Premières lignes – 1 er février

Premières lignes ou plus exactement « premières cases » pour changer un peu.

 

 

Et oui, il s’agit du tome 8 de L’Atelier des sorciers. En fait, j’ai rattrapé mon retard (inexplicable) et j’ai lu d’affilée les 7, 8 et 9 (avec une relecture en diagonale du 6 parce que, le temps passant, j’avais oublié un peu certains détails).

Manga - Manhwa - Atelier des sorciers (l') - Collector Vol.8

Résumé « Après avoir réussi leur examen à l’Académie, Coco et les autres apprenties sorcières sont de retour à l’Atelier. C’est alors qu’arrive Tarta, qui propose à Coco et à ses amies de l’aider à tenir un stand lors du grand festival annuel des sorciers, la Fête de la Nuit d’argent. Excitées comme des puces à l’idée de prendre part à ces festivités, les petites sorcières entament les préparatifs. Alors que Coco accompagne Tarta voir son grand-père à l’hôpital, elle recroise le chemin de Kustas, le petit garçon qui s’était blessé lors de l’incident près de la rivière… »

 

Kamome Shirahama prend tout son temps, dorénavant. Et, si dans le tome précédent nous avions eu des révélations sur le passé de Kieffrey et son amitié avec Olugio (les deux maîtres sorciers de l’atelier), cette fois c’est une nouvelle orientation qui est pris.  Nous retrouvons Tarta, plus heureux et épanoui depuis qu’il s’est autorisé à devenir un sorcier mais aussi le jeune Kustas, qui s’était blessé lors de l’incident près de la rivière.
La mangaka s’attarde sur les origines de Kustas, son père adoptif, Dagda. Elle en profite pour aborder l’inégalité sociale, pour évoquer aussi la médecine (avec un parallèle avec la magie puisque les deux ont le but d’améliorer les choses. La question du handicap, via celui de Kustas, est présente.
En fait, j’ai quand même eu l’impression qu’on s’éloignait un peu de l’intrigue principale — Kamome Shirahama nous emmène effectivement sur des chemins tortueux et de traverse depuis quelques tomes — avec un peu moins d’intérêt dans ce huitième. J’ai un peu la crainte que la série ne s’allonge à cause de ces détails sans cesse rajoutés même si, d’un autre côté, j’aime beaucoup découvrir toutes les facettes de ce monde, de la magie et les nouveaux personnages.
Disons que ce tome 8 n’est peut-être pas le plus passionnant mais qu’il sème des éléments importants pour la suite (beaucoup de mystères ici et là)

Que dire d’autre sinon que sur le plan visuel, le résultat est toujours aussi somptueux ?  C’est un dessin que j’aime particulièrement. Et les éditions collector sont magnifiques, je confirme.
L’atelier des sorciers est une réussite ; vivement la suite !

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Premières lignes – 24 janvier

Premières lignes 

En voyant passer des articles sur la saga des Cazalet, je pensais, complètement à tort, qu’il s’agissait (encore) d’une série un peu mièvre, une histoire largement édulcorée façon Downton Abbey. Il n’en est rien et, au bout du premier tome, je peux dire que c’est tout le contraire (et c’est bien addictif).
« The light years », en français « Etés anglais » est le 1er volume d’une série de cinq (4 + 1 écrit 10 après les quatre premiers) qui commence en 1937 et s’achève en 1958.  On y suit la famille Cazalet, très aisée (entreprise de négoce de bois) avec les grands-parents Kitty ou  La Duche et William Cazalet alias le Brig qui accueille dans leur maison du Sussex, pour l’été 37, leurs trois fils, leurs épouses et leurs enfants. Il faut y rajouter les domestiques. La seule fille de la famille n’est pas mariée et vit avec ses parents.
De là, s’enchevêtrent les pensées via les différents points de vue des un.e.s et des autres pour brosser un tableau complet et complexe (l’arbre généalogique en début de volume est de toute utilité).
Elizabeth Jane Howard se révèle être une formidable autrice, sachant dépeindre tous ces personnages avec finesse, abordant des thèmes difficiles (comme l’inceste) ou plus surprenants chez des gens de cette classe sociale (l’amour entre deux femmes, l’asexualité, le consentement entre époux, la place de la femme). Les enfants tiennent une place importante ainsi que ceux et celles qui font partie de la domesticité.
L’ombre de la Première guerre n’est pas effacée (on la ressent au travers des différents traumas vécus par les fils de la famille) que  la Seconde s’annonce.

Un premier tome excellent pour entamer cette série.

La saga des Cazalet, tome 1 : Etés anglais par Howard

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

 

 

Premières lignes – 16 janvier

Premières lignes 

 » Si vous demandez à six moines différents quel dieu règne sur la conscience des robots, vous obtiendrez sept réponses différentes.
La plus populaire, parmi le clergé comme chez les laïcs, affirme qu’il s’agit de Chal. De qui dépendraient les robots sinon du dieu des constructions ? « 

Dans ce monde, nommé Panga, il y a longtemps on a frôlé la catastrophe à cause des folies humaines (consommation, production, industrialisation à outrance). Mais voilà : les robots, qui ont accédé à la conscience, sont tous partis un jour, passant un pacte avec les êtres humains : qu’ils seraient toujours accueillis en paix s’ils revenaient. Le temps a passé. Les humains vivent en petits groupes, proches de la nature.  Les robots sont des mythes.
Dex est moine ; sa vie devrait être parfaite mais non ! Iel est en pleine crise existentielle. Que faire de sa vie ? Quel but lui donner ? Alors Dex va devenir moine de thé, un genre de moine qui arpente les routes et s’arrête dans les villages pour écouter les gens et leur offrir la tasse de thé/infusion qui convient à chaque personne. Au début, Dex a un peu de mal. Puis iel s’adapte. Une fois encore, sa vie devient formidable. Mais la sérénité n’est toujours pas là. Et Dex s’enfonce dans la nature profonde. Et un jour, c’est la rencontre : un robot ! Omphale a décidé de parler aux humains. De là, commencent des conversations passionnantes, des échanges émouvants. (« Tu n’as pas besoin de justifier ni de mériter ton existence, tu as le droit de te laisser vivre », souligne Omphale à Dex – comme ça sonne juste…)
Une fois encore, Becky Chambers fait mouche. J’ai particulièrement aimé ses trois romans (un beau coup de coeur pour « L’espace d’un an ») et j’ai retrouvé dans cette novella les mêmes qualités (ses personnages sont aussi excellents).
Un regret : que cela soit trop court !

 

Un psaume pour les recyclés sauvages par Chambers

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Premières lignes — 9 janvier

J’y arrive, voici les 1ères premières lignes de l’année 2023 !

 » Réveillez-le, ordonna James.
immédiatement, le matelot souleva le seau en bois et en jeta le contenu au visage de l’homme affalé et enchaîné devant eux.
L’eau fit l’effet d’une gifle à Marcus qui sortit alors l’inconscience en toussant et en reprenant bruyamment son souffle.
Même ruisselant, entravé et brutalisé, il conservait son port altier, tel le preux chevalier d’une tapisserie ancienne. Typique de l’arrogance des Stewards, pensa James. « 

Une lecture un peu facile pour commencer l’année avec de la fantasy qui ne va pas révolutionner le genre. Mais le roman se laisse lire.
L’intrigue se déroule à Londres, fin 19ème . Sur les quais, nous découvrons Will Kempen, adolescent qui semble mener une vie rude. Nous apprenons vite qu’il est en fuite et que  sa mère a été assassinée dans des circonstances mystérieuses. Très vite, l’action se met en place : Will est poursuivi, attrapé, délivré par Violet, une jeune fille de son âge, elle-même issue de la famille de ses ravisseurs. Mais les choses se compliquent lorsque le navire sur lequel est emprisonné Will est aussi attaqué par d’étranges combattants vêtus de blanc, qui semblent sortis d’une autre époque : les Stewards.
On apprend, une fois Will délivré, qu’il pourrait être « l’élu »  et le descendant de la Dame des Stewards, les défenseurs de la Lumière qui livrent un combat depuis de longs siècles contres les adeptes du Roi obscur, les Lions.
Le mal contre le bien, c’est un peu cliché mais c’est c’est une recette qui fonctionne bien.
Par contre, le livre est un peu long et l’action du début s’essouffle vite. Il faut attendre la toute fin pour assister à des rebondissements intéressants. Entretemps, il est un peu dommage que les personnages ne soient pas plus fouillés. Ils sont tous intéressants (Will, Violet ou la troisième, Katherine, largement négligée).
L’autrice a également tendance à se débarrasser des personnages secondaires (et hop, ils sont tous morts), ce qui ne laisse plus grand monde pour interagir vers la fin du roman.
Là aussi, j’ai regretté ce genre de choix.
Malgré cela et des maladresses dans l’écriture des points de vue parfois, j’ai passé un moment plutôt agréable même si je ne suis pas certaine de bien me souvenir du livre dans quelques mois…

Dark Rise, tome 1 par Pacat

 

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Premières lignes – 28 déc

Les dernières premières lignes de l’année :

« Dans la nuit du 22 septembre 1972, un vent mauvais arriva du Sahara et recouvrit Alger d’une poussière rouge qui se déposa sur les façades des immeubles, les toits des voitures, les feuilles des palmiers et les parasols des plages. « 

Pas de fantasy ni de Sf, mais un roman sorti pour la rentrée littéraire de cette année : Au vent mauvais de Kaouther Adimi  suit Leïla, Tarek et Saïd des années 1920 aux années 90. Tous les trois ont grandi dans un village de l’est de l’Algérie, El Zahra (qui signifie : fleur, à l’origine, mais aussi blanche, lumineuse). Tarek et Saïd viennent de familles très différentes mais sont frères de lait. Enfants, ils partagent tout avec Leïla. Mais étant une femme, on les épare et Leïla est mariée contre son gré. Tarek devient berger, il ne reçoit pas d’éducation. Saïd, lui, va poursuivre des études et devient écrivain. Leïla décide de se séparer de son époux, un homme qu’elle n’aime pas, et le quitte malgré la pression du village, son fils sous le bras.
Tarek part à la guerre, là-bas, en Europe. Quand il revient,  il a changé. Mais il aime toujours Leïla qui accepte de l’épouser.
L’Histoire est en chemin : l’indépendance, puis l’immigration en France pour Tarek, ensuite, l’Italie afin de faire vivre sa famille. Les trois vies se croisent, se racontent en parties distinctes, en points de vue distincts. (Tarek, Leïla, Saïd)

« Moi j’ai fais deux fois la guerre, deux fois je suis rentré chez moi mais je suis plein de poussière et je n’arrive pas à m’en débarrasser. Elle est entrée dans ma tête et dans mon cœur. C’est le vent mauvais qui l’apporte, cette fichue poussière qui jamais ne me lâche. »

Kaouther Adimi aborde des thèmes variés, excelle dans l’évolution de ses personnages (celui de Tarek, splendide). La guerre,  l’exil…
Le personnage de Saïd, un peu moins détaillé, nous permet d’apprécier l’importance de  la littérature.
Un beau roman, passionnant, passionné dont je retiendrai aussi le travail sur les personnages.

Au vent mauvais par Adimi

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Premières lignes – 12/12

 

Premières lignes 

 

J’avais entendu parler de La bibliothèque de minuit et, puisqu’il y était question de livres entre autres, j’avais envie de le lire. C’est chose faite.
Nous suivons Nora Seed, la trentaine, qui traverse une période dépressive et … décide de se suicider car elle estime avoir « raté sa vie ». Incroyable : elle ne meurt pas mais se retrouve dans un lieu qui ressemble à une bibliothèque, en compagnie Mme. Elm (la bibliothécaire qui l’avait aidée dans son collège). Nora comprend alors que quelque chose cloche. Mme. Elm  lui  propose de choisir une vie qu’elle aurait aimé vivre. Où ? Mais en choisissant l’un des nombreux livres présents ! Car il existe  une multitude de vies parallèles avec des possibles multiples…
C’était une idée de départ et, même si je n’ai pas apprécié du tout que le thème du suicide soit abordé de façon aussi légère, j’ai accroché au concept. D’ailleurs, l’indice des univers parallèles se trouve dans la vie (la première) de Nora puisqu’elle travaille dans une boutique nommée La Théorie des Cordes — lesdites cordes ne faisant référence qu’à celles des instruments mais à la physique quantique (dont la possibilité de l’existence des univers parallèles).
J’ai continué avec l’exploration des « premières vies » et je me suis assez vite lassée. Le reste est une répétition sans beaucoup d’imagination, assez moralisatrice (« attention, là, elle en fait trop, elle va avoir des problèmes… » la vilaine est devenue célèbre et pas sympa ! tiens, elle prend de la drogue, c’est pas bien » etc, etc..). On a compris où voulait en venir l’auteur et il ne fait pas dans la délicatesse. Pour dire les choses clairement, le message est lourdingue.
Et puis, on se demande quel est le sens de tout ça : parmi ce que Nora aurait pu faire ou devenir, il y a   star de rock, glaciologue, nageuse olympique, mère de famille ou baroudeuse… Mais non, elle n’a rien fait de tout ça, rappelez-vous : à tout juste 35 ans, elle a raté sa vie, nous a dit l’auteur. Mais qui a décidé qu’une vie était ratée ? et selon quels critères ?
Bref, on comprend vite aussi quelle va être la fin (heureuse, bien entendu).
J’ai fini le roman, un peu agacée. Je tiens quand même à  parler du fait que la dépression de Nora soit aussi mal abordée. Quant au fait que se suicider puisse être résolu par un effet pseudo-magique, ça m’a mise mal à l’aise. La dépression tue et ne se règle pas avec des conseils sortis de ce genre de bouquin – ni même avec une montagne de bouquins, seraient-ils issus d’une bibliothèque de minuit…

La bibliothèque de minuit par Haig

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Premières lignes – 7 déc

 

Premières lignes 

 » Mme. Habib sur le trottoir, en chemisier malgré le froid, tend le bras pour éloigner sa cigarette, l’autre est replié sous sa poitrine. A la fois raide et frissonnante, elle examine la vitrine de son salon comme si elle cherchait à en percer le mystère. Les lettres blanches de l’enseigne, l’immense poster sur lequel une femme coiffée comme Louise Brooks a l’air de regarder ses pieds, la liste d s tarifs sur la porte en verre. Et, à l’autre extrémité; tout en bas, inutile et solitaire dans son vase transparent, une tige de bambou qui n’a jamais poussé de plus d’un centimètre.
— C’est le nom qui ne va pas. Cindy. la fille de l’ancien propriétaire s’appelait comme ça. C’était à la mode en 1982 mais aujourd’hui ça ne dit plus rien à personne. « 

Clara travaille au salon Cindy coiffure qui appartient à Mme. Habib en compagnie de Nolwenn. Elle mène une vie de routine. Tous les jours, les mêmes personnes, clients ou pas,  passent discuter avec Mme.Habib qui les écoute. Nolwenn se trompe un peu dans ses coupes, au grand dam de la patronne qui la reprend,  raconte comment elle a encore raté son permis de conduire.
Clara a une vie tranquille qu’elle partage avec JB, le sosie de Flynn  Rider (dans Raiponce ). Tout le monde lui conseille de ne pas lâcher ce gars ; il est bien pour elle, il exerce le métier de pompier, il a tout pour plaire. D’ailleurs, c’est aussi l’avis des parents de Clara qui attendent le mariage des deux jeunes gens. Clara est jeune (23).
Et sans le savoir elle-même, elle s’ennuie…
Un jour, un client qu’elle n’avait jamais vu (le salon est mixte) vient pour une coupe. Il laisse un livre. Elle n’a pas le temps de lui redonner, l’empoche et n’y prête pas attention pendant quelques mois.
Jusqu’au jour où, désoeuvrée, elle ouvre le livre. C’est une édition de poche de Marcel Proust qu’on peut tous et toutes avoir en tête.

Au début, Clara ne sait que penser de sa lecture : les phrases sont longues (Proust, n’est-ce pas?). Et puis, elle a perdu l’habitude de lire. Mais finalement, elle s’immerge dans ce premier tome, commande le second  à la librairie de la ville et entame un long processus qui annonce un changement. Ou un accomplissement.

Clara lit Proust est un roman bien construit, qui observe les relations entre les gens, les petits gestes du quotidien avec une acuité étonnante. C’est bien écrit, souvent amusant et tendre. J’ai vraiment apprécié ce roman qui m’a presque donné envie de relire Proust (quelque chose que je n’ai pas fait depuis mes études).
Une jolie madeleine que je conseille.

Clara lit Proust par Carlier

 

 

Premières lignes – 28 / 11

 

Premières lignes 

 » 2110
Sous les collines du comté de Fullton, dans l’état de Géorgie.
A son retour parmi les vivants, Troy était dans une tombe. Il se réveilla dans un espace confiné, le visage tout près d’une vitre givrée.
De l’autre côté de cette couche de glace, des silhouettes s’affairaient. Il essaya de frapper à la vitre, mais il n’avait pas assez de force. Il tenta un cri, mais ne réussit qu’à tousser. Il avait un goût atroce dans la bouche. A ses oreilles retentirent le bruit métallique de gros verrous qu’on ouvrait, un chuintement d’air, le grincement de gonds restés longtemps en sommeil.
La lumière était vive ; les mains sur sa peau, chaudes. « 

Assez motivée par le premier opus, Silo, j’ai donc embrayé avec Silo, origines qui cette fois, se déroule sur plusieurs siècles. Nous allons donc remonter dans le temps et revenir en 2049. Donald  jeune sénateur, aux dents un peu longues, est surpris lorsqu’on lui  propose de travailler sur un projet classé top secret . En effet, il ne s’agit pas de politique, mais de plus complexe, en lien avec sa formation initiale d’architecte. Il se lance corps et âme et conçoit, sans le savoir, les futurs silos… Pourquoi ? Quelle est la menace qui pèse sur le monde ? Donald va aller de découvertes en déconvenues.
En 2110, Silo 1, Troy se réveille d’un sommeil cryogénique. Il apprend que  son rôle va être, lors de cette « première faction » de gérer tous les autres silos. Mais, étrangement, il commence à se souvenir de sa vie pré-cryogénisation. Lui aurait-t’on menti ? Serait-il drogué ?

Dans ce qui ressemble à une préquelle, on suit ainsi plusieurs personnages, parfois de façon un peu confuse, plusieurs lignes temporelles (de manière plus claire, par contre). Petit à petit, Hugh Howey rassemble tous les éléments pour plus ou moins expliquer l’existence des silos. De même, il amène habilement ses personnages vers une conclusion qui se fera dans le troisième tome. Techniquement, malgré les légères impressions de  confusion, c’est plutôt bien construit, bien amené. On voit assez vite ce que l’auteur essaie de faire, avec les lignes temporelles de chaque personnage.
Il n’en est pas tout à fait de même pour les enjeux : les « méchants » m’ont paru un peu inconsistants. On en vient à se demander « mais pourquoi tout ça? ».
C’est un tome en demi-teinte, ni mauvais mais pas non plus franchement réussi alors que les éléments sont présents pour qu’il le soit.
Je pense que je lirai le dernier afin de connaître le dénouement de toute cette histoire. Mais, clairement, pour l’instant, le premier se suffit à lui-même.

(ah, et la couverture n’a aucun sens, mais bon… )

silo origines

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Premières lignes — 9 novembre

Premières lignes 

Ginger Gold plia la lettre qu’elle lisait et la posa sur la desserte.
— Haley, croyez-vous aux fantômes ?
Sur le canapé de la salle de séjour de Hartigan House, Haley Higginns, étudiante américaine à la London School of Medicine for Women, se détendait  après le dîner en buvant son sherry à petites gorgées. Elle haussa un sourcil.
— Pourquoi ? Avez-vous reçu du courrier de l’au-delà ?

Deuxième tome  des aventures de Lady Ginger Gold, Le manoir des mauvais esprits est un parfait petit cosy mystery qui se déroule dans les années 1920. Pas de grosse difficulté dans l’intrigue mais le roman se lit bien. Et même si je n’avais pas lu le premier, je n’ai eu aucun mal à comprendre qui était qui.
Lady Gold, Ginger, est une jeune veuve anglaise qui, après avoir vécu longtemps aux USA, revient dans son pays au décès de son père (dans le tome 1). Ici, Ginger s’est installée et mène ses affaires en femme indépendante. Mais voilà que sa belle-soeur l’appelle à la rescousse car il semblerait qu’un poltergeist sème le trouble chez elle !
Bien sûr, les choses vont se compliquer et, à nouveau, Lady Gold va devoir enquêter sur un meurtre.
Les personnages sont tous bien dépeints ainsi que le côté historique. Comme je le disais, l’énigme n’est pas hyper complexe et on devine assez vite ce qui va se dérouler mais c’est une lecture agréable. En gros, j’ai passé  un bon moment même si je ne lirais pas que cela tout le temps non plus.

Résumé : Ginger Gold reçoit une lettre de sa belle-soeur lui demandant de venir toutes affaire cessantes à Bray Manor, la demeure familiale. A son arrivée, Ginger découvre qu’on lui a demandé son aide pour une affaire de… fantômes ! La comtesse douairière est persuadée qu’un mauvais esprit hante les lieux. Rien de bien méchant jusqu’à présent. Le « fantôme » se contente de voler des petits objets et de faire tourner en bourrique les invités de Bray Manor. Mais lorsqu’un bal est organisé en l’honneur des vétérans de la Grande Guerre et qu’un cadavre est découvert après la fête sur la piste de danse, tout change. Détective amateur, Ginger va devoir mener l’enquête et elle est bien persuadée d’une chose : le meurtrier n’est pas un revenant, mais bel et bien un être de chair et de sang..

 

Les enquêtes de Ginger Gold, tome 2 : Le manoir des mauvais esprits par Strauss

 

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

 

Premières lignes — 2 novembre

Premières lignes

« Il était 5h42, au matin du 1er mai 1983, dans l’ouest de l’Angleterre, et un mince filet de soleil pointait au-dessus de la crête. Toutefois, il faisait encore frais et presque noir dans la vallée peu, où un ruisseau limpide coulait en ligne droite puis décrivait un large coude avant un petit barrage, un kilomètre et demi en aval. (…) Une jeune femme sortit de la ferme en bâillant, les yeux mi-clos, encore plus ou moins perdue dans un rêve qui lui avait paru bien réel.
Susan Arshaw avait dix-huit ans depuis deux minutes, et un physique saisissant plutôt que réellement avantageux. Ses sourcils d’un noir corbeau contrastaient avec le duvet décoloré qui couvrait son crâne rasé. »

Le début, assez poussif, est trompeur : ce roman a plutôt tendance à foncer à 100 à l’heure et à accumuler les scènes d’action. Trop, même. Et c’est son principal défaut.
Le titre était pourtant prometteur : Les libraires gauchers de Londres (The Left-Handed Booksellers of London). J’avoue que pour une ancienne libraire, pas gauchère, mais ambidextre, le titre avait de quoi plaire !
Et le résumé est aussi assez séduisant : en 1983, Susan vit à la campagne. Elle part étudier l’art, à Londres et tenter de trouver enfin ce père qu’elle n’a jamais connu et dont s amère ne semble garder aucun souvenir (c’est un peu louche, ça, et pas très solide, mais, passons…). Mais, voilà, dès qu’elle commence à poser des questions à un type qui aurait dû être un pseudo « tonton » (possible ex de sa mère), de gros ennuis lui tombent dessus …et magiques ! Heureusement, elle fait la connaissance de Merlin, libraire gaucher et « homme de terrain », qui la tire de ce mauvais pas, puis de sa soeur, Viviane, libraire droitière, chargée des recherches.
Très vite, Susan va comprendre que son père n’est pas ou n’était pas un humain ordinaire et que le monde réel côtoie l’ancien monde peuplé de figures mythiques, pas toujours aimables…
Le rythme est trépidant, trop, je l’ai dit. On aimerait qu’à certains moments, l’auteur nous laisse souffler et fasse des pauses aussi pour ses personnages, prenne le temps de développer son univers. Car le monde ancien est très vite expédié. Et c’est dommage.
De même, si les personnages principaux sont vraiment attractifs (Merlin, Viviane, les libraires de la famille et cette jeune Susan qui ne doute de rien), leurs relations sont basiques (clichés?).
Pas mieux du côté des enjeux. Et c’est plus ennuyeux car, même si on devine assez vite qui est le « grand méchant », on se demande encore à la fin pourquoi il a agi ainsi. Tout cela reste assez flou.
Donc, pour résumer, il arrive des tas d’ennuis (assez graves) à nos personnages à une vitesse hallucinante sans qu’on comprenne le pourquoi. Le résultat ? un sentiment de frustration en fin de lecture…
L’idée était bonne : la couverture de la librairie, les livres, le métier de libraire. Mais rien de tout ça n’est exploité sauf en clin d’oeil du genre « on va ranger des livres pour se calmer les nerfs » ou « quand je stresse, je lis un livre » (heu..).
De plus, c’est le 1er tome d’une série : le second s’appelle :The Sinister Booksellers of Bath. Mais  comme par hasard, les éditions Leha ne font aucune mention d’un tome 2… (pas bien, ça,  Leha).
Je pense que ce roman ne me laissera pas un grand souvenir même s’il se lit bien.
Un conseil entre nous : si vous le trouvez en bibliothèque ou qu’on vous le prête/donne/offre, allez-y. Mais ne dépensez pas vos euros, vraiment.

Traduction : Florence Bury
Éditeur : Editions Leha
Nombre de pages : 584
Prix : 20€ (broché) / 25€ (relié)

Les libraires gauchers de Londres par Nix

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :