents personnages car, heureusement, un arbre généalogique est fourni au début du roman.

Le seul bémol est ce titre français: « no home« (?) alors que le titre original est « Homegoing ».

 

 

Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain.

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.

 

« (…) I think I was kind of constantly interacting, I guess, with really what the legacy of slavery is. You know, coming from a country, Ghana, that had a role in slavery, and then ending up in a place where slavery is still so strongly felt institutionally, as racism is still so strongly felt. The irony of that wasn’t lost on me. And I think, had I not grown up in Alabama, I don’t know that I would have ever written this book. »

— Yaa Gyasi, 2016 interview with Scott Simon

 

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Premières lignes #25novembre

 

Je change de registre pour les Premières Lignes de cette semaine avec une biographie. Je vous mets tout de suite dans l’ambiance :

 » Le 10 décembre 1936, un valet de pied annonce la nouvelle à Elisabeth Alexandra Mary Windsor, alors âgée de dix ans : son père va devenir roi par défaut, quatre jours avant son quarante et unième anniversaire. En effet, le frère de ce dernier, le roi Edouard VIII, vient d’abdiquer pour épouser Wallis Warfield Simpson, une américaine déjà divorcée deux fois. »

Nous voilà dans The Crown ou presque puisque Sally Bedell Smith signe ici une agréable biographie qui se lit aussi bien qu’un roman. L’écrivaine est une habituée du genre puisqu’elle a déjà écrit les biographies du Prince Charles ou de Lady Diana. On sent qu’elle a une affection particulière pour la famille royale d’Angleterre. Ici, on ne trouvera aucune critique de la reine. Si l’ouvrage se place en effet très en faveur des Windsor, il n’en est pas moins intéressant pour autant. Le tableau rendu est vivant et le sens de l’humour de la reine est mis en avant.

J’avais emprunté à la médiathèque par pure curiosité et par envie de lire autre chose qu’un roman ; je n’ai pas été déçue et je me suis vue dévorer ce pavé de presque 600 pages. Seules les années les plus récentes m’ont un peu lassée; peut-être parce que nous n’avons pas suffisamment de recul sur cette portion de l’Histoire ou que cela me paraissait trop frais dans ma mémoire.

Anglophiles, fans de The Crown ou du film The Queen, je ne peux que vous conseiller cette biographie.

 

Elisabeth II, la vie d’un monarque moderne
Editions des Equateurs
22/02/2018
Traduction  Elisa Rodriguez
26€

 

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Premières lignes #18novembre

 

Pour ces Premières lignes, voici le début d’un deuxième tome :

« Au printemps 1966, Lila, dans un état de grande fébrilité, me confia une boîte en métal contenant huit cahiers. Elle me dit qu’elle ne pouvait plus les garder chez elle car elle craignait que son mari ne les lise. »

 

 

Le nouveau nom suit directement le premier volume de la série L’amie prodigieuse (dont j’ai parlé ici)Ce tome est consacré à la fin de l’adolescence et à l’entrée dans l’âge adulte de Lila et d’Elena, toujours du point de vue d’Elena (Lenu).
Amours, études, déceptions, sur fond de contexte économique et politique; nous retrouvons  les deux amies et leur entourage, tout ce petit monde napolitain mis en place dans le premier volume.
J’ai trouvé ce deuxième tome plus captivant que le premier (la mise en place et les présentations des personnages n’étant plus à faire). On entre pleinement dans l’intimité des amies, on s’attache, on se révolte, on craint pour elles… Et finalement, le livre est déjà fini.
Elena Ferrante a passé la vitesse supérieure et c’est tant mieux !

A noter: la série vient d’être adaptée pour la TV (HBO), , une raison de plus pour lire les livres !

(1ère diffusion ce week-end)

 

Résumé :

« Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qu’elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia. L’air de la mer doit aider Lila à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. »

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Premières lignes #11novembre

En ce 11 novembre, non, je ne vais pas citer des Premières Lignes en relation avec l’Armistice. Je vais parler …de brumes :

 » Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l’appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur des déchets de poisson. Il avait oublié qu’il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13 ème arrondissement. « 

Pour les fidèles,  dès les premières lignes, on reconnaît le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, qu’on avait laissé en Islande dans le tome précédent: Temps glaciaires.

 

Cette fois, après un retour délicat en France, le commissaire va se pencher sur une affaire étrange qui va menacer de faire exploser son équipe (sédition au sein de la Brigade !) – une affaire de venin… et d’araignées recluses  (arachnophobes, ne craignez rien, j’ai pu lire sans problèmes les passages en lien avec les araignées alors que je suis gravement atteinte ^^) – ou bien parle-t’on d’une autre forme de réclusion ? La question restera longtemps en suspens…

Si vous avez déjà lu Fred Vargas, vous retomberez vite sous le charme de son écriture circulaire : on avance doucement, comme si de rien n’était, dans l’enquête – qui est, une fois de plus, brillante ! . Et si vous ne l’avez jamais lue, alors, prenez le temps de vous laisser capter par les brumes et les bulles gazeuses qui errent dans le cerveau du personnage d’Adamsberg.

Lire Vargas, c’est une gourmandise. On a l’impression à chaque fois de retrouver des potes (la Brigade, mais aussi Mathias, l’un des « évangélistes » rencontré pour la première fois dans « Debout les morts » qui vient ici donner un sacré coup de main ), on attend, on hésite et la magie opère au fil de dialogues décalés, d’idées saugrenues et de personnages fantasques.  Un exemple :

«  »- Raconte-moi cette femme qui t’a offert une araignée morte.
– Les hommes offrent bien des manteaux de fourrure. Quelle idée. Imagine-toi serrer dans te bras une femme qui porte soixante écureuils morts sur le dos.
– Tu vas porter ton araignée sur le dos ?
– Je l’ai déjà sur les épaules. Louis. » (dialogue Adamsberg/Veyrenc)

Mais si le commissaire peut paraître toujours aussi perché (le « pelleteur de nuages »), l’affaire dont il est question est ficelée avec brio – et fort bien documentée. Que dire de plus ? Il faut lire Fred Vargas !

 

 

«- Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais
dans quelles brumes avez-vous perdu la vue?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse?»
  • Editions Flammarion
  • Hors collection – Policier et thriller
  • Paru le 10/05/2017
  • Genre : Policiers, thrillers

 

Premières lignes #4novembre

On change de destination pour ces Premières Lignes : direction le Nord de l’Europe, cette fois! On embarque pour un recueil de nouvelles avec Katarina Mazetti (Le mec de la tombe d’à côté; Mon doudou divin; Les larmes de Tarzan, etc…) :

 » Comment a-t’on pu se retrouver aussi nombreux pour le repas de Noël ? Je n’en reviens pas. On ne devait être que quatre cette année. Et voilà qu’en regardant ma table, je voyais neuf personnes, plus un nourrisson en train de jacasser ! « 

Le ton est donné dès cette première nouvelle (Au diable Dowton Abbey !) : on va parler familles recomposées, ex- , enfants des ex, belle-famille (ancienne et nouvelle), couple, fin de couple…

Et si la première nouvelle est menée tambour battant, toutes ont un ton différent, jamais dénué d’humour. Parfois, (souvent), la nostalgie est de mise, la tendresse, le rire, la tristesse aussi. Car, en parlant divorces, l’autrice n’oublie pas de nous rappeler que le deuxième traumatisme le plus aigu après la perte d’un proche  est justement le divorce.

On rit, on est ému mais surtout, on apprécie chacune de ses mini-histoires, dont certaines se suivent.
Que dire de plus ? J’aime l’écriture de Mazetti depuis que j’ai lu Les larmes de Tarzan, en 2007, à sa sortie. J’ai lu tout ce qui a été traduit en français, romans pour adultes comme pour les plus jeunes. (Je suis un peu fan, quand même….)
Ces Petites histoires… sont encore une fois une réussite.

 

Résumé :
« On a toujours mille et une raisons de divorcer… et de le regretter !
Ces Petites histoires croquent avec délices les travers de chacun, la difficulté d’avoir envie des mêmes choses AU-DELÀ de cinq ans de vie commune, l’exigence d’exister AUSSI comme individu. Quelques portraits au vitriol : homme ou femme, divorcés, enfin seuls ! enfin libres ! mais… libres de quoi, déjà ? Car la vie est cruelle : une fois seul(e), pourquoi faut-il que ce qui nous agaçait le plus nous manque soudain ? Comme si le divorce était le meilleur moyen de se retrouver à gérer l’emploi du temps de 8 personnes une semaine sur deux…
C’est caustique et gouleyant, c’est Katarina Mazetti. »  (Gaïa)

 

 

 

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Premières lignes #28octobre

Cap au sud, cette semaine pour ces Premières Lignes ! Filons vite vers des températures plus clémentes ( c’est un effet placebo, je crois, dû au fait que j’écris cet article sans chauffage, avec 5°c dehors…. Je vais bientôt devoir taper avec des moufles!)

 » Ce matin, Rino m’a téléphoné, j’ai cru qu’il  voulait encore de l’argent et me suis préparée à le lui refuser. Mais le motif de son appel était tout autre : sa mère avait disparu.
– Depuis combien de temps ?
– Quinze jours.
– Et c’est maintenant que tu m’appelles ? « 

Nous voici à Naples, durant les années 50. Elena Ferrante (cette énigme littéraire)  a su captiver des millions de lecteurs depuis 2011.
J’entendais encore récemment, une dame demander à la libraire si elle pouvait lui trouver une saga aussi passionnante et dixit la lectrice « facile à lire ».
De là, est né un dialogue assez intéressant entre deux lectrices et la libraire pour savoir si, réellement, le cycle de « L’amie prodigieuse »était une « lecture facile » , une lecture accessible au grand public ou bien de la littérature plus « soutenue ». Je ne trancherai pas sur ce point car, pour l’instant, je m’imprègne de ce premier tome qui met en place lieux, personnages, liens entre les personnes…

Si j’ai trouvé le début un peu fastidieux, le roman prend rapidement son rythme. J’ai un peu l’impression de me plonger à nouveau dans une suite familiale du type « La symphonie du hasard « lue il y a peu. On retrouve de nombreux ingrédients communs.
Quant à savoir si ce cycle saura me plaire autant, il est encore trop tôt pour le dire (à suivre, donc).

 

Résumé : Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l’école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. Elena, elle, est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l’envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des familles aisées. Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s’entraident ou s’en prennent l’une à l’autre. Leurs chemins parfois se croisent et d’autres fois s’écartent, avec pour toile de fond une Naples en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, non sans ruptures ni souffrances, à l’aube de l’âge adulte.
Formidable voyage dans Naples et dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu’au plus profond de leur âme.

Gallimard 

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