Premières lignes #1eravril

 

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

 

La semaine a été mitigée, question lectures: des relectures (science fantasy), et une déception : Carbone modifié de Richard Morgan.

« L’aube allait pointer dans deux heures. J’attendais dans la cuisine dont les murs s’écaillaient en fumant une des cigarettes de Sarah, bercé par le rythme du cyclone. « 

 

J’aurais dû me douter que j’aurais du mal avec ce roman cyberpunk… La série tirée du livre ne m’a pas convaincue (abandonnée en cours de route). Manque de chance, ça a été le même verdict …

Le premier tiers du roman m’a captivé mais très vite j’ai retrouvé certains défauts remarqués déjà dans le début de la série. Trop d’enjeux , de manipulations et un gros manque d’informations sur le personnage principal, de précisions sur son passé ( les flash-backs sans contexte ne sont pas très utiles!)

L’intrigue est assez mal ficelée: elle se complexifie de plus en plus, avec de plus en plus de personnages mais sans que l’auteur précise qui est qui.
C’est dommage, car l’univers décrit par Morgan donne envie de se plonger dans le récit; les personnages principaux aussi. Ensuite, je dois dire que j’ai été peu réceptive aux scènes brutales et sexuelles tellement clichés. Je suis contente d’avoir essayé même si je n’ai pas accroché (pas dans le mood, désolée).

 

Dans un avenir pas si lointain, la mort n’est plus définitive : vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n’est plus qu’un accident de parcours : il a déjà été tué plusieurs fois. C’étaient les risques du métier dans les Corps diplomatiques, les troupes d’élite du Protectorat des Nations unies expédiées à travers la galaxie. Mais cette fois, on le ramène sur Terre pour mener l’enquête : un riche magnat veut élucider sa propre mort. La police a conclu au suicide. Or, pourquoi se suicider quand on sauvegarde son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants .

 

Premières lignes, des blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

• La Chambre rose et noire
• Songes d’une Walkyrie
• Pousse de Gingko
• Au baz’art des mots
• La Marmotte qui lit
• Light & Smell
• Ibidouu
• Chronicroqueuse de livres
• Chez Xander
• Les livres de Rose
• Les livres de George
• La couleur des mots
• Rêveuse Éveillée
• Les Histoires d’Amélia
• Félicie lit aussi
• La Booktillaise
• Café littéraire gourmand
• Lectrice assidue en devenir
• Au détour d’un livre
• La bibliothèque du manoir

• World des books
• Lectures de Laurine
• Book & Share
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Chroniques étoilées
• Bettie Rose Books
• Les lectures de Martine
• La vie page à page…
• In My Book World
• Ombre Bones
• Ghost buzzer
• Les livres de Noémie
• La Voleuse de Marque-pages
• Ma petite Médiathèque
• Les Chroniques d’Acherontia

Publicités

T’as pas vu ma pop : petit point avant de poursuivre l’aventure

 

Nous voilà arrivés au terme de ce second volet de « T’as pas vu ma pop » qui comprend les épisodes (et oui!)

1- Introduction

2- Rythme ternaire dans la narration (Vous avez dit trilogie?)

3- Le duo

4- La figure du Jedi dans la pop culture

5 – Le côté obscur et la pop culture

6 – Conte et tragédie/ le voyage du héros

Ma bibliographie pour ce second volet:

– Star Wars, une saga, un mythe – Laurent Aknin 

 

Star Wars, un mythe familial : psychanalyse d’une saga – Arthur Leroy

– Star Wars la philo contre-attaque –Gilles Vervisch 

– Game of Thrones, une métaphysique des meurtre – Marianne Chaillan

– Game of Thrones : Série noire – Mathieu Potte-Bonneville 

 – Philosopher avec Game of Thrones – Sam Azulys (Ellipses)
– Pop culture Broché – Richard MÈMETEAU
– parmi les articles: celui-ci
Le reste provient de mes propres élucubrations et autres écrits sur la pop culture. 

Je vous rappelle qu’il existe un premier volet si vous avez envie de le lire ou le relire:

T’as pas vu ma pop? 1er volet

Introduction – part.1

La pop et le camp part.2

Come on, vogue! -icône pop –part.3

Pop culture: le monomythe- part.4

Prophéties – part.5

Prophéties: Matrix, Harry Potter – part.6

Héros pop: croire ou ne pas croire part.7

 

T’as pas vu ma pop est une série d’articles en plusieurs volets (2 complets à ce jour,  le troisième en cours ) qui cherche à explorer et à analyser simplement la culture pop, dans toutes ses dimensions (société, philo, artistique, psycho, etc..). J’en ai eu l’idée après avoir lu plusieurs essais passionnants sur la pop culture, en écoutant des chansons, en rédigeant d’autres articles. Je n’invente rien, je me base sur des publications existantes – mais, parfois j’y ajoute mon grain de sel.

Pour m’en parler, échanger, en savoir plus:

leyartsphotos@hotmail.com

Ou plus facilement: via la page FB

Instagram ou twitter

J’espère que vous aurez envie de continuer le voyage avec moi.  Je vous emmène bientôt (à partir de demain si tout va bien) aux origines de la pop culture.

T’as pas vu ma pop (le retour) – Conte et tragédie

La fois dernière, nous sommes passés du Côté Obscur, cette notion complètement intégrée à notre pop culture qui, pourtant, doit beaucoup à Star Wars.

Avec un Palpatine/Empereur quasi-sosie de la méchante sorcière de Blanche Neige (à noter qu’ils meurent tous les deux en faisant une très grande chute), la trilogie a trouvé là son méchant typique, digne du conte.

 

En effet, dans la trilogie, celui qu’on connaît sous le nom de « l’empereur » appartient de façon stéréotypée au camp des « vilains ». On ne sait pas pourquoi il est aussi méchant, pour plagier une ancienne pub, il se contente de l’être. Il donne des ordres, il prévoit l’avenir, il fait des menaces, il a une apparence cruelle. C’est l’émanation de l’Obscur, ce fameux Dark side auquel nous faisons si souvent référence.
Scène originale de la 1ère apparition de l'Empereur

Cet Obscur (the Dark, en VO)  dont parle très bien Joseph Delaney dans les chroniques de l’Epouvanteur rassemble toutes les forces démoniaques, les démons de nos contes d’enfants.
Il est d’autant plus inquiétant qu’il se montre pernicieux. Ainsi, quand l’Empire contre-attaque nous montre pour la première fois l’Empereur, c’est sous forme d’un hologramme, imposant, immatériel, comme si le Mal était un esprit pouvant entrer dans la tête de ceux qui s’y adonnent. En l’occurrence, celui qui se fait contrôler ici, c’est Anakin devenu Vader.
Depuis, on a pu remarquer que cette symbolique a été reprise dans Le Réveil de la Force où Snoke apparaît lui aussi de la même façon (hologramme cette fois gigantesque). A savoir si le procédé fonctionne aussi bien deux fois, c’est une autre histoire…

 

Mais si la trilogie suit les codes du conte, la prélogie préfère le ton de la tragédie. Pour reprendre l’architecture narrative de Campbell (Le Voyage du Héros), dans les films de IV à VI, on suit le voyage de Luke, dans les n° I à III, c’est bien sûr celui d’Anakin qui nous intéresse.

Et Anakin est fondamentalement un héros de tragédie. Ainsi, alors qu’il doute, Palpatine le séduit, selon le sens étymologique du terme « seducere » : tirer à part, détourner.

Face au chaos qui se déchaîne, Anakin ne décide plus. Il choisit l’oubli, il choisit justement « d’accomplir sa destinée ». Il se laisse détourner par Palpatine qui fait appel à sa sensibilité (scène Palpatine/Mace Windu/Anakin dans La Revanche des Sith) puis entre dans un état de sidération. Comme les héros antiques, il subit le Destin. Or, le destin n’est ni le Bien, ni le Mal – il existe simplement.

C’est un code classique repris depuis par la culture pop (séries, films, livres). Ainsi, dans la série Vikings:

Le destin, Luke Skywalker ne le subira pas. Au terme de son « voyage« ,  symbole de ce passage de l’enfant à l’adulte, il opte pour la responsabilité, pour le libre-arbitre. Il a quitté un univers familier, il a vécu le deuil (la perte de sa famille), il a passé le seuil grâce à un gardien (Obi-Wan Kenobi). Entouré de compagnons (Chewbacca, R2D2, C3PO), comme Jason et ses Argonautes ou Frodon et la communauté de l’Anneau, Luke en vient à se confronter avec son père (ces implications psychanalytiques, quand même!). Et face au choix (« tue le père »), il prend sa décision.

Ce qu’en dit Campbell:

« There’s another one where one sets out responsibly and intentionally to perform the deed. For instance, when Ulysses’ son Telemachus was called by Athena, “Go find your father,” that father quest is a major hero adventure for young people, that is, the adventure of finding what your career is, what your nature is, what your source is. He undertakes that intentionally. »

 

Lucas dit que le problème majeur dans  Star Wars est celui de la responsabilité illustré par la scène de L’empire contre-attaque:

 

Pour aller plus loin:

Rappel du voyage du héros:


Cet entretien (en anglais) entre Joseph Campbell et Bill Moyers, à propos de Star Wars

Nous voilà arrivés au terme de ce second volet de « T’as pas vu ma pop » qui comprend les épisodes :

1- Introduction
2- Rythme ternaire dans la narration (Vous avez dit trilogie?)
3- Le duo
4- La figure du Jedi dans la pop culture

5 – Le côté obscur et la pop culture

6 – Conte et tragédie/ le voyage du héros

 

Je vous rappelle qu’il existe un premier volet si vous avez envie de le lire ou le relire:

T’as pas vu ma pop? 1er volet

Introduction – part.1

La pop et le camp part.2

Come on, vogue! -icône pop –part.3

Pop culture: le monomythe- part.4

Prophéties – part.5

Prophéties: Matrix, Harry Potter – part.6

Héros pop: croire ou ne pas croire part.7

 

 

T’as pas vu ma pop est une série d’articles en plusieurs volets (1 complet à ce jour, le second en publication, le troisième en réflexion) qui cherche à explorer et à analyser simplement la culture pop, dans toutes ses dimensions (société, philo, artistique, psycho, etc..). J’en ai eu l’idée après avoir lu plusieurs essais passionnants sur la pop culture, en écoutant des chansons, en rédigeant d’autres articles. Je n’invente rien, je me base sur des publications existantes – mais, parfois j’y ajoute mon grain de sel.

Pour m’en parler, échanger, en savoir plus:

leyartsphotos@hotmail.com

Ou plus facilement: via la page FB

Instagram ou twitter

T’as pas vu ma pop (le retour): it takes two to tango

 

La dernière fois dans « T’as pas vu ma pop », je vous ai embarqués dans le grand vaisseau Star Wars, pour décortiquer le rythme de la narration.  3 trilogies de 3 épisodes chacune, chaque épisode étant construit en 3 actes, sont construites selon le modèle du Voyage du Héros.

Pourtant, Star Wars aurait sûrement une  dynamique moindre  si le cycle n’utilisait pas c tant de duos, de tandems, de couples, ou même de jumeaux. En effet, les personnages ne sont jamais seuls, chez Lucas (ex: Han Solo/Chewie; Luke/Obiwan; R2D2/C3PO; Anakin/Padmé….)
Voici un petit aperçu de ces binômes qui contribuent à l’évolution de la « saga » (je suis assez réticente à employer ce terme qui est, à la base, tout à fait impropre). 

 

 Han/ Chewbacca

Si Han est le prototype de l’aventurier solitaire (il ne s’appelle pas Solo pour rien), on voit qu’il est constamment en interaction avec d’autres personnages, dont son plus fidèle allié: Chewbacca.
Chewbacca, le Wookie, qui s’exprime de façon grognante vient de la planète Kashyyyk (c’est ce qu’on apprend dans la prélogie). Créature velue, Chewie est un peu une sorte de chimère constituée d’éléments disparates: lion, loup, singe, ours,..

Chewie remplit une fonction importante en apparaissant aux côtés d’un humain. Symbole de l’animalité cachée dans l’Homme, il met en exergue une facette de sa personnalité. Ainsi, si Han Solo est bourru comme un ours, Chewbacca ressemble à un ours. C’est un peu le double de Solo, sa part animale incarnée dans un personnage; la Bête dans le Beau (gosse), l’homme-ours à la Béorn (Tolkien) ou une autre sorte de loup-garou (la bête sauvage enfermée dans le corps de Remus Lupin dans « Harry Potter »).
Parfois comique, souvent tendre, Chewbacca apporte au duo Solo/Chewie une touche de profonde humanité sous la fourrure. Il démontre ainsi beaucoup de tendresse et de fragilité à travers ses grognements, préfigurant les Ewoks d’une certaine façon. Un autre personnage remplit cette fonction dans un autre cycle et a souvent été comparé à Chewie: Hodor dans Game of Thrones, doux géant protecteur ne sachant que s’exprimer via le  mot mystérieux « Hodor ». (on en apprendra sa signification au cours de la série).

Issue de l'univers étendu, cette vidéo propose une version
 de  la rencontre Solo/Chewie:

 

Le duo comique

Une autre variante du  thème du binôme reprend des codes bien connus: le duo comique.
Les deux droïdes occupent une place prépondérante dans le cycle Star Wars – une place tellement forte que la prélogie les a utilisés et la dernière trilogie leur fait reprendre du service; assez anecdotiquement, il est vrai.
R2D2 et C3PO forment un duo classique des films américains burlesques, tels que Laurel & Hardy et aussi Abbott & Costello:

Quand R2 se rapproche plus d’une sorte d’animal domestique à la Rintintin, Cheetah voire Flipper le dauphin, C3PO endosse le rôle de la caricature du serviteur,  comparse passif, un peu ridicule, bref, un rôle de bouffon et de Fou – ou l’illustration de faiblesses bien humaines.
C3PO est le contraire d’un personnage raté, le JarJarBinks de la prélogie, qui ressemble à s’y méprendre au « bon sauvage neuneu », au « gentil indigène » nous renvoyant à une imagerie digne de Tintin au Congoavec toute la gêne qu’elle nous procure à notre époque. 
Voilà l’une des raisons pour lesquelles le duo de droïdes nous fait rire alors que JarJarBinks nous horripile – sans compter le fait qu’il est beaucoup trop enfantin, voire infantile.  Les pitreries des droïdes font sens, pas celles de JarJar.

Les jumeaux

Une autre déclinaison d’un duo est le thème de la gémellité.
Leia et Luke, on l’apprend à la fin du Retour du Jedi sont frères et soeurs, mieux: ils sont jumeaux.
Même si le spectateur se doute d’un lien familial depuis le fameux « Je suis ton père « et la communication via la Force entre Luke et Leai à la fin de l’Empire contre-attaque, il est rassuré à la clotûre la trilogie originale. Leia peut aimer Han (et Luke….heu…R2D2?). Happy ending.
Quant aux Skywalker, ils assument leur hérédité quasi divine, leur descendance d’une lignée prestigieuse.

Car les jumeaux font partie d’un vaste thème remontant aux plus anciennes mythologies: Isis et Osiris, par exemple. Et nous sommes bien ici dans une filiation divine – doublée d’une relation incestueuse frère/soeur, un filon souvent exploité dans la narration.
Leia embrasse Luke. Elle ne sait pas qu’il est son frère. Mais elle déclare à la fin du cycle qu’elle s’en était toujours doutée.

D’autres jumeaux incestueux – et non divins, ceux-là, sont venus agrandir le cercle ces dernières années dans l’imaginaire du spectateur.  Je veux parler de Cersei et Jaime Lannister dans Game of Thrones.

C'est cette scène du jeune Bran surprenant

 l'inceste qui est le facteur déclencheur:

Décrits comme grand, blonds, beaux, ayant les mêmes yeux verts, Cersei et Jamie sont des faux-jumeaux très semblables. Ce n’est pas le cas pour Leia et Luke, la prélogie nous faisant comprendre que Leia ressemble à sa mère, Padmé, et Luke, à son père, Anakin, le futur Vader.

Leia dit qu'elle se rappelle de sa vraie mère:

Autres jumeaux légendaires, Remus et Romulus: comme eux, Leia et Luke sont abandonnés et confiés à une famille d’adoption, – qui n’est pas une louve. Ils ne connaîtront leur véritable identité qu’à l’adolescence et ils sont d’essence divine.

Enfin, la SF n’est pas en reste avec les jumeaux de Dune de Frank Herbert. C’est dans le Messie de Dune (le 2nd livre de la série) que le héros, Paul Atréides, ayant vaincu ses ennemis et règnant comme  l’empereur  Muad’Dib, devient  père de deux jumeaux Leto et Ghamina. Les deux enfants, en particulier Leto, connaîtront un destin plus grand que celui de Paul.

Luke et Leia semblent être deux faces d’un même être, comme l’ animus et l’ anima. Ils se construisent et parviennent à l’âge adulte parce qu’ils auront rencontré une tierce personne jouant le rôle de grand frère pour Luke et d’objet du désir, puis de compagnon, pour Leia: Han Solo.

Enfin, en ce qui concerne les binômes, nous verrons la prochaine fois ce qu’il en est au sein de l’Ordre Jedi. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un autre volet.

T’as pas vu ma pop (le retour) – Les guerres de l’étoile

 

Si vous m’avez suivie lors de mes aventures au pays de la pop culture, vous savez alors que j’ai passé du temps dans le monde de Matrix, dans l’univers d’Harry Potter et, bien sûr, dans celui de Star Wars.
C’est de ce dernier dont je vais parler à présent, en m’appuyant sur des lectures que j’ai pu faire récemment (je mettrais mes références en fin d’article, promis).

 

Star Wars, quand il est sorti, n’avait certainement pas la prétention d’être autre chose qu’un film de divertissement. Car, même si en 1977, on ne parlait pas encore de public Young Adult, c’est bien à eux que se destinait le premier volet (les familles avec des gens de tous âges).
Les adolescents et les enfants ont très rapidement accroché à cette fameuse « Guerre des Etoiles« ,  les jouets et les produits dérivés étant apparus rapidement dans les boutiques. (mes figurines Star Wars datent de cette période, justement).

Pourtant, le succès aidant, la taille du fandom s’est considérablement agrandie. Certains ont grandi avec Star Wars, comme, quelques années plus tard, d’autres grandiront avec Harry Potter. D’autres ont vu arriver une autre trilogie – la prélogie. les uns ont emmené leurs enfants voir les deux trilogies; certains emmènent les leurs voir la dernière trilogie depuis 2016. Trois générations se rassemblent dans les salles obscures.
Star Wars est devenu un phénomène. On a écrit, on a fait des romans, des comics, on a produit  des dessins animés, des fanfilms, écrit encore des fanfictions, et on a aussi beaucoup tenté de disséquer la saga, pour reprendre un mot assez impropre; le cycle, devrait-on dire.


bande annonce française originale

 

Star Wars est à présent une figure typique de la pop culture: les références pullulent.
Oh, attendez, j’ai écrit: pop culture? Pop culture, yeah!
C’est en préparant mes premiers articles sur le sujet que j’ai eu envie d’aborder l’univers de la galaxie lointaine, très lointaine au travers de quelques thèmes.

 

Je  n’ai pas pour but de donner mon avis  (je ne détiens aucune vérité universelle) ni de démontrer que telle trilogie est meilleure que l’autre, que les films Star wars actuels sont moins bien ou pas, que le canon est ou n’est pas respecté – non, je n’ai pas envie de me perdre dans ce genre de considérations que vous pouvez trouver à peu près dans tous les fils des réseaux sociaux. J’ai simplement envie de partager une exploration d’un univers assez fascinant qui est entré dans notre quotidien.
Mon propos  est toujours d’écrire sur la pop culture. Et sur Star Wars en particulier.
Je vous invite donc à me suivre dans les semaines à venir…

A très bientôt avec un nouveau volet de T’as pas vu ma pop !

Les derniers Jedi – une nouvelle étincelle

C’est fait, c’est vu. Mon Noël 2017, c’est « The Last Jedi (Les derniers Jedi) » en VOSTFR.
Et, effectivement, c’est un beau spectacle, certainement l’un des Star Wars les plus esthétiques, sinon LE plus esthétique, l’un des plus aboutis aussi.
Je ne suis pas une fan hard-core de Star Wars, dans le sens où je ne connais pas sur le bout des doigts tous les comics, les romans, et autres dessins animés de l’univers. J’ai lu pas mal de romans se situant après « Le retour du Jedi« , quelques comics par ci par là.
Je me situe à mi-chemin sur l’échelle du fan: ceux qui font partie de  la génération qui était déjà née lors de la Trilogie originale – et en âge de la voir; parmi ceux qui regardent la prélogie mais qui la trouvent vraiment mal fichue – et qui ont apprécié « Le retour de la Force » sans crier au génie ni non plus au scandale. La nostalgie, camarade, ça va un moment…mais ça ne fait pas tout; donc copier le scénario du tout premier Star Wars (Un nouvel espoir) pour fabriquer « L’éveil de la Force« , ça n’était pas une bonne idée (JJ Abrams à la réalisation non plus).

Je préfère prévenir que cet article est truffé de spoilers et références aux autres films, « Rogue One » inclus.

It’s time for the Jedi to end.
Luke Skywalker: I only know one truth: It’s time for the Jedi… to end.

 

Cette fois, on y est. Jedi or not Jedi, les personnages ont suffisamment tourné autour de l’idée.

Cette fois, il faut en finir avec cet ordre tel qu’il est pensé, un ordre qui souvent privilégie une élite, qui est le créateur de monstres tels que les Siths, Palpatine, Darth Vader …heu..Snoke?.  Et ce n’est pas le côté Obscur qui aura le dernier mot, mais justement, ces fameux derniers Jedi tournés vers la lumière.

Luke Skywalker: Now that they’re extinct, the Jedi are romanticized, deified. But if you strip away the myth and look at their deeds, the legacy of the Jedi is failure. Hypocrisy, hubris. That’s not true. At the height of their powers, they allowed Darth Sidious to rise create the Empire, and wipe them out. It was a Jedi Master who was responsible for the training and creation of Darth Vader.

Oui, il faut en terminer avec l’Ordre Jedi, il faut détruire le temple, les écritures – on notera le parallèle biblique. C’est une sorte de feu du ciel via Yoda qui anéantit le premier lieu sacré sur la planète Ahch-To.,ce temple où sont conservés les écrits sacrés, finalement sauvés par Rey (on le découvre à la fin lorsque Finn ouvre un tiroir).

On se souviendra que la ville de pèlerinage des Jedi, Jedah City (sur la planète Jedah) avait été détruite par l’Empire dans « Rogue One ».

Durant la Star Wars Celebration de Londres, le réalisateur de Rogue One Gareth Edwards a accordé une interview à plusieurs blogueurs.

Il a d’abord parlé de la planète Jedha, un lieu de pèlerinage pour les croyants en la Force :

« C’est né du fait qu’il n’y a théoriquement aucun Jedi à l’époque de notre film. George [Lucas] a merveilleusement su faire une histoire sur une chose, tout en sous-entendant qu’il y avait des millions d’autres choses à l’arrière-plan et des idées bien plus vastes, et notre film utilise évidemment cela et raconte une histoire dans ce cadre, d’où l’idée d’avoir un film Star Wars qui ne parle pas de la Force. Mais pour moi, Un Nouvel Espoir est un peu l’histoire de Jésus, ce qui implique qu’il y ait toute une religion derrière cela, et on avait l’impression que les Jedi avaient été les leaders d’un système de croyances spirituelles durant un millier de générations, et qu’il devait donc y avoir une sorte de Mecque ou de Jérusalem au sein du monde de Star Wars. Ca nous semblait très contemporain d’avoir une situation où l’Empire s’imposait sur un important lieu spirituel de Star Wars, pour ses propres raisons, ses propres buts, et qu’il y ait une résistance se construisant et tentant de se défendre au sein de cette zone. Mais nos personnages finissent par se rendre sur Jedha et  par être un peu mêlés à l’histoire de ces gens.

Et l’ordre Jedi de Coruscant est massacré par le nouveau seigneur du Côté Obscur dans « La revanche des Sith ». Mais, jusque là, la destruction provenait toujours des Autres (le côté Obscur).

titre img

Dark Sidious parvenant par la tromperie à faire basculer Anakin du Côté Obscur de la Force, il décida d’éradiquer l’Ordre Jedi. Pour ce faire, il envoya des troupes de clones, guidés dorénavant par Dark Vador, assaillir le Temple et y massacrer tous les Jedi présents. Cette nuit là, les cieux furent illuminés par les grandes flammes qui s’échappaient du lieu symbolique d’un Ordre Jedi agonisant.

 

En finir avec les Jedi, c’est d’abord mettre un terme à la lignée quasi maudite des Skywalker. On frôle le syndrôme Atrides, à ce stade: et je tue mon père, et je manque d’épouser ma soeur jumelle, et j’abandonne mes gosses, et je manque de tuer mon neveu, et je re-tue mon père…(ad lib !)
Frank Herbert nous avait pourtant prévenus dans Dune: il y aquelque chose de pourri avec  ces lignées ! Regardez le Kwisatz Aderach et ce qui s’ensuit. Dans « Les derniers Jedi », il faut en terminer afin de faire renaître l’étincelle. Et ce sera le leitmotiv de Leia dans ce film.

Luke, en vieil ermite désormais fermé à la Force,  ne s’est pas retiré du combat pour des prunes. Il n’est pas allé biberonner du lait vert sur une planète-île, Ach-To, par pur plaisir!
C’est un personnage complexe que nous retrouvons, adulte, mûri. Il est clair que son évolution n’a  pas plu à son interprète, dixit Mark Hamill récemment :

 « Ce n’est pas mon Luke Skywalker. Luke était tellement optimiste, plein d’espoir et d’énergie. Et là il est vraiment au fond du trou, je ne m’y attendais vraiment pas. Je l’ai dit à Rian: ‘Les Jedi n’abandonnent pas. Même s’il a un problème, il prendrait peut-être un an pour essayer de s’en sortir, mais s’il a fait une erreur, il essayerait de la corriger. Donc sur ce point, nous avions des points de vue fondamentalement différents. »

« Il est temps pour les Jedi de disparaître. » Il confie : « Luke ne dirait jamais ça, en tout cas, dans le Star Wars de George Lucas. Là, c’est la nouvelle génération de Star Wars. J’ai presque dû imaginer que c’était un nouveau personnage, peut-être que c’est Jake Skywalker. Mais ce n’est pas mon Luke Skywalker.

« Mais ce n’est plus mon histoire désormais, c’est l’histoire de quelqu’un d’autre, et Rian avait besoin que je joue d’une certaine façon pour rendre la fin efficace. (…) Je n’accepte toujours pas ce changement de direction de mon personnage, mais ce n’est qu’un film. »

Et pourtant, le développement d’un héros tel que Skywalker prend ici une tournure qui paraît tout à fait acceptable parce qu’humaine plus qu’héroïque, justement.
C’est cette progression des caractères qui rend ce 8ème volet plus abouti, plus adulte.

 

Kylo Ren: You’re not alone.
Rey: Neither are you.

Lors de l’épisode précédent, le fils de Han Solo et de Leia  devenu Kylo Ren nous apparaissait surtout comme un jeune immature, rapide à tout brûler, à tut détruire dès qu’il se mettait en colère.
On voit ici un Kylo Ren absorbé dans la contradiction, les remords, la lutte intérieure; combat qui se prolonge dans cette communication via la Force avec son alter ego lumineux, Rey qui tient moins la vedette que dans le 7ème épisode.
Mais son interaction avec Ben Solo (elle l’appelle Ben) est l’un des éléments les plus passionnants du film. Oui, la Force est puissante!
Ils se parlent, ils se voient (scène facile où Kylo/Ben a oublié sa chemise et non, il ne la remettra pas), mieux que cela: ils se touchent – si, si!
Une chose est sûre: la connexion Kylo/Rey est l’une des réussites du film.

 

Kylo Ren (to Rey): Let the past die. Kill it if you have to. That’s the only way to become what you were meant to be. 

Rejoins-moi!

Mais la Force est autrement puissante dans d’autres scènes (celle de Leia, par ex.), ce qui prouve comme le constate Rey qu’elle est autre chose que de simplement « soulever des rochers ».

  1. Luke Skywalker: What do you know about the Force?
    Rey: It’s a power that Jedi have that lets them control people and make things float.
    Luke Skywalker: Impressive… Every word in that sentence was wrong. 
  2. Luke Skywalker (to Rey): The Force is not a power you have. It’s not about lifting rocks. It’s the energy between all things, a tension, a balance, that binds the universe together. 
Echouer, c’est vivre, c’est avancer

Master Yoda (to Luke): Heeded my words not, did you? Pass on what you have learned. Strength, mastery. But weakness, folly, failure also. Yes, failure most of all. The greatest teacher, failure is. 

L’échec, les personnages de cet opus vont tous le connaître: Luke, Rey, Finn, Poe, Snoke, Rose, Holdo , etc…
C’est même le leitmotiv de Luke: « j’ai échoué » – de même qu’Obiwan avant lui, que Yoda avec lui. Pire: Luke n’a pas seulement échoué, il a contribué à faire basculer Ben Solo vers la noirceur, le changer en Kylo Ren.
Ici, on peut penser que Luke n’est pas départi d’orgueil en s’attribuant tout le crédit de ce basculement  – hé, Luke et le libre arbitre de Ben Solo, on en reparle? La lutte interne que mène tout Jedi en lui-même lors de son apprentissage (le combat intérieur que se livre chaque humain, plutôt), ça ne te rappelle rien?
Autre échec: le comportement de tête brûlée à la Han Solo. Non, combattre, ce n’est pas sauter dans un vaisseau spatial et dégommer tout ce qui vole comme à un jeu d’arcade. C’est là que le pilote Poe Dameron se voit confronté à son propre échec. Et à un échec inévitable du comportement macho appelé à tort « être un mec ».

Leia Organa (to Poe): Poe, get your head out of your cockpit. There are things that you cannot solve by jumping in an X-wing and blowing something up!

Car, dans cet épisode, une fois encore, ce sont les femmes qui détiennent pouvoir – et sagesse.
Les femmes sont prédominantes, joli parti pris de parité de même qu’il y en a un de diversité ethnique (on attend encore une romance non-hétérosexuelle, hello Disney!)
Rey arrive à atteindre Kylo Ren car elle fait preuve de compassion. Leia se montre une habile et avisée stratège de même que l’amirale Holdo.
Rose se montre plus habile et se révèle une équipière de choc pour Finn.

  

« That’s how we’re gonna win. Not fighting what we hate, saving what we love.  » Rose Tico to Finn

Humour fan service, et petites bêtes

Les droïdes comme les créatures extra-terrestres sont des incontournables de Star Wars.
Qui dit marketing, dit bestioles, et mignonnes, si possible…
Depuis les Ewoks, on attend la bébête sympa à reproduire en jouet. C’est chose faite avec les Porgs, ces manchots-marmottes qui peuplent la planète-refuge de Luke.

Très jolis aussi, les renards de cristal de la planète Crait. Ces Vulptex sont élégants et visuellement très bien rendus.

Moins mignon mais plus fun, les Thalas-sirens:

Le fan service est assuré par les droïdes, à bon ou moins bon escient (l’utilité de C3PO? à part mettre en valeur Leia? )

 

Rouge est la couleur

-et superbes sont les prises de vue!

Magnifiques plans tout au long de cet épisode.
Le rouge est prédominant :

Finalement, il y a bien sûr des points faibles dans ce film. Il  est dense, long, très (trop!) rempli. Les intrigues se mêlent aux autres, les personnages secondaires se multiplient avec plus ou moins de bonheur (le retour de Capitaine Phasma? l’équipée de Rose et Finn? )
Long, surchargé, empli de personnages parfois à peine utiles, « Les Derniers Jedi « gagnerait à être épuré.
Car, parfois, on peut se demander : « où va-t’on? » et surtout: « Mais quand répondra-t’on à nos interrogations? ».
Quid de l’origine de Rey? de l’apparition de Snoke?
Snoke est l’exemple du vilain qui ne sert à rien, imbu de lui-même tel un pâle reflet de Palpatine (ou une énième incarnation?) facilement pris à son propre piège.
On n’en sait pas plus sur le lien Rey/Kylo Ren.

 

 

Quelques moments bien vus (parmi d’autres):
– bataille sur Crait (couleurs)
– Chaque scène avec Leia
– Yoda/Luke
– Kylo/Rey
– Sacrifice Holdo
– humour en général:

Luke Skywalker: So it is time for the Jedi Order to end.
Master Yoda: Time it is. Hmm. For you to look past a pile of old books, hmm?
Luke Skywalker: The sacred Jedi texts.
Master Yoda: Oh. Read them, have you?
Luke Skywalker: Well, I…
Master Yoda: Page-turners they were not. Yes, yes, yes. Wisdom they held, but that library contained nothing that the girl Rey does not already possess. 

 

Phasma: You are a bug in the system.
Finn: Let’s go, chrome dome.
Phasma: You were always scum.
Finn: Rebel scum.

Moments dispensables:
– Interventions Hux (Hugs)
– Apparition C3PO
– Retour de Phasma
– Finn/Rose

Le mot de la fin :

Kylo Ren: The Resistance is dead. The war is over. And when I kill you, I will have killed the last Jedi.
Luke Skywalker: Amazing. Every word of what you just said was wrong. The Rebellion is reborn today. The war is just beginning. And I will not be the last Jedi. 

 

L’as-tu lu ou le liras-tu? Tous nos contretemps – Elan Mastaï

 

Dans le monde de Tom Barren la technologie a mis fin aux maux de l’humanité : il n’y a plus ni guerre, ni pauvreté et les avocats sont toujours mûrs à point. Mais Tom n’est pas heureux. Il a perdu la fille de ses rêves. Et que fait-on quand on a le cœur brisé et qu’on dispose d’une machine à voyager dans le temps ? Une connerie monumentale.

Tom est désormais piégé dans un monde terrifiant… qui n’est autre que notre époque, et cherche désespérément à réparer son erreur et à rentrer chez lui. Jusqu’à ce qu’il découvre les autres versions de sa famille, de sa carrière et de la femme de sa vie, qui se révèlent plus plaisantes.

Terrible dilemme : Tom doit-il revenir à son existence parfaite mais solitaire, ou bien rester dans notre réalité chaotique auprès de son âme sœur

 

 

En lisant le résumé de ce roman, j’ai aussitôt été attirée : SF, voyage dans le temps? Je prends mon TARDIS/ma De Lorean et j’arrive.

En effet, il y a beaucoup de bons points dans ce livre: créativité, humour, rebondissements, réflexion aussi. D’ailleurs, le personnage principal, fils d’un scientifique très connu, avertit le lecteur: « J’ai l’impression de n’avoir pas signé pour ce scénario. Vous non plus, sans doute, j’imagine. C’était censé être, disons, une comédie légère sur le voyage dans le temps ».
Le récit non linéaire servi par la plume alerte d‘Elan Mastaï contribue à son succès.

Même l’apport technique paraît aisé à la compréhension et séduira les lecteurs autres que les fans de SF. Belle surprise, donc.

 

Ma note : 4/5

Né à Vancouver, Elan Mastai a travaillé en tant que scénariste pour des productions indépendantes aussi bien que pour les grands studios hollywoodiens. Son scénario de Et (beaucoup) plus si affinités (What If), une comédie dans laquelle joue Daniel Radcliffe, a remporté de nombreux prix. Tous nos contretemps est le premier roman d’Elan Mastai. Il vit à Toronto, Ontario, avec sa famille et Ruby Slippers, son berger australien.

 

« Y a-t-il un mot pour une chose dont vous savez que vous ne devez absolument pas la faire, que ce serait mal de toutes les façons que vous puissiez l’imaginer, mais dont vous êtes à peu près certain que vous allez la faire quand même ? Ou bien le mot est-il simplement … humain « 
« On n’a pas besoin de voyager dans le temps pour bousiller un monde. Mais ça aide. »
Titre ▪️ Tous nos contretemps
▪️ Auteur ▪️ Elan Mastai
 – traducteur: 

  •  Jean BONNEFOY
▪️ Genre ▪️ Science-fiction – Humour – philosophie
▪️ Édition ▪️ Bragelonne – collection imaginaire
▪️ Date de parution ▪️ 20 septembre 2017
▪️ Format ▪️ Grand format broché
▪️ ISBN ▪️ 9791028103705
▪️ Nb de pages ▪️ 288
▪️Prix▪️ 18,20€
merci à NetGalley et aux éditions Bragelonne  pour cette lecture

Throwback Thursday Livresque: Continent

 

C’est jeudi, c’est TBTL!

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Aujourd’hui: Continent (un livre d’un continent différent du vôtre)

 

J’ignore si c’est le fait de m’être replongée dans mes vieilles éditions de SF (couvertures Presses Pocket dont je parle ici) ou si c’est une vague de nostalgie due à Valérian -(qui est, contrairement à ce que certains esprits un peu obtus propagent, un sacré bon film… – du moins si l’on sait y voir toutes les références de SF qui s’y cachent – on en reparle dans 10 ans, comme pour le « 5ème élément » )- mais quand j’ai cherché « un livre qui se déroule sur un autre continent« , une seule idée m’est restée: si on part, partons loin, sur des continents inconnus ….et extra-planétaires.

Direction la planète géante de Majipoor!
Le cycle de Majipoor est une série mêlant fantasy et science-fiction (science fantasy).

Le 1er tome a été publié en 1980.

Majipoor est une planète gigantesque où des colons humains se sont installés après avoir quitté la Terre. Ce monde géant et fantastique sert de cadre à la série de romans écrits  par  Robert Silverberg.

Initié par « Le château de Lord Valentin », le cycle de Majipoor offre un cadre splendide et vaste (les continents sont gigantesques)

Les humains qui s’installent sur cette planète doivent composer avec les indigènes : les Piurivars, appelés communément changeformes ou métamorphes en raison de leur faculté à modifier leur apparence,

D’autres races extra-terrestres intelligentes arrivent sur Majipoor,  puisqe  les humains ne sont pas assez nombreux pour remplir les immensités de la planète :

-les Vroons, minuscules créatures possédant de nombreux tentacules, un bec et des yeux dorés ;

-les Skandars, géants hirsutes à quatre bras ;

-les Hjorts, à la peau grumeleuse couleur de cendre, à l’allure de crapaud et à la bouche remplie de cartilages masticatoires plutôt que de dents ;

-les Ghayrogs, créatures d’allure reptilienne, mais en réalité mammifères ovipares ;

-les Liis, une race à la tête large, à la peau noire et possédant trois yeux rouges ;

– les Su-suheris bicéphales

Géographiquement, Majipoor est formé de trois continents :

Alhanroel est le plus grand et le plus peuplé, Zimroel compte quelques grandes cités au milieu de forêts gigantesques tandis Suvrael, le continent du Sud, n’est qu’un vaste désert torride.

La géographie de Majipoor

version BD:

Dans le cycle de Majipoor, Silverberg nous fait découvrir un monde dépaysant tout en abordant des questions bien humaines (quête de l’identité, de soi-même; pacifisme; pouvoir et institutions, etc…)

« Avec Majipoor,  Silverberg a puisé dans l’histoire de l’humanité et dans sa culture ethnologique pour en tirer un monde incroyablement éloigné de la sf classique », argumente Gérard Klein dans sa préface au premier volume. En effet, institutions aristocratiques, magie et sorcellerie, bande de saltimbanques parcourant la planète, dès les premières lignes, le lecteur comprendra pourquoi l’ambiance médiévale de Majipoor, n’échappe à personne. Et qui dit médiéval, dit Fantasy. Et la SF dans tout ça ?

On compare souvent Majipoor à l’oeuvre d’un autre grand de la science-fiction, Jack Vance, qui cultive aussi depuis ses débuts, un goût marqué pour le dépaysement (cycle de Tschaï, (Le Chasch 1968, Le Wankh et le Dirdir en 1969, et le Pnume 1970), (source )

C’est aussi ce qui m’avait amené à lire « Le château de Lord Valentin » (et donc, à me faire happer par cet univers): étant tombée quasi en amour des romans de Jack Vance quand j’avais 14/15 ans, j’avais cherché un univers aussi passionnant. « Le Château de Lord Valentin » venait alors de paraître (nous sommes dans les années 80) et, logiquement, je m’embarquai alors pour un voyage direct pour Majipoor.
Entre fantasy et SF, le cycle de Silverberg est dense et intelligemment pensé.

Je ne peux que le recommander ( à lire aussi en BD).

 

Bonnes lectures et à bientôt!

Les couvertures SF de Siudmak #L’été de l’art 6

 

Wojtek Siudmak

 

Le regard gourmand 

Pour:

 

« Né  en octobre 1942 à Wielun, Pologne,Wojtek Siudmak commence ses études en Arts plastiques dès le collège avant d’intégrer l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie en 1961, un cursus qu’il poursuit jusqu’à sa venue en France en 1966 où il fréquente l’École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris en 1967 et 1968.

Sa carrière prend un essor inattendu dans les années 70 où, entre deux expositions et une affiche pour le Festival de Cannes de 1977, il commence à travailler pour diverses maisons d’édition spécialisées dans les genres de l’Imaginaire, et en particulier la science-fiction et la fantasy. À l’instar de nombreux autres artistes de l’époque, Siudmak utilise ce chemin détourné pour explorer les moindres recoins de la voie qu’il s’est choisie, une expression à travers la peinture qu’il appelle « hyperréalisme fantastique » ; ainsi, ses toiles trouvent vite un écho naturel chez Jacques Goimard, alors directeur de la collection science-fiction chez Presses Pocket dont il illustre tous les numéros. »

 

Celui-ci, aussi, pour illustrer l’un des MZ Bradley chez P.P :

 

Pour « Le messie de Dune »:

 

Résultat de recherche d'images pour "dune siudmack"

Filaments du destin:

 

et tant d’autres couvertures PP…(liste ici)

T’as pas vu ma pop #7

Comme nous avons pu le voir la semaine dernière,  les héros pop s’engagent dans des aventures très différentes les unes des autres. Il semblerait pourtant que ces héros soient  reliés entre eux par un fil conducteur, un ou des éléments communs. Tous se définissent quasiment par leur grand point faible – ou, du moins, leur faiblesse relative. De plus, quasiment tous choisissent  de refuser la puissance/le pouvoir à la fin de leurs aventures.
C’est le cas de Frodon qui jette l’anneau dans la Montagne du Destin -plutôt que de devenir un nouveau Sauron, ce qui était quand même sacrément badass. Idem pour Luke Skywalker qui ne se laisse pas tenter par le côté obscur, préférant abandonner le combat contre Dark Sidious/Palpatine. On sait ce qui arrive: Vador, ne pouvant supporter de voir son fils souffrir devant ses yeux, s’empare alors de Palpatine, rendu vulnérable  et le jette dans le générateur de l’Etoile Noire et youpi!  triomphe de l’amour!Quant à  Harry Potter refuse la Baguette de Sureau et l’immense pouvoir qu’elle confère.

Le héros pop est donc un exemple – malgré lui, dirait-on. « Il ne veut pas le pouvoir pour lui-même », se disent ceux qui sont autour de lui. « Aidons-le. »  De là, naissent les communautés héroïques (La Communauté de l’Anneau, l’Ordre du Phénix, etc..). Car on touche ici à l’élément fédérateur. Ce qui est une faiblesse devient alors LE point fort du héros pop.

On voit que dans le récit pop, on a commencé par « croire à » (=une prophétie, un mythe, une légende) pour « croire en » (accorder sa confiance; former une communauté). Le héros doit à présent faire croire (en lui).

Récemment, les récits de héros pop mettent en avant un personnage  que tout le monde pourrait devenir. Le héros pop reflète la croyance des autres plus qu’il n’est marqué comme un être unique en son genre. En cela, beaucoup de récits ressemblent étrangement aux romans d’apprentissage (ou d’éducation), ceux qu’on appelle  le Bildungsroman.

Le héros pop est alors confronté à différents schémas qui vont définir son récit:

  • Il souffre. C’est Frodon, tout en abnégation, en figure doloriste (sauf lorsqu’il s’en prend au malheureux Sam en se comportant comme un vrai tyran – ou en diva pop – il fait sa rockstar -; là, c’est Sam qui lui vole la vedette et devient le  héros à temps partiel)
  • Il est courageux. Modeste, issu de nulle part, voilà notre héros qui se découvre des ressources insoupçonnées! C’est Bilbo version Peter Jackson qui affronte l’affreux Azog dans Le Hobbit au cinéma. Bien sûr, ce n’est pas nouveau…
  • Il a un pouvoir mais le connaît mal/ou ne sait pas le maîtriser. Jack Frost sait refroidir l’air, pas assez pour figer Pitch, le Croquemitaine.

Autre cas de figure: il n’est héroïque que par défaut. C’est un héros accidentel.
C’est suite au décès de son frère (jumeau, c’est plus pratique!) que Jack Sully est amené à remplacer celui-ci – et à devenir le sauveur de Pandora, dans Avatar.
Mais, à la base, Sully n’est que l’avatar – celui de son frère.
De même, Shrek est un remplaçant. Il doit sauver une princesse à la place de Lord Farquaad.

Dernière piste: il voyage dans le temps. Et, oui le voyage temporel! On sait dès le début que le héros a accompli sa mission, reste à trouver le bon orage magnétique, la bonne machine temporelle pour que ledit héros réalise son destin.
C’est Terminator où l’on vient du futur (qui n’est pas folichon, entre nous).
Ce schéma a été largement pillé par les auteurs de SF (je ne citerais pas toutes les références, vu le grand nombre), accompagné de son leitmotiv: le paradoxe temporel.

Le paradoxe temporel le plus connu est le paradoxe du grand-père selon lequel l’intervention tue l’aïeul de l’intervenant empêchant ainsi sa naissance… et donc son intervention. Ici, nous nous trouvons en face du paradoxe du premier type, mais l’auteur avance l’hypothèse d’une autocorrection du temps. En effet, le voyageur est voisin d’un architecte; malencontreusement, il empêche la naissance de ce voisin, mais les maisons réalisées par ce voisin, n’en sont pas moins dessinées par un autre architecte.

On pense à Barjavel (Le Voyageur imprudent); à Bradbury (Un coup de tonnerre),  à Vous les zombies All You Zombiesde Robert A. Heinlein, à  La Patrouille du temps de Poul Anderson, mais aussi à La Spirale du Temps (Yoko Tsuno) de Roger Leloup, à Valérian et Laureline qui sont des agents spatio-temporels,  à Thorgal (dans Le Maître des Montagnes). Je passe sur le nombre d’allusion dans Doctor Who.  Dernièrement, dans la saison 10 – épisode 3 « Thin Ice » dont voici un aperçu  ci-dessous, Bill,  qui accompagne le Docteur, pose à nouveau cette question « Et si…. » – et se fait gentiment tourner en dérision.

Londres, 1814. La ville entière s’est révélée pour la plus grande foire de givre depuis des décennies. Mais sous la Tamise glacée, les fêtards disparaissent, s’embrassent dans la glace et pénètrent dans les profondeurs où se cache un monstre terrifiant. Le docteur et Bill arrêteront-ils le massacre avant qu’ils ne soient entraînés dans les eaux glacées

Yoko Tsuno : La spirale du temps

Le héros ne change pas l’univers.Très souvent, il contribue à en maintenir sa cohésion. Cette idée en induit une autre: la préexistence du futur.
Nous faisons un tour sur nous-mêmes et nous projetons dans un avenir qui, s’il n’est pas une certitude, est susceptible de déjà exister.
Voilà qui a le mérite d’en séduire plus d’un….

Héros fédérateur, héros fort de sa faiblesse, la pop culture nous invite à nous pencher sur nous-mêmes, à nous réapproprier des codes, des histoires. Elle nous renvoie à notre propre humanité, et en cela, à nos différences, à nos singularités.
Elle nous réunit quand nous devenons fans (merci, les fandoms!);  elle nous montre que c’est en faisant un  atout de notre différence que nous en devenons héroïques. Pour conclure ce premier volet en 7 parties sur la pop culture, je  citerais R. Mèmeteau dont l’ouvrage m’a servi de guide-fil: « Une société de plus en plus normée finit donc fatalement par devenir une véritable machine à créer les stars ».

Je vous retrouve bientôt pour un autre volet et en attendant, je  vous souhaite une bonne semaine.

T’as pas vu ma pop est une série d’articles en plusieurs volets (1 complet à ce jour, le second en publication, le troisième en réflexion) qui cherche à explorer et à analyser simplement la culture pop, dans toutes ses dimensions (société, philo, artistique, psycho, etc..). J’en ai eu l’idée après avoir lu plusieurs essais passionnants sur la pop culture, en écoutant des chansons, en rédigeant d’autres articles. Je n’invente rien, je me base sur des publications existantes – mais, parfois j’y ajoute mon grain de sel.

Pour m’en parler, échanger, en savoir plus:

leyartsphotos@hotmail.com

Ou plus facilement: via la page FB

Instagram ou twitter

T’as pas vu ma pop? 1er volet

Introduction – part.1

La pop et le camp part.2

Come on, vogue! -icône pop –part.3

Pop culture: le monomythe- part.4

Prophéties part.5

Prophéties: Matrix, Harry Potter – part.6

Héros pop: croire ou ne pas croire part.7