Eurovision 2019

Le mois de mai voit chaque année le retour du fameux concours Eurovision de la chanson, appelé plus simplement: l’Eurovision.

Et chaque année, on a droit au meilleur comme au pire, avec parfois, des chansons complètement décalées qui pimentent cette compétition un peu fade.
Cette année, Israël organisait le concours puisque Netta avait gagné l’an dernier .
Je ne vais pas revenir sur la controverse liée à Israël/Palestine qui a poussé des gens à appeler au boycott de l’émission.
On pourra voir que les représentants de l’Islande ont agité des drapeaux palestiniens. Ils se sont très bien  exprimés à ce sujet (respect, les gars!):

Madonna a tenté de réconcilier palestiniens et israëliens dans sa chanson « Future » lors de sa prestation à l’Eurovision. Que dire?
Son show était à peine passable mais le pire était sa voix sur « Like a prayer »  elle déraillait complètement. Quant à l’auto-tune sur « Future », à moins d’aimer les chansons dont le son semble sortir d’une boîte métallique, C’était proprement insupportable. pas terrible Madonna en 2019….

Mais je reviens au concours en lui-même.
Il y a eu des chansons très fraîches comme celle de Leonora pour le Danemark :

D’autres, très plates (cet ennui avec celle de la Slovénie):

D’autres ont assuré une performance sans bavures comme Tamara pour la Macédoine :

Il fallait parfois aller lire certains commentaires sur Twitter pour se payer une bonne tranche de rigolade.
Ainsi, à propos de la chanson de l’Azerbaïdjan et à sa présentation « robotique » , on a eu droit à : « Laser-baïdjan »

De même, la chanteuse grecque était priée « de retirer la pince à linge sur son nez » . C’est vrai que le son de canard, ça va bien un instant :

Sans oublier une mention spéciale aux gens qui ont tweeté à propos du chanteur estonien :  » On a retrouvé Francis Cabrel, la moustache et trente ans en moins ».
(un peu de Cabrel pour faire le lien)

Dans le genre « surprenant », on a donc vu le groupe islandais, Hatari (= « hater ») tout droit sorti d’une boîte BDSM. Je vous propose leur vidéo officielle, mieux faite que la prestation à l’Eurovision :

Une autre chanson très bien mise en scène et passablement décalée, j’ai bien aimé l’Australie (j’aurais volontiers voté pour elle):

J’ai également apprécié le chanteur italien qui, au moins, chante dans sa langue: »Soldi »

Le gagnant de cette année est le chanteur des Pays-Bas (merci Esther pour l’annonce!). Duncan Laurence a livré une chanson bien ficelée. Ici, la vidéo officielle de « Arcade »:

Mais…mais je n’ai pas parlé de la France !
Bilal, on l’attendait depuis longtemps. Il faut dire qu’il méritait toute cette aventure comme il aurait mérité d’être mieux classé. Depuis des mois, Bilal Hassani se fait insulter, menacer , harceler sur les réseaux sociaux pour son attitude, son homosexualité. Bref, c’est absolument immonde de voir autant de haine  se déchaîner.
Les mots me manquent pour dire à quel point la bêtise ambiante me dégoûte. Quand allons-nous accepter de vivre tous ensemble ?

Sa chanson « Roi »  a été écrite par le duo Monsieur Madame qui étaient à l’Eurovision 2018.
On a pu constater aussi l’évolution de sa prestation:

La chanson n’avait peut-être pas l’étoffe pour gagner mais c’est dommage qu’elle n’ait pas été au moins classée dans les 5 premières.

Pour finir, plusieurs chanteurs de l’Eurovision ont échangé leurs chansons et le résultat était bien plus réussi que le show à moitié raté de Madonna :

Et là, pour finir,  j’ai une demande: pourrait-on voir Måns Zelmerlöw chaque année ?

 

Publicités

Tag de fin d’année 2018

Voilà, ça y est ou presque : l’année 2018 se termine !
J’ai envie de dire : « déjà ? »  tellement elle a passé vite.
Et pour cette fin d’année, je m’y colle à nouveau : voilà le tag de fin d’année du Pingouin Vert.
L’an dernier, voilà ce que ça donnait…

  • Selon vous quelle est la personnalité de l’année 2018 ? 

2017 :Toutes les femmes qui on témoigné contre ce …… Harvey Weinstein et toutes les ordures du même acabit. Pour résumer: toutes les femmes qui se font entendre

2018 : Ceux et celles qui ont protesté, se sont montrés constructifs et ne sont pas tombés dans les extrêmes ni dans la haine, ni dans la violence.

  • Quelle personnalité n’avez vous plus envie de revoir en 2019 ? 

2017: Trump et son pote de guéguerre Kim Jong-un
Dans l’idéal, tous les tyrans et dictateurs du monde…

2018 : Les mêmes assortis des extrémistes de tout poil en Europe

 

  • Quelle a été votre plus grosse déception artistique de l’année (livres,films, musique, etc) ?

2017 Film: Guardians of the Galaxy vol. 2

2018 – Côté lectures, une véritable déception après en avoir entendu que du bien: Les fantômes du vieux pays, de Nathan Hill. C’est rare que je m’ennuie autant durant une lecture…

  • Quelle a été votre bonne surprise artistique de l’année 2018 ?   

2017: les concerts de G-Dragon et Post Modern Jukebox

2018: Beaucoup de lectures très agréables, des séries dont j’ai parlé ici – en y ajoutant l’adaptation de L’Amie prodigieuse (une série littéraire que je n’aurais pas forcément lue sans les bons conseils d’une amie de très longue date)

 

  • Une chose que vous n’auriez jamais voulu voir en 2018 ? 

2017: la mesquinerie, les rageux, les chouineurs (tout ça se conjugue autant au masculin qu’au féminin), surtout sur internet et les RS. Les fans de Johnny à son décès

2018 : les haineux, en général. Je ne supporte plus les gens aux comportements inappropriés qui projettent leur mal-être sur les autres (et en l’occurrence, sur moi).
Il est tellement plus simple pour tous d’être positifs, à la fin !

J’ai aussi un message plus personnel à adresser à La Mort: « s’il te plaît, laisse-nous un peu de répit, juste un peu.. ». Parce que ces dernières années, ces derniers mois, les décès autour de moi sont beaucoup trop nombreux…Un processus de deuil est toujours très long.

  • Le nombre de livres/films lus/vus en 2018 

2017 : j’emprunte entre 10 à 25 livres par mois en bibliothèque, ce à quoi se rajoutent les SP, et mes livres personnels.
Je peux dire que je suis dans les 250 à 300 livres/an en moyenne
Films au cinéma: 5 ou 6

Livres : beaucoup (plus de 100 et sans doute, plus de 200).
Films : au cinéma : 5 ou 6, à peu près

 

  • La série TV de l’année ? 

2017 : The handmaid’s tale (la servante écarlate) et Outlander saison 3

2018: Pose – une série que je conseille encore et encore
Très bonne surprise avec : Les nouvelles Aventures de Sabrina
Idem : Killing Eve
Toujours ravie avec : Outlander saison 4
Et je pense que l’adaptation de L’amie Prodigieuse est en train de devenir mon coup de coeur de fin d’année.

 

  • La chanson de l’année ? 

2017: Taemin – Move

2018 : je n’écoute vraiment plus rien  ou presque de ce qui remplit les hits actuels (l’auto-tune aura la peau de mes oreilles)
Mais j’ai mes chouchous pop/rock  et cette année : The Struts

Et Greta Van Fleet (avec un nouvel album) :

  • Vos bonnes résolutions ?

2017 : l’idée était dans l’air concernant mes projets professionnels…
2018 : j’ai eu la chance d’intégrer un parcours numérique passionnant (Digital Job Ambition – pour l’instant, c’est une spécialité nantaise) au cours duquel j’ai rencontré d’excellentes personnes. Un projet avance ….
Ma bonne résolution, c’est de continuer, de croire en moi et de poursuivre aussi le travail sur moi-même qui, lui aussi, avance bien.

  • Un mot pour l’année prochaine ?

Continuer toujours, sans me laisser déstabiliser par des personnes qui n’en valent pas la peine.

  • Votre année en images ?

2018 : bilan des films et des séries

Quand je vois mon bilan de l’an dernier et que je me relis : « Je ne peux pas dire que ça soit une année faste. Comparativement, je suis allée 5 fois aussi au cinéma en 2016 avec un taux de satisfaction bien plus élevé« , je ne sais pas si je dois glousser ou m’attrister.
Cette année, je suis allée à peu près autant de  fois au cinéma, ce qui me paraît toujours assez peu, avec une satisfaction assez moyenne.

L’année avait plutôt bien commencé avec Les Heures Sombres, somptueux,   puis, dans un tout autre genre,  Black Panther, l’un des meilleurs films de super-héros actuels.

Par la suite, ça se complique. Nous avons eu droit à un Avengers: Infinity War  un peu bancal – et même si on sait ce qui se passe en réalité dans les comics, on se demande comment tout ça va se résoudre à l’écran….

Le Deadpool 2 ne m’a absolument pas convaincue. Dans le style, « remettez-moi deux louches d’humour lourdingue et pour le reste, on s’en fiche », effectivement, ça fonctionne. Il reste que le scénario est mince et le résultat beaucoup moins percutant que le premier opus.

Je suis aussi allée voir Darkest Minds (j’ai failli oublier celui-ci dans mon bilan, c’est dire…) Là non plus, ce n’est pas une franche réussite (je reste soft). Disons que le film a le travers d’une série Y.A calquée sur tant d’autres, avec peu d’originalité…. Ce qui est le souci des romans d’où est tiré le film (les romans étant encore plus mauvais que l’adaptation cinématographique) !

J’ai aussi vu BlackkKlansman, qui lui, est une réussite, heureusement. Je sais que j’ai un faible pour les films de Spike Lee mais même sans cela, j’ai vraiment apprécié.

 

Et pour finir l’année, il y a eu LE film que j’attendais : Les Crimes de Grindelwald (les Animaux Fantastiques 2). Et là….comment dire ? Je reste mitigée.
Il y a trop d’incohérences et, pour une fan de l’univers de Harry Potter, c’est plus que gênant. Sinon, le film est assez bien fait même si on se demande encore où sont les fameux animaux fantastiques que l’on voit très peu (et c’est dommage). Eddie Redmayne campe un très bon Newt. Johnny Depp est plutôt bon, en Grindelwald. Jude Law est convaincant en jeune Dumbledore.  Le troisième volet a intérêt à être nickel pour rattraper tout cela….

 

Je passe donc aux séries avec beaucoup plus d’enthousiasme !

Et je commence par ma série chouchou de 2018 : Pose

C’est la série la plus humaine, réussie, émouvante de ces dernières années. Rien que ça… Une saison 2 est prévue.

L’autre série qui m’a bluffée, c’est Killing Eve, une adaptation des romans de Luke Jennings : Nom de code Villanelle.

J’ai aussi beaucoup aimé les Nouvelles aventures de Sabrina   – oui, cette Sabrina apprentie sorcière qui revient pour la onzième adaptation télévisée. Et cette fois, le choix a été d’adapter le spin-off horrifique des comics, Chilling Adventures of Sabrina. Si vous aimez les sorcières et vous faire peur un peu, c’est gagné !

Et enfin, dans mon top 4, il y a cette autre adaptation : A discovery of witches d’après la trilogie de Deborah Harkness (Le livre perdu des sortilèges, en français). J’avais apprécié la série de romans, malgré la présence de vampires (et je déteste vraiment ce type de personnages). La série est fidèle aux livres et a le mérite d’aller à l’essentiel, alors que souvent Harkness se perd dans des longueurs complètement inutiles.

Du surnaturel, de la romance, de superbes paysages et un casting aux petits oignons :

 

Vu aussi et apprécié

  • L’aliéniste – une honnête série qui se regarde bien
  • Patrick Melrose
  • La catedral del mar (les « Piliers de la terre » espagnol– très bien à lire aussi)

J’ai aussi visionné l’intégrale de Girls (dont j’ai parlé ici).
Et comme je suis The Walking Dead, j’ai enfin vu les premières saisons que je n’avais pas eu le temps de voir. J’en ai parlé dans un article.

D’autres séries que je suis :

  • Doctor Who saison 11
    Si j’ai apprécié le nouveau docteur, les compagnons, je me suis franchement ennuyée durant cette saison que j’ai laissée de côté. Trop d’épisodes bancals, peu aboutis. Le premier épisode de la saison commence très fort mais je n’ai pas trouvé que la suite tenait ses promesses.
  •  Outlander saison 4
    J’ai l’impression que la série va vraiment en se bonifiant. Elle était déjà très juste dès la première saison, mais les acteurs ont trouvé leurs marques. C’est de mieux en mieux !

Quelques séries en vrac

  • Krypton – S.1
    La série remonte aux origines de Superman. On suit les aventures de son grand-père. C’est correct, ça ne casse pas de pattes aux canards non plus….
  • Britannia
    J’ai tenté les deux premiers épisodes sans continuer.

 

Et sur ces mots, voilà mon bilan 2018 !

Les dossiers de la pop : The Walking Dead

 

Voilà un article en lien avec le thème de la pop culture. Mes autres articles sur la pop sont rassemblés sous la thématique « T’as pas vu ma pop » sur ce blog.

 

C’est au moment où les fans de la première heure ont commencé à déserter la série que j’ai commencé à sérieusement m’y intéresser. Alors que la série TV s’éloigne considérablement de l’histoire initiale ( une refrain déjà connu et vu chez …. Game of Thrones, par ex. ), voilà un  article sur l’une des séries les plus marquantes de ces dernières années : The Walking Dead.
 Mon but n’est pas de spoiler mais je peux le faire puisque je parle de manière générale. Si vous avez envie de découvrir la série ou de la reprendre

 

Résumé rapide

« En 2003, Robert Kirkman s’ attelle avec Tony Moore au dessin à un nouveau projet de série : The Walking Dead. Il s’agit de l’histoire d’une communauté de survivants dans des États-Unis infestés par les zombies.  Au départ, le projet est fraîchement accueilli par les dirigeants d’Image Comics. Mais, année après année, ses ventes aux États-Unis augmentent régulièrement. En 2010, c’est même l’un des romans graphiques les plus vendus aux États-Unis. Un succès qui doit notamment à l’adaptation de la bande dessinée en série télévisée. »

Tout commence ainsi :
« T
he Walking Dead se déroule dans un monde envahi par les morts-vivants. L’origine du phénomène demeure inconnue. Rick Grimes, shérif adjoint, se réveille à l’hôpital après un long coma de plusieurs mois. Il découvre grâce à Morgan Jones que la population entière a été ravagée par une épidémie d’origine inconnue, qui est envahie par les morts-vivants. Parti sur les traces de sa femme Lori et de son fils Carl, Rick arrive à Atlanta où, avec un groupe de rescapés, il va devoir apprendre à survivre et à tuer tout en cherchant une solution ou un remède. »(source)

Le zombie est tout neuf et il a faim

C’est ce qui frappe dans les épisodes des saisons 1, 2 et même 3. Les zombies, rapidement appelés   » rôdeurs « (walkers) sont particulièrement actifs. Ils ont un aspect « frais »  et si cela semble un brin dégoûtant, c’est une réalité qui colle bien avec le déroulement de l’histoire : l’épidémie vient juste de frapper et les morts qui marchent sont de  » jeunes morts. L’évolution est visible au fil des saisons : leur aspect se détériore de plus en plus et pour les plus anciens, ils sont de plus en plus lents. Mais de plus en plus nombreux…


Les épisodes des premières saisons sont marqués par des scènes de cannibalisme, des moments bien gore qui peuvent s’expliquer par la faim des rôdeurs. De même que le nouveau vampire a un besoin impérieux de sang (cf. Anne Rice, Stephenie Meyer, Deborah Harkness), le zombie nouveau a la dalle et il a besoin de chair fraîche – et si possible humaine! Comme il cherche à tout prix à se nourrir, on voit des morts vivants s’en prendre aussi aux animaux – ce qui donne lieu à ce type de dialogue :   » Ce gros dégueulasse s’est fait une marmotte pour le déjeuner » (Daryl, en vérifiant le contenu de l’estomac d’un rôdeur). Si les rôdeurs ont faim, le spectateur, lui, beaucoup moins…

Les personnages attaqués par les rôdeurs dans les saisons 1 et 2 connaissent des morts violentes et peu ragoûtantes. Par la suite, ils seront préparés et combatifs, jusuqu’à devenir de véritables guerriers, pour certains, et sauront d’autant mieux se défendre.

La confusion: K.O dès le départ

L’apocalypse, à défaut du ciel,  est tombée sur la tête des personnages de The Walking Dead. Ils ne s’y attendaient pas. Tout est question de soudaineté. Et les personnages sont sonnés, en état de choc pour beaucoup d’entre eux. Ils fuient un monde qui n’a plus ni queue ni tête. Ceux qui ont pu survivre tentent de se rassembler mais peu d’entre eux sont prêts pour la survie. Ils ne savent pas se battre, ni prendre des décisions radicales.

Ce qui ressemble à un campement familial dans la première saison va vite changer d’atmosphère.
Ils s’aperçoivent alors que, pour survivre, il va leur falloir apprendre à vivre en groupe et changer leurs propres codes.

On le voit dès les deux premières saisons: rester isolé et survivre n’est pas donner à tout le monde. Seuls quelques uns ont l’expérience pour le faire (Daryl; Michonne, par ex.).



(Michonne)

Pour les autres, se retrouver seuls équivaut au suicide. De là naît l’importance du groupe, qui va se développer dans les saisons suivantes, de la famille au sens élargi du terme. Sans structure, les humains deviennent fragiles, désespérés, à la merci des rôdeurs et d’autres monstres qui sont eux aussi des humains.

Car les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Et c’est bien là le thème récurrent de la série (et de la BD) : les rôdeurs ne sont pas les pires monstres. La monstruosité est dans l’humanité.
Les personnalités violentes trouvent leur place dans ce nouveau désordre du monde. On voit  Merle Dixon, le grand frère de Daryl,  s’épanouir. Shane Walsh, le partenaire de Rick, n’hésite pas à tuer pour aboutir à ses fins.
Au fil des saisons, on tombe régulièrement sur des caractères psychopathes ou aussi tordus ; le Gouverneur, personnalité sadique et ambigü et bien sûr, Negan , l’un des meilleurs méchants de l’histoire des séries (un dossier très intéressant sur les Méchants de The Walking Dead). 

Le gouverneur

 

Où est notre humanité ? Où va notre civilisation ?

C’est à peu près le propos de Dale quand le groupe doit prendre une décision extrême face à un prisonnier: s’en débarrasser ou le laisser vivre.
Dale fait un réquisitoire émouvant en faveur de l’humanité à défendre, sur le fait de ne pas tomber dans la barbarie qui serait la fin de la civilisation

« [Andrea asks Dale how does he know they’re civilized people anymore]
Dale Horvath: You’re a civil rights lawyer. You fight with words, the power of ideas. Using a-a gun, that’s his way.
Andrea Harrison: You really want to debate about saving a guy who will lead his buddies right to our door?
Dale Horvath: That’s what a civilized society does.
Andrea Harrison: Who says we’re civilized anymore?  »

Dale Horvath: The world we knew is gone, but keeping our humanity? That’s a choice.

(source)

 

Survivre aux dépens de la civilisation ? Au risque de se perdre soi-même ?
On a vu que les codes changeaient dans des conditions extrêmes.
Certains vont devoir puiser en eux-mêmes (Carol, Maggie, Glenn, par ex.) ou faire appel à leur côté obscur (Rick – et au fil des saisons, de plus en plus obscur).



Rick Grimes 

 

C’est ce qui va opposer les adeptes de ce nouveau mode de (sur-)vie aux résistants pro-humanistes (Hershel Greene, profondément croyant, souhaite soigner les morts qui marchent, par ex.).

Mais au final, qui est civilisé, qui est le barbare ?
Imposer sa loi pour le plus grand Bien n’est-ce pas frôler la dictature ? 
Voilà ce que Rick déclare à son groupe :

Rick GrimesMaybe you people are better off without me. Go ahead. I say there’s a place for us, but maybe… maybe it’s just another pipe dream. Maybe… maybe I’m fooling myself again. Why don’t you… Why don’t you go and find out yourself ? Send me a postcard ! .Go on, there’s the door. You can do better ? Let’s see how far you get.

 [the group remains silent] No takers? Fine. But get one thing straight… you’re staying. This isn’t a democracy anymore.

 

Croire ou ne pas croire

[Carol tries to tell Carl that they’ll see Sophia again in Heaven]

Carol Peletier: You know, we’ll see Sophia again in heaven some day. She’s in a better place.
Carl Grimes: No, she’s not. Heaven is just another lie, and if you believe it, you’re an idiot.

La foi et, bien sûr, la religion, a une place importante dans tout ce qu’écrit Robert Kirkman. J’en prends pour exemple la série Outcast (comics aussi adapté en série). On n’y parle plus de zombies, mais de possession démoniaque. Exorcisme, religion, croire ou ne pas croire, rédemption, voilà des thèmes qui semblent hanter Kirkman.

 

Outcast is similar to The Walking Dead in that it is, as you’ve said, a dramatic take on a horror concept. What other similarities would you say the two comics share?

I think that both of them strive to be very real examinations of a very fantastical and unreal kind of situation. Although I would argue that demonic possession is certainly something that there’s evidence to support the possibility that it could be a real phenomenon — much more so than zombies. I think zombies are probably definitely never going to happen (Laughs). I think people may wish that they would. But they’re both stories about very real people against these horrific backdrops. That’s something that I really enjoy doing. (source)

 

Ainsi, dans the Walking Dead, on s’aperçoit très vite que se réfugier dans une église (et on ne dira jamais assez à quel point elles sont nombreuses dans le sud des USA) n’est pas une bonne idée. En entrant dans la petite église, (saison 2 – ép.1), Rick et les autres ne trouveront que quelques rôdeurs…. Alors que Carol prie dans l’espoir de retrouver sa fille, Rick s’adresse à une statue de Jésus en croix de cette manière:

« [Rick prays to the Jesus Christ statue while in the church]
Rick Grimes: I don’t know if you’re looking at me with what?
[Rick looks at the Jesus statue] Sadness? Scorn? Pity? Love?
[Rick sighs] Maybe it’s just indifference. I guess you already know I’m not much of a believer. I guess I just chose to put my faith elsewhere. My family, mostly. My friends. My job. The thing is, we… I could use a little something to help keep us going. Some kind of… acknowledgment. Some indication I’m doing the right thing. You don’t know how hard that is to know. Well, maybe you do. Hey look, I don’t need all the answers. Just a little nudge. A sign. Any sign will do. »

Face à des morts en marche, même les plus croyants se mettent à douter :

« [Rick reminds Hershel that he’s a man of faith]
Rick Grimes: You’re a man of God. Have some faith.
Hershel Greene: I can’t profess to understand God’s plan, but Christ promised the resurrection of the dead. I just thought he had something a little different in mind. »

 

Même si on croise des prêtres (le père Gabriel, par ex.) dans The Walking Dead et des personnes qui ont la foi, il semble bien que le monde tel qu’il est décrit par Kirkman soit dépourvu d’un Dieu (et rien que cette idée fait référence à la vision d’un chrétien déçu, plutôt qu’à celle d’un réel athée). On pense plutôt à un désir de croire en une entité suprême, à un au-delà alors que le monde se trouve pris dans un chaos total.

 

Une fois de plus, on se trouve face à un désenchantement du monde, non pas avec la disparition de la magie ou son affaiblissement (comme dans Harry Potter, par ex.) mais avec la désertion et le recul du sacré (Max Weber le dit mieux que moi).

Dans la pop culture, on peut croiser Luke Skywalker  à la recherche du sens (la Force) dans un monde désenchanté, Bilbo, Frodon et les elfes de Tolkien fuyant la Terre du Milieu devenue terre des hommes. On peut aussi croiser un monde sans plus de sens, ni même d’humanité, un monde sur sa fin – ou en plein renouvellement. Car s’il y a une chose qui perdure et prend le dessus dans le monde de The Walking Dead, c’est la nature. 

 

Il y aurait encore bien des thèmes à développer mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui.
En espérant vous avoir donné envie de découvrir ou re-découvrir la série ou les comics!

 

Robert Kirkman : 

« Les bons films de zombies nous révèlent à quel point nous pouvons être déséquilibrés… ainsi que la situation de détresse dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui.
[…] Avec Walking Dead, j’ai voulu explorer comment des individus réagissent lorsqu’on les met face à des situations extrêmes et quel impact peuvent avoir les évènements sur leur comportement.
Chers lecteurs, tout au long de la série Walking Dead, vous allez découvrir comment Rick va s’affirmer et évoluer, au point que vous ne le reconnaîtrez pas.
.
Tout dans cette série est une tentative de montrer la progression naturelle des événements telle qu’ils pourraient survenir dans de telles circonstances.
Les personnages sont le véritable moteur du récit. La manière dont ils en sont arrivés là devient dès lors plus importante que le simple fait qu’ils y soient arrivés.
Je voudrais vraiment vous montrer comment vos amis, vos voisins, votre famille et vous-mêmes pourriez réagir dans de telles situations. (…)
.L’idée directrice de Walking Dead est de rester proche des personnages et en particulier de Rick Grimes, aussi longtemps que cela sera humainement possible.
Je vois Walking Dead comme la chronique de l’existence de Rick. »

(source)

 

Série diffusée sur AMC – saison 9 en cours (OCS)
Comics chez Delcourt 

Les dossiers de la pop : Girls (s.1 à 6)

les dossiers de la pop

Girls (saison 1 à 6) 

J’avais entendu parler de cette série pour diverses raisons, dont les polémiques auxquelles Lena Dunham, créatrice, réalisatrice et actrice de la série (à 31 ans, excusez du peu) a dû faire face.
Déclarations inappropriées (défendre un scénariste accusé de viol, c’est moyen), tendance au racisme hipster ( Lena serait victime de son milieu social : riche, parents influents, blanc….et c’est assez visible dans Girls, d »ailleurs). En fait, Dunham est plutôt une grande gueule  pro-femmes – elle a créé Lenny Letter – qui a le talent, la créativité de son côté et qui, de plus, ne rentre pas dans un moule « belle fille classiquement impeccable ».

« Avant même la diffusion du premier épisode de Girls, Lena Dunham déchaînait les passions. La créatrice de la série, 25 ans à l’époque, est portée au pinacle, descendue en flèche, adorée, méprisée. Selon les points de vue, la jeune femme est brillante, insupportable, intrépide, raciste, grosse, c’est un pur produit du népotisme ou la voix d’une génération –voire un mélange d’un peu tout ça. »

source

Girls, donc. C’est donc une série sur des « filles » qui deviennent des femmes.
Cela se passe à  New York, avec le lot qui accompagne cette partie de la vingtaine: travailler, trouver le job idéal, trouver l’amour, vivre une vie sexuelle passionnée ou épanouie, sortir, se cultiver…
Au début, le personnage de Hannah Horvath paraît indissociable de sa créatrice et Lena/Hannah semblent ne faire qu’un. On se demande à quel point la créatrice nous narre sa biographie.
Et puis, on se rend compte de l’importance de la satire derrière ce Friends féminin version 2010’s. Car la série a un véritable ton, malicieux, acerbe, bien vu, très bien pensé  et mis en scène,  qui s’accentue au fil des épisodes et des saisons. Et même si les reproches persistent (ils sont donc tous blancs et issus d’un milieu privilégié ? ), les personnages font mouche.

 

« Lena Dunham: Le débat sur la diversité ethnique dans la série, je le comprends complètement. Et dans la mesure où on peut approuver quelque chose qui est très, très critique à son égard, ben j’y ai totalement souscrit, tu vois ce que je veux dire?

(…)

C’est un peu les deux extrêmes. Il y en a d’autres comme: est-ce que c’est une série féministe, est-ce que c’est irresponsable de montrer la sexualité des femmes de cette façon-là, est-ce que ça sert ou dessert la cause des femmes– c’est le genre de trucs où je me dis «Bon, on se calme?».

 

Mais qui sont ces "dames"?

Girls a bouclé sa sixième et dernière saison l’année dernière.
Girls est donc ce genre de séries que j’aurais tendance à éviter, a priori (ne me parlez pas de Sex and the city ! )

Déjà, ça s’appelle « girls » – et tout titre comprenant le mot « fille » (girl) me file largement une crise d’urticaire. C’est un peu comme essayer de me vendre un roman en me disant  » c’est bien, c’est léger c’est de la chick-lit feelgood » : je m’enfuis en courant.
Ensuite, je ne fais pas partie a priori du public visé.
Une fois ceci posé, je suis venue à cette série parce que, comme je le disais, j’en avais souvent entendu parler, polémiques incluses. La deuxième raison tient presque de l’anecdote: je voulais voir Adam Driver (Kylo Ren) dans un autre rôle que le post-ado énervé. J’ai eu raison: Adam joue  Adam, un comédien un rien branle-la-guiche et  décalé qui est au début de l’histoire le petit-ami d’Hannah.

 

Hormis Adam Driver, la série exerce un charme de plus en plus accentué. Les épisodes nous montrent autant de scènes amusantes, tristes, quasi-réelles, absurdes aussi. Et la magie opère. On a envie de connaître la suite. Mais au-delà de ça, certains épisodes sont de vrais pépites, très intelligemment conçus. C’est le cas du 3ème épisode de la saison 6 aborde le cas épineux de la culture du viol  de façon subtile

« L’épisode propose au fond un commentaire large et ambitieux sur les mécanismes d’une culture prompte à excuser les hommes de pouvoir et les artistes. Lena Dunham trouve un moyen implacable de répondre à tous ceux qui protègent ces hommes qui ne se posent pas la question du consentement: en décortiquant les rouages d’un système. Au-dessus du bureau de Chuck trône un tableau de Woody Allen se pointant un pistolet sur la tempe. Impossible de ne pas le voir, même s’il n’est jamais mis en avant. Ce détail fait écho à la phrase de l’écrivain expliquant qu’il n’avait pas forcé les filles en pointant un pistolet sur leur tempe. Pourtant, cet épisode démontre bien qu’un homme n’a pas besoin d’un pistolet pour forcer une femme. Il existe d’autres armes -moins tangibles- qui deviennent tout aussi dangereuses. » (source)

 

Que ce soit pour des épisodes de ce genre ou pour d’autres plus légers, la série Girls mérite largement d’être visionnée.

 

T’as pas vu ma pop- les origines #4 – Pop 60’s

 

En 1979, le groupe M (rien à voir avec Mathieu Chedid) sort ce titre entêtant:

Shoobie, doobie, do wop
Pop, pop, shoo wop
Shoobie, doobie, do wop
Pop, pop, shoo wop
New York, London, Paris, Munich
Everybody talk about pop muzik
Talk about
Pop muzik
Talk about pop muzik
Or, c’est effectivement de la naissance de la pop music dont je vais parler cette fois, après m’être consacrée au pop art.
Remontons le temps et allons nous promener dans les années 60, à la naissance de la pop.

Pop et beatlemania

C’est une évidence: quand on parle de « pop », on associe la plupart du temps le mot musique au bout. Remontons le temps et allons dans les années 60 en Angleterre.

Depuis l’après-guerre, la génération des baby-boomers d’Europe  grandit sous une influence américaine due aux circonstances. Le rock’n’ roll a conquis une jeunesse avec le Coca, le chewing-gum, les tourne-disques, toute cette mouvance venue des USA que l’Europe s’empresse d’adopter. C’est enfin la reconnaissance de la jeunesse, le concept de teen-agers qui se développe. En France, c’est « Salut les copains »

« Lancée durant l’été 1959 sous forme d’émission hebdomadaire, l’émission passe dès le 19 octobre de la même année à une fréquence quotidienne, du lundi au vendredi entre 17 h et 19 h. Elle aurait réuni jusqu’à 40 % des 12-15 ans.

Ce succès est relayé par le magazine mensuel Salut les copains, lancé en juillet 1962. Il va vite s’avérer un vrai phénomène de presse avec une diffusion de l’ordre d’un million d’exemplaires »

En Angleterre au début des 60’s, des jeunes gens influencés par le rock forment un groupe. Les quatre de Liverpool revenus de leur voyage initiatique à Hambourg (« Je suis peut-être né à Liverpool mais j’ai grandi à Hambourg » déclarera Lennon « ) deviennent en 1963 un phénomène. La Beatlemania est née. Les Beatles, s’ils n’ont pas inventé la pop, font office de déclencheurs.

A partir de 1965, le mot « pop » circule: pop art, cinéma, littérature, on est jeune, on est pop.

La musique pop, interdite sur la très stricte BBC, est peu à peu diffusée par des radios pirates dont la plus célèbre est Radio Caroline .

« Radio Caroline est lancée le  par le producteur irlandais Ronan O’Rahilly qui vient de créer son label indépendant mais se voit systématiquement refuser la diffusion de ses artistes sur la BBC. Il achète alors le Frederica, un vieux ferry danois qu’il équipe d’émetteurs radio dans le port irlandais de Greenore, propriété du père de Ronan O’Rahilly. »

Le film « Good morning England » (que je recommande) reprend cette histoire :

Swinging London et séries pop

A Londres, les clubs se multiplient. En 66, un article du Time Magazine titre: « London: the swinging city ».

L’expression est lancée. Londres devient la capitale de la pop, le rendez-vous des dernières modes…ce qu’elle restera jusque dans les années 80 après la vague du punk.

Un aperçu du Swinging London des 60’s (ne prêtez pas trop attention au narrateur qui est d’une condescendance pénible):

Autre court documentaire intéressant:

A la télé, l’effet pop se ressent, surtout au travers de séries telles que: The Avengers (Chapeau Melon et bottes de cuir). Emma Peel (formidable Diana Rigg) est une icône pop par excellence.

Mission impossible et son générique-culte:

Signé du même compositeur,Lalo Schifrin,  le générique de la série Mannix  reprend les mêmes éléments:

 

Générique bien connu aussi pour  the Invaders (les Envahisseurs), au visuel très pop:

Je n’oublierais pas une série anglaise légendaire, The Prisonner (le Prisonnier) née en 67 – totalement pop (il me faudrait un article entier pour parler de cette série)

 

Mais les séries les plus pop viennent de la science-fiction. La plus connue est devenue un pilier de la culture pop. J’ai nommé Star Trek:

Au cinéma, c’est Blow up d’Antonioni :

1966 marque le début des années psychédéliques, avec l’influence du LSD (ouvrez les portes de la perception). La pop est entrée dans l’âge adulte et dans l’ère hippie.

 

Sur la face B de « La Poupée qui fait non », Polnareff chante le beatnik:

La pop culture prend un autre tournant.

T’as pas vu ma pop (le retour) – Conte et tragédie

La fois dernière, nous sommes passés du Côté Obscur, cette notion complètement intégrée à notre pop culture qui, pourtant, doit beaucoup à Star Wars.

Avec un Palpatine/Empereur quasi-sosie de la méchante sorcière de Blanche Neige (à noter qu’ils meurent tous les deux en faisant une très grande chute), la trilogie a trouvé là son méchant typique, digne du conte.

 

En effet, dans la trilogie, celui qu’on connaît sous le nom de « l’empereur » appartient de façon stéréotypée au camp des « vilains ». On ne sait pas pourquoi il est aussi méchant, pour plagier une ancienne pub, il se contente de l’être. Il donne des ordres, il prévoit l’avenir, il fait des menaces, il a une apparence cruelle. C’est l’émanation de l’Obscur, ce fameux Dark side auquel nous faisons si souvent référence.
Scène originale de la 1ère apparition de l'Empereur

Cet Obscur (the Dark, en VO)  dont parle très bien Joseph Delaney dans les chroniques de l’Epouvanteur rassemble toutes les forces démoniaques, les démons de nos contes d’enfants.
Il est d’autant plus inquiétant qu’il se montre pernicieux. Ainsi, quand l’Empire contre-attaque nous montre pour la première fois l’Empereur, c’est sous forme d’un hologramme, imposant, immatériel, comme si le Mal était un esprit pouvant entrer dans la tête de ceux qui s’y adonnent. En l’occurrence, celui qui se fait contrôler ici, c’est Anakin devenu Vader.
Depuis, on a pu remarquer que cette symbolique a été reprise dans Le Réveil de la Force où Snoke apparaît lui aussi de la même façon (hologramme cette fois gigantesque). A savoir si le procédé fonctionne aussi bien deux fois, c’est une autre histoire…

 

Mais si la trilogie suit les codes du conte, la prélogie préfère le ton de la tragédie. Pour reprendre l’architecture narrative de Campbell (Le Voyage du Héros), dans les films de IV à VI, on suit le voyage de Luke, dans les n° I à III, c’est bien sûr celui d’Anakin qui nous intéresse.

Et Anakin est fondamentalement un héros de tragédie. Ainsi, alors qu’il doute, Palpatine le séduit, selon le sens étymologique du terme « seducere » : tirer à part, détourner.

Face au chaos qui se déchaîne, Anakin ne décide plus. Il choisit l’oubli, il choisit justement « d’accomplir sa destinée ». Il se laisse détourner par Palpatine qui fait appel à sa sensibilité (scène Palpatine/Mace Windu/Anakin dans La Revanche des Sith) puis entre dans un état de sidération. Comme les héros antiques, il subit le Destin. Or, le destin n’est ni le Bien, ni le Mal – il existe simplement.

C’est un code classique repris depuis par la culture pop (séries, films, livres). Ainsi, dans la série Vikings:

Le destin, Luke Skywalker ne le subira pas. Au terme de son « voyage« ,  symbole de ce passage de l’enfant à l’adulte, il opte pour la responsabilité, pour le libre-arbitre. Il a quitté un univers familier, il a vécu le deuil (la perte de sa famille), il a passé le seuil grâce à un gardien (Obi-Wan Kenobi). Entouré de compagnons (Chewbacca, R2D2, C3PO), comme Jason et ses Argonautes ou Frodon et la communauté de l’Anneau, Luke en vient à se confronter avec son père (ces implications psychanalytiques, quand même!). Et face au choix (« tue le père »), il prend sa décision.

Ce qu’en dit Campbell:

« There’s another one where one sets out responsibly and intentionally to perform the deed. For instance, when Ulysses’ son Telemachus was called by Athena, “Go find your father,” that father quest is a major hero adventure for young people, that is, the adventure of finding what your career is, what your nature is, what your source is. He undertakes that intentionally. »

 

Lucas dit que le problème majeur dans  Star Wars est celui de la responsabilité illustré par la scène de L’empire contre-attaque:

 

Pour aller plus loin:

Rappel du voyage du héros:


Cet entretien (en anglais) entre Joseph Campbell et Bill Moyers, à propos de Star Wars

Nous voilà arrivés au terme de ce second volet de « T’as pas vu ma pop » qui comprend les épisodes :

1- Introduction
2- Rythme ternaire dans la narration (Vous avez dit trilogie?)
3- Le duo
4- La figure du Jedi dans la pop culture

5 – Le côté obscur et la pop culture

6 – Conte et tragédie/ le voyage du héros

 

Je vous rappelle qu’il existe un premier volet si vous avez envie de le lire ou le relire:

T’as pas vu ma pop? 1er volet

Introduction – part.1

La pop et le camp part.2

Come on, vogue! -icône pop –part.3

Pop culture: le monomythe- part.4

Prophéties – part.5

Prophéties: Matrix, Harry Potter – part.6

Héros pop: croire ou ne pas croire part.7

 

 

T’as pas vu ma pop est une série d’articles en plusieurs volets (1 complet à ce jour, le second en publication, le troisième en réflexion) qui cherche à explorer et à analyser simplement la culture pop, dans toutes ses dimensions (société, philo, artistique, psycho, etc..). J’en ai eu l’idée après avoir lu plusieurs essais passionnants sur la pop culture, en écoutant des chansons, en rédigeant d’autres articles. Je n’invente rien, je me base sur des publications existantes – mais, parfois j’y ajoute mon grain de sel.

Pour m’en parler, échanger, en savoir plus:

leyartsphotos@hotmail.com

Ou plus facilement: via la page FB

Instagram ou twitter

Les dossiers de la pop : The end of the f***ing world

les dossiers de la pop

De nouveaux articles

Aujourd’hui, je parle  d’une série britannique qui, non seulement fait parler d’elle en début 2018, mais vaut le détour.

«Bonjour,  je suis James, j’ai 17 ans, et je suis presque certain d’être un psychopathe… »
Alyssa, 17 ans, est nouvelle à l’école. Les deux adolescents se rencontrent et s’aiment bien. Elle veut sortir avec lui puis l’invite à partir en road trip avec elle pour retrouver son père.

La série est courte ( 8 épisodes d’une vingtaine de minutes),on a donc vite fait de la terminer…tout en se disant à la fin qu’on aimerait qu’elle dure un peu plus longtemps.

 

Diffusée sur Channel 4 en octobre 2017, disponible sur Netflix depuis le 5 janvier 2018,  The End of the F***ing World  est un peu un OVNI – comme seuls les anglais savent le faire, peut-être. 

 

 

Adaptée d’un roman graphique de 2011 signé Charles S. Forman, la série propose une bande son détonante : »Voilà » de Françoise Hardy aux côtés de Spencer Davies Group « Keep on Running« , de Timi Yuro « I Apologize« . Les deux jeunes acteurs Jessica Barden (=Alyssa)   et Alex Lawter(James)  vu dans la saison 3 de Black Mirror sont excellents. Petit clin d’oeil à une autre série: Gemma Wheelan (Yara Greyjoy dans Game of Thrones) campe une flic au coeur un peu brisé.

James n’éprouve plus de sentiment depuis son enfance et  rencontre  Alyssa, décalée et rebelle. Ils ont 17 ans, ils cachent leurs fêlures et s’enfuient ensemble dans un périple anglais, superbement filmé. On assiste alors à leurs multiples rencontres avec des adultes plus mal fichus les uns que les autres (pervers sexuel, démissionnaire, on en passe…).Jusqu’à la quête du père idéalisé par Alyssa qui finit par ressembler à une caricature de l’adulte faussement cool.

Road movie ? Oui, mais sur le sol britannique, un point que relève Alyssa dès le début lorsqu’ils plantent la voiture du papa de James dans un arbre:

(James)- Tu crois qu’elle va exploser?
(Alyssa) – C’est pas un film! ….Si c’était un film, nous serions sûrement américains.
(Musique – générique du début)

 

Il aurait été facile de basculer dans le gore mais même la scène la plus sanglante ne se complaît pas dans l’apologie de la violence. Le cynisme noir n’est pas non plus de mise. La série garde un ton décalée tout en insufflant des notes d’humour et beaucoup d’humanité.

The End of the F***king World est un roman graphique, à l’origine signé Charles Forsman   que je vous invite à découvrir.

 

Bande son impeccable ( à écouter): 

Pour les références, on pense à:
– Bonnie  & Clyde
– Thelma & Louise – pour le côté road movie
Paris-Texas: un Paris-Texas inversé où ce n’est plus le père qui cherche sa femme et son fils mais la fille qui recherche le père.

True romance – pour tout ce qui tourne mal (mais, en moins sanglant, ici)
Kalifornia
 Tueurs Nés (Natural born killers)

2017: des films et des séries

Il y a 1 an, je parlais des « films à venir en 2017 »

 

Et comme on ne remonte le temps qu’à bord du TARDIS ou d’une Delorean (ou en passant au travers d’un étrange cercle de pierres – c.f: Outlander), allons-y: retour vers le passé!

Blade runner 2049, Ghost in the shell, Guardians of the Galaxy 2, Logan (Wolverine), Assassin’s creed, Spiderman homecoming, Valérian et la cité des 1000 planètes, voilà au minimum ce que j’attendais du cinéma 2017 (n’ayant pas encore de bande-annonce, je n’avais pas ajouté « Star Wars 8 – the last Jedi » – que je vais aller voir bientôt.

Bilan:
De cette liste, j’en ai vu trois – et je dois rajouter:
Wonderwoman; Alien/ Covenant; Get Out (mais en VOD) -et je pense que le Star Wars 8 ne saurait tarder.
Je ne peux pas dire que ça soit une année faste. Comparativement, je suis allée 5 fois aussi au cinéma en 2016 avec un taux de satisfaction bien plus élevé (Mademoiselle; Les Animaux fantastiques; Deadpool et un Doctor Strange sympa).
Cette année, celui que j’attendais « Les Gardiens de la galaxie 2 » m’a vraiment laissée de marbre – ou quasiment.
Wonderwoman est bien fichu mais disons-le: ça n’est pas ma tasse de thé.
Pour Alien (Covenant) c’est une autre histoire: j’ai plutôt accompagné ma fille que réellement désiré aller voir ce film (qui est archi-gore, au passage).
Le Spiderman a été une bonne surprise (tant de Spiderman sont plus que passables…) – il serait encore mieux avec un peu moins de Tony Stark dedans (tout semble revenir à Stark qui, disons-le, n’est pas le personnage le plus sympa chez Marvel, loin de là). Get Out est à voir: il est bien fait, pas génialissime mais très bien fait.


L’autre régal, c’est Valerian – totalement dans l’esprit de la BD sans faire du copier/coller (et je suis fan de Mézières/Christin depuis mon enfance). Besson a signé un bon film, n’en déplaisent aux esprits chagrins.

 

Pour les séries 2017, j’en parlais ici en début d’année 2017.

En cette fin d’année, mes préférées:

Taboo reste ma favorite (1ère saison, 2 autres à venir en 2019 et….,2020, je crois).

Puis The Handmaid’s tale.
Star Trek discovery est une réussite aussi.
Etonnante série: Legion:

Mieux que le roman (mais…bien mieux): 13 reasons why

Vu aussi

  • Alias Grace – Captive
    Une autre adaptation de Margaret Atwood d’après un fait réel. Cette fois, tout se joue dans la finesse
  • Philip K.Dick’s electric dreams: avec des épisodes conçus comme ceux de Black Mirror, la série, parfois inégale, reste dans le ton de P K.Dick
  • The defenders: en demi-teinte mais se regarde

Vu aussi mais …pas satisfaite:

  •  The Gifted: l’idée était bonne…mais je ne sais pas ce que j’ai avec cette série, j’ai eu du mal à accrocher.
  • Inhumans: plus kitsch, c’est difficile. Dommage, Iwan Rheon campe un Maximus assez fidèle.
  • 3 épisodes du Punisher : je connaissais le personnage mais la violence à ce point, à l’écran, beurk.
  • Le début de American Gods: en roman ou en série, c’est un non, décidément…
  • Young Sheldon: il ne suffit pas de reprendre un personnage qui, parfois, peut être amusant dans « The big bang theory » et de retracer son enfance pour faire un carton.
    C’est lourd….

Les séries que je suis et qui, gentiment, continuent:

Doctor Who saison 10: une saison assez loupée – et c’est dommage. Tout était là pour faire une bonne saison…sauf de la cohérence.
Outlander saison 3: toujours aussi bien même mieux si c’est possible (la saison vient de se finir en beauté)
Gotham saison 4: voilà une série que je pensais laisser tomber au vu de la saison passée et non! c’est reparti de plus belle!
Lucifer saison 3: après une petite première saison, une bonne deuxième saison, celle-ci est un peu poussive.
The Walking dead  saison 8: ce qui est marrant, c’est que j’ai pris en marche le train de TWD (j’ai lu le début en comics). Je la suis depuis que Negan est apparu.
Mais il faut avouer que le rythme est très lent sur cette 8ème saison.
Game of Thrones saison 7: il faut être fan (des livres ou de l’adaptation) pour attendre aussi longtemps et pour avoir un résultat mitigé. On sentait déjà cet effet sur la 6 -quoiqu’en la revoyant récemment, je la trouve meilleure. Mais il y a des platitudes de scénario qui, de toute façon ne pourront pas être corrigées. Le fait qu’aucun livre ne vienne apporter son ossature pour le moment se ressent.
Berlin Station saison 2: je regarde cette série pour 3 raisons: Berlin (parce que j’y suis allée cette année et aimerais y retourner); Richard Armitage (même s’il a un rôle de neuneu, le pauvre); le casting (qui est brillant). Les intrigues sont grossières, cousues de fil blanc trop souvent…Mais bizarrement, on y revient!
The crown saison 2: nous venons de l’attaquer et…c’est très bien parti!

 

Voilà une partie du bilan 2017!
Je sens que je vais beaucoup m’amuser à faire un bilan des lectures…

 

 

 

 

Come to the dark side: il y a des séries (Emerald city, Taboo, Les orphelins Baudelaire)

2017 commence, et les séries pleuvent tranquillement.

Qu’ai-je donc vu?
#1 – Emerald City

Dira-t’on « énième adaptation du Magicien d’Oz » ou une façon de revisiter les personnages de L.Frank Baum?

Ici, Dorothy est latina (Adria Arjona) – elle est emportée par …une tornade au volant d’une voiture de police (avec le chien!). Elle  se retrouve dans le monde magique d’ Oz, où elle va,malgré elle, provoquer le bazar, sans s’étonner de se retrouver dans un monde « magique ».

Finalement, Emerald City est assez classique, y compris visuellement. (décors, costumes, compris)

Ma question reste: qui a t’il de nouveau? (et pourquoi « fantasy » rime-t’il si souvent avec « ennui » une fois à l’écran? )
Ni passionnant, ni nullissime. Mais souvent très « déjà vu ».

#2 – Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire

« Ils sont trois : Violette, une fille de 14 ans à l’intelligence scientifique, Klaus, un garçon de 12 ans qui lit sans cesse et Sunny ( Prunille en VF), une petite fille qui mord tout ce qui passe à portée de dents. Ils ont été élevés par des parents extrêmement gentils qui disparaissent dans un horrible incendie.
Désormais orphelins, à la tête d’une immense fortune dont ils ne pourront jouir qu’à la majorité de Violette, les trois enfants sont placés chez divers membres de leur famille.
Malheureusement, la richesse des enfants a attiré l’attention du cupide comte Olaf, un parent éloigné, acteur et maître du déguisement. »

On pense à Tim Burton, on pense à « Pushing daisies » avec cette série. Elle est très esthétique, noire ( l’humour!). Bref, belle, intelligente, bien fichue.
Pour résumer: au bout d’1 épisode, j’avais envie de continuer rapidement…mais au bout de la première saison, difficilement terminée, je crois que j’en avais assez, tant le propos est finalement assez répétitif.

#3 – Taboo

« Londres –  1814. James Keziah Delaney  est de retour pour assister aux funérailles de son père, après 10 ans passés sur le continent africain. Présumé mort, il revient transformé et enrichi de quelques diamants acquis illégalement.

Il hérite d’un lopin de terre de la Compagnie britannique des Indes orientales située sur la côte ouest-américaine, ardemment convoitée par l’Empire britannique et son rival  les nouveaux  États Unis, »

Et, donc?
Cette série est  hantée.
Tom Hardy et Oona Chaplin ( femme de Robb Stark dans Game of Thrones) y composent deux personnages au passé obscur, sur un fond d’amour, de vengeance.
Bref, mystère, noirceur et j’allais oublier: Mark Gatiss y fait le Prince Régent.

Cette série est un vrai coup de coeur et j’attends déjà la saison 2

 

Faites votre choix!