Premières lignes #2décembre

 

Les Premières lignes de cette semaine proviennent d’un roman qui a reçu en France le Prix des Lecteurs en littérature étrangère (Livre de Poche). Ayant fait partie du jury pour la section Polars, j’ai eu la chance de recevoir le livre.

 

 

 

 

 

Et je n’ai pas été déçue. Ce premier roman est magistralement bien pensé.
La structure n’était pas forcément évidente puisque nous partons du Ghana, où une femme donne naissance à deux filles issues de deux unions. Les deux soeurs ne se rencontreront jamais et suivront un chemin diamétralement opposés: Effia se marie au gouverneur blanc du Fort de Cape Coast, dans l’un de ces forts où les négriers regroupaient les futurs esclaves destinés à être déportés. Sa demi-soeur Esi fera partie de ses esclaves.

 

Nous suivons alors les descendants d’Effia et d’Esi, en Afrique et en Amérique.
Chaque chapitre est consacré à l’un des descendants, alternant la terre natale africaine et celle d’adoption, américaine.
Yaa Gyasi se dit très influencée par les contes et les légendes. Elle a réussi à mêler à son récit des histoires et des rêves qui apportent une dimension magique.
On ne se perd pas trop dans les différents personnages car, heureusement, un arbre généalogique est fourni au début du roman.

Le seul bémol est ce titre français: « no home« (?) alors que le titre original est « Homegoing ».

 

 

Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain.

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.

 

« (…) I think I was kind of constantly interacting, I guess, with really what the legacy of slavery is. You know, coming from a country, Ghana, that had a role in slavery, and then ending up in a place where slavery is still so strongly felt institutionally, as racism is still so strongly felt. The irony of that wasn’t lost on me. And I think, had I not grown up in Alabama, I don’t know that I would have ever written this book. »

— Yaa Gyasi, 2016 interview with Scott Simon

 

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Premières lignes #25novembre

 

Je change de registre pour les Premières Lignes de cette semaine avec une biographie. Je vous mets tout de suite dans l’ambiance :

 » Le 10 décembre 1936, un valet de pied annonce la nouvelle à Elisabeth Alexandra Mary Windsor, alors âgée de dix ans : son père va devenir roi par défaut, quatre jours avant son quarante et unième anniversaire. En effet, le frère de ce dernier, le roi Edouard VIII, vient d’abdiquer pour épouser Wallis Warfield Simpson, une américaine déjà divorcée deux fois. »

Nous voilà dans The Crown ou presque puisque Sally Bedell Smith signe ici une agréable biographie qui se lit aussi bien qu’un roman. L’écrivaine est une habituée du genre puisqu’elle a déjà écrit les biographies du Prince Charles ou de Lady Diana. On sent qu’elle a une affection particulière pour la famille royale d’Angleterre. Ici, on ne trouvera aucune critique de la reine. Si l’ouvrage se place en effet très en faveur des Windsor, il n’en est pas moins intéressant pour autant. Le tableau rendu est vivant et le sens de l’humour de la reine est mis en avant.

J’avais emprunté à la médiathèque par pure curiosité et par envie de lire autre chose qu’un roman ; je n’ai pas été déçue et je me suis vue dévorer ce pavé de presque 600 pages. Seules les années les plus récentes m’ont un peu lassée; peut-être parce que nous n’avons pas suffisamment de recul sur cette portion de l’Histoire ou que cela me paraissait trop frais dans ma mémoire.

Anglophiles, fans de The Crown ou du film The Queen, je ne peux que vous conseiller cette biographie.

 

Elisabeth II, la vie d’un monarque moderne
Editions des Equateurs
22/02/2018
Traduction  Elisa Rodriguez
26€

 

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Caïn – Dario Alcide

 

 

Résumé : Le centre 27-A abrite en permanence une dizaine d’enfants. Les règles y sont simples et permettent aux pensionnaires de s’épanouir malgré leurs handicaps. Tous profitent de leur séjour, sans poser de questions et dans une relative tranquillité, grâce à la bienveillance des animateurs.
Pourtant, l’arrivée d’un nouvel enfant, Caïn, va bien vite perturber la routine de l’établissement. Malgré son jeune âge, le garçon veut apprendre à lire et pose bien plus de questions que tous ses prédécesseurs réunis. Pourquoi tous les autres enfants sont-ils malades et pas lui ? Pourquoi aucun d’eux n’a de souvenirs de leur vie avant leur arrivée dans le centre ? Les animateurs sont-ils vraiment gentils ? Qu’est-ce que ce centre exactement ?
À mesure que son enquête avance, une certitude s’impose à l’esprit du jeune garçon : il va devoir fuir le centre…

C’est toujours une aventure spéciale que de lire et chroniquer un roman en auto-édition. On sent la motivation de l’auteur.e, on a envie de prendre part à cet élan, de donner toutes ses chances au livre – et parfois, comme pour n’importe quel autre livre, auto-édité ou non, on peut être déçu.
Cette fois, avec Caïn, j’ai trouvé la lecture agréable. Le style est fluide, le début avec le parti pris du point de vue de l’enfant (Caïn) est bien trouvé. Les autres points de vue sont bien choisis mais peut-être moins touchants que celui du petit garçon.
Je ne vais pas mentir : si j’ai aimé cette lecture, je n’ai pas été surprise. Il me faut des intrigues un poil plus retorses pour que je me casse la tête à me demander : » mais de quoi parle-t’on ? « . Très vite, j’avais compris le sujet du roman, les indices étant bien placés pour mettre le lecteur sur la voie (ex: les prénoms des enfants). Je ne me suis donc pas posée beaucoup de questions, le dénouement me paraissant logique.

Il reste que le livre se lit bien, que le thème est intéressant et pose des questions essentielles.
J’ai particulièrement apprécié cette fin ouverte qui laisse le lecteur dans l’expectative.
J’aurais juste un bémol au sujet des personnages, qui manquent un peu d’âme, de matière pour que le lecteur s’attache réellement à eux. On ressent une certaine mise à distance qui, si elle n’est pas forcément gênante à la lecture, a tendance à limiter l’émotionnel (à dessein ? ).

À propos du livre: 

Caïn
Auteur : Dario Alcide
Sortie : le 22 novembre 2018
ISBN papier : 978-2-9565405-0-2
219 pages
Prix broché : 12€
Prix E-book : 2.99€

 

Merci à l’auteur de m’avoir laissé lire Caïn en avant-première.

Note : Il y a un concours sur la page FB de l’auteur pour gagner un exemplaire papier (date limite jeudi 22/11 – 20h)

 

 

Sur le même thème (j’essaie de ne pas trop spoiler), quelques romans :  

 

 

 

 

Premières lignes #18novembre

 

Pour ces Premières lignes, voici le début d’un deuxième tome :

« Au printemps 1966, Lila, dans un état de grande fébrilité, me confia une boîte en métal contenant huit cahiers. Elle me dit qu’elle ne pouvait plus les garder chez elle car elle craignait que son mari ne les lise. »

 

 

Le nouveau nom suit directement le premier volume de la série L’amie prodigieuse (dont j’ai parlé ici)Ce tome est consacré à la fin de l’adolescence et à l’entrée dans l’âge adulte de Lila et d’Elena, toujours du point de vue d’Elena (Lenu).
Amours, études, déceptions, sur fond de contexte économique et politique; nous retrouvons  les deux amies et leur entourage, tout ce petit monde napolitain mis en place dans le premier volume.
J’ai trouvé ce deuxième tome plus captivant que le premier (la mise en place et les présentations des personnages n’étant plus à faire). On entre pleinement dans l’intimité des amies, on s’attache, on se révolte, on craint pour elles… Et finalement, le livre est déjà fini.
Elena Ferrante a passé la vitesse supérieure et c’est tant mieux !

A noter: la série vient d’être adaptée pour la TV (HBO), , une raison de plus pour lire les livres !

(1ère diffusion ce week-end)

 

Résumé :

« Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qu’elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia. L’air de la mer doit aider Lila à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. »

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Premières lignes #11novembre

En ce 11 novembre, non, je ne vais pas citer des Premières Lignes en relation avec l’Armistice. Je vais parler …de brumes :

 » Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l’appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur des déchets de poisson. Il avait oublié qu’il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13 ème arrondissement. « 

Pour les fidèles,  dès les premières lignes, on reconnaît le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, qu’on avait laissé en Islande dans le tome précédent: Temps glaciaires.

 

Cette fois, après un retour délicat en France, le commissaire va se pencher sur une affaire étrange qui va menacer de faire exploser son équipe (sédition au sein de la Brigade !) – une affaire de venin… et d’araignées recluses  (arachnophobes, ne craignez rien, j’ai pu lire sans problèmes les passages en lien avec les araignées alors que je suis gravement atteinte ^^) – ou bien parle-t’on d’une autre forme de réclusion ? La question restera longtemps en suspens…

Si vous avez déjà lu Fred Vargas, vous retomberez vite sous le charme de son écriture circulaire : on avance doucement, comme si de rien n’était, dans l’enquête – qui est, une fois de plus, brillante ! . Et si vous ne l’avez jamais lue, alors, prenez le temps de vous laisser capter par les brumes et les bulles gazeuses qui errent dans le cerveau du personnage d’Adamsberg.

Lire Vargas, c’est une gourmandise. On a l’impression à chaque fois de retrouver des potes (la Brigade, mais aussi Mathias, l’un des « évangélistes » rencontré pour la première fois dans « Debout les morts » qui vient ici donner un sacré coup de main ), on attend, on hésite et la magie opère au fil de dialogues décalés, d’idées saugrenues et de personnages fantasques.  Un exemple :

«  »- Raconte-moi cette femme qui t’a offert une araignée morte.
– Les hommes offrent bien des manteaux de fourrure. Quelle idée. Imagine-toi serrer dans te bras une femme qui porte soixante écureuils morts sur le dos.
– Tu vas porter ton araignée sur le dos ?
– Je l’ai déjà sur les épaules. Louis. » (dialogue Adamsberg/Veyrenc)

Mais si le commissaire peut paraître toujours aussi perché (le « pelleteur de nuages »), l’affaire dont il est question est ficelée avec brio – et fort bien documentée. Que dire de plus ? Il faut lire Fred Vargas !

 

 

«- Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais
dans quelles brumes avez-vous perdu la vue?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse?»
  • Editions Flammarion
  • Hors collection – Policier et thriller
  • Paru le 10/05/2017
  • Genre : Policiers, thrillers

 

Les Livres de Jakób – Olga Tokarczuk

 

Le livre est dense. C’est même plus une fresque qu’un roman. Olga Tokarczuk nous emmène dans un vaste voyage tout en lançant un véritable défi littéraire au fil des 1000 et quelques pages numérotées à rebours . On se laisse embarquer lentement car il faut être patient pour venir à bout de cette odyssée inspirée. Mais le jeu en vaut largement la chandelle ! Passionnant !

 

Olga Tokarczuk à propos de son roman :

« Comment vous est venue l’idée d’écrire sur le faux messie Jakob Frank ?

O.T :C’est le contexte historique dans lequel Jakob Frank a vécu qui m’a d’abord fascinée. Une époque où les Lumières prennent leur élan et engendrent de nouvelles visions de la société. Le système de croyances frankiste constitue un condensé assez chaotique, extrêmement fluide, voire explosif, de divers types d’hérésies. Il pousse ses racines dans un passé plus ou moins lointain, au-delà des marges du christianisme ou du judaïsme. Son origine première se situe dans le gnosticisme [mouvement religieux des premiers siècles du christianisme, persuadé de l’imminence de la fin du monde]. Or, il y a longtemps que je m’intéresse à ce thème. Un autre aspect, qui n’a rien de secondaire, tient au fait que Frank représente une figure complexe d’un immense intérêt psychologique » (source)

 

Résumé : Hérétique, schismatique, Juif converti à l’islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, magicien, tour à tour misérable et richissime, Jakób Frank a traversé l’Europe des Lumières comme la mèche allumée d’un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n’y avait qu’un pas – et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant très simple : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect de tous.

 

La vie de ce personnage historique est tellement stupéfiante qu’elle semble imaginaire. Un critique polonais dit qu’il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l’écrire. On y retrouve les tragédies du temps, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l’on peine, l’étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu’on raconte aux petits enfants, les mariages où l’on danse, les rires et les premiers baisers.

 

Cette épopée universelle sur l’émancipation, la culture et le désir est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l’oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu’elle soit religieuse ou philosophique.

 

Ainsi que le dit le père Chmielowski, l’autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».

Les Livres de Jakób, par Olga Tokarczuk,
traduit du polonais par Maryla Laurent,
Noir sur Blanc, 1040 p., 29 euros.

Prix Nike 2015 (Pologne)

Prix Transfuge 2018 du Meilleur roman européen

Finaliste Prix Femina étranger 2018

 

Merci à Net Galley et aux éditions Noir et Blanc pour cette lecture. 

Premières lignes #4novembre

On change de destination pour ces Premières Lignes : direction le Nord de l’Europe, cette fois! On embarque pour un recueil de nouvelles avec Katarina Mazetti (Le mec de la tombe d’à côté; Mon doudou divin; Les larmes de Tarzan, etc…) :

 » Comment a-t’on pu se retrouver aussi nombreux pour le repas de Noël ? Je n’en reviens pas. On ne devait être que quatre cette année. Et voilà qu’en regardant ma table, je voyais neuf personnes, plus un nourrisson en train de jacasser ! « 

Le ton est donné dès cette première nouvelle (Au diable Dowton Abbey !) : on va parler familles recomposées, ex- , enfants des ex, belle-famille (ancienne et nouvelle), couple, fin de couple…

Et si la première nouvelle est menée tambour battant, toutes ont un ton différent, jamais dénué d’humour. Parfois, (souvent), la nostalgie est de mise, la tendresse, le rire, la tristesse aussi. Car, en parlant divorces, l’autrice n’oublie pas de nous rappeler que le deuxième traumatisme le plus aigu après la perte d’un proche  est justement le divorce.

On rit, on est ému mais surtout, on apprécie chacune de ses mini-histoires, dont certaines se suivent.
Que dire de plus ? J’aime l’écriture de Mazetti depuis que j’ai lu Les larmes de Tarzan, en 2007, à sa sortie. J’ai lu tout ce qui a été traduit en français, romans pour adultes comme pour les plus jeunes. (Je suis un peu fan, quand même….)
Ces Petites histoires… sont encore une fois une réussite.

 

Résumé :
« On a toujours mille et une raisons de divorcer… et de le regretter !
Ces Petites histoires croquent avec délices les travers de chacun, la difficulté d’avoir envie des mêmes choses AU-DELÀ de cinq ans de vie commune, l’exigence d’exister AUSSI comme individu. Quelques portraits au vitriol : homme ou femme, divorcés, enfin seuls ! enfin libres ! mais… libres de quoi, déjà ? Car la vie est cruelle : une fois seul(e), pourquoi faut-il que ce qui nous agaçait le plus nous manque soudain ? Comme si le divorce était le meilleur moyen de se retrouver à gérer l’emploi du temps de 8 personnes une semaine sur deux…
C’est caustique et gouleyant, c’est Katarina Mazetti. »  (Gaïa)

 

 

 

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Premières lignes #28octobre

Cap au sud, cette semaine pour ces Premières Lignes ! Filons vite vers des températures plus clémentes ( c’est un effet placebo, je crois, dû au fait que j’écris cet article sans chauffage, avec 5°c dehors…. Je vais bientôt devoir taper avec des moufles!)

 » Ce matin, Rino m’a téléphoné, j’ai cru qu’il  voulait encore de l’argent et me suis préparée à le lui refuser. Mais le motif de son appel était tout autre : sa mère avait disparu.
– Depuis combien de temps ?
– Quinze jours.
– Et c’est maintenant que tu m’appelles ? « 

Nous voici à Naples, durant les années 50. Elena Ferrante (cette énigme littéraire)  a su captiver des millions de lecteurs depuis 2011.
J’entendais encore récemment, une dame demander à la libraire si elle pouvait lui trouver une saga aussi passionnante et dixit la lectrice « facile à lire ».
De là, est né un dialogue assez intéressant entre deux lectrices et la libraire pour savoir si, réellement, le cycle de « L’amie prodigieuse »était une « lecture facile » , une lecture accessible au grand public ou bien de la littérature plus « soutenue ». Je ne trancherai pas sur ce point car, pour l’instant, je m’imprègne de ce premier tome qui met en place lieux, personnages, liens entre les personnes…

Si j’ai trouvé le début un peu fastidieux, le roman prend rapidement son rythme. J’ai un peu l’impression de me plonger à nouveau dans une suite familiale du type « La symphonie du hasard « lue il y a peu. On retrouve de nombreux ingrédients communs.
Quant à savoir si ce cycle saura me plaire autant, il est encore trop tôt pour le dire (à suivre, donc).

 

Résumé : Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l’école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. Elena, elle, est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l’envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des familles aisées. Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s’entraident ou s’en prennent l’une à l’autre. Leurs chemins parfois se croisent et d’autres fois s’écartent, avec pour toile de fond une Naples en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, non sans ruptures ni souffrances, à l’aube de l’âge adulte.
Formidable voyage dans Naples et dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu’au plus profond de leur âme.

Gallimard 

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Comment t’écrire adieu – Juliette Arnaud

 

 

Premier roman adultes de la chroniqueuse-comédienne Juliette Arnaud, « Comment t’écrire adieu »  retrace le deuil d’une histoire d’amour, ponctué par des morceaux de musique qui ont marqué l’auteure.

« Et vous, quelles chansons vous ont sauvé la vie ?

À 45 ans, Juliette se retrouve face à elle-même, avec le cœur déchiré et l’envie de rire de tout. Elle se repasse alors les 14 titres de sa bande originale, d’Étienne Daho à Dolly Parton, sans oublier Bruce Springsteen, 14 pop songs qu’elle a écoutées religieusement et dont elle connaît les paroles par coeur. Pourquoi sa vie chante-t-elle tout à coup si faux ? Qu’est-ce qui a mal tourné ? Elle a pourtant suivi à la lettre ce que les refrains suggéraient. Elle a scrupuleusement appliqué les adages de chacun des couplets.

À défaut de réponse, puisque R. est parti sans un mot, Juliette va s’y coller, à écrire adieu. Elle essaiera d’être drôle et elle sera sincère, pour comprendre, peut-être, que tout ce qui mène à la fin d’une histoire d’amour, on le porte en soi. « 

Que dire ? Il s’agit d’un récit plus que d’un roman. C’est truffé de souvenirs, de références et d’anecdotes. Le ton est proche de celui de la conversation.  On a l’impression d’entrer dans un journal de bord, dans un carnet où les souvenirs sont posés là, sur le papier, sans tentative de cohérence. Bref, c’est vite lassant. Dommage, l’idée était intéressante, le ton aurait pu rendre le récit vivant. Bien sûr, cela convient bien à une chronique . Ici, au fil des pages, on s’ennuie vite des propos décousus, sans fluidité (je passe sur cette manie d’ajouter le code postal au lieu évoqué par l’auteure…).
La nostalgie fonctionne assez bien avec les nombreux titres évoqués. Mais la nostalgie quand elle est récurrente, sonne assez comme un « c’était mieux avant » dont on se passerait bien.

 

Comment t’écrire adieu – Juliette Arnaud

Éditions Belfond – Collection Pointillés

ISBN:9782714479938

6 Septembre 2018

17€ / 144 pages

(merci à NetGalley et aux éditions Belfond )

Premières lignes #21octobre

 » Le livre relié de cuir n’avait rien de remarquable. Pour un historien ordinaire, il était, comme des centaines d’autres manuscrits de la Bibliothèque Bodléienne d’Oxford, usé et ancien. Mais je sus qu’il avait quelque chose d’étrange dès l’instant où je l’eus entre les mains ».

 

Ainsi débute une fantastique trilogie (All Souls trilogy) signée Deborah Harkness. Je ne vais pas vous mentir: pour ces Premières Lignes, c’est d’une relecture dont je vous parle aujourd’hui, puisque j’ai déjà lu la trilogie entièrement au fil des sorties des différents tomes. J’ai beaucoup d’affection pour cette trilogie même si je trouve que le rythme au sein des 3 livres est assez inégal, donnant parfois un sentiment de frustration au lecteur. Chaque roman est un beau pavé qui aurait souvent le mérite d’aller un peu plus à l’essentiel.

Ici, pas de gros bouleversement dans l’univers : il y a des vampires, des démons et des sorcières (les créatures) essayant de se fondre dans la masse des humains. 

Mais, malgré ses défauts, l’histoire inventée par Deborah Harkness reste fascinante.
J’en suis venue à relire Le Livre perdu des Sortilèges en regardant l’adaptation en série (A Discovery of Witches). Il est à noter que cette adaptation est particulièrement réussie, se concentrant de manière intelligente sur les points importants de l’histoire et nous évitant ces passages qui font lever les yeux au ciel (la relation entre Diana et Matthew : l’historienne devient complètement idiote quand elle tombe amoureuse du séduisant vampire….).

A la relecture, malgré les points faibles que je viens d’évoquer, j’ai trouvé la lecture plus fluide, peut-être parce que j’ai su me concentrer sur le principal, sachant lire en diagonale les passages niaiseux (Matthew/Diana). Je dois dire que je ne suis absolument pas fan des créatures vampiriques. Si je reconnais un talent évident à Anne Rice et à ses romans, je suis facilement dégoûtée par tout ce qui ressemble à un buveur de sang (et pourtant, oui, j’ai lu Twilight). Je suis plus intéressée par les sorcières et ce concept des démons.

Le roman de Deborah Harkness a su me séduire – et il continue à le faire, renforcé par le visionnage de la série que je ne peux que conseiller. Certes, ce n’est pas le roman du siècle, ni la trilogie qui révolutionne la fantasy mais cela reste une lecture plaisante.

 

Résumé : « Voici l’histoire d’un livre perdu.

Celui qu’une jeune femme emprunte un jour à la bibliothèque bodléienne d’Oxford, par une fin d’après-midi de septembre. Diana est une brillante universitaire, une historienne spécialisée dans l’alchimie au 17e. Lorsqu’elle demande à consulter un manuscrit médiéval, l’Ashmole 782, dans le cadre de ses recherches, elle ignore que le livre contient un grand secret capable de changer le monde, et qu’il est… ensorcelé. Mais Diana ne veut rien avoir à faire avec la magie. En dépit de ses origines : elle est la dernière d’une longue et puissante lignée de sorcières – un héritage qu’elle tient farouchement à distance, n’aspirant qu’à une vie ordinaire, une vie humaine.

Diana rend le livre sans l’avoir vraiment examiné. Pourtant il est trop tard. Sa découverte a réveillé tout un monde souterrain fantastique, et la jeune femme se retrouve bientôt confrontée aux membres des trois espèces qui convoitent de puis des siècles l’Ashmole782 et son secret : sorcières, démons et vampires. Parmi ces derniers, Matthew Clairmont, un énigmatique et éminent généticien. Un tueur, lui a-t-on dit.

Voici l’histoire d’un manuscrit maudit et d’un amour impossible. »

 

 

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