Le liras-tu ou l’as-tu lu? 1 – Martin Diwo

Je remercie les Editions PLON pour cette lecture – ainsi que le site Net Galley

 

 

« Un garçon, une fille, une histoire universelle. Ils s’aiment, se déchirent, elle s’en va. Lui s’écroule. La jeunesse et l’innocence avec. Un roman qui frappe, âpre, enlevé, emporté, qui ne s’oublie pas. Une signature, une écriture, une voix, une époque, une génération.
« Pendant un temps, tout reste normal. On saute et on rebondit, on s’élance et on atterrit, pourtant la fin est proche, très proche. Lorsqu’on en prend conscience, qu’on réalise que l’on ne saute plus aussi haut qu’avant et qu’on peine à atteindre les sommets que l’on caressait du bout des doigts en se hissant sur la pointe des pieds, il est déjà trop tard. Le fil se détache, et il faudrait courir s’agripper là ou on le peut, mais on ne le fait pas, et on s’élance, certain que tout va rentrer dans l’ordre. La chute n’en est que plus douloureuse. Mort d’inquiétude à l’idée de heurter le sol qui, seconde après seconde, se rapproche, on hurle, on se débat, et plein d’espoir, on attrape le fil encore pendu à notre coeur, mais ce fil, ah ! ce fil, il n’est plus relié à rien. « 

 

Ma lecture: 
C’est une histoire d’amour. Mais c’est aussi son autopsie. Puisque la relation des deux jeunes gens vient de se terminer quand l’auteur entame son récit. Et, ainsi, nous allons pas à pas, suivant un mode souvent descriptif et incroyablement visuel (plans de cinéma), entrer dans cet amour qui n’est plus tout à fait.
Martin Diwo a bâti un étonnant collage, en jouant avec les atmosphères, les mots, les titres (belles références cinématographiques). Il s’insinue dans la peau, les émotions , les souvenirs de son personnage masculin en proie à un chagrin d’amour qui le submerge, nous entraînant dans une frénésie de mots, de juxtapositions, d’envolées, d’images, jusqu’à l’écoeurement parfois.
C’est parfois très beau (j’ai pensé au Solal de Cohen dans « Belle du Seigneur »rien que ça), parfois très long; peut-être quelques légères erreurs de jeunesse à trop vouloir manier la langue, mais on pardonnera facilement tant la volonté d’insuffler de la vie, du style est jubilatoire.
Histoire déconstruite, ce premier roman pourra parfois en déconcerter quelques uns. Mais le résultat est là: splendide.
C’est un livre que je recommande :
– pour l’amour des mots
– pour ce côté visuel 
– pour tous/toutes ceux/celles qui ont vécu un chagrin d’amour
– pour ceux/celles qui ont envie de lire différemment
 Ma note :4/5 (avec un petit coup de coeur pour cette rentrée littéraire)

 » Vous avez peur ?
– Oui. Peur de l’après. Peur, parce que mettre le mot fin à ce livre, c’est mettre le mot « fin » à notre histoire. Aujourd’hui, Elle existe grâce à l’écriture, mais après ? Après, Elle n’existera plus et ça, je ne sais pas si je suis capable de le supporter.
– N’avez-vous pas envie qu’il soit lu ?
– Vous savez quoi ? Je l’ignore. Enfin, il faudrait déjà que je le termine. Je ne sais pas si j’ai le courage d’écrire certaines choses. Celles que je vous confie par exemple. A vous, je peux les dire, mais au lecteur ? Nos conversations sont quand même très personnelles, non ? Et puis le but du livre n’est pas de déballer mes sentiments, c’est un roman, vous savez ? Enfin… un roman… en réalité c’est un double meurtre, un cri.
– Et ce cri, n’est-ce pas pour être entendu que vous l’avez poussé ?
– Ok je vois où vous voulez en venir. Vous pensez que j’ai écrit ce livre pour la faire revenir, c’est ça ? »

Il ne paraîtra que le 24 août, mais vous pouvez déjà le pré-commander.

 

Note:je viens de réaliser alors que je tape cette chronique que Martin Diwo est de la même famille que François Diwo. Beau talent….

Sendak illustre Blake #L’été de l’art- 9

Après Tolkien un autre auteur qui a illustré ses écrits. Non seulement les siens, mais aussi les poèmes de William Blake   

 

 

Maurice Sendak (June 10, 1928–May 8, 2012) would come to echo this belief — and yet he remains one of the best-loved and most influential children’s book authors and illustrators of all time, a patron saint of storytelling for young minds;

In 1967, when Sendak was thirty-nine and at the peak of his career, he received an unusual assignment that moved his heart unlike any other — a chance to finally pay homage to his great creative hero. It was small and noncommercial, but he took it: The London publisher The Bodley Head wanted to publish a Christmas keepsake commemorating the company’s 80th anniversary, featuring seven poems from Blake’sSongs of Innocence. For each of them, Sendak was asked to create a single, exquisite line drawing. The slim booklet, simply titled Poems from William Blake’s Songs of Innocence (public library), was published in a limited edition of 275 copies, none of which were for sale — instead, they were given away as holiday gifts to the authors and artists The Bodley Head represented, and to a handful of other friends of the press.

(Brain pickings)

 

 

 

 

 

 

Throwback Thursday Livresque: Continent

 

C’est jeudi, c’est TBTL!

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Aujourd’hui: Continent (un livre d’un continent différent du vôtre)

 

J’ignore si c’est le fait de m’être replongée dans mes vieilles éditions de SF (couvertures Presses Pocket dont je parle ici) ou si c’est une vague de nostalgie due à Valérian -(qui est, contrairement à ce que certains esprits un peu obtus propagent, un sacré bon film… – du moins si l’on sait y voir toutes les références de SF qui s’y cachent – on en reparle dans 10 ans, comme pour le « 5ème élément » )- mais quand j’ai cherché « un livre qui se déroule sur un autre continent« , une seule idée m’est restée: si on part, partons loin, sur des continents inconnus ….et extra-planétaires.

Direction la planète géante de Majipoor!
Le cycle de Majipoor est une série mêlant fantasy et science-fiction (science fantasy).

Le 1er tome a été publié en 1980.

Majipoor est une planète gigantesque où des colons humains se sont installés après avoir quitté la Terre. Ce monde géant et fantastique sert de cadre à la série de romans écrits  par  Robert Silverberg.

Initié par « Le château de Lord Valentin », le cycle de Majipoor offre un cadre splendide et vaste (les continents sont gigantesques)

Les humains qui s’installent sur cette planète doivent composer avec les indigènes : les Piurivars, appelés communément changeformes ou métamorphes en raison de leur faculté à modifier leur apparence,

D’autres races extra-terrestres intelligentes arrivent sur Majipoor,  puisqe  les humains ne sont pas assez nombreux pour remplir les immensités de la planète :

-les Vroons, minuscules créatures possédant de nombreux tentacules, un bec et des yeux dorés ;

-les Skandars, géants hirsutes à quatre bras ;

-les Hjorts, à la peau grumeleuse couleur de cendre, à l’allure de crapaud et à la bouche remplie de cartilages masticatoires plutôt que de dents ;

-les Ghayrogs, créatures d’allure reptilienne, mais en réalité mammifères ovipares ;

-les Liis, une race à la tête large, à la peau noire et possédant trois yeux rouges ;

– les Su-suheris bicéphales

Géographiquement, Majipoor est formé de trois continents :

Alhanroel est le plus grand et le plus peuplé, Zimroel compte quelques grandes cités au milieu de forêts gigantesques tandis Suvrael, le continent du Sud, n’est qu’un vaste désert torride.

La géographie de Majipoor

version BD:

Dans le cycle de Majipoor, Silverberg nous fait découvrir un monde dépaysant tout en abordant des questions bien humaines (quête de l’identité, de soi-même; pacifisme; pouvoir et institutions, etc…)

« Avec Majipoor,  Silverberg a puisé dans l’histoire de l’humanité et dans sa culture ethnologique pour en tirer un monde incroyablement éloigné de la sf classique », argumente Gérard Klein dans sa préface au premier volume. En effet, institutions aristocratiques, magie et sorcellerie, bande de saltimbanques parcourant la planète, dès les premières lignes, le lecteur comprendra pourquoi l’ambiance médiévale de Majipoor, n’échappe à personne. Et qui dit médiéval, dit Fantasy. Et la SF dans tout ça ?

On compare souvent Majipoor à l’oeuvre d’un autre grand de la science-fiction, Jack Vance, qui cultive aussi depuis ses débuts, un goût marqué pour le dépaysement (cycle de Tschaï, (Le Chasch 1968, Le Wankh et le Dirdir en 1969, et le Pnume 1970), (source )

C’est aussi ce qui m’avait amené à lire « Le château de Lord Valentin » (et donc, à me faire happer par cet univers): étant tombée quasi en amour des romans de Jack Vance quand j’avais 14/15 ans, j’avais cherché un univers aussi passionnant. « Le Château de Lord Valentin » venait alors de paraître (nous sommes dans les années 80) et, logiquement, je m’embarquai alors pour un voyage direct pour Majipoor.
Entre fantasy et SF, le cycle de Silverberg est dense et intelligemment pensé.

Je ne peux que le recommander ( à lire aussi en BD).

 

Bonnes lectures et à bientôt!

Les couvertures SF de Siudmak #L’été de l’art 6

 

Wojtek Siudmak

 

Le regard gourmand 

Pour:

 

« Né  en octobre 1942 à Wielun, Pologne,Wojtek Siudmak commence ses études en Arts plastiques dès le collège avant d’intégrer l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie en 1961, un cursus qu’il poursuit jusqu’à sa venue en France en 1966 où il fréquente l’École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris en 1967 et 1968.

Sa carrière prend un essor inattendu dans les années 70 où, entre deux expositions et une affiche pour le Festival de Cannes de 1977, il commence à travailler pour diverses maisons d’édition spécialisées dans les genres de l’Imaginaire, et en particulier la science-fiction et la fantasy. À l’instar de nombreux autres artistes de l’époque, Siudmak utilise ce chemin détourné pour explorer les moindres recoins de la voie qu’il s’est choisie, une expression à travers la peinture qu’il appelle « hyperréalisme fantastique » ; ainsi, ses toiles trouvent vite un écho naturel chez Jacques Goimard, alors directeur de la collection science-fiction chez Presses Pocket dont il illustre tous les numéros. »

 

Celui-ci, aussi, pour illustrer l’un des MZ Bradley chez P.P :

 

Pour « Le messie de Dune »:

 

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Filaments du destin:

 

et tant d’autres couvertures PP…(liste ici)

Throwback Thursday Livresque:Epoque favorite

 

C’est jeudi, c’est TBTL!

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

Le thème de cette semaine: Mon époque préférée

 

L’Antiquité a souvent eu ma préférence et ceci, depuis l’enfance. Je me suis beaucoup évadée via les livres quand j’étais gosse, autant historiquement que géographiquement. je dois remercier mes deux parents pour m’avoir donné ce goût de l‘ailleurs – peu importe lequel.

Le dieu du Nil par Pays

 

Parmi mes lectures de jeunesse, la collection « Signes de Piste » (Fleurus) a beaucoup contribué à mes voyages dans le temps. Jean-François Pays (ici, une interview pour mieux découvrir cet auteur) a écrit des romans divers dont celui-ci: Le dieu du Nil.

La guerre civile est aux portes de Thèbes. Et voila qu’est couronné, à Karnak, un pharaon de seulement neuf ans : Toutankhamon. Quand on ouvrira sa tombe, 32 siècles plus tard, on découvrira au cou de ce jeune mort de dix-huit ans, un collier de bleuets, plus frais que s’ils avaient été cueillis la veille.
Voici l’histoire de Toutankhamon et de Sélanké, une histoire étonnante qui n’avait jamais été contée, aussi fraîche que l’étonnant collier de bleuets.
L’auteur de la trilogie du Signe de Rome, donne ici une marque supplémentaire de son incontestable talent.

 

Le Moyen-Age est une période que j’ai appris à apprécier plus tardivement.  J’aime les polars médiévaux d’Andrea H.Japp, qui se passent en France. (Japp est diabolique, ses romans aussi).

1304.
La France est déchirée par la rivalité entre le roi Philippe le Bel, l’Église et le très puissant ordre des Templiers. La belle Agnès de Souarcy, jeune veuve au caractère bien trempé, va voir son destin basculer sans comprendre à quel point il est lié aux intérêts du royaume et de la chrétienté. Pourquoi son demi-frère, Eudes de Larnay, la fait-il traîner devant les tribunaux de l’Inquisition ? D’où viennent ces missives évoquant le  » sang divin « , qui portent le sceau papal et dont les messagers sont systématiquement assassinés ? Leurs cadavres sont retrouvés çà et là, carbonisés, sans pourtant qu’aucune trace de combustion apparaisse.
Qu’a découvert le petit Clément, protégé d’Agnès, dans la bibliothèque secrète de l’abbaye de femmes des Clairets ? Et que cherche Nicolas Florin, ce grand inquisiteur dont les excès de cruauté font frémir ?

Je pense aussi à la série de Peter Tremayne:

 Sœur Fidelma est une série de romans policiers de l’écrivain irlandais Peter Tremayne (pseudonyme de Peter Beresford Ellis). L’héroïne de la série, sœur Fidelma de Kildare, est une religieuse de l’Église irlandaise du viie siècle. Elle est également une juriste. Les romans sont édités en français par 10/18 dans la collection Grands détectives.

Un petit saut vers la Renaissance, et plus particulièrement, l’ ère élisabéthaine ( ok,on sait que j’ai un morceau de coeur en Angleterre).
Autre série policière, à la cour d’Elizabeth 1ère avec les enquêtes d’ Ursula Blanchard, toujours chez 10/18, signées Fiona Buckley.

Deux ans après son couronnement, Élisabeth 1re d’Angleterre, que l’on croyait inexpérimentée, est devenue une souveraine au jugement implacable, respectée de la Cour et de l’Europe entière.
Mais derrière les révérences et les serments se cachent bien des ambitions et des amours secrètes, et Élisabeth doit s’entourer des soutiens les plus sûrs… Parmi eux, Ursula Blanchard, une jeune veuve sans le sou promue dame d’honneur, devient bientôt son plus fidèle agent. Dans cette première aventure, Ursula doit faire taire d’inquiétantes rumeurs : le favori de la reine, le beau Lord Dudley, est soupçonné de vouloir tuer sa femme pour devenir prince consort.
Dans une Cour où la moindre parole malheureuse conduit au billot, la jeune dame d’honneur devra user de toute sa finesse et de sa discrétion.

Fin XIXème…

Je vais faire un plus grand bond et vous emmener à la fin du XIXème siècle/début XXème, une période que j’aime aussi (décidément..). Et voici l’une de mes séries policières préférées…

« Claude Izner » est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb (née 06/01/1940) et Laurence Korb (née 10/04/1951, également connue sous le nom de Laurence Lefèvre), utilisé pour signer, depuis 2003, les romans policiers de la série « Les Enquêtes de Victor Legris ».

 

1920/1930

L’un des romans ancrés dans ces années folles qui me revient à l’esprit est « Chrysis » de Jim Fergus (sinon, je peux citer de nombreux ouvrages consacrés à Louise Brooks, qui reste l’une de mes actrices/modèles préférés).

 

1925. Gabrielle “Chrysis” Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à L’Atelier de Peinture des Élèves Femmes de L’École des Beaux-Arts, pour travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de George Braque. Exigeant, colérique, cassant, Humbert, âgé de 83 ans, règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes. Mais malgré toute son expérience, il va vite se rendre compte que Chrysis n’est pas une élève comme les autres. Précoce, volontaire, passionnée et douée d’un véritable talent, cet esprit libre et rebelle bouscule son milieu privilégié et un monde de l’art où les hommes jouissent de tous les privilèges. Elle ne tardera pas à se perdre dans les plaisirs désinvoltes et à devenir l’une des grandes figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des années folles. C’est là qu’elle va rencontrer Bogey Lambert, un cow-boy américain sorti de la légion étrangère, avec qui elle va vivre une folle histoire d’amour.

1950/60

Le roman qui suit a été quasiment l’un de ceux de mon adolescence (avec le film de Coppola pour son adaptation). On ne sort pas indemne de beau roman de S.E Hinton

1966. Tucsa, Oklahoma. Deux bandes rivales, les Socs – la jeunesse dorée de la ville – et les Greasers – sortes de blousons noirs aux cheveux gominés –, se livrent une guerre sans merci.

Ponyboy Curtis, quatorze ans, est un Greaser. Il traîne dans les rues avec ses copains qui, comme lui, sont des loubards. Mais le meurtre d’un Soc bouleverse brutalement sa vie insouciante, le mettant hors la loi. Au fil d’événements dramatiques, le jeune garçon va devenir adulte et faire l’apprentissage de l’amour et de la mort. Devenu un best-seller, « Outsiders » a été adapté au cinéma par Francis Ford Coppola, avec Matt Dillon dans le rôle principal.

Je vais m’arrêter là, mais la liste pourrait être très longue.

Bonnes lectures!

 

Minute, papillon! #6

 

– Hey, minute, papillon! gronda l’Ours.
Un instant, Dame Papillon s’arrêta de voler pour lui narrer sa semaine.
– Mieux que ça, Lady B.! Allez, je vous écoute! ajouta l’Ours en se tartinant une autre tranche pain avec le miel qu’il avait devant lui. Humpf, z’en voulez? fit-il après un instant de réflexion.
– Non, merci quand même. Tant de miel., j’aurais le vol lourd….
L’Ours haussa ses épaules de fourrure. Est-ce qu’il se préoccupait de ses bourrelets, lui?
-Le miel, c’est la vie! finit-il par grommeler dans barbiche.
-Vous disiez?
-Non, rien…
-Minute, papillon! Vous ne pouvez pas commencer à parler et puis, vous taire, ainsi, voyons, l’Ours…

L’Ours, les patounes autour de son pot de miel, n’en crut pas ses oreilles duveteuses. Comment? cette Dame Papillon avait un sacré toupet! (On ne parlait pas comme ça à sieur l’Ours! Enfin, out le monde sait qu’un Ours, ça a sa fierté, oui, ou miel!

Semaine bien remplie (pro, hobby, expos, amitiés).

 

Du côté des lectures:

Après avoir fini le très bon/beau livre de Ned Vizzini, je suis restée un peu K.O (parce que touchée par le thème, parce que…). Les éditions La Belle Colère publient vraiment des trésors.

Comme beaucoup d’adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l’une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d’un an, il ne mange plus, ne dort plus, n’arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d’autre solution que de fumer de l’herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d’anxiété, d’inquiétudes, de peurs qui l’acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ?

Dans ce roman tendre et émouvant, inspiré d’un séjour qu’il a effectué en hôpital psychiatrique, Ned Vizzini aborde ses propres démons, son long combat contre cette maladie qui l’accable depuis des années. D’un sujet aussi délicat et tabou que la dépression adolescente, Vizzini crée un livre tout à la fois drôle et empreint d’espoir.

Je me suis ensuite aventurée sur un terrain qui, d’habitude, ne me fait pas peur (tout en y étant sensible): la Shoah.


Elle avait les yeux verts, d’Arnošt Lustig, aborde le sujet sans sombrer dans l’horreur, qui pose cette question: jusqu’on où peut-on aller pour survivre?

Les cheveux rouges et les yeux verts, elle se trouve sur la rampe de tri à Auschwitz. Elle survit. Une fois, deux fois, juste parce qu’elle sait saisir l’occasion, juste parce qu’elle n’a pas le choix. Hanka se fait prostituée dans un bordel militaire. D’une écriture limpide, sur le fil du rasoir, Arnošt Lustig imagine le destin peu ordinaire d’une jeune fille qui, face à l’inattendu, choisit coûte que coûte la vie et l’espoi

Pour finir la semaine, 2 romans chez Zulma:

Et pour continuer mon exploration de la littérature coréenne: Shim Chong, fille vendue, du romancier Hwang Sok-yong.

Nous sommes à la fin du XIXème siècle. En ces temps de disette et de corruption, la traite des enfants est un commerce qui alimente un immense trafic mafieux dans toute l’Asie du sud-est. Shim Chong n’échappe pas à la règle: vendue adolescente, elle va connaître tous les aléas d’un négoce sexuel florissant, des rives du fleuve Jaune aux ports de Shanghai, Taiwan pu Singapour, de la prostitution la plus sordide à la haute courtisanerie des geishas.

Le parcours initiatique de la jeune Shim Chong s’inscrit de façon magistrale dans une impressionnante saga de la prostitution et des métiers de la séduction à une période charnière où l’Asie, sur fond de guerre de l’opium et de trafic d’armes, s’ouvre aux impérialismes occidentaux.

Je suis captivée pour l’instant par ce roman.

Autre culture, direction l’Islande avec Auður Ava Olafsdottir et Le rouge vif de la rhubarbe. 

La petite Ágústína, à son habitude, est descendue seule sur la plage à l’aide de ses béquilles et la force de ses bras pour méditer sur l’inconstance de la vie. Il y a longtemps que sa mère, universitaire émérite partie explorer les espèces migratoires aux antipodes, l’a confiée à la bonne Nína, experte en confitures de rhubarbe, boudins au sang de mouton et autres délices. Avec pour père de substitution épisodique Vermandur le bricoleur au grand cœur, celui-là même qui vit accoucher en catastrophe la mère célibataire d’Ágústína sur la banquette arrière de sa vieille automobile.

Mes aventures sur Duolingo deviennent amusantes – avec des phrases un peu improbables:

 

Photos:

Micr'home

Un tour dans Nantes, sous la chaleur à nouveau, mardi.

Nous avons fini par …succomber à l’appel du thé (glacé) chez Chapitre T

Suite de mon exploration du VAN (le Voyage à Nantes) 2017, avec l’expo HR Giger au Lieu Unique. (je fais le post-traitement pour un article sur LeyArts).
Bémol pour les photographes: c’est très peu éclairé.

Cette semaine, c’était aussi:

Oui, il y a 33 ans sortait un  (très bon) album: Ride the Lightning. L’un de mes préférés de Metallica.

La saison 7 de Game of Thrones avance… doucement. J’ai l’impression que nous aurons fini cette saison sans que l’histoire nous réserve beaucoup de surprises.

Musique

Un gros coup de coeur pour le (gros) son de Shaka Ponk:

J’ai passé quelques minutes avec ça (en échangeant avec d’autres pour savoir s’ils chantaient…heu…grognaient…en anglais). La musique est bien, je trouve, mais je suis imperméable au chant:

Très différente, cette reprise de Soundgarden par Norah Jones:

Ma tête... par ma fille Aly.

Bonne fin de week-end et bonne semaine!

Throwback Thursday: Fais-moi lire !

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Cette semaine, « fais-moi lire! »

Je peux comprendre que ce thème (conseiller 1 livre – 1 seul – à quelqu’un qui lit peu ou pas) peut faire peur. Il est beaucoup plus aisé à aborder quand on est habitué à le faire, grâce à sa formation initiale.
Par contre, il est illusoire de croire qu’on peut proposer un seul livre. Un truc très simple: toujours donner le choix au lecteur potentiel car, au final, c’est lui-elle qui doit en avoir l’idée et se dire « j’ai trouvé! ».
Ensuite, le plus important est d’écouter la personne qu’on a en face de soi (en écoute active ).
Et ceci, sans oublier de poser quelques questions, bien ciblées.
Alors, oui, c’est parfois ardu (et c’est pour ça que libraire ou bibliothécaire…comment dire…ça ne s’improvise pas^^).

En quelques mots:

Penser aux romans courts pour ceux qui fuient devant le nombre de pages.
(même si un roman court n’est pas forcément plus aisé, mais ceci est une autre histoire). Imaginons quelqu’un qui dit lire peu ou pas parce que « les livres, ça me fait peur quand c’est trop long et en plus, j’ai la flemme/(variante): j’ai pas le temps ».

Eviter de faire l’impasse sur les classiques (certains sont, contrairement aux idées reçues, très accessible).

Proposer plusieurs genres (penser: polars, SF, fantasy….mais aussi: BD, roman graphique, manga)

Eviter de se cantonner aux genres dits « faciles » (chick-lit, YA, jeunesse,  romance) – parce que ça ne l’est pas forcément (facile).

Penser à sortir du modèle « roman »: essai, autobiographies, théâtre (les dialogues se lisent bien pour ceux qui sont rebutés par les descriptions), poésie, etc….

….et si ça ne fonctionne toujours pas, se dire que ne pas lire, ce n’est pas une tare, ce n’est pas une honte ni une malédiction. (je pense aux nombreux d’analphabétisme, en France, par ex. ). Car, dire « tout le monde lit, même un peu » sous-entend que « tout le monde a appris à lire »…
Il est surprenant de constater que, malgré la scolarisation obligatoire, il y a beaucoup plus d’exemples de personnes qui savent lire mais très mal qu’on ne croit. Ceci génère de la honte mais souvent aussi un désir de lire (de savoir lire, mieux ou lire, tout simplement).

Quelques idées en vrac:

Classiques:

  • Le joueur d’échecs  (Stephan Zweig)

Nombre de pages : moins de 100.

L’histoire : Czentowicz, champion d’échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu’à l’entrée en scène de Monsieur B.

 

  • Exercices de style
    Raymond Queneau

 

Le narrateur prend le bus à une heure d’affluence. Il voit un jeune-homme s’énerver contre un voisin qui, dit-il, le bouscule dès que passe quelqu’un.

Littérature américaine:

Mon chien stupide/ John Fante

« Il était un chien, pas un homme, un simple animal qui en temps voulu deviendrait mon ami, emplirait mon esprit de fierté, de drôlerie et d’absurdités. Il était plus proche de Dieu que je ne le serais jamais, il ne savait ni lire ni écrire, et cela aussi était une bonne chose. C’était un misfit et j’étais un misfit. J’allais me battre et perdre ; lui se battrait et gagnerait. »

Un Fante, ça passe tout seul.

Romance et classique:

  • Le blé en herbe – Colette

« Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare ».
Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

Avec délicatesse, Colette excelle à évoquer l’éveil de la sensualité, la douloureuse initiation à l’amour et à la vie. »

 

Le fantastique abordé d’une autre façon:(nouvelles)

  • Les âmes secrètes -Julio Cortazar

Ces nouvelles traitent du thème du rêve, du double, du labyrinthe. « Les cinq textes […] révèlent la face démesurée, sublime et horripilante du quotidien

Impossible de résumer en deux lignes cet excellent recueil de nouvelles écrites par un Cortazar captivant (écriture limpide).

Le polar:

  • Six fourmis blanches – Sandrine Collette

Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches… Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

SF:

Barjavel, bien sûr

La liste pourrait être beaucoup plus longue mais je vais terminer ici.
En vous conseillant les propositions de mes collègues blogueuses (Tanuki ; June).

Bonnes lectures!

 

Minute papillon! #5

– Hey, minute, papillon! gronda l’Ours.
Un instant, Dame Papillon s’arrêta de voler pour lui narrer sa semaine.
– Mieux que ça, Lady B.! Allez, je vous écoute! ajouta l’Ours en se tartinant une autre tranche pain avec le miel qu’il avait devant lui. Humpf, z’en voulez? fit-il après un instant de réflexion.
– Non, merci quand même. Tant de miel., j’aurais le vol lourd….
L’Ours haussa ses épaules de fourrure. Est-ce qu’il se préoccupait de ses bourrelets, lui?
-Le miel, c’est la vie! finit-il par grommeler dans barbiche.
-Vous disiez?
-Non, rien…
-Minute, papillon! Vous ne pouvez pas commencer à parler et puis, vous taire, ainsi, voyons, l’Ours…

L’Ours, les patounes autour de son pot de miel, n’en crut pas ses oreilles duveteuses. Comment? cette Dame Papillon avait un sacré toupet! (On ne parlait pas comme ça à sieur l’Ours! (tout le monde sait qu’un Ours, ça a sa fierté).

Semaine bien chargée en sorties/expos malgré le temps instable.

Du côté des lectures:

Fini deux bons livres, très différents (et c’est ce que j’aime^^):

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

La vie parfaite est un parfait mensonge. Adolescente, TifAni FaNelli a connu, à la prestigieuse Bradley School, une terrible humiliation publique qui l’a contrainte à se réinventer totalement. Aujourd’hui, elle a un boulot glamour, une garde-robe hors de prix et un fiancé beau et riche. Elle
est à deux doigts de cette vie parfaite qu’elle a tant travaillé à obtenir. Mais TifAni a un secret. Son passé, qui n’a cessé de la hanter, menace de resurgir et de tout détruire sur son passage. Premier roman de Jessica Knoll, American Girl est un page-turner implacable.
J’ai poursuivi -sans assiduité, je dois le dire – mes aventures sur Duolingo. Jolis progrès en allemand. Pour l’espagnol, je trouve ça trop simple. (je pensais avoir vraiment oublié alors que…ben, non ).
Je sens que savoir dire "Les mouches boivent de l'eau" va m'être très utile quand je retournerai en Allemagne

Photos, photos et encore photos!
Lundi dernier,: caniculaire…visite de l’expo « Entrez libre! » (photos ici sur mon autre blog)

Mercredi, sous la bruine nantaise: expo « Les esprits, l’Or et le chaman » au Château des Ducs. 

 

 

Enfin, jeudi, à la médiathèque Hermeland, expo Victor Hussenot

Très belles aquarelles

Sieur Chours et moi avons retrouvé avec plaisir Game of Thrones. (et j’ai appris que le prochain tome ne sera pas forcément pour 2018...Je commence à réellement détester GRR.Martin)
J’ai été comblée en suivant à distance la  San Diego Comic Con (j’adorerais y aller). toutes ces bandes-annonces! Toutes ces séries!

Negan au début ! (TWD s.8)

Gotham s.4

Tom Ellis! Lucifer S.3

Stranger Things s.2

Defenders

Voilà, cela fait 10 ans que « Les reliques de la mort » sont sorties

Pour moi, cela fait 10 ans que je me suis lancée dans la fan fiction…

Pour finir, un tour au cinéma:

J’avais gagné des places pour aller voir Spiderman: Homecoming. Nous en avons profité hier!

Musique!

Triste nouvelle: le suicide de Chester Benington (Linkin Park) après celui de Chris Cornell.

Découvertes musicales de la semaine: Lina Sleibi, chanteuse palestinienne:

Juan Carlos Cano:

Et côté Kpop:
Sortie du nouvel album d’EXO

Avec un visuel …sympa:

En général, vous pouvez suivre tout ça sur mon Instagram (dans la story principalement) 

Bonne fin de week-end et bonne semaine

 

Throwback Thursday Livresque: Tatoué(e)

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

Et cette semaine? Tatoué-e

Les tatouages dont je vais parler à présent sont plus que présents: ils sont le fil conducteur d’une série.
Bien sûr, l’histoire se déroulant dans un univers imaginaires, les tatouages revêtent un caractère magique: ce sont des runes protectrices.

Peter V.Brett - The painted man

Il y a parfois de très bonnes raisons d avoir peur du noir…Dans le monde d Arlen, dès que le soleil se couche, les démons sortent de terre et dévorent les êtres vivants. Le seul espoir de survie : s abriter derrière les runes magiques qui repoussent ces monstres. Seule une poignée de Messagers brave la nuit.Mais lorsqu’une terrible tragédie le frappe, le jeune Arlen décide qu il ne veut plus vivre dans la peur : il quitte sa ferme et part sur les routes en quête d un moyen de vaincre les démons.

Depuis trois cent ans, les démons se lèvent chaque nuit pour attaquer les hommes et semer le chaos. Les perpétuelles offensives ont mené l’humanité à la déchéance, passant d’un âge d’or technologiquement avancé à un âge sombre et peu évolué. Seules les runes magiques protègent les humains des démons. Ces symboles peints ou gravés forment des barrières protectrices autour des constructions humaines. Ces runes sont malgré tout fragiles et faillibles. Deux hommes vont se lever contre cet état de fait et s’opposer pour diriger la guerre qui mettra fin à la présence des démons sur la terre.

Les deux premiers tomes de la série sont terriblement addictifs. Le 3 ème est un cran en dessous. De la fantasy agréable à lire, l’auteur ayant su créer un véritable univers (qui se tient).

 

Bonnes lectures!

Throwback Thursday Livresque: Douce France….

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

Cette semaine: France
(un livre écrit en France ou dont l’action se situe en partie en France)

Ma  » douce France », c’est autant celle des endroits où j’ai vécu que celle des lieux que j’ai traversés . Les seconds étant très nombreux (du nord au sud, en passant par le centre, l’est et l’ouest, jusqu’en Corse), j’ai choisi de me fixer sur les premiers.

Si je suis de l’ouest, j’ai passé plus de vingt ans en région parisienne. Je suis aujourd’hui revenue sur les terres nantaises mais je peux dire que je me sens toujours autant banlieusarde (93  forever et j’en suis fière).

Quand je pense à Paris, je pense surtout à la banlieue nord. Et à la tendresse, à l’affection que j’ai pour ce coin de France trop souvent (toujours?) décrié. Peu importe…
Le 93, la banlieue nord, c’est Didier Daeninckx qui en parle le mieux, sans fioritures, avec une élégance dans l’écriture qui fait de lui un grand auteur.
On le retrouve dans ce recueil de nouvelles, en compagnie de Jean-Bernard Pouy et de Jean-Hugues Oppel, pour ne citer qu’eux.

Paris et banlieue parisienne 

 

Pour quitter la rive droite, la Rive Noire, il faut passer la Seine. On ne s’approche pas d’un sud plus chaud ou coloré, on ne pénètre pas le ghetto politique, on n’entre pas dans le territoire de l’intelligentsia. On arrive sur la Rive Glauque. Ces six récits, issus du cerveau vaguement désespéré d’auteurs de romans noirs et de « polars », dressent un tableau plus angoissé qu’angoissant d’une métropole à l’aube du passage dans un autre millénaire. Les lumières de la Ville brûlent de la lueur grise des lendemains qui ne chantent pas. Déambulations qui ressemblent à du sur-place, regards cyniques qui n’oublient pas la politesse de l’humour, ces histoires nous ramènent du côté obscur du parisianisme et noircissent à l’envi une carte postale où ce qui est central n’est plus ce qui est capital.

Philippe Sollers et autres petits soucis parisiens / Hervé Prudon —
Passage d’Enfer / Didier Daeninckx —
Tout le monde sait où c’est, Alésia / Jean-Hugues Oppel —
Transports amoureux / Jean-Jacques Reboux —
Trouillard au pont de Tolbiac / Bertrand Delcour —
Un / Jean-Bernard Pouy.

Nantes (et autour de…)

S’il n’y avait qu’un écrivain pour parler de Nantes, je dirais: Gracq!
L’auteur angevin écrit sur ses années d’internat au lycée Clemenceau (bien connu des nantais) et sur la ville .

« Le cœur de Nantes battra toujours pour moi avec les coups de timbre métalliques des vieux tramways jaunes virant devant l’aubette de la place du Commerce, dans le soleil du dimanche matin de mes sorties — jaunet et jeune, et râpeux comme le muscadet.  » Julien Gracq

C’est aussi le Nantes de Jules Verne, d’André Breton, de Jacques Vaché.

Gracq propose d’accompagner le lecteur dans Nantes, en suivant des itinéraires égrenés de souvenirs autobiographiques de rêveries, de lectures… par le jeu, donc, des différentes représentations (géographiques, fictives, autobiographiques) qui s’y croisent, s’y entrelacent, l’auteur restitue l’intrication fondamentale du sujet avec l’espace de la ville.

Gracq définit ici un forme narrative propre, à mi-chemin entre l’autobiographie et l’étude topographique de la ville, forme qui inclut ces genres tout en les tenant à l’écart. (source)

Pour terminer, cette douce France reste toujours pour moi celle d’un métissage, de cultures entremêlées, à jamais….

A bientôt! bonnes lectures!