Premières lignes – 17 mai

Premières lignes au rendez-vous !

Il y a huit ans, dans un vieux journal, Paris-soir, qui datait du 31 décembre 1941, je suis tombé à la page trois sur une rubrique :  » D’hier à aujourd’hui « .  Au bas de celle-ci, j’ai  lu :
« Paris
On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, 1, 55 m, visage ovale, yeux gris-marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron.

 

Et cette semaine, pas de polar, pas de Sf ni même de fantasy. Oh. (je dois être malade🤣)
Non, Modiano ! Tout arrive.
Je dois dire que cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un livre de Modiano ; je ne vais même pas dire combien parce que je ne m’en souviens pas mais ça doit dater des années 90, peut-être un peu avant. On m’avait dit quand je faisais ma formation des métiers du livre quelque chose du genre :  » vous avez envie de devenir libraire et vous n’avez même pas lu un roman de Modiano ? Vous savez que c’est l’un des plus grands écrivains de notre temps ?« . Le formateur ou la formatrice qui nous avait dit ça n’avait pas tort : en 2014, Modiano a reçu le Prix Nobel de Littérature. Quand même.
( Il avait eu le Goncourt en 78 et un tas d’autres prix bien avant cela ).
Je ne suis pourtant pas archi-fan de l’écriture de Modiano : on se retrouve souvent dans une recherche et/ou une exploration des lieux avec des détails qui parfois reste un peu énervante. Et encore, quand on a la chance de visualiser un tant soit peu les rues ou les espaces, je trouve que ça apporte un plus même si on baigne dans la nostalgie la plus totale. Mais j’ai entendu un jour un groupe de lecture assemblé dans la bibliothèque à côté de chez moi qui parlait d’un des livres de Modiano (pas celui-ci). Une personne a mentionné le fait que cela lui évoquait beaucoup de souvenirs puisqu’elle avait vécu longtemps à Paris. Un autre lui a répondu que ce n’était pas son cas et que, du coup, cela l’avait laissé sur sa faim.
Je peux comprendre ce genre de réaction car, en lisant Dora Bruder puisque c’est de ce récit qu’il s’agit, j’ai fait un mini bond quand Modiano épluche la vie des parents de Dora et mène ses recherches du côté de Sevran/Livry-Gargan (93) où le père de Dora aurait travaillé. Il y a même tout un passage qui m’a fortement intéressée sur le passé de ces villes que je connais très bien, ayant vécu longtemps en Seine-St-Denis (et juste à côté).  Pour ce qui est de la géographie parisienne même, je ne suis pas non plus ignorante, bien sûr.
J’ai donc suivi Modiano sur les traces de cette jeune Dora, disparue un jour de 1941. Dora Bruder, c’est un incroyable mélange de reconstitution historique et de biographie fantasmée, plus qu’un roman. Une enquête, un récit sobre et pudique écrit de façon nette et magistrale.
Ah, oui :  je me demandais pourquoi je l’avais sur mes étagères, celui-ci. Je l’avais acheté pour ma fille il n’y a pas si longtemps (en Première peut-être ?) et il est resté. 😉

Résumé :
«J’ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d’hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s’est échappée à nouveau. C’est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d’occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l’Histoire, le temps – tout ce qui vous souille et vous détruit – n’auront pas pu lui voler.»

Dora Bruder par Modiano

 

 

 

 

 

 

Les autres premières lignes sont chez :

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• Le monde enchanté de mes lectures
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• Prête-moi ta plume

Premières lignes #12mai

Me revoilou avec une connexion internet retrouvée, ce qui est tout de même plus pratique.  Premières lignes tout de suite !

« Dimanche de Pâques, quatorzième jour d’avril, 1471
Richard Neville, comte de Warwick, sortit de sa tente pour sonder les ténèbres scellées de brouillard. Du camp montait le bruit de ses hommes qui s’armaient pour la bataille. Warwick vit la brume s’épaissir au Creux de l’Homme Mort, près du bois de Wrotham, et recouvrir la plaine de Barnet. Les petites couleuvrines seraient donc inefficaces. Dans le brouillard, son armure collait au toucher, tandis que les bannières de commandement pendaient mollement à leur hampe. Signe des événements à venir ? « 

J’ai terminé cette période de confinement en relisant plus qu’en m’attaquant à des ouvrages pas encore lus. Donc, après une bonne grosse relecture des Chroniques de San Francisco, j’ai pioché ailleurs. Dans les polars. Et dans les enquêtes historiques. Celle-ci fait partie d’une série signée Paul Doherty qui est connu pour ses séries policières médiévales : celle de Hugh Corbett étant celle qui l’a fait connaître.
Ici, le personnage principal est une femme médecin et apothicaire, Kathryn Swinbrooke. L’action se déroule pendant la guerre des Deux Roses à Canterbury (au XVème siècle, donc). D’aileurs, les contes de Canterbury du poète Chaucer y tiennent une grande place.

Les enquêtes sont très bien faites, bien documentées, comme d’habitude chez Doherty. J’ai lu un bon nombre de ses romans et j’ai rarement été déçue. Il a un don pour brosser des personnages intéressants et attachants en quelques phrases et quelques pages. C’est déjà le cas avec son personnage Hugh Corbett, si je me souviens bien, ou son autre personnage Mathilde de Westminster, une  femme médecin à l’époque de Philippe le Bel.
Une série qui se lit très bien. et que je recommande.

La série Kathryn Swinbrooke était éditée chez 10/18 (qui d’autre ?) en 7 volumes, sous le pseudonyme de C. L Grace (Paul Doherty, l’homme aux multiples pseudos !). Pas sûre qu’elle le soit toujours….

L'oeil de dieu par Grace

Résumé : Sous le pseudonyme de C. L. Grace, Paul C. Doherty nous invite à découvrir un nouveau personnage qui, après Master Hugh Corbett, nous dévoile les désordres de Moyen Âge anglais. En cette fin du XVe siècle, la guerre des Deux-Roses déchire le pays, un temps de tueries que le poète Chaucer, avant lui, illustra ainsi : « Une voleuse mystérieusement appelée Mort avançait dignement aux côtés de celui qui, ici-bas, fait trépasser les humains. »
C’est dans ce décor chaotique et périlleux que Kathryn Swinbrooke, médecin apothicaire, officie

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Premières lignes – 26 avril

Je ne sais pas si c’est l’effet « confinement » mais j’en profite pour relire ….au lieu de m’attaquer aux livres que je n’ai pas encore lus ! ( il y en a quelques uns comme ça, sur mes étagères ) Et donc, cette semaine, voilà pour mes Premières Lignes : 

« Elisabeth avait cinquante-sept ans quand elle vit San Francisco pour la première fois.
Tandis que la limousine quittait le labyrinthe de béton de l’aéroport, elle jeta par la vitre un coup d’oeil à la pluie qui tombait et poussa un soupir pour pester contre ce temps exécrable.
— Je sais, dit le prince comme s’il lisait dans ses pensée. Mais il paraît que le ciel va s’éclaircir dans la journée. (….)
Au premier carrefour, la limousine ralentit solennellement et Philip lui fit signe du menton :
— Regardez là-bas, ma chère : vos premiers admirateurs !
Elle tourna la tête et fit un geste à une cinquantaine de personnes rassemblées au coin de la rue. Elles agitèrent les mains avec enthousiasme en brandissant une banderole en cuir noir où les mots « God save The Queen » avaient été inscrits en rivets argentés. Ce n’est que lorsqu’elle les entendit pousser des hourras qu’elle se rendit compte que c’étaient tous des hommes.
Philip grimaça un sourire désabusé :
— Qu’y a-t’il ? demanda-t’elle.
— Des homosexuels.
— Où cela ?
Mais là, ma chère ! Sous la banderole.
Elle se retourna et vit qu’ils étaient regroupés devant un bâtiment appelé l’Arena. 
— Ne dites pas de bêtises ! le corrigea-t’elle. Il est évident que ce sont des sportifs…

Voilà le ton des Chroniques de San Francisco dans lesquelles je me replonge. J’en suis au quatrième tome parce que ça se lit vite et bien. Comme je les connais assez bien ( je n’en suis pas non plus à ma première re-lecture ) mais qu’il y a toujours des petits détails que j’avais oubliés entre-temps, je savoure à la fois l’humour, le développement des personnages, la tendresse et ….mince, que d »émotion !
C’est aussi l’occasion de se plonger dans l’ambiance des années 80 avec ce tome – les années Reagan ( les années Mitterrand chez nous ), la fameuse « guerre des étoiles » (pas le film ) et le SIDA.
Dans ce tome, l’action se déplace aussi en Angleterre, ce qui redonne une autre dynamique aux Chroniques (des chroniques qui ressemblent de plus en plus au format du roman, d’ailleurs).
Armistead Maupin parle ici d’amour, d’enfants, de stérilité, de deuil, d’amitié, de réussite professionnelle, et même de la reine d’Angleterre, et tout cela sur le même ton léger. Presque.
Les Chroniques, comment dire…. il fait partie des livres qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie !

Chroniques de San Francisco, tome 4 : Babycakes par Maupin

Résumé : Début des années quatre-vingt, Reagan dirige l’Amérique, hésitant entre conservatisme pur et dur et saut en avant technologique. Les Yuppies dopés sont des acharnés du travail, les gays californiens sont à la pointe du combat pour l’évolution des mœurs et des mentalités et le sida commence à frapper les corps et les esprits. C’est ce moment que choisit la reine Elisabeth II pour effectuer sa première visite à San Francisco. Un symbole à elle seule, la reine d’Angleterre ! Représentante de la vieille Europe, des traditions et d’un certain art de vivre. En décalage complet avec celui des avant-gardistes californiens. Mais c’est justement ce côté kitsch qui leur plaît. Son côté bonne vieille mamie ! Comme Mme Madrigal, la logeuse de la petite résidence communautaire de Barbary Lane.

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Premières lignes – 20avril

 

Premières lignes de cette semaine !

 » Ce matin-là, Réséda se réveilla avec la certitude qu’un événement allait se produire.
Elle sauta de son matelas d’air pulsé. A l’autre bout de la cellule d’habitation, un signal sonore avertit Cyclamen que sa fille était réveillée.
Dans un angle de sa chambre se trouvait une salle de douche en forme de fleur. Réséda courut s’y enfermer. « 

J’ai fait un grand bond dans le temps avec cette lecture.
Pas parce que l’intrigue du roman est censée se dérouler sur notre Terre  en 6112  – d’où le titre : Cheyenne 6112 – mais parce que j’ai lu cette histoire quand je devais avoir entre 9 et 11 ans (bon, je ne me souviens pas exactement à 1 ou 2 ans près, on ne rigole pas!). 🤣

Ce roman fait partie de ceux qui m’ont fait aimer la SF. En fait, je l’aimais déjà : je lisais Yoko Tsuno en BD et les romans de Philippe Ebly (Les évadés du temps, par ex, en Bibliothèque verte — mais c’était moins fun que Yoko, les personnages principaux étaient toujours des garçons….).
Cheyenne 6112 date de 1974. C’est ce que je viens de lire dans la préface qui est contenue dans l’édition que j’ai (celle de 1984, en Folio Junior ).  Le roman est le fruit d’une collaboration entre l’écrivain William Camus, mi-iroquois mi-français, spécialiste des Amérindiens et Christian Grenier. 

Cheyennes 6112 par Camus

Ce qui est intéressant, c’est que les questions abordées sont plus qu’actuelles. On y parle d’une Terre dévastée par la pollution, où les animaux n’existent plus, où les humains ne peuvent plus vivre à l’air libre et sont réfugiés dans des villes-bulles, à l’abri de tous les microbes et autres attaques polluantes. Une chose est certaine : personne ne peut vivre à l’extérieur depuis plusieurs milliers d’années. (oui, c’est énorme). 
Sauf que… c’est faux.
Une tribu de Cheyennes a gardé son mode de vie et a été préservée. Ils ignorent ce que sont devenus les autres et ignorent que des êtres humains vivent non loin d’eux, protégés dans leurs bulles. Bon, c’est un peu léger sur ce point. On peut se demander comment ils ont pu survivre, et avec qui ils se sont reproduits pendant tout ce temps (bonjour la consanguinité !). 🤔

Bref, parfois c’est un peu bancal. Mais l’histoire reste intéressante. Les humains des bulles vont avoir à affronter un ennemi inconnu d’eux – qui nous est bien familier, surtout en ce moment : le virus de la grippe.
Personne ne développant plus d’anticorps, c’est une épidémie terrible qui commence…
Mais l’un des deux personnages principaux, Réséda une jeune fille, va se retrouver à l’extérieur et a peut-être une solution…
Je jure que je ne savais plus qu’il était question de maladie ou de virus dans ce roman ! ou alors, une part de mon cerveau s’en souvenait et m’a joué un tour ! C’est bien possible… Je ne faisais que ranger quelques livres quand j’ai eu envie de le relire. 🤨

En tout cas, c’est assez bien fait, malgré les failles dont je parlais plus haut. On suit les deux jeunes protagonistes, Réséda et Longues-Jambes, avec intérêt. Les autres personnages sont un peu plus en retrait.
Il y a aussi des détails amusants, pour nous qui le lisons en 2020 :  le « cassétriphone »  pour enregistrer des données – cela se lit à la manière des anciennes cassettes audio, et ainsi de suite. Le futur vu par le filtre des années 70.

C’est donc à la fois très pertinent et gentiment vintage.
Une (re)découverte sympa.

Résumé : En l’an 6112 les hommes vivent sous quatre bulles géantes disséminées sur le globe. Au-delà des bulles c’est un monde effrayant, hostile et inhabité, du moins le croient-ils …
     Pourtant, aux abords du Missouri, menacés par la forêt, les intempéries, la maladie et les tabous, une tribu de Cheyennes survit …
     Les hommes des bulles, eux, ne connaissent pas la guerre. Ils ont vaincu la maladie et ils pensent avoir acquis la sagesse.
     Pourtant un grain de sable va subitement dérégler cette belle mécanique et ce sera le chaos…
     Réséda et son père Cyclamen parviendront-ils à neutraliser le cataclysme ? Le genre humain est-il condamné à disparaître ?

Il existe une suite (que j’ai lue mais  je n’ai pas ) : Une squaw dans les étoiles

Cheyenne 6112 – Camus & Grenier – Folio Junior (1984 – réed. 1990)

— Prenez soin de vous,  lisez et gardez le moral   !❤️ — 

 

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Premières lignes #12avril

Premières lignes de retour après une petite pause :

« A l’âge de sept ans, je découvris un lucion mort sur un banc à la lisière des bois qui formaient la limite de notre jardin et que le jardinier n’avait pas encore ramassé. Très excitée, je le ramenai pour le montrer à ma mère, mais lorsque j’arrivai, il s’était transformé e cendres dans mes mains. Maman poussa un cri de dégoût et m’envoya me laver. « 

Le premier tome des « Mémoires par Lady Tent » nous emmène à une époque très similaire à l’ère victorienne. La jeune Isabelle a une obsession, peu convenable pour une future dame de la haute société : les dragons.
Et nous voilà partis sur les traces de ces créatures mythiques à travers les souvenirs de Lady Trent.
Il y a déjà pas mal de temps que je voulais lire les Mémoires de Lady Trent mais je ne tombais jamais sur le premier tome à la bibliothèque. Ou alors, je n’arrivais pas à caser le livre dans mes lectures en cours. Les circonstances ont fait que j’ai le temps, cette fois.
Par contre, j’ai un peu l’impression de m’ennuyer ; peut-être est-ce dû aux longs passages descriptifs, très bien faits pourtant. J’avance sans peine car le style est agréable. Mais je ne trouve pas ça très passionnant. Il y a cependant des touches d’humour ; l’héroïne a un caractère bien trempé.
Il reste que que ça ne m’enthousiasme pas. Parfois, il ne faut pas chercher : le livre est bon mais ce n’est pas le livre qui vous convient et c’est tout. Je crois que c’est ce qui est en train de se passer.
J’ai donc envie de dire : allez-y, lisez-le mais ce n’est pas du tout un coup de coeur pour ma part même si je n’y vois pas de défauts.

Mémoires de Lady Trent, tome 1 : Une histoire naturelle des dragons par Brennan

 

Résumé :« Soyez avertis, cher lecteur : les volumes de cette série contiendront des montagnes gelées, des marais fétides, des étrangers hostiles, des compatriotes hostiles et à l’occasion des membres de ma famille hostiles, de mauvaises décisions, des mésaventures géographiques, des maladies dépourvues d’attrait romantique et une abondance de boue. Vous poursuivrez votre lecture à vos risques et périls. »

Les mémoires de lady Trent, mises en scène par Marie Brennan, racontent la vie et les recherches d’Isabelle Trent, naturaliste mondialement connue et désormais vieille dame, dont l’esprit et le style empreints d’humour s’avèrent sans pitié pour les imbéciles. Dans ce premier volume, Isabelle, petite fille puis jeune femme, brave les conventions de sa classe et de son temps pour satisfaire sa curiosité scientifique et accompagner son mari lors d’une expédition à la recherche des dragons de Vystranie…

Une histoire naturelle des dragons: Mémoires, par Lady Trent, T1 (Mémoires de Lady Trent)
de Marie Brennan(Auteur), Sylvie Denis(Traduction) – Editions l’Atalante

— Prenez soin de vous,  lisez  !❤️ — 

 

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Premières lignes #30mars

Voici mes Premières lignes de la semaine :

« En s’éveillant dans le module, elle se souvint de trois choses. La première : elle voyageait dans l’espace large. La deuxième : elle allait prendre un nouveau poste. La troisième : elle avait corrompu un fonctionnaire pour obtenir un fichier d’identité falsifié. Même si aucune de ses informations ne constituait une nouveauté, elles n’assuraient pas un réveil agréable. « 

Depuis que j’ai lu Semiosis de Sue Burke, je suis presque complètement réconciliée avec la SF. Presque avec le fandom de la SF mais pas tout à fait. Je le suis sauf lorsque j’entends ( ou lis) avec effarement des phrases imbéciles du style  » la SF c’est bon, la fantasy c’est de la m…. » ou « il faut avoir une formation scientifique pour apprécier la SF » (maturité des gens et de  ce types d’assertions….heu ?  on la cherche encore ).  En outre, les personnes qui profèrent de telles âneries ont plus que des oeillères et ne font aucun bien au genre. Les littératures de l’imaginaire sont un ensemble, les fameux « mauvais genres« , peu importe qu’on en préfère certains ;  il n’y a pas lieu de cracher sur les autres  Bref.
Je vais donc parler d’un autre roman de SF qui m’a à peu près autant plu que Semiosis bien que différent. Un roman de SF, donc. Un space opera qui défie les codes : L’espace d’un an, de Becky Chambers (L’ Atalante).  Nous sommes invités à suivre Rosemary, une jeune femme qui commence une nouvelle vie à bord  la vie du Voyageur,  un vaisseau chargé de creuser des tunnels dans l’espace (d’où le terme ‘tunnelier »). Très vite, nous faisons connaissance avec les différents membres de l’équipage, tous d’espèces différentes : Sissix , une Aandriske, sorte de reptile  à plumes ; le Dr. Miam  un Grum amphibien doté de plusieurs mains/pieds ;  Ohan, paire Sianate à qui il faut s’adresser au pluriel puisque  son cerveau est l’hôte d’un neurovirus formant la deuxième partie du duo ; sans parler de Lovey, l’Intelligence Artificielle. Il y a aussi quelques humains assez remarquables : Jenks, le tech de petite taille amoureux de l’I.A, Kizzy, l’autre tech aux réactions plus que spontanées et parfois enfantines, Corbin, un ronchon aux préjugés spécistes, et le capitaine Ashby, amoureux d’une extra-terrestre. Tout le monde cohabite tant bien que mal, s’aime, se chamaille, souvent dans un joyeux bazar. C’est un peu Galactica, un peu Babylon 5, un peu Star Trek parfois, mais en plus déjanté, en plus optimiste aussi, malgré les conflits et l’extinction de certaines espèces. On fait le voyage avec eux et quel voyage !

Becky Chambers a le chic pour écrire des personnages attachants, aux histoires mouvementées. On a envie d’en savoir plus — et tant mieux, il y a deux autres livres situés dans le même univers que celui-ci (le tout est regroupé  dans la trilogie : Voyageurs, à l’Atalante, bien sûr). C’est fin, bien fait, rafraîchissant, marrant, émouvant et tendre (et pas neuneu du tout, contrairement à ce que j’ai pu lire). Oui, c’est à lire. 

L'espace d'un an par Chambers

 

Résumé : Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang… Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes. Loin de nous offrir un space opera d’action et de batailles rangées.

 

— Prenez soin de vous, restez chez vous, soyez patients, gardez le moral !  lisez et bon confinement !❤️ — 

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Premières lignes #22mars

Puisque j’ai épuisé les livres que j’avais pris à la bibliothèque – et oui, ça devait arriver – je me suis lancée dans ceux qui ne sont pas lus chez moi …mais ils ne sont pas si nombreux que ça. En général, ils ont été lus, sauf quelques exceptions (ah, oui, quand même !). Pour l’instant, j’ai relu avec plaisir le début d’une série dont voici les premières lignes 

 » Je me demandai plus tard pourquoi cela ne m’avait pas brisé le coeur de traverser la mer, de m’éloigner de ma forêt, ne laissant aucun signe que mes frères pouvaient interpréter, aucune carte pour les aider à me retrouver. Le petit voilier se dirigeait vers l’est, et peut-être un peu vers le sud. Je supposais que nous nous rendions sur Britannia. Mais où ? « 

Soeur des Cygnes, de Juliet Marillier , se base sur un conte des frères Grimm, « Les six frères cygnes »  ou les six cygnes -qui raconte comment une soeur doit coudre six chemises pour briser le sort jeté par sa sorcière de belle-mère qui a changé ses frères en cygnes. Pour réussir, elle ne doit pas prononcer une parole, ni rire pendant six ans, seulement filer et coudre les chemises. Un roi tombe amoureux d’elle, l’épouse mais la belle-mère calomnie la jeune femme, lui vole ses bébés en l’accusant d’être une mangeuse d’enfants. Condamnée et ne pouvant se défendre, la jeune femme monte sur le bûcher où elle doit être brûlée mais elle réussit alors à passer les chemises à ses frères qui se transformèrent. Son mari plaça alors la sorcière sur le bûcher à la place de son épouse.
C’est à peu près le schéma que suit Soeur des Cygnes avec quelques variations (les personnages sont plus variés, l’histoire d’amour bien plus intéressante, par ex) ;  et surtout, il se déroule dans un univers celtique, une Irlande où les fées, les légendes et les contes se côtoient. (tiens, cela fait penser à L’ours et le rossignol qui applique la formule avec les légendes du folklore russe). Soeur des cygnes se décline en deux tomes. Les romans ont des suites (Fils de l’ombre et L’enfant de la prophétie, toujours à l’Atalante ) qui suivent les descendants de nos héros, Sorcha et Red, ainsi que les frères qui ne sont plus des cygnes.

J’avais adoré le lire il y a quelques années même si j’avais un peu attendu entre les deux tomes. J’ai retrouvé le même plaisir cette semaine (et cette fois, j’ai enchaîné les tomes). De la fantasy très agréable !

Soeur des cygnes, tome 2 par Marillier

Soeur des cygnes, tome 1 par Marillier

— Prenez soin de vous, restez chez vous,inutile de sortir !  lisez  !❤️ — 

 

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Premières lignes #17mars

Semaine de confinement, profitons-en pour lire !

Mes premières lignes de cette semaine concernent le roman d’une autrice que j’aime beaucoup … 😍

 » Mais qui parmi nous pourrait écrire un livre ? Moi, je n’arriverais pas à raconter ce qui s’est passé dans le bon ordre. Et par quoi commencer ? « 

C’est une histoire qui raconte … des histoires. Plusieurs histoires : celles du passé, celle du présent, celles à venir. Jo Walton joue avec les temporalités, et avec le temps qui ne s’écoule pas de la même manière, dans ce monde, à l’ouest qu’à l’est. On pourrait croire que le résultat est un bel embrouillamini : ça n’est pas le cas. On s’y retrouve très bien.
Pierre-de-Vie explore plusieurs thèmes :
– un monde où la magie (la yeya) est parfois puissante, parfois inconnue (« sans intérêt »)
– les liens familiaux et (poly) amoureux
– la place des femmes
– la curiosité et le savoir
– prendre sa place dans une famille, dans une société, etc…
– la question des dieux et des déesses
– l’identité, enfin

Je ne vais pas me répéter mais j’adore vraiment ce qu’écrit Jo Walton, son imaginaire, ses thèmes, ses idées. de plus, c’est une personne adorable (cf. les Utopiales 2019)
Pierre-de-vie est encore une fois un excellent roman.

Une bonne idée de lecture donc !

Résumé : Applekirk est un village rural situé dans les Marches, la région centrale d’un monde où le temps ne s’écoule pas à la même vitesse selon que l’on se trouve à l’est – où la magie est très puissante et où vivent les dieux – ou à l’ouest – où la magie est totalement absente. C’est la fin de l’été, et la vie s’écoule paisiblement pour les villageois. Mais le manoir va être mis sens dessus dessous par le retour de Hanethe, qui fut autrefois la maîtresse des lieux. Partie en Orient, elle y est restée quelques dizaines d’années. Mais, plus à l’ouest, à Applekirk, plusieurs générations se sont succédé. Ayant provoqué la colère d’Agdisdis, la déesse du mariage, Hanethe la fuit. Mais Agdisdis est bien décidée à se venger.

Subtil roman de fantasy – prix Mythopoeic en 2010 -, Pierre-de-vie dresse le portrait de femmes simples et merveilleuses, d’une famille sans histoires mais singulière, confrontées à des changements qui les dépassent, dans un monde hors du commun.

Pierre-de-vie par Walton

— Prenez soin de vous, restez chez vous, lisez  !❤️ — 

 

Les autres premières lignes sont chez :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• La Voleuse de Marque-pages
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• La Booktillaise
• Les lectures d’Emy
• Songes d’une Walkyrie
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Prête-moi ta plume
• L’écume des mots
• Pousse de ginkgo
• Ju lit les mots
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Les lectures d’Ironnette

J’ajoute cette lecture au thème du mois de mars du HMSFFF challenge (autrices) et au Challenge de l’Imaginaire 

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Premières lignes #10mars

Avant de commencer un gros pavé (dont je parlerais sûrement bientôt), je me suis laissé tenter par un tome qui marque la fin d’une série. Voici les Premières Lignes : 

« Je m’éveillai dans une obscurité totale, les membres glacés, l’esprit vide de tout souvenir.
Qui suis-je ?
Etendue sur le dos, je fixai un grand ciel noir dépourvu d’étoiles. La lune énorme qui flottait bas à l’horizon était couleur sang.
L’angoisse m’envahit.
Qui suis-je ? »

Fin du suspense. Bienvenue dans le dernier tome de l’Epouvanteur, avec pour narrateur Tom Ward ; je précise, car Joseph Delaney prévoit deux autres romans ayant un autre narrateur et mettant en scène Tom et Alice en personnages secondaires. Le premier de ces deux romans s’appelle en anglais « Brother Wulf » (je crois qu’il est prévu pour ce mois-ci, en anglais).
Avec l’Héritage de l’Epouvanteur (Dark Assassin) , on retrouve Grimalkin, la sorcière, la tueuse du clan Malkin, tuée dans le volume précédent durant la guerre contre les Kobalos. Mais Grimalkin n’a pas dit son dernier mot ; la voilà dans l’Obscur d’où, évidemment, elle va ressortir. Pas de grandes surprises, ici.
C’est même le problème de tout le roman : il n’y a pas de surprise, pas de vrai retournement de situation (sinon un très mauvais dont je ne parlerais même pas tant il est bâclé).
Alors, oui, quand on a suivi les personnages tout au long des… 16 tomes, on a envie de lire la conclusion. Même si parmi les derniers tomes de la série, on a pu constater que le rythme s’essoufflait ou que l’auteur était peut-être plus concentré sur ses autres séries (Arena 13 ou Aberrations, de très bons romans, par ailleurs). Mais voilà : on a envie de savoir.
Oui. Hum. Que dire ? ça n’est pas fameux, tout ça.
Je vais digresser un peu : je suis en train de regarder à nouveau Game of Thrones en entier, en ce moment. Je suis bien fan des livres. Et d’une autre manière, je le suis de l’adaptation TV. Ce qui est vraiment flagrant, c’est de constater la manière dont une très bonne série (il faut le noter, c’est très bon), bien réalisée, bien jouée mais surtout au storytelling impeccable bascule peu à peu dans la précipitation et l’incohérence (la saison 8 et dernière – que je n’ai pas en DVD, d’ailleurs, sciemment – je ne suis pas maso non plus). Et bien, vous le voyez le parallèle avec l‘Epouvanteur ?
Tout allait bien. Delaney a bouclé des livres formidables. Puis il a allongé la sauce, il a commencé à éliminer des personnages importants à toute vitesse. Et c’est parti en vrille.
Le dernier tome est donc décevant. Il se lit, en diagonale parce qu’il contient beaucoup (trop) de répétitions et de blablas inutiles. A part Grimalkin, les personnages ont perdu de leur épaisseur comme un oreiller qui se vide de sa substance (je ne sais pas d’où vient cette comparaison, c’est purement gratuit ^^).
Bref. C’est donc fini pour cette série. Je n’ai rien d’autre à dire sinon : j’attends avec impatience le tome 2 de Aberrations.

L'Épouvanteur, tome 16 : L'Héritage de l'Epouvanteur par Delaney

Résumé « L’armée noire des Kobalos, ces êtres bestiaux, se rapprochait des côtes de la mer du Nord. Ils fixaient déjà sur notre pays leur regard maléfique. Et un danger plus immédiat nous menaçait : leurs Hauts Mages étaient capables de se transporter directement dans le Comté, accompagnés de quelques guerriers. Une attaque était à craindre à tout instant. »

Alors que Tom Ward a perdu sa plus ancienne alliée, le Comté est sous la menace d’un ennemi redoutable, dont l’ambition est d’envahir et d’asservir toute la terre. Le jeune Épouvanteur va devoir livrer une bataille sans merci contre des êtres aux pouvoirs surnaturels.
Une fois encore, il lui faudra s’allier avec les forces de l’obscur. Car l’avenir de tout un peuple – et peut-être du monde entier – dépend de cet ultime combat. Un combat qui lui pourrait bien lui révéler la part la plus secrète de lui-même…

 

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• Les lectures d’Ironnette

 

Premières lignes #03mars

J’ai bien commencé ce mois de mars, avec une autrice (Mars est au féminin). Voici tout de suite les premières lignes 

« L’hiver était déjà bien avancé en Rus’ septentrionale et l’air lourd d’une humidité qui n’était ni la pluie ni la neige. Les  paysages resplendissants de février avaient fait place à la morne grisaille de mars, et tous dans la maisonnée de PiotrVladimirovitch avaient la goutte au nez et la maigreur de qui s’est sustenté six semaines de pain noir et de chou fermenté. Mais personne ne pensait aux engelures ou aux reniflements ni même n’avait la nostalgie des bouillies et des viandes rôties parce que Dounia allait raconter une histoire. « 

Et des histoires, dans L’ours et le rossignol, il y en a beaucoup ; des contes qui se mêlent au réel, tant et si bien que les vieilles légendes deviennent réelles (ou l’ont-elles toujours été ?). Mais voilà… les mythes et les anciennes coutumes sont menacés par la montée fulgurante d’un christianisme qui ne supporte plus la concurrence.
Katherine Arden nous emmène dans une Russie semi-imaginaire, basée sur celle du 14ème (sous le règne d‘Ivan Kalita, pour info) quand la Russie était sous domination mongole (la Horde d’or et les différents khanats).
Le récit suit le schéma traditionnel et la jeune héroïne aurait pu être un peu ennuyeuse mais ça n’est pas le cas ! Il y a déjà une ribambelle de créatures fantastiques toutes plus attachantes les unes que les autres  : l’esprit de la maison, le domovoï en russe ; l’esprit des eaux, une sorte de naïade assez vorace, la roussalka; l’esprit des forêts, le liéchi .
Sans compter les membres de la famille de la jeune Vassia, qui sont autant d’atouts pour mettre en valeur un protagoniste féminin passionnant.
Le récit gagne en intensité (et même en horreur) au fil des pages pour se terminer sur un final impressionnant.
On referme le livre avec une seule envie, celle de poursuivre la suite des aventures de Vassia et des autres. Et ça tombe bien car il s’agit du premier tome d’une trilogie, dont le deuxième La fille dans la tour, est sorti et la troisième L’hiver de la sorcière  paraîtra ce mois-ci.

 

 

Titre : L’ours et le rossignol
Cycle/Série : Trilogie d’une nuit d’hiver, tome 1
Auteur : Katherine Arden
Éditeur : Denoël
Date de publication : 2017
(paru en poche en Folio SF)

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• Rattus Bibliotecus
• Ma petite médiathèque
• Prête-moi ta plume
• L’écume des mots
• Chat’Pitre
• Pousse de ginkgo
• Ju lit les mots
• À vos crimes
 Mille rêves en moi

L’ours et le rossignol entre dans le thème du mois de mars du HMSFFF Challenge Women in charge 

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Et dans le challenge de l’Imaginaire

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