Premières lignes #24février

Tiens, pour une fois, je ne suis pas en retard pour les Premières Lignes ! Incroyable…

 » La tête lui faisait mal. Elle entendait crisser sous son crâne, un son discordant comme un froissement de papier. Quelqu’un s’était emparé d’un rire, l’avait chiffonné en une grosse boule grésillante et lui en avait bourré le cerveau. Une semaine, disait le rire. Une semaine. « 

Je pense que je vais prendre un abonnement chez Frances Hardinge tellement j’aime ce qu’écrit cette autrice. J’avais déjà évoqué La voix des ombres, ce roman jeunesse qui parle de fantômes  d’une manière très particulière (difficile d’en parler sans dévoiler le plus intéressant, allez le lire !). Or, on m’avait grandement conseillé de lire (hello mum!) Le chant du coucou paru à l’Atalante. Et je confirme, c’est une réussite.
Avec Le chant du coucou, nous nous retrouvons en Angleterre, juste après la Première Guerre mondiale. Triss est une petite fille de onze ans qui a l’air très malade. Tout juste rescapée d’une noyade, on ne comprend pas très bien ce qui lui arrive. Sa jeune soeur, Pen (-éloppe) ne lui ressemble en rien : elle est fougueuse, révoltée, entêtée et semble détester sa grande soeur. La famille est aisée, le père est un architecte célèbre de la ville. Très vite, on met un pied dans le fantastique…
Ce n’est pas seulement un roman horrifique mais parfois, comme pour La voix des ombres, cela en prend le chemin. Ce n’est pas un conte  populaire mais Hardinge en emprunte les codes et les repères. J’ai pensé au Roi Corbeau à certains moments, le souverain de toute magie de Susannah Clarke dans Jonathan Strange & Mr. Norrell ; et pour celles et ceux qui ont le roman de Clarke, ce n’est pas le seul point commun…
C’est aussi un roman d’apprentissage (les deux fillettes vont effectivement grandir en peu de temps) ; cela parle d’émancipation féminine, la période historique se prêtant bien au sujet (le personnage de Violet Parrish travaille, fume, et se déplace en motocyclette ! ). Et pour finir, il y a le thème sous-jacent du désenchantement du monde.

Un très bon roman qui va se joindre à ses potes pour le Challenge de l’Imaginaire

 

 

 

Résumé : Ce qui bougea en premier, ce furent les yeux, les yeux superbes de verre gris-vert. Ils pivotèrent lentement pour se fixer sur le visage de Triss. Puis la petite bouche frémit, s’ouvrit pour parler.
« Qu’est-ce que tu fais là ? Pour qui tu te prends ? C’est ma famille. »

Quand Triss se réveille à la suite d’une noyade dont elle a réchappé, elle comprend que quelque chose ne tourne pas rond : elle est prise de fringales incoercibles, elle se réveille la nuit des brindilles dans les cheveux, et sa sœur a peur d’elle.

 

Les autres premières lignes sont chez :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Chronicroqueuse de livres
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
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 Mille rêves en moi

Premières lignes #03février

Je reste dans la fantasy (ah, mais comme c’est étrange ! ), version jeunesse avec un livre qui a été une assez bonne surprise. Premières lignes : 

« Althea Proserpine élève sa fille dans un conte de fées.
Il était une fois une jeune fille nommée Anna PArks, qui avait débarqué à Manhattan parmi la cohorte de rêveurs du milieu de ce siècle, sa valise pleine d’espoir sous le bras. Un jour  Anna disparut de la circulation. Quand elle reparut, ce fut pour acquérir une notoriété d’un genre curieux, éclatante par bien des côtés, ténébreuse par d’autres. « 

Toutes les histoires commencent par « Il était une fois ». Les contes, surtout. Mais tous ne se terminent pas tous par « et ils vécurent heureux, etc.... ». C’est le principe de ce roman qui rassemble une histoire… dans une histoire. Et même un peu plus…
La première partie prend le temps d’installer des personnages, Alice, descendante de la célèbre Althéa, autrice d’un unique best-seller de contes très étranges, un livre légendaire devenu introuvable. Il semblerait qu’un mystère plane… tout comme il plane autour de l’enfance d’Alice qui a vécu ses seize (ou dix-sept?) années avec sa mère, un peu partout, sur les routes, déménageant sans cesse, fuyant une malédiction invisible. Et si tout cela était lié ?
La seconde partie est la plongée directe dans la partie imaginaire, voire fantastique puisque le monde des contes s’avère être cruel. De là, de fil en aiguille, d’histoire en histoire, l’autrice tisse une intrigue de plus en plus retorse – et ça devient passionnant ! On en oublie les imprécisions du début, le manque de profondeur de certains personnages (le mari de la mère d’Alice, sa fille Audrey, la famille de Finch, tous plus inconsistants les uns que les autres et même Ella, la mère d’Alice, dont on ne sait presque rien). Par contre, ces histoires – et ces « personnages d’histoires », quel régal !
J’aime beaucoup le rebondissement qui était un peu évident mais qui est si bien mené…

Un bon livre jeunesse, finalement, avec des imperfections mais qu’en sera-t’il dans le tome  2 ? Il est sorti début janvier (The night country). 

Hazel Wood par Albert

Résumé

Ne t’approche sous aucun prétexte d’Hazel Wood. »

Ces quelques mots laissés par la mère d’Alice juste avant son enlèvement scellent à tout jamais le destin de la jeune fille.

Hazel Wood, la résidence légendaire d’Althéa Proserpine, auteur des célèbres « Contes de l’Hinterland ».
Hazel Wood, dont vient d’hériter Alice.
Hazel Wood, où Alice doit s’aventurer pour espérer sauver sa mère.
Hazel Wood, cette demeure d’où semblent s’échapper des personnages inventés par Althéa.
Hazel Wood, dont personne ne revient jamais.

Et si Hazel Wood était bien plus qu’un simple manoir ? Un leurre ? Une porte d’entrée sur l’Hinterland ?
Et si Alice était bien plus qu’une simple New-Yorkaise ? Une princesse ? Une tueuse ?

Il était une fois… Hazel Wood.

 

Melissa Albert a fondé le blog B&N Teen Blog .

Hazel Wood 

 Editions Milan 

Illustrateur : GOOD WIVES AND WARRIORS

Traducteur : GEORGES CONTENT

Collection : LITTÉRATURE ADO

Date de parution : 

Prix : 17,90 €

 

Et, bien sûr, c’est un roman qui entre dans :

 

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Premières lignes #27janvier

Me revoilà avec les premières lignes d’un livre qui va aller grossir mon challenge de l’Imaginaire, fantasy oblige. D’ailleurs, vous allez très vite deviner de quoi il s’agit :

« Au fil des trois cents dernières années, les mestres de la Citadelle, qui tiennent les chroniques de Westeros, ont utilisé la Conquête d’Aegon comme pierre de touche. Naissances, morts et autres événements sont datés soit apC (après la Conquête), soit avC (avant la Conquête). Les véritables érudits savent qu’une telle datation est loin d’être précise. La conquête des Sept Couronnes par Aegon Targaryen ne s’est pas effectuée en un jour. « 

Et oui, Westeros, le trône de fer, les Targaryen ! mais cette fois, il ne s’agit pas d’un tome de la série mais de Feu et sang (Fire & blood) T.1 : GRR Martin se fait le chroniqueur de l’époque d’Aegon le conquérant, 300 ans avant les événements du Trône de Fer. Ce n’est donc pas un roman mais un livre d’Histoire, fictive, évidemment. On y apprend comment l’ancêtre de Daenerys a conquis le territoire et a soumis peu à peu les différents royaumes avec ses dragons, dans le sang (que de morts !) et le feu (le dragon est une bestiole incendiaire au cas où on l’aurait oublié depuis la saison 8 calamiteuse mais  tout à fait réaliste sur ce plan de la série TV).

C’est intéressant  mais je le trouve parfois un peu fastidieux : on peut écrire l’Histoire sans être aussi ennuyeux, en fait. Ce que j’aime dans l’écriture de Martin, ce sont les différents points de vue (tous ces personnages secondaires, jamais vus dans la série TV par ex. ), les pérégrinations  : le Trône de Fer est avant tout une série de roman très géographique, ce qu’on voit peu dans la version TV, on se promène beaucoup, on passe du temps sur les routes. Ici, à certains moments, on assiste à une énumération de faits, surtout quand il s’agit de batailles (et les combats à n’en plus finir me cassent les pieds, je dois bien l’admettre). Par contre, pour relater des détails, sur les Targaryen ou sur d’autres familles, sur la culture, les us et coutumes, là, le livre en devient captivant. Bien sûr, il faut être un minimum fan.

Feu et sang - tome 1

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Utopiales 2019

Les Utopiales 2019 , c’est fini !

Quelques mots pour partager ma visite de dimanche, car, oui,  cette année, j’y suis allée. On me dit souvent que c’est bête d’habiter Nantes, d’aimer la SFFF et de ne pas faire un tour aux Utos alors que je n’ai qu’à prendre le bus pour m’y rendre, etc, etc… Ma dernière expérience remontait à 2014, en effet.  Il faut dire que  j’ai beaucoup de mal avec la foule et parfois, c’est carrément de l’ochlophobieComme toutes les phobies, c’est plus ou moins gérable. En tout cas, je ne trouve pas ça invivable ( je pense que mon archnophobie est pire ! ).🙄

Et je fais bien de parler de  » foule  » car cette année, il y a eu des records d’affluence. La Cité des Congrès n’est pas extensible, elle est même limitée et doit être rénovée et agrandie mais le projet traîne même si le budget vient  d’être voté.  

Image

Dimanche, Mr. Chours et moi sommes donc allés voir un documentaire sur L’intelligence des arbres

 

Puis, nous avons fait nos fans en allant faire dédicacer un livre par Brandon Sanderson qui sortait d’une conférence.
Ah, mes photos ne sont pas terribles car je ne suis pas allée aux Utos en mode photographe, sinon je ne profite de rien. En fait, on voit la différence entre mon Canon avec le bon objectif  et un téléphone, même pas trop mauvais…

Quelques mots échangés, un livre signé. C’est toujours difficile de se dire qu’on a devant soi l’un de ses auteurs favoris, qui a imaginé autant de choses et être en train de lui dire « alors, ça se passe bien ? Vous repartez bientôt ? » de façon (presque) totalement décontractée. Sanderson disait qu’il était parti depuis déjà un mois et qu’il finissait de signer à Paris avant de rentrer aux USA. Et quand on le suit sur Twitter, on s’aperçoit qu’il avance ses romans pendant ce temps !

Et petit clin d’oeil : il a beaucoup aimé mon T.shirt  !

« Life before death, strength before weakness, journey before destination » – Way of Kings (La Voie des Rois)

Après un petit tour dans la Cité des Congrès, nous avons eu notre deuxième moment de fan, avec Jo Walton, cette fois. Et je n’ai pas de photos car j’ai complètement oublié une fois face à elle. Jb a beaucoup aimé parler avec Jo. Il faut dire qu’elle est, elle aussi, adorable. Cette fois, on a fait signer chacun un livre (de la trilogie du Subtil Changement). 

Aux Utopiales, on croise toujours beaucoup de monde, on n’a pas forcément le temps de faire tout ce qu’on veut, de voir toutes les personnes prévues. Mais ce n’est pas grave. L’important reste de passer un bon moment, sans ( trop ) faire flamber sa carte bleue en livres.🙄

Prochain événement pop culturel à Nantes : Art to Play en novembre. 

Premières lignes #29septembre

Les premières lignes de cette semaine nous entraînent dans les grands espaces :

 « C’est étrange, d’écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d’un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l’eau – tout petit et se présentant sous un angle si  inhabituel que je suis surprise de constater qu’il s’agit de mon reflet. après tout ce temps, un stylo a quelque chose de raide et d’encombrant dans ma main. « 

Dans la forêt par Hegland

Enfin, j’arrive à mettre la main sur ce roman dont j’entends parler depuis pas mal de temps. Et, pour info, il existe aussi un film datant de 2015,  avec Ellen Page et Evan Rachel Wood (ça, c’est un casting bien trouvé), Into the forest. 

Jean Hegland avait commencé son roman dans les années 80. Dans la forêt a finalement été édité en 1996 et seulement en 2017, aux éditions Gallmeister, en France.
Pourtant, le propos est tout à fait d’actualité – il faudrait simplement y ajouter l’urgence du réchauffement climatique pour expliquer ce qui a pu provoquer le grand désastre. Car s’il s’agit d’un roman d’anticipation, Dans la forêt est un peu comme La route de  Cormac McCarthy. On ne sait pas ce qui est arrivé exactement. On ne sait pas non plus comment c’est arrivé. On n’est pas là pour connaître les détails.
On  suit le parcours des deux adolescentes Eva et Nell via le prisme de Nell, ses lectures (principalement l’encyclopédie)  et son journal intime. Ce point de vue est forcément biaisé mais c’est le seul dont on dispose – un habile truc (et classique) pour entourlouper les lecteurs mais qui fonctionne bien.

Mais si les deux adolescentes suivent un chemin quasi-initiatique tout au long de l’oeuvre (vie, mort, deuil, naissance), elles ne sont finalement pas les personnages centraux de l’histoire. Le seul personnage principal, c’est bien la forêt elle-même, entité poétique et véritablement vivante qui permet aux humains survivants de (re)trouver leur place dans un monde en profond changement.
La symbolique du végétal est partout (la grande souche du séquoia, par ex.). Végétal comme élément onirique et vital en opposition à un monde industriel sur le déclin. Cela est particulièrement flagrant avec la description de la ville de Redwood abandonnée et du supermarché pillé.

Dans la forêt m’a souvent fait penser à un autre roman qui n’est ni post-apocalyptique, ni américain mais qui joue avec les mêmes codes (renaissance, attente, végétal fortement symbolique) : Un balcon en forêt de Julien Gracq. 

Résumé : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle

Elles en ont parlé dans le cadre du HMSFFF challenge (thème du mois d’août) : 
June and cie 
Pretty Rosemary 
Alberte Bly

Interview de Jean Hegland 
Jean Hegland parle de la naissance de Dans la forêt (en anglais)

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi au RDV Premières Lignes de Ma Lecturothèque:

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