Premières lignes #23septembre

En ce premier jour de l’automne, voici les premières lignes  de la semaine :

« Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.  »

Douglas Kennedy s’attaque en effet à une histoire familiale, sous forme d’une trilogie, qui traverse les années et l’histoire américaine. Nous suivons  ici Alice Burns durant ses dernières années de lycée dans les années 70.
Une fois de plus, l’auteur se plaît à explorer les failles des êtres humains, leurs non-dits, les secrets, au sein d’une famille. Et c’est encore une fois très bien fait.

Si ce premier tome plante le décor et prend le temps de placer les différents personnages, il y a peu de longueurs – donc peu d’ennui. Saga familiale, roman d’apprentissage, La symphonie du hasard est à lire.

Et je peux d’ores et déjà dire que le second tome, situé à Dublin, est encore meilleur…

 

« Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s’apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.
Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Bien décidé à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille.

Et Alice de replonger dans l’histoire des siens, celle d’un clan à l’image de l’Amérique : volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois, en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat…

Premier volume d’une fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard marque le grand retour de Douglas Kennedy. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin, en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant. » Belfond

 

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Premières lignes #16septembre

J’avais le choix, cette semaine, pour ces Premières lignes. Contrairement à la semaine passée où j’hésitais beaucoup …. Parler une nouvelle fois d’un tome d’une série ou mettre l’accent sur une lecture qui ne m’a pas forcément emballée. J’essaie, avec ce rendez-vous hebdomadaire de présenter des Premières lignes lues récemment.

 

« Les deux amoureux regardaient par la fenêtre de leur chambre d’hôtel. Ils rayonnaient de bonheur, mais pour différentes raisons.
Les chutes de neige annoncées depuis près d’une semaine étaient enfin arrivées dans la nuit. « 

Attention, derrière ces lignes totalement innocentes, se cache un polar très bien ficelé et documenté, comme sait le faire Peter James.  L’auteur anglais poursuit ici sa série des Roy Grace entamée en 2005 avec Comme une tombe (Dead simple). Toucher mortel, le 12ème tome,  nous plonge dans une histoire de veuve noire (au sens propre comme au figuré) et de venins… Pour les habitué.es de Roy Grace, on suit sa trajectoire ainsi que sa vie à Brighton. Bref, Toucher Mortel tient en haleine jusqu’au bout et, sans être révolutionnaire, est un très bon thriller hautement venimeux.

 

Vilain petit canard lorsqu’elle était enfant, Jodie Bentley a deux rêves dans la vie : être belle et devenir riche. Le premier réalisé – avec un petit coup de pouce de la chirurgie plastique –, elle travaille désormais ardemment sur le deuxième. Sa philosophie concernant l’argent est simple : on peut soit le gagner, soit se marier avec. Le mariage, facile. C’est se débarrasser du mari après coup qui s’avère compliqué, et qui requiert un réel talent. Rien de mieux que la pratique pour se perfectionner…
De son côté, le commissaire Roy Grace subit la pression de la part de son supérieur et sa précédente affaire lui donne encore des insomnies. De plus, l’enquête sur la disparition de sa femme Sandy est relancée grâce à de nouveaux éléments, alors qu’un ancien adversaire fait son grand retour. Mais pire que tout, il est convaincu qu’une veuve noire opère en ville. Une femme à l’esprit venimeux et mortellement efficace. Grace réalise bien vite qu’il a sous-estimé sa dangerosité…

 

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Premières lignes #9 septembre

Cette semaine, mes Premières Lignes sont, pour une fois, des « premières bulles ».
Il n’y a pas de raisons particulières à cela sinon le fait que j’aime énormément la BD et les manga et que me priver d’en parler serait vraiment un tort.

Premières bulles, donc :

Les Trois Soleils de Vinéa – Roger Leloup 

 

 

 

 

Ces dernières semaines, j’ai fait un joli voyage dans le passé – et plus, particulièrement, dans l’enfance – en relisant  des Yoko Tsuno que j’ai pu emprunter à la médiathèque (hélas, je ne possède plus les albums en question). Mais qui est Yoko ?

En plus d’être jolie, intelligente et combative, Yoko Tsuno est électronicienne. Cette spécialité l’entraîne, en compagnie de ses amis Pol et Vic, dans des aventures à mi-chemin entre fantastique et science-fiction. Mais, qu’elle remonte le temps pour se retrouver dans la Bruges du XVe siècle ou qu’elle affronte les dangers de la planète Vinéa, la jeune Japonaise reste toujours fidèle à elle-même, privilégiant la loyauté, l’amitié et le respect de la vie.
Une série d’action et de réflexion, magnifiquement documentée et dessinée par Roger Leloup, un maître du genre.

Yoko est sans doute l’héroïne de mon enfance. Elle cumule ce que j’aimais (j’aime ?) le plus: l’Asie, la SF, l’aventure et le courage. Et c’est une héroïne.
Ici, dans ce qui constitue le 6ème tome de ses aventures, Yoko retrouve une fois de plus Khâny, son amie vinéenne. Accompagnées de leurs amis, elles vont redécouvrir la planète d’origine de Khâny que son peuple croyait détruite: Vinéa.

 

Publiée dans le journal Spirou de 1975, Les trois soleils de Vinéa permettent au lecteurs de revoir Khâny. Il faut dire que les histoires avec les vinéens sont très demandées – et, je pense, toujours très appréciées des lecteurs actuels puisque Roger Leloup, le dessinateur et créateur de Yoko, a publié le 28 ème album cette année (et il s’agit d’une aventure avec les Vinéens).

Et si vous vous demandez d’où vient cette idée de « Vinéa », la réponse est très simple :

Les origines de la planète Vinéa (anagramme de la marque de crème hydratante Nivea) sont expliquées par Roger Leloup dans le supplément du tome 20 (L’Astrologue de Bruges) :

« Vinéa est un univers qui peut exister, mais que j’ai créé de toutes pièces. Son origine remonte à mon enfance. Dans le salon de coiffure de mon père, une publicité vantant la crème Nivea – que, dyslexique, j’avais transformée en Vinéa – avait attiré mon attention. Avec le temps, l’image s’était décolorée et seul le bleu était resté. Une fille, sur l’affiche, avait donc la peau de cette couleur. J’étais convaincu que cette crème rendait la peau bleue. Et quand j’ai imaginé ce peuple venu de l’espace, je me suis rappelé tout cela. Il faut – hélas ! – parfois attendre d’être adulte pour pouvoir raconter ses rêves d’enfance ». 

Les Trois Soleils ….   fait partie des albums les plus réussis de Yoko (avec: Les Titans, La Frontière de la vie ou La Spirale du Temps, tous de la même période). Le dessin s’est affiné, le scénario est ingénieux. Bref, on embarque facilement !

 

Ce que dit Roger Leloup au sujet des Vinéens :

 » Lorsque Yoko est avec les Vinéens, j’ai toujours des petits problèmes parce qu’elle visite ou accompagne un bref instant une civilisation fort avancée, remarque Leloup. Elle mène l’action, mais ce n’est jamais elle qui décide totalement des moyens ni dispose du savoir de ses hôtes. Sa logique propre l’incite souvent à des initiatives risquées que n’envisageraient pas ses compagnons, formés par ce milieu. Khâny lui explique beaucoup. Elle a une grande maturité et semble de ce fait plus âgée que Yoko. Cette dernière la complète cependant sur le plan humain et elles sont un peu dans la situation de deux jumelles fortement personnalisées, suivant chacune son propre développement entre leurs aventures communes. Il y a une évolution progressive dans les personnages. Au départ, on partait dans la bande dessinée grand public : il fallait que cela bouge et les caractères étaient assez flous.
Leur personnalité s’est dégagée petit à petit. Les Vinéens étaient assez froids au début, pratiquement sans sentiments, efficaces mais impersonnels, s’agitant comme les abeilles d’une ruche. J’avais placé Poky pour atténuer cette rigueur et apporter un peu de fraîcheur et de jeunesse dans un monde trop organisé. » (source)

Interview de Roger Leloup : 

 

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Sept larmes au creux de la mer – C.B Lee

 

 

La mer cache bien des secrets… Kevin Luong a le coeur brisé le jour où, marchant au bord de l’océan, il se souvient de l’ancienne légende que sa mère lui avait racontée. Il laisse alors tomber sept larmes dans l’eau tout en formulant son souhait : « Je veux être heureux et amoureux… Juste un été… » C’est ainsi qu’il se retrouve à sauver un mystérieux garçon du Pacifique, un garçon qui plus tard apparaît sur le pas de sa porte en lui déclamant son amour. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Morgan est un selkie et qu’il est là pour exaucer son souhait. À mesure qu’ils se rapprochent, Morgan est tiraillé entre les dangers du monde humain et son héritage au sein de la communauté selkie vers laquelle il doit revenir à la fin de l’été..

 

C’est une jolie romance  dont je vais parler aujourd’hui.
Tout est très soft dans ce roman de C.B Lee qui sait tisser une belle histoire, sur fond de légendes gaéliques (les selkies !).  Cette histoire d’amour entre deux adolescents est écrite avec une légèreté et une finesse qui sont à souligner. C.B Lee aborde, en plus de la question de l’orientation sexuelle (ou, du moins, romantique), les thèmes de la tolérance, de l’acceptation de l’autre.
J’aime beaucoup les histoires de selkies (très bien illustrées dans Le Chant de la Mer, par ex.). Ici, l’autrice a su tirer parti de ce mythe et peut-être fait découvrir des légendes moins connues.

Finalement, c’est une lecture agréable qui vaut le détour.

 

Merci aux éditions  MXM BOOKMARK    et à Net Galley pour cette lecture.

Premières lignes #2septembre

 

« Nous nous attendions à une chaleur étouffante et à une rumeur diabolique mais c’est le froid et le silence qui nous accueillirent. Une plaine glacée s’étalait devant nous, tel un immense tapis blanc. A gauche, caché par des espèces de sapins, on devinait un mur sombre. »

Pour ce 1er Premières lignes de septembre, je vous propose de me suivre….aux Enfers !

 

Dans cette suite, on retrouve le jeune héros Bjorn, rencontré dans le tome: Bjorn le Morphir. Bjorn est un adolescent vivant au onzième siècle dans une Scandinavie fantastique. Bjorn est un fils de chef viking mais il a été un enfant chétif et maladroit jusqu’au jour où une neige maléfique fait le siège de la maison familiale et le pousse à révéler sa vraie nature: il est un morphir (un combattant redoutable doté de capacités surprenantes). 
Dans cette deuxième partie, Bjorn répond à une demande express du roi Harald: il doit descendre aux Enfers pour ramener le fils aîné du roi, Sven.

Commence alors une série de péripéties extraordinaires où Bjorn, sa fiancée Sigrid, le guerrier Ketill le Rouge, un étrange personnage, Svartog, son dragon encore bébé Daphnir et une chèvre vont rencontrer des créatures effrayantes et surmonter  obstacles après obstacles.

Une fois encore, Thomas Lavachery fait mouche : les personnages sont de mieux en mieux développés, les épreuves sont autant de passages bien décrits et haletants, sans parler d’un humour bien trouvé. Bref, c’est un roman jeunesse comme on aimerait en lire plus souvent. 

« Je t’attends Morphir » Personne n’a oublié le message du roi Harald adressé à Bjorn à la fin de « Bjorn le Morphir ». Un message aussi énigmatique qu’inquiétant. Quel genre de mission allait donc être confiée au jeune Viking ? Elle a de quoi faire frémir. Le souverain lui ordonne de descendre au fond de la terre afin d’arracher son fils, le prince Sven, à la cruelle Mamafidjar, reine des enfers. Cela n’a rien d’une promenade de santé, mme pour un morphir aux pouvoirs exceptionnels. Heureusement, Harald encourage Bjorn à s’entourer de compagnons de son choix. Un guerrier au coeur tendre, une fiancée pleine de fougue, un demi-hirogwar, une chèvre et un bébé dragon souffreteux feront donc partie du voyage. Lors de cette descente aux enfers, le jeune Viking va mettre à l’épreuve ses qualités de chef et se découvrir de nouveaux pouvoirs insoupçonnés.

 

  • L’école des Loisirs
  • Prix : 7,80 €
  • ISBN : 9782211233170
  • Paru la première fois en 2005
  • Dans cette collection le 20.09.2017

 

 

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La dernière mouche avant la fin du monde – Fred Marty & Rachel Cade

C’est à quelques jours de la rentrée scolaire que je m’aperçois à quel point je suis en retard sur mes chroniques de livres. Trop de choses se bousculent en ce moment et je ne suis pas forcément au mieux de ma forme pour tout régler… Je sais bien que je vais finir par surmonter ces difficultés mais parfois, il faut un peu de temps.

Du temps, j’en ai trouvé pour lire « La dernière mouche avant la fin du monde » , gentiment envoyé par Fred Marty dont j’avais apprécié le Sherona .
Cette fois, il s’agit d’un récit écrit à quatre mains avec Rachel Cade, qui se rapproche de la novella (72 pages).

 

Que se passe-t-il lorsqu’un expert en informatique et une manager du service client d’une boîte internationale de téléphonie se retrouvent en possession d’une machine capable d’arrêter le temps ?
Entre deux morceaux de tarte aux pommes, nos improbables héros devront affronter le pire du pire pour rattraper le coup.

Néo et L.A échangent par mail, pour le travail, à l’origine, puis pour le fun quand soudain, le monde se fige. Le monde entier sauf… eux deux. On assiste alors à une course étonnante et improbable truffée d’énigmes et de références à la culture pop.
Je n’en dis pas plus afin de vous laisser le suspense.
Autant dire que ça se lit bien et que ça se lit vite.

Format court et fin du monde

Le format court ne me dérange pas dans un récit, en général mais je dois avouer que je suis restée sur ma faim. J’ai rapidement accroché à cette situation à la Twilight Zone (la fameuse quatrième dimension) et j’ai apprécié les clins d’oeil, jusqu’à un certain point.
Car, soyons honnêtes, si la novella se lit facilement, elle laisse un sentiment d’inachevé, au point qu’entant que lecteur, on en vienne à se demander si un format plus long, avec plus de développements et de travail sur les personnages (par ex) ne serait pas plus approprié.

Humour et références

Si les échanges et l’humour sont présents, tout se précipité rapidement. Certes, on parle ici d’une situation décalée et improbable (enfin, sans doute improbable ^^). Mais il ne suffit pas de farcir un récit de multiples références ( Buffy, Kaamelott, Naheulbeuk, j’en passe) agrémenté de détails techniques pour boucler une histoire qui se tient. Les personnages sont peut-être dépassés par les événements, ils sont quand même assez light en consistance (le personnage féminin qui s’agite en tous sens est rapidement fatigant).
Quant aux références, je suis la première à les apprécier….quand elles sont dosées. Dans La dernière Mouche…., il y en a à la pelle.
Je peux dire qu’une fois arrivée à A la volette, j’avais atteint mes limites. décidément, trop de références tuent le principe.

Une lecture divertissante

Je suis assez ennuyée de ne pas être plus enthousiaste parce que les deux auteurs ont fourni un bon travail; l’écriture à quatre mains est loin d’être facile et ici, elle fonctionne bien.
Je me faisais la réflexion en relisant les premières pages que quelqu’un qui ne travaille pas dans le milieu du digital aura bien du mal à appréhender  ce genre de détails (je cite):

 » Je l’avais rencontrée en ligne, au détour d’une question technique anodine sur l’interopérabilité des différents CRM du marché avec le protocole SIP. « 

J’ai souri en lisant cette phrase mais je doute que cela soit le cas de tout le monde. Par contre, j’ai réellement aimé le passage des énigmes à résoudre, en particulier parce que cela concerne la musique.

Finalement, si je devais conclure par une formule digne d’un bulletin scolaire, ce serait: « sympa, peut mieux faire ».
Je  vous laisse découvrir cette courte lecture et vous faire votre avis en commandant « La dernière mouche avant la fin du monde ».

 

A conseiller aux : 

  • geeks et amateurs de pop culture
  • lecteurs de SF à la recherche d’une narration courte
  • si vous aimez Doctor Who, Buffy et Twilight Zone
  • lecteurs curieux

Note – Je ne préfère pas développer mes idées sur la couverture au risque de devenir un brin désagréable. Ce genre d’illustrations ne donne pas envie d’ouvrir le livre, au contraire… Tant qu »il s’agit d’un e-book, cela ne pose aucun problème. En version papier, c’est une autre histoire….
(j’ai testé sur plusieurs personnes de mon entourage pour connaître leurs avis mais il n’en ressort pas plus de positif).

Premières lignes #26août

 

« Bon Agornin se tortilla sur son lit de mort en battant des ailes comme pour s’envoler vers une nouvelle vie. Les médecins étaient partis, résignés, et même ses filles avaient cessé de lui répéter qu’il irait mieux. Dans sa grande caverne pleine de courants d’air, il posa la tête sur son maigre tas d’or, tenta de rester immobile, inspira avec difficulté. « 

 

Cette semaine, les premières lignes citées proviennent d’un roman particulier, puisqu’il s’agit d’un roman victorien chez les dragons. Vous avez bien lu. Jo Walton, connue pour « Morwenna » ou « Mes vrais enfants » (à lire tous les deux) a transposé les codes du roman victorien (en particulier, « La cure de Framley »  d’Anthony Trollope) dans la fantasy.
L’autrice s’est demandée ce qui se passerait si les codes de société étaient basés sur  des particularités biologiques de la race à laquelle appartiendraient les personnages (les dragons, donc).

Si on retrouve les éléments du genre  ( la course au mariage et aux   dots, la gentry arriviste méprisée par la noblesse, l’ entrée dans le monde  des jeunes filles , etc…), les personnages sont tous des dragons qui ont une forte tendance à se dévorer entre eux (la chair de dragon étant censée apporter force, puissance et faisant grandir celui qui en consomme).

Les dragons ont gardé leurs habitudes : ils aiment dormir sur un tas d’or, chasser et consommer de la viande crue (et fraîche). Ils ont aussi le caractère propre aux dragons (fiers, un peu colériques, avec des envies de grandeur et de puissance) .Mais ils portent des chapeaux , des perruques (cf. la scène du tribunal) et des accessoires extravagants.  Ils aiment également se faire lustrer les écailles par leurs serviteurs qui, eux, n’ont pas le droit de voler et gardent les ailes attachées. Car la vie n’est pas rose au pays des dragons: la servitude existe. Les femelles naissent dépourvues de griffes (elles ont des mains) et doivent leur survie à leurs protecteurs, les mâles.
La religion est aussi très présente. Les prêtres ont le droit de se marier mais pas celui de voler: par humilité, ils se déplacent en transports ou à pattes.

 

On pense souvent à Jane Austen pour le ton. , à Trollope, bien sûr , aux soeurs Brontë et à Elizabeth Gaskell . Certains ont voulu y voir aussi une sorte de « Dragon abbey » (amusant et assez vrai).
Les thématiques abordées sont nombreuses et le talent de Jo Walton, omniprésent ; bref, les Griffes et le Crocs est un roman qui se dévore de façon très agréable.

Pour en savoir plus:

Editions Denoël

Pays : Royaume-uni
Collection Lunes d’encre
Parution : 21-09-2017

Résumé : Bon Agornin a eu une longue et belle vie, mais sa fin est proche, il le sent. Étendu près de son trésor, il attend la mort. Toute sa famille est réunie pour vivre avec lui ses derniers instants : ses deux fils et ses trois filles, ainsi que son gendre, l’Illustre Daverak qui héritera de son domaine.
Bon Agornin tient absolument à se confesser à son fils aîné, il veut partir absous de ses péchés, d’autant que ceux-ci sont immenses : afin de pouvoir devenir un dragon de soixante-dix pieds de long, capable de voler et de cracher du feu, il a dévoré son frère et sa sœur – les carcasses de bœuf ne suffisent pas pour mener à bien une telle entreprise…
«Je n’ai pas eu le choix», se justifie-t-il, dans son dernier souffle. Avant d’être dévoré à son tour par ses héritiers, comme le veut la tradition chez les dragons.

 

 

 

 

 

 

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Premières lignes #19août

« Marie était déjà bien avancée dans ses quatre-vingts ans quand elle sentit que cela commençait chez elle. Elle l’avait souvent observée chez d’autres personnes âgées ; cette manière qu’elles avaient de retourner vivre eu à peu dans le passé, de se souvenir d’expériences vécues pendant l’enfance et qu’elles croyaient oubliées depuis longtemps – et de se sentir soudain tourmentées par les conflits d’autrefois comme s’ils ne souffraient plus un seul jour de délai. « 

 

A tous points de vue, La pâtissière de Long Island est un régal. L’histoire de cette jeune allemande exilée aux USA au début des années 30 donne envie d’en savoir plus….même si on ne découvre aucune surprise. On s’attache  à écouter le récit de Marie, comme on le ferait en écoutant sa propre grand-mère. Le parcours de Rona, décrit en parallèle, est un peu moins passionnant mais il reste un récit très agréable à lire, peuplé de cheesecakes et autres délices.

Une très agréable lecture, au final, qui, même si elle penche parfois vers le feelgood (avec un peu trop de happy ending) , constitue un roman émouvant et positif, bien documenté et succulent.

Résumé : Pour l’empêcher de fréquenter l’homme qu’elle aime, le père de Marie décide de l’envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale : à New York, chez ses deux frères. Avec pour seuls bagages son cœur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, elle débarque à Brooklyn en ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l’entoure. Elle est bien loin de se douter de l’incroyable destin que lui réserve le Nouveau Monde. Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie.

 

La pâtissière de Long Island, roman de Sylvia Lott, traduit de l’allemand par Lorraine Cocquelin, Éditions Piranha, Mai 2016

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Premières lignes #15août

Avec un peu de retard, voici les Premières lignes de la semaine avec le début d’un roman noir déniché à la bibliothèque :

Larry Speed débarqua à l’aéroport de Majorque le samedi 18 mars 1967 en milieu d’après-midi.
A la sortie de l’avion, il cligna des yeux, chaussa ses lunettes noires et ôta son blouson de cuir. Lorsqu’il avait quitté Tempelhof, quelques heures plus tôt, Berlin se perdait dans la brume et la température ne dépassait pas cinq degrés »

 

 

Back up est une découverte, et une très bonne surprise !
Roman sex (un peu), drugs (beaucoup) et rock’n’ roll (l’essentiel), Back Up est un roman noir, plus qu’un polar qui retrace le parcours de la musique depuis les années 60 et celui d’un personnage au fil de ses errances en Europe : Bruxelles, Paris,  Londres version swinging London, Berlin – oh, merci pour cette description de Berlin que j’adore!
L’auteur relate qu’il a été influencé par une émission de radio sur les morts suspectes dans le rock (Brian Jones, Kurt Cobain, j’en passe). Paul Colize fournit un récit à l’écriture serrée, très bien documenté.
Mieux que cela, le texte est truffé de petites anecdotes et de clins d’oeil à la petite histoire du rock.

A la fin, vous trouverez une playlist, ainsi qu’une bibliographie (que je connais bien …).
Dans un certain sens, ce roman m’a fait penser à Armageddon Rag de GRR.Martin (sans la dimension fantastique).

A lire pour en savoir plus sur le rock ou parce que vous aimez àa

 

Résumé : En 1967, les quatre membres du groupe de rock Pearl Harbor meurent les uns après les autres, tous dans des circonstances étranges.
En 2010, un SDF est renversé par une voiture à la gare du Midi à Bruxelles. Diagnostiqué souffrant du Locked In Syndrom, X Midi est transporté dans un centre spécialisé au sein duquel Dominique, kiné, va tout faire pour découvrir l’histoire de son patient.
Deux histoires différentes ? Non, des destins fortement liées qui nous entraînent à travers l’Europe, sur les traces de Chuck Berry, des Beatles et des Rolling Stones.

 

L’auteur à St Maur (le roman a reçu le prix St Maur en poche):

 

La playlist:

 

 

 

Back Up – La Manufacture des Lettres

Folio 

 

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Premières lignes #5août

Avec les Premières lignes de cette semaine, nous allons voyager entre la côte ouest américaine et le Nigéria. Le premier roman traduit en français de Sarah Ladipo Manyika commence par ses mots :

 » Je vis dans un vieil immeuble. « Vieux mais solide « , notre propriétaire l’affirme. apparemment, le 500 Belgrave Avenue est si robuste qu’il a résisté au tremblement de terre de 1906. « Pas une seule fissure », dit encore notre propriétaire. de vous à moi, je ne parierais pas là-dessus si l’histoire venait à se répéter. C’est pour cette raison que je vis au dernier étage, comme ça, si le bâtiment s’effondre, au moins, ils n’auront pas trop à creuser pour m’en extraire. »

Le ton est donné. La narratrice se nomme Morayo, elle va fêter ses 75 ans, vit à San Francisco depuis 20 ans. Elle nous chuchote ses pensées, nous raconte sa vie: son passé de professeure de littérature mais avant cela, de femme d’ambassadeur autour du monde, son ex-mari César, son enfance au Nigéria – et particulièrement dans la ville de Jos, bien avant que la région ne soit frappée par les violences et les massacres.

Morayo aime aussi rapprocher les personnages de ses romans préférés par affinités. Elle leur invente d’autres vies, comme elle aime en tisser autour des gens qu’elle rencontre.

Ce court roman pourrait n’être qu’un énième livre feel-good mais ce n’est (heureusement !) pas le cas. Il cache une profondeur, une émotion et parfois, une réelle réflexion par touches précises et intimistes. C’est avec succès que Sarah Lapido Manyika boucle ce « Comme une mule qui apporte une glace au soleil ». 
Joli coup de coeur.

 

 

Delcourt Littérature – paru en mars 2018

 

L’autrice lit un passage de son roman :

Résumé : »Le professeur Morayo Da Silva s’apprête à fêter son anniversaire, alors elle sort acheter des fleurs. Cette Mrs Dalloway nigériane porte fièrement ses soixante-quinze printemps et ses turbans aux mille couleurs, et aime par-dessus tout retrouver son petit monde dans les rues de Haight-Hashbury, San Francisco, sa ville de cœur depuis deux décennies. On croise ainsi Dawud, commerçant palestinien ; Mike, un policier apprenti-romancier ; Mme Wong, toujours un balai à la main ; Sunshine, la jeune voisine indienne qu’elle a prise sous son aile; ou encore Rachel une jeune SDF fan de Grateful Dead »

Sa réponse à Trump :

Ses conseils à ceux qui écrivent :

 

 

 

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque.

 

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