Premières lignes — 29 novembre

Premières lignes 

« Arcadia Darell déclama d’une voix ferme dans le micro de son transcripteur :
« L’avenir du plan Seldon, par A. Darell. »
Puis elle songea non sans amertume qu’un jour, lorsqu’elle serait devenue une grande écrivaine, elle pourrait enfin se permettre de signer tous ses chefs-d’oeuvre du pseudonyme d’Arkady. Arkady tout court. Juste le prénom. « 

Dans la série « Je relis mes classiques », Fondation, la suite, ép.3. A ce sujet, j’ai aussi Dune en réserve ;   il faut que j’écrive la/les chroniques (après avoir vu le film de Villeneuve,  j’ai relu jusqu’au Messie mais je fais un break, il y a pas mal de nouveautés dont j’aimerais parler).

Ce troisième tome intitulé Seconde fondation rassemble deux longues nouvelles qui viennent clore ce premier triptyque, La Quête du Mulet et La Quête de la Fondation.
Dans la première quête, le Mulet qui est désormais tout puissant recherche la Seconde Fondation. Rappelons que selon le Plan Seldon,  la  Première Fondation  (celle que l’on connaît comme la Fondation) doit ignorer l’existence de la Seconde Fondation, cachée et  très différente  de la Première, qui elle,  doit tout faire pour fonder un nouvel empire.
Mais, avec l’apparition du Mulet, la Seconde Fondation a dû intervenir. Tout au long de la nouvelle, on assiste aux manigances du Mulet et aux manipulations de la Seconde Fondation. Qui va réussir à duper qui ?
C’est un peu embrouillé au final puisqu’on reste sur sa faim. (« Ah, c’est tout ? »)
Quelques années plus tard, le Mulet meurt. Passent encore des années.  C’est à cette période, sur Terminus, que commence la nouvelle suivante qui apporte une touche de fraîcheur bienvenue,  introduisant un jeune personnage Arcadia Darell, la petite-fille de Bayta (LE personnage féminin du tome 2 et pour l’instant, le seul). Grâce à Arcadia, on vit véritablement cette aventure en immersion,  on voyage, et donc, on se fait aussi duper par moments. Qui cherche la Seconde Fondation ? Qui espionne qui ? Asimov est au sommet de son art.
C’est une nouvelle habile, vivante, touchante et bien menée, l’une des meilleures à mon sens.
Quant à savoir où se trouve la Seconde Fondation, ce n’est pas moi qui irait le révéler…

Fondation 3

Résumé : Conçue par le psychohistorien Hari Seldon pour restreindre l’ère de chaos résultant de la décadence de l’Empire galactique, la Fondation est désormais aux mains du Mulet, un mutant imprévisible capable de manipuler les esprits et d’imposer sa volonté à quiconque. Avec ses pouvoirs et les immenses ressources que lui procure la Fondation, il s’est donné pour objectif d’étendre sa domination aux ultimes vestiges de l’Empire défunt.
Mais déjà une nouvelle légende prend forme : il existerait une Seconde Fondation, consacrée aux sciences mentales, œuvrant de façon occulte pour garantir l’accomplissement des desseins du légendaire Hari Seldon…

 

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Premières lignes — 22 novembre

Premières lignes 

 » Le premier aperçu que Bayta eut d’Oasis fut tout sauf spectaculaire. Son mari dut la lui montrer du doigt ; une étoile terne, perdue dans le désert de la frange galactique.   Elle luisait faiblement par-delà les ultimes amas clairsemés d’étoiles, en compagnie de quelques points lumineux qui, ici et là, parsemaient chichement l’immensité vide du ciel. En dépit de ce modeste voisinage, on peinait tout de même à distinguer sa lueur falote, frêle. « 

Je continue ma relecture de Fondation. (1)

Un petit rappel en ce qui concerne Fondation : les nouvelles qui composent les trois premiers tomes  ont été publiées entre 1942 et 1950 dans  la revue  Astounding Sciences Fiction. C’est une maison d’édition indépendante (Gnome Presse) qui  publie les différentes nouvelles, composant Fondation en trois tomes : FondationFondation et Empire et Seconde Fondation. Lorsque Doubleday rachète les droits à Gnome Presse en 1961 et édite à nouveau Le Cycle de Fondation en un seul volume cette fois. Asimov ne croit plus à sa série (« Ça ne m’intéresse pas, Tim. Je n’ai jamais rien touché sur ces bouquins » dit-il au directeur littéraire de Doubleday).
Mais Fondation est enfin reconnu,  et 1966, à la grande surprise d’Asimov,  le prestigieux prix littéraire Hugo de la Meilleure Série de Sciences Fiction de tous les temps est décerné à Fondation. A la suite de ce succès, Asimov écrira les deux derniers volumes de la séries.

Fondation 2
Fondation et EmpireFoundation and Empire ) est le deuxième tome du cycle. Il est constitué de trois nouvelles. L’Empire est en plein déclin et la Fondation, quant à elle, est devenue une puissance redoutée. On en vient même à penser qu’elle abrite des magiciens. Car Seldon avait raison (Hari Seldon a toujours raison, pourrait-on penser à ce stade), et la psychohistoire est une réussite.
La première nouvelle se concentre sur l’histoire de Bel Riose (que j’ai j’ai toujours eu tendance à orthographier : « Bielle Rose », le pauvre), un général qui veut le pouvoir avant tout.
Ce n’est pas ma nouvelle préférée, je l’avoue. Il m’a toujours semblé qu’elle était assez facile, pas suffisamment complexe. Asimov tente de tisser des liens entre certains personnages et d’anciens marchands légendaires que nous avons croisés mais tout cela reste un peu artificiel.
Le reste du livre, lui, est passionnant car il introduit à la fois le premier personnage féminin important, Bayta Darell. Même si elle n’est que l’épouse de…. et si elle se conforme aux codes de l’époque (la nouvelle date quand même des années 1940), elle présente des facettes très intéressantes. Car c’est elle qui s’oppose au grand méchant de l’histoire, à celui que Seldon n’avait pas vraiment prévu : le Mulet.
Le Mulet est un mutant aux capacités psychiques étonnamment puissantes qui va mettre en péril la Fondation. Pire : personne sur Terminus, la planète des Fondateurs, ne prend au sérieux cette menace.
Les nouvelles Le Mulet et Le Clown font partie des grandes réussites d’Asimov. L’auteur nous mène en bateau comme rarement (la première lecture est souvent bluffante). Un vrai tour de passe-passe — mais je n’en dis pas plus.
Avec Fondation et Empire, on sent que le ton est plus mature, que tout se complexifie. Et cela se vérifiera dans le tome suivant. 

Résumé : Tandis que les crises qui secouent l’Empire redoublent de violence et annoncent son effondrement définitif, la Fondation créée par le psychohistorien Hari Seldon pour sauvegarder la civilisation devient de plus en plus puissante, suscitant naturellement convoitises et visées annexionnistes. En tout premier lieu, celles de Bel Riose, jeune général qui voit dans les secrets détenus par la Fondation le moyen de monter sur le trône.
C’est alors qu’apparaît un mystérieux et invincible conquérant, surnommé le Mulet, que le plan de Seldon n’avait pas prévu…

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Premières lignes — 15 novembre

Premières lignes 

 » J’écris ces mots assise dans l’évier de la cuisine. Ou plutôt, les pieds dans l’évier ; car le reste de mon corps est sur l’égouttoir où j’ai posé la couverture du chien et le couvre-théière. je ne peux pas dire que ce soit très confortable, surtout avec cette odeur déprimante de savon au phénol, mais c’est le seul endroit de la cuisine qui bénéficie d’un peu de lumière naturelle. Et puis je  me suis aperçue qu’écrire dans un lieu inhabituel peut se révéler fort productif : j’ai écrit mon meilleur poème perchée sur le toit du poulailler. « 

Ce roman est signé Dodie Smith.  Si le nom ne vous dit pas grand chose, je dois dire que, d’emblée, « Le château de Cassandra »  (I Capture The Castle )par Dodie Smith ne m’inspirait rien de plus. Sauf que l’autrice a bouclé un autre très grand classique : Les 101 Dalmatiens.
Il était donc grand temps que je rattrape mon retard avec ce poche de 500 pages paru chez Gallimard Jeunesse.
Nous voilà donc dans l’Angleterre des années 30.  La famille Mortmain vit sans le sous dans un vieux château acheté sur un coup de coeur lors d’une période d’aisance. Mais voilà : les Mortmain n’ont plus un sou. Le  père, auteur d’un unique roman à succès parmi la critique littéraire, n’écrit plus. Il vit replié sur lui-même. Certaines personnes pensent qu’il perd la raison ou qu’il boit en secret. Remarié à Topaz, après le décès de la mère de de Rose, Cassandra et Thomas, il ne communique quasiment plus avec elle. La belle-mère est une femme indépendante, modèle pour des peintres et artiste elle-même. Un peu fantasque, elle entretient de bonnes relations avec ses deux belles-filles et son beau-fils et tente de tout faire pour joindre les deux bouts. Elle a vendu presque tous les meubles de la maison et elle fait du mieux qu’elle peut pour améliorer l’ordinaire, avec l’aide du fils de l’ancienne domestique, Stephen.  Les deux filles partagent la même chambre et leurs secrets, à l’image des héroïnes de Jane Austen ou Charlotte Brönte, qu’elles admirent profondément. Cassandra est d’ailleurs le prénom de la soeur de Jane Austen, gardienne de l’oeuvre de sa soeur. Ce n’est pas un hasard.
Alors que la jeune Cassandra du livre écrit dans ses cahiers, le quotidien des Mortmain  est soudain bouleversé par la venue de la famille héritière américaine du manoir voisin et accessoirement, nouveaux  propriétaires. Simon Cotton, l’aîné des deux frères, fait particulièrement forte impression à Rose…
Comme dans les romans dont elle est friande, Rose va tout tenter pour se faire épouser, même si elle n’éprouve pas de sentiments amoureux. Son frère, Neil, va vite voir clair dans son jeu…

On pourrait en rester là et penser que le roman va tourner à la mièvrerie pour terminer sur un « happy end » mais non. Car Cassandra va se révéler un personnage bien plus complexe et que prévu, surtout pour l’époque (1949). Au travers de ses divers journaux intimes qui suivent l’évolution de la jeune femme, ses interrogations, ses descriptions du monde qui l’entoure, parfois ses réflexions piquantes ou naïves (elle est encore très jeune), on découvre une femme qui se cherche mais qui ne se laisse pas non plus marcher sur les pieds. Les personnages secondaires prennent ainsi toute leur dimension (et c’est un bel hommage à Jane Austen, parfois).
Il y a de nombreuses références littéraires (Jane Austen, les soeurs Brontë, mais pas que…)

Finalement, même si l’intrigue n’est pas très élaborée, le livre se lit très, très bien et est bien plus fin et complexe que ce qu’il paraît (surtout si on veut bien éviter le premier degré). J’ai beaucoup apprécié la palette des différents personnages, un peu moins les réflexions au sujet de la religion (qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, en l’occurrence, vu que ça ne sert pas l’intrigue ni l’évolution du personnage de Cassandra). L’idée de la construction du roman du père vers la fin est maligne… Bref, j’ai passé un bon moment.
A noter qu’il existe une adaptation en film (2003)


Résumé : Cassandra ! un prénom romanesque, à l’image du château perdu au fin fond de l’Angleterre on vit la jeune fille et toute sa famille pour le moins excentrique.
Un père écrivain qui se refuse à écrire, la merveilleuse Topaz, belle-mère fantasque, Rose, la soeur aînée rêvant au grand amour, sans parler du jeune jardinier qui n’a d’yeux que pour Cassandra. Au fil de ses cahiers, elle relate les événements qui jalonnent leur existence, avec autant de sensibilité que d’ironie. Surgissent deux beaux et riches Américains venus s’installer dans le manoir voisin.
La vie au château en sera bouleversée. Le journal, émouvant et drôle, d’une jeune fille pleine d’esprit et de talent. Dès sa parution en 1949, ce récit savoureux a rencontré un immense succès. Il est temps de découvrir en France un grand classique de la littérature anglo-saxonne qui se dévore, à tous les âges, avec délectation.

Premières lignes – 25 octobre

Premières lignes qui commencent fort :

 » Fela, la fille sans tête, s’approcha d’Emmanuel. Le cou déchiqueté avec une sauvagerie sanguinaire. Elle ne faisait pas de bruit, mais il sentait qu’elle attendait qu’il fasse quelque chose, n’importe quoi.
Puis son téléphone sonna, et il se réveilla.
Il prit une grande inspiration et fit descendre le Degré de Noirceur de sa voix à 1,5 sur une échelle de 10.  » Bonjour, comment allez-vous ? Oui, oui, je voulais en savoir plus sur l’examen de ma candidature. Bon, très  bien, d’accord. Je m’en réjouis. J’y serai. Je vous souhaite une excellente journée. » Emmanuel se leva et alla se brosser les dents. La maison était plongée dans le silence. Ses parents étaient déjà partis au travail.
Ce matin-là, comme tous les matins, la première décision qu’il prit concernait son Degré de Noirceur. Sa peau était d’un noir profond et constant. En public, au milieu des gens, il lui était impossible de faire descendre son Degré de Noirceur aussi bas que 1,5. »

La première nouvelle de ce recueil paru chez Albin-Michel ( collection »Terres d’Amérique ») place la barre très haut. Avec « Les 5 de Finkelstein », le ton est donné : voici une voix, une écriture intéressante à suivre. C’est celle de Nana Kwame Adjel-Brenyah qui signe douze nouvelles, dystopies très réalistes, histoires fantastiques, contes glaçants, avec brio, dans ce Friday Black.
Je ne vais pas toutes les résumer, bien sûr, mais plutôt vous inciter à aller les lire. Dans la nouvelle que je viens de citer, un massacre a été perpétré sur cinq enfants noirs par un homme  blanc. Pourquoi ? Et bien, il s’est simplement senti menacé par leur présence. Il y a procès. La justice donne raison à… l’homme blanc. Un écho qui sonne terriblement familier à nos oreilles, poussé à l’extrême, car l’histoire continue, mais je n’en dirais pas plus. La nouvelle est une réussite de bout en bout
Adjei-Brenyah instille la tension, joue avec l’absurde, déstabilise, met en lumière la violence de notre société actuelle (et de son propre pays, les USA) par le biais de la dystopie.
Haine, humanité/déshumanisation, dominés/dominants, victimes/coupables, tout cela s’enchaîne et se mêle dans ce recueil.
A lire, donc.

Friday Black par Adjei-Brenyah

Premières lignes – 18 octobre

Premières lignes : 

 » La récolte est passée et l’été s’achève » déclara Anne Shirley en observant les champs ras d’un oeil rêveur. Diana Barry et elle étaient allées cueillir des pommes dans le verger de Green Gables mais se reposaient désormais de leur labeur dans un coin ensoleillé du Bois Hanté où une flotte aérienne de duvets de chardon se laissait porter par les ailes d’un vent encore chargé du parfum estival et sucré des fougères. Pourtant, tout dans le paysage autour d’elles évoquait l’automne. La mer s’ébrouait au loin en rugissements  caverneux, les champs nus et desséchés s’ourlaient  de bouquets de gerbes d’or, le vallon rayonnait d’asters d’un violet éthéré et le Lac scintillant était bleu, bleu, bleu ; pas le bleu indécis du printemps ni l’azur pâle de l’été , mais un bleu limpide, ferme et serein, comme si l’eau avait triomphé de toutes ses émotions et ses humeurs pour se glisser dans une tranquillité délestée de l’inconstance desves. « 

Je dois dire que je suis dorénavant une adepte des « Anne » : après avoir suivi les péripéties souvent comiques mais toujours émouvantes dans le premier tome de la jeune canadienne orpheline adoptée par les Cuthbert, j’ai continué avec son adolescence, dans le tome 2. Ce deuxième volume constituait une transition et ne présentait guère d’action. Il était surtout agréable à lire grâce à l’écriture empreinte de poésie de Lucy Montgomery.
Ce troisième tome reprend les aventures d’Anne qui a cessé d’enseigner et va poursuivre ses études à l’université ; nouvelle vie, nouvelles amies, et …nouvelles rencontres. La jeune femme va-t’elle changer ? Est-elle devenue plus sage ? Un peu, mais elle a toujours soif de rêves. Et si elle se montre moins bavarde et un peu plus réservée, elle n’a pas abandonné sa nature fantasque. Et tant mieux.
On partage avec elle sa colocation, son amitié avec Philippa un autre personnage haut en couleurs. Il y aura encore de nombreux voyages à Green Gables, bien sûr, ce qui permet de retrouver les habitué.es : Marilla, Madame Lynde, Mr.Harrison, les jumeaux Davy et Dora.
Sans compter un brin de romance.
Un tome très réussi, finalement qui se conclut… heureusement.

Une fois de plus, l’objet en lui-même est magnifique : couverture, reliure…

Anne de Green Gables, tome 3 : Anne de Redmond par Montgomery

Anne de Redmond – Lucy Maud Montgomery

Nouvelle traduction de l’anglais (Canada) par Laure-Lyn Boisseau-Axmann. Illustration de couverture par Midori Kusano. Format 13 x 19,5 cm. Cartonné. 344 pages. Monsieur Toussaint Louverture

Le quatrième volume, Anne de Windy Willows, à paraître en 2022.

« La traduction de cette série a pour but de revenir au plus près de l’écriture de Lucy Maud Montgomery. Une écriture dense, musicale, parfois lyrique, mais aussi créative et fulgurante. C’est ce qui fait la force de ces romans et leur a permis de traverser les âges. Ainsi, raviver cette essence a été notre priorité pour que ces livres magnifiques rayonnent encore pendant des décennies.

C’est aussi la raison pour laquelle nous avons choisi de revenir au titre initialement souhaité par Lucy Maud Montgomery pour ce troisième volume des aventures d’Anne Shirley, Anne of Redmond. En effet, à l’époque, sous la pression de son éditeur et contre son gré, l’autrice accepte de publier le roman sous le titre Anne of the Island (Anne de l’île ou Anne quitte son île).

Lucy Maud Montgomery aimait les livres, aimait les mots. Nous, nous aimons aussi les livres et les mots, et nous aimons aussi Lucy Maud Montgomery. Ça fait beaucoup d’amour, certes, mais la littérature en demande beaucoup pour en rendre infiniment. » (source éditeur)

Premières lignes – 4 octobre

  » Quand c’est pas la femme qui va chercher la paye de son homme, tout ce qu’elle a pour la semaine, c’est zéro franc parce qu’il va boire un coup avec ses collègues pour fêter l’arrivée du week-end et on  sait ce que ça veut dire, hein ? Tournée générale pour les copains ! Ensuite, il rentre à la maison les poches vides mais alors, heureux ! Il raconte à sa femme des histoires qui tiennent pas debout, pour la faire rire, mais elle n’a pas envie de rire du tout. elle est furieuse et elle préférerait qu’il la ferme.
Il finit par aller se coucher. Le lendemain il se réveille avec la gueule de bois et déclare qu’il aimerait bien deux ou tranches de rôti froid et de la citronnade.
Et bien Materena est fiu de tout ça ! « 

Ces premières lignes retranscrivent à merveille l’ambiance des Chroniques de Tahiti, dont j’avais déjà chroniqué le premier tome, L’arbre à pain.

Avec ce deuxième tome, Frangipanier (et encore le nom d’un arbre qui tiendra une grande importance), Célestine Hitiura Vaite poursuit son tableau de la vie des gens ordinaires de Tahiti. ici, elle commence par un retour en arrière dans la vie de nos deux personnages principaux, Materena, cette femme que nous avons suivie lors du premier tome, et Pito, son homme (tané, en tahitien), devenu son mari après bien des aventures.
Mais nous n’en sommes pas encore là au début de Frangipanier : Pito et Materena sont encore un jeune couple avec un seul enfant et Pito a la fâcheuse habitude de passer ses soirées au bar.
Rapidement, on comprend où l’autrice veut en venir : cette deuxième partie va se focaliser sur la naissance de Leilani, la fille de Materena et de Pito, et deuxième enfant du couple. Puis, peu à peu, on plonge à nouveau dans la vie de la famille : les trois enfants grandissent mais on s’attache surtout à Leilani, son éducation, ses relations avec sa mère. Leilani est brillante, éduquée. Elle ne suivra pas la route de nombreuses femmes tahitiennes de son milieu  :se marier jeune, renoncer aux études,  avoir beaucoup d’enfants, supporter un conjoint parfois violent comme le racontent les petites anecdotes au fil de l’eau narrées par les multiples interlocuteurs.rices de Materena. Leilani se montre indépendante, féministe,  et Materena l’y encourage. De même qu’elle pousse son plus jeune fils à choisir sa voie professionnelle (cuisinier) alors que Pito et son fils aîné se moquent continuellement de lui.

Même si j’ai trouvé le début un peu plus faible que L’arbre à pain, sans doute à cause de l’aspect redondant (je n’aime pas les redites dans un roman, je n’y peux rien), Frangipanier  m’a ensuite, au fil des chapitres, totalement emportée. Les expressions en tahitien (avec le lexique) sont un plus (je suis absolument fan).
Et j’ai, bien sûr, emprunté le suivant dans la foulée. 

Une lecture que je recommande vraiment. Célestine Hitiura Vaite vivant en Australie, elle écrit en anglais. C’est la traduction qui est donc disponible aux éditions Au vent des îles puis 10/18 (en poche). 

Chroniques de Tahiti, tome 2 : Frangipanier par Hitiura Vaite

Widjigo – Estelle Faye

 

 » Basse-Bretagne, mars 1793
A chaque pas, la vase accrochait les semelles cloutées des Bleus qui devaient libérer leurs pieds de son étreinte dans un concert de chuintements liquides évoquant des sanglots. Avec la marée descendante, la côte empestait l’algue et la pourriture, en accord avec ce printemps malade où la jeune Révolution s’enlisait dans la guerre civile et le sang. Au-delà des écueils laissés à découvert, l’océan moutonnait, fouetté par le noroît. le vent gerçait les lèvres des hommes et portait les embruns jusqu’à la colonne de soldats. A l’horizon, une barre de nuages d’encre tranchait entre le gris des vagues et celui du ciel. Une tempête approchait. « 

Le Wìdjigò est l’équivalent du Wendigo en algonquin .
 » Le windigo ou wendigo est un être surnaturel qui appartient à la tradition spirituelle des Premières nations de langue algonquienne en Amérique du Nord. On le décrit comme un monstre puissant animé du désir de tuer et de manger ses victimes. Dans la plupart des légendes, les humains se transforment en windigos à cause de leur cupidité ou d’une faiblesse. Différentes traditions autochtones considèrent les windigos comme dangereux en raison de leur soif de sang et de leur capacité à ensorceler des personnes ou des communautés autrement saines. La légende du windigo illustre principalement les dangers de l’isolement et de l’égoïsme, ainsi que l’importance de la communauté. » (source)

Estelle Faye nous entraîne donc dans un roman hanté par la figure du widjigo, dans les brumes glacées de Terre-Neuve, là où plusieurs personnages disparates se retrouvent, forcés de se serrer les coudes afin de ne pas perdre la vie ou ce qu’il leur reste de raison. L’autrice de fantasy entremêle deux histoires, présent et passé, liées entre elles par le personnage de Justinien de Salers, un nobliau breton retranché dans une tour biscornue battue par les vents. Quand en 1793, le jeune Jean Verdier, fraîchement promu lieutenant de l’armée républicaine nouvelle vient l’arrêter, il ne sait pas ce qui l’attend. Il va faire une rencontre d’une nuit plus qu’étonnante. Le vieux noble lui conte alors ce qui lui est arrivé en 1754, en Acadie, alors que, fuyant les dettes et des événements dont il n’est pas fier, sous l’emprise de l’alcool, déjà rincé et fini à 26 ans, il s’embarque pour une mystérieuse mission à Terre-Neuve. Il fera le voyage en compagnie d’une métisse, qu’il appelle souvent la Camarde, Marie (un très beau personnage féminin fort et inquiétant), du rescapé d’une ancienne exploration, le botaniste, Veneur, et d’un adolescent mutique, Gabriel. Après avoir fait naufrage, ils atteindront les côtes, mais ils ne sont plus que quelques survivants : leur petit groupe, incroyablement préservé, quelques autres personnages (coureur des bois, gabier, soldat anglais), un pasteur rigide, Ephraïm et sa fille adolescente, Pénitence. Alors qu’ils essaient de survivre, un prédateur inconnu s’en prend à eux, les tuant les uns après les autres.
On pourrait penser que l’histoire va tourner au récit d’horreur, cadavres déchiquetés, et bestiole se cachant dans les bois, attendant son heure jusqu’à la fin… Mais l’intrigue est bien plus maligne. Peu à peu, on découvre que le monstre en question n’est sans doute pas celui qu’on pense et que les personnages rassemblés sur cette terre désolée le sont peut-être à dessein. Que rien n’est dû au hasard. Qu’ils ont tous un lien.
La structure est habile, oscillant entre légendes ( à part le wendigo, les mythes liés aux Nations Premières, mais aussi la légende de la cité d’Ys), fantastique, quelques touches horrifiques et une vraie trame de thriller.
Quat aux personnages, ils sont tous finement dessinés, psychologiquement bien pensés (mention spéciale à Pénitence). La place de la nature, particulièrement le végétal, véritable force dans laquelle les enchantements semblent prendre vie, est un grand plus. Les thèmes varient entre la culpabilité, la rédemption, la justice, celui du monstre, bien sûr et tant d’autres encore…
Pour le reste, c’est une ambiance angoissante, brumeuse, mais captivante qui nous tient du début jusqu’à la fin du roman. Un récit hanté.

Note : j’ai été assez inspirée jusqu’à en faire une playlist  « bande son pour Widjigo » sur Y.T (avec des airs traditionnels de Terre Neuve, aussi mais pas que).

Merci aux éditions Albin-Michel Imaginaire pour cette lecture

Widjigo par Faye

 

résumé : En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer. Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. À l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune officier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire. Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres…

Autrice : Estelle Faye

Édition: Albin Michel Imaginaire

Publication : 29 septembre 2021

 

Premières lignes – 26 septembre

Premières lignes 

 » Les anciens dieux sont puissants, mais ils ne sont ni bienveillants ni indulgents. ils sont capricieux, aussi instables que le reflet de la lune à la surface de l’eau ou les ombres au sol par temps d’orage. Si tu persistes  à vouloir les invoquer, sois prudente : prends garde à ce que tu leur demandes et sois prête à en payer le prix. Et surtout, même si la situation est dramatique ou désespérée, ne prie jamais, au grand jamais, les dieux qui répondent à la nuit tombée.  » Estelle Magritte – 1642 – 1719

Elle était prévenue, Adeline. Elle le savait par cette femme étrange de son village natal en France, un peu guérisseuse, un peu prêtresse sauvage, Estelle : on ne doit jamais rien demander aux dieux anciens. Surtout à la nuit tombée. Et pourtant, Adeline LaRue ne veut pas se marier, elle ne veut pas rester dans ce petit bourg paumé de la Sarthe, mener la même vie que son amie d’enfance Isabelle. Car au XVIIIème, quand on est fille de villageois, artisans, ou paysans (et cela durera encore longtemps), à part le mariage et les enfants, une vie de labeur, qui y-a t’il d’autre à envisager ?
Mais Adeline a envie d’autre chose. Elle veut être Addie, une jeune femme qui dessine, qui apprend, qui va aller jusqu’au Mans, tiens pourquoi pas ? Et peut-être plus loin, Paris, peut-être ! Pour cela, elle est prête à tout. Même à passer un pacte avec une ancienne divinité, un être qui répond à son appel dans un moment de désespoir, le soir de ses noces, un mariage qu’elle fuit. Un ancien dieu ou un diable, peut-être, lui apparaît, avec les traits de celui qu’elle dessine dans son carnet. Il est charmant et il lui accorde ce qu’elle veut. Très luciférien (« mais que désires-tu vraiment ? »), le diable adorable exige un paiement en retour (Faust, nous voilà !). Quoi donc ? Mais son âme, bien sûr.
V.E Schwab revisite donc le pacte faustien, dans un long (trop long) roman qui s’étend sur trois cents ans, suivant la jeune Addie, condamnée à rester jeune, mais à être toujours oubliée, invisibilisée. L’idée est intéressante mais bancale car parfois, on se demande jusqu’à quel point elle peut rester en vie puisqu’elle est tellement invisible. Or, la jeune femme a besoin de se nourrir, de se vêtir, de dormir. Elle souffre, saigne, etc… C’est donc toujours légèrement casse-gueule comme idée.
L’autre fil conducteur, à part les « aventures invisibles », est une suite d’oeuvres d’art (imaginaires) dans lesquelles apparaissent plus ou moins Addie au fil du temps. Là aussi, le concept est malin mais très peu développé à la fin, tant et si bien qu’on se demande en refermant le livre en quoi il a servi l’intrigue.
A ce sujet, d’intrigue, il n’y en a guère : Addie se contente de traverser rapidement l’Histoire avec un grand H. Elle survit, laisse peu ou pas de traces, ne peut pas nouer de véritables relations puisque tout le monde l’oublie aussitôt. Elle-même est un personnage assez volatile, inconsistant — et cela est totalement compréhensible et en accord avec le propos.
Le fil du passé ( ce qui est arrivé à Addie au cours des siècles) se juxtapose avec le présent (2014). Ici, les chapitres sont habilement interposés. L’intrigue du présent repose essentiellement sur une romance entre Addie et Henry, un jeune homme atteint de mélancolie ( dépression chronique, peut-on supposer). Henry présente la particularité d’être le seul personnage à remarquer Addie et à ne jamais l’oublier. Là aussi, il y a une raison (assez facile à deviner).
Quant au pacte en lui-même, on le retrouve régulièrement, grâce aux rencontres avec le beau démon, nommé Luc (pour Lucifer). Le personnage est un brin convenu (« bad boy » de l’enfer brun aux yeux verts qui va s’attacher à la damnée….mouais….).
J’avoue que j’avais beaucoup entendu parler de ce roman, en bien, voire en très bien. Au final, il se lit bien car le style est très agréable ( de belles descriptions d’une grande poésie) et puis, on a envie de savoir. Mais il est beaucoup  trop long pour raconter ….pas grand chose, en fait. Ou alors, il s’agit peut-être d’un brillant exercice sur l’inconsistance et je ne m’en suis pas rendue compte, mince… (et alors, chapeau !).

La vie invisible d'Addie Larue par Schwab

Donc, pourquoi pas mais sans doute pas une priorité de lecture.

Résumé : Une nuit de 1714, dans un moment de désespoir, une jeune femme avide de liberté scelle un pacte avec le diable. Mais si elle obtient le droit de vivre éternellement, en échange, personne ne pourra jamais plus se rappeler ni son nom ni son visage. La voilà condamnée à traverser les âges comme un fantôme, incapable de raconter son histoire, aussitôt effacée de la mémoire de tous ceux qui croisent sa route.Ainsi commence une vie extraordinaire, faite de découvertes et d’aventures stupéfiantes, qui la mènent pendant plusieurs siècles de rencontres en rencontres, toujours éphémères, dans plusieurs pays d’Europe d’abord, puis dans le monde entier. Jusqu’au jour où elle pénètre dans une petite librairie à New York : et là, pour la première fois en trois cents ans, l’homme derrière le comptoir la reconnaît. Quelle peut donc bien être la raison de ce miracle ? Est-ce un piège ou un incroyable coup de chance ?Embarquée dans un voyage à travers les époques et les continents, poursuivie par un démon lui-même fasciné par sa proie… jusqu’où Addie ira-t-elle pour laisser sa marque, enfin, sur le monde ?

Premières lignes — 30 août

 » Materena aime bien les films d’amour.
Quand il y a un film d’amour à la télévision, Materena s’installe sur le canapé, croise les mains, et ne quitte pas l’écran des yeux. Elle ne balaye pas, elle ne repasse pas, elle ne se coupe pas les ongles des pieds, elle ne range pas ses linges. Elle ne fait rien d’autre : elle regarde son film.
Les films d’amour chavirent le coeur de Materena et il lui arrive même d’imaginer qu’elle est l’héroïne. « 

Contrairement à ce que laissent penser ces premières lignes , L’arbre à pain n’est pas une romance. Il y est question de sentiments, et même de mariage, puisque c’est le fil rouge qui relie tous les chapitres, envisagés comme des tranches de vie tout au long du roman. Mais ici, rien n’est sirupeux ou mièvre. Bien au contraire.
Et pourtant en nous plongeant dans le quotidien de Materena, de sa famille (et elle est vaste, comme on pourra le constater), Célestine Hitiura Vaite réussit à nous transporter au sein de la société tahitienne.
C’est un roman particulièrement chaleureux, émouvant, teinté parfois de nostalgie, d’un brin de tristesse mais toujours amusant que signe l’autrice polynésienne. L’arbre à pain est aussi le premier d’une trilogie avec Frangipanier et Tiaré, tous parus aux éditions Au Vent des Iles Pacifique puis en poche chez 10/18.
J’ai adoré de bout en bout ce roman, truffé de vocabulaire tahitien (il y a un lexique à la fin).

Un gros coup de coeur, donc.

Chroniques de Tahiti, tome 1 : L'arbre à pain par Hitiura Vaite

Résumé : Vivez le quotidien d’une famille tahitienne drôle, attachante et haute en couleurs.
Chronique d’une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti, L’Arbre à pain nous plonge dans le quotidien de Materena, mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, au franc-parler  » local  » et aux rêves simples. Dans ce premier volet de la trilogie, la succession des récits, authentiques et tendrement drôles, est cousue de fil blanc… celui de la robe de mariée de Materena qui rêve d’une bague au doigt et d’un certificat de mariage encadré au mur. Son tane, Pito, en mâle primaire, entre bière et copains, ne veut rien entendre et résiste. Au risque de se voir réclamer à tout moment de rentrer chez sa mère… Un roman truculent, délicieux de vérité et d’émotion, qui décrit l’art de vivre au fenua et l’amour à la tahitienne dans un style vif et plein d’humour.

L’Arbre à Pain
(Chroniques de Tahiti – 1)
Célestine Hitiura Vaite
Henri Theureau (Traducteur)408 pages
Éditeur : 10-18 (20/05/2021)

 

 

Premières lignes – 16 août

 » Depuis plusieurs jours, je suis hanté par la montagne ou plus exactement le souvenir de mon été dans les montagnes. un été norvégien, c’est ainsi que je l’ai baptisé. Chaque fois que ce lieu et cette saison me reviennent en mémoire, je pense aussitôt à Pan, le roman de Knut Hamsun, et je pense également à l’amour. « 

Avec ces premières lignes, l’auteur donne exactement le ton de ce roman qui s’apparente d’ailleurs plus à un recueil de souvenirs (quasi une autobiographie sans le dire) qu’à une oeuvre de fiction.
Nous sommes transportés à l’été 1978. Haraldur (Halli) est islandais et, avec un ami à lui, il se fait embaucher e, Norvège, pour travailler sur un chantier, dans les montagnes. Chaque week-end, les deux compères vont faire la fête à Oslo, se saouler, faire des rencontres…
Haraldur écrit déjà des poèmes et songe sérieusement à faire de l’écriture son métier. Il est impliqué en politique, comme le sont beaucoup de jeunes gens à cette époque ( communisme, anarchistes, etc…). Il pense économiser son salaire gagné en Norvège et voyager. Il fait alors une rencontre impromptue : Inga dont il tombe amoureux.

Roman initiatique, un peu, L’été norvégien oscille entre le passé et le présent, les réflexions de l’auteur sur sa jeunesse, sur la littérature aussi. Parfois, ses interventions m’ont semblé un peu intrusives ; je veux dire par là que j’aurais préféré qu’il déroule le récit de son personnage (lui-même en Haraldur) plutôt que d’intervenir de façon un peu brusque et parfois, quelque peu artificielle (du genre : « attention, je reviens vers le passé, je vous en parle tout de suite mais …blablabla… »). Beaucoup de digressions, donc, qui donnent parfois un côté brouillon (peut-être pour accentuer la nostalgie, le regard du narrateur du présent sur celui du passé….) Bien sûr, il s’agit du choix narratif de l’auteur mais je l’ai trouvé un peu fastidieux. Pour le reste, tout est intéressant. On assiste à quelques anecdotes assez amusantes de la part de ces Islandais mi-hippies mi-punks (j’ai quand même trouvé qu’ils étaient quand même assez proches encore de l’esprit de 1968 plus que de celui des Sex Pistols).

Une lecture que j’ai appréciée, malgré le point délicat dont j’ai parlé et qui peut désorienter si on ne s’accroche pas. Peut-être pas le meilleur roman dEinar Már Guðmundsson, mais à découvrir.

Résumé :

Été 1978 : Haraldur et Jonni prennent la route. Ils sont jeunes, islandais, pétris d’idéaux, poètes en devenir, fêtards et amateurs de Bob Dylan. Leur voyage doit les mener jusqu’en Inde, en passant par Taormine, où Halldór Laxness a écrit son premier roman. Jonni a été clair : il faut s’arrêter en Norvège, le temps de rassembler un bon pécule. Embauchés dans les montagnes, les deux amis squattent chaque fin de semaine à Oslo, où la bière est en vente libre.

En cet été norvégien, Woodstock résonne encore, on s’affronte toujours entre maoïstes et trotskistes, le punk rock fait ses débuts, Haraldur lit Kerouac, disserte sur Chet Baker et John Coltrane, écrit ses premiers textes… et tombe amoureux d’Inga.