Premières lignes – 21 septembre

Premières lignes 

« Mon père était roi et fils de rois. De petite taille comme la plupart des nôtres, il était bâti à la manière d’un taureau, tout en épaules. Ma mère avait quatorze ans lorsqu’il l’épousa, dès que la prêtresse eut confirmé sa fécondité. C’était un bon parti : de par sa condition de fille unique, la fortune de son père reviendrait à son époux. »

C’est avec grand plaisir que je me suis plongée dans ce roman qui revisite l’Iliade. Après avoir lu Circé il y a quelques mois, c’est donc Le chant d’Achille de Madeline Miller  (en traduction française, cette fois) que j’ai dégusté. Et une fois encore, c’est une réussite.
Le point de vue adopté est celui de Patrocle et c’est un choix judicieux. Car si l’on « connaît » Achille, on en sait peu sur Patrocle ( il n’y a pas tant d’informations que cela, d’ailleurs dans la mythologie et selon les auteurs, son histoire diffère).

Mais la grande force de Madeline Miller, c’est de montrer la vie quotidienne, l’intimité, les troubles et les doutes d’Achille et de Patrocle ; de décrire des scènes qui nous semble si proches, si vivantes qu’on a l’impression de se trouver au siège de Troie, près d’Ulysse et des autres. Un petit mot sur Ulysse en passant : comme j’ai lu Circé avant Le Chant d’Achille, j’ai remarqué que l’autrice avait une grande tendresse pour le personnage ( un petit faible 😉 ). Tous les autres personnages de l’Iliade sont ici bien présents, humains : ils paraissent agir devant nous (Agamemnon, pas vraiment sympathique ; Briséis, une figure féminine très intéressante ; Ménélas, plus consistant que dans certaines réécritures où il est parfois négligé ou décrit comme faible, Diomède et Ulysse, un sacré duo, etc etc…). J’allais oublier les personnages plus fantastiques comme le centaure Chiron absolument passionnant (je n’ose pas en dire plus). Et Thétis, la mère d’Achille, seul élément divin à être réellement présente parmi tous ces mortels.
Car Madeline Miller ne s’attarde pas sur la dimension divine : les dieux et les déesses sont bien là mais ils n’occupent pas la première place. L’invulnérabilité d’Achille (le fameux talon) n’est jamais évoqué. Il est seulement très rapide et voué à un destin exceptionnel. Cela lui confère un aspect plus accessible. Son histoire d’amour avec Patrocle — qui n’est pas laissée dans l’ombre mais totalement assumée — contribue à le rendre encore plus humain.
Un livre passionnant qu’il est difficile de lâcher une fois commencé !

Le chant d'Achille par Miller

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Premières lignes – 14 septembre

Premières lignes 

« Il virevolte à travers le cabinet, mon volumineux dossier à la main. J’appréhende l’examen. « Asseyez-vous. Attendez-moi. venez par ici. Passez-moi les derniers champs visuels. Non, dans l’ordre chronologique. Arrêtez de parler.  » J’obéis à tout, servile, comme s’il s’agissait d’obtenir une bonne note ou une assurance de guérison. Je me laisse guider par un médecin réputé qui veut voir, de ses yeux voir, ce qui fait que les miens ne voient plus la nuit, et de moins en moins le jour. « 

C’est un livre original que j’ai terminé : pas un roman mais un récit. Et totalement autobiographique, puisqu’il s’agit de « La nuit se lève » dans lequel la journaliste Élisabeth   Quin  ( 28 minutes sur Arte ) raconte sa vie depuis qu’on lui a diagnostiqué un glaucome.
Dit comme ça, on pourrait penser que c’est plutôt….glauque et pas franchement folichon. Ce n’est pas le cas : déjà, parce qu’Elisabeth Quin est aussi brillante à l’écrit qu’à l’oral. Si ça en énerve certains ( comme d’habitude quand une femme se montre intelligente, belle, cultivée, etc… on connaît le refrain….), cela suscite mon admiration au contraire. J’ai particulièrement apprécié son humour, ses tournures de phrases. Il y a aussi beaucoup d’émotion : que faire quand on sait que la cécité est certainement inévitable ? Comment faire alors lorsqu’on aime lire ? Voir ? Apprécier la beauté visuelle?
Elle raconte aussi son parcours médical, les effets indésirables des médicaments, la possibilité d’une opération, sa peur face à cette nuit qui se lève.
On y trouve aussi la figure de l’aveugle, dans l’art, dans la littérature : des peintres, des artistes, le lien qu’elle cherche à tisser avec ces gens, des compagnons de non-voyance, en quelque sorte.

Petit livre truffé d’anecdotes, bijou d’écriture, sensible et plein d’auto-dérision, « La nuit se lève » vaut vraiment la peine d’être lu.

La nuit se lève par Quin

 

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Premières lignes – 7 septembre

Premières lignes

 » — Maman, je peux aller voir les étoiles ?
Tessa se détourna de son petit établi pour regarder sa fille plus petite encore. « Pour le moment, je ne peux pas t’y emmener, ma puce ». du menton, elle désigna le robot nettoyeur qu’elle s’efforçait de ranimer. « Je veux terminer avant l’appel de ton oncle Ashby. »
Aya sautillait sur place. de toute sa vie, elle n’avait jamais été immobile, ni quand elle dormait, ni quand elle était malade, ni même quand elle était encore dans le ventre de Tessa. « Je n’ai pas besoin de toi, dit Aya. Je peux y aller toute seule ».

Les voyageurs, tome 3 : Archives de l'exode par Chambers

Archives de l’exode (Record of a spaceborn few) constitue le troisième volet de la série de Becky Chambers entamée par L’espace d’un an , poursuivie par Libration.
Cette fois encore, on change de personnages même si Tessa, dont il est question dans les premières lignes,  a un lien avec le capitaine du Voyageur : c‘est sa soeur.
Pour les autres, ce sont autant de points de vue  que nous allons apprendre à suivre et à connaître, des voix diverses qui font écho et se recoupent, des tranches de vies dans l’espace, attachantes, uniques, sincères.

Cette fois encore, l’action n’est pas ébouriffante. Selon certains avis, le roman peut être »ennuyeux » mais à mon sens, ce n’est pas du tout le cas ; je pense que les personnes qui n’ont pas aimé « parce qu’il ne s’y passe rien » sont soit passées à côté de l’essentiel, soit, plus simplement, devraient se tourner vers d’autres types de  lectures (bourrées de scènes d’action, pour le coup). Mais, comme pour Libration, ce n’est pas le propos.
D’ailleurs, je pense que j’ai préféré ce tome 3 à Libration : plus de points de vue, justement. Libration était un peu limité — et c’était aussi le but recherché, vu le thème, mais j’étais restée sur ma faim. Celui-ci se déploie, explore l’âme.
J’aime toujours autant ce que peut écrire Becky Chambers — décidément, un coup de coeur.  A noter qu’un tome 4 de la même série est en prévision pour février 2021 tandis qu’un autre roman, indépendant de la série, vient de sortir en traduction française à l’Atalante : Apprendre si par bonheur. 

 

 

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Premières lignes – 31 août

 

Premières lignes ( un roman dont j’ai failli oublié de parler)

« Elle est déjà vieille pour faire ça.
Elle est vieille à 23 ans parce que les garçons à ses côtés en ont 17. Ils ont l’allure des jeunes qui jouent au rock. Des boutons d’acné rouge et blanc, quelques poils duveteux et des blousons de faux cuir, des jeans troués, des baskets blanches. Leur guitare et leur basse et leur batterie démesurément grandes. « 

C’est pour le rock, la référence à Debbie Harry et tout ce qui va avec que j’ai choisi ce roman, bien sûr. Il y est question d’un vieil écrivain qui, bien des années plus tôt, a rencontré et aimé Platine. Il était alors un jeune écrivain  qui traînait ses guêtres à New York. Il en a tiré un roman qui a eu un immense succès. Jean a même reçu le prix Goncourt. Bref, c’est une légende.
Aujourd’hui, il vit en reclus dans un ancien couvent. Il tombe sur Marie, une chanteuse blonde qui lui rappelle Platine. Elle veut une chanson, il veut écrire un livre. Commence ce qui pourrait être une histoire intéressante … Sauf que, malgré les retours en arrière dans les années soixante-dix, le Palace, le punk, son histoire d’amour avec Platine, rien n’est très passionnant. Et on s’y ennuie. Le présent avec Marie n’est guère mieux.
Pourtant, le style est là ; tout est réuni pour passer un bon moment littéraire et rock. Mais l’intrigue reste fade.

C’est dommage, je n’en suis pas ressortie convaincue.

Ou pour rester dans le thème, voilà ce que j’avais  à l’esprit : non pas Debbie Harry mais John Lydon répétant à l’infini  : «  We’re so pretty vacant (and  we don’t care) » 

( —  dans le même ordre d’idées, « Boredom » des Buzzcocks, autre groupe punk, même époque,  fait bien le job aussi — )

Platines par Decoin

Résumé : Jean, un écrivain âgé, vit retiré dans un ancien couvent, pas très loin de Paris. Un soir, revenu par le train, il s’arrête dans le bar PMU du village. Pour boire un verre. Pour être seul au milieu des autres. La vision d’une jeune femme blonde, chanteuse d’un groupe amateur, va réveiller le passé.

C’était en 1976. Le jeune romancier est alors en résidence d’écriture aux États-Unis et cherche à s’encanailler. Dans le couloir d’un bar, il croise Platine, rock star déjantée du New York underground. De cette furtive rencontre, il tire un livre qui paraît en 1978 et remporte le prix Goncourt. Quelques mois plus tard, elle accepte, contre toute attente, de jouer son propre rôle dans l’adaptation du roman qu’il doit réaliser lui-même. C’est le début de leur aventure, mais il demeure le petit  » Frenchie  » dans les vertiges de Manhattan. Et les histoires d’amour ont souvent une fin. Celle-ci le fracassera.

Accepter de voir Marie, la jeune chanteuse sans grand talent, à la même blondeur platinée, c’est courir le risque de remuer des souvenirs douloureux dont l’isolement est censé le protéger. C’est aussi s’ouvrir une chance : celle d’écrire à nouveau.

 

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Premières lignes – 23 août

Premières lignes 

 » Le roi se tenait , à la dérive, dans une flaque de lumière bleue. C’était l’acte IV du Roi Lear, un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto. En début de soirée, pendant que les spectateurs entraient dans la salle, trois fillettes — versions enfantines des filles de Lear — avaient joué à se taper dans les mains sur le plateau, et elles revenaient maintenant sous forme d’hallucinations dans la scène de la folie. « 

Station Eleven par St. John  Mandel

J’ai sans doute eu une idée étrange en lisant le roman d‘Emily St John Mandel en ce moment  (mais j’avais déjà lu Cheyenne 6112 en avril et en plein confinement) puisqu’il y est question de pandémie et pas d’une petite : la grippe de Géorgie qui y sévit détruit en quelques temps 99 % de la population mondiale. De quoi faire basculer l’humanité dans un vrai monde d’après.
On va donc suivre plusieurs personnages (Arthur, Miranda, Kisten, Clark, Jeevan) avant que l’épidémie de grippe ne sévisse. On les retrouve à la fois pendant que la maladie s’installe et vingt ans plus tard, surtout au travers du point de vue de Kirsten, devenue comédienne itinérante. Car que reste-t’il  une fois que tout ou presque a disparu, l’électricité, internet, l’essence ? Et bien, l’art, la musique, un musée dans un ancien aéroport… Mais pourtant, les dangers rôdent.
Ce n’est pas un roman triste ou particulièrement anxiogène. C’est sombre, parfois, interrogateur, traversé de pensées pleines d’espoir, de visions d’un monde redevenant naturel et beau. C’est plutôt positif et les personnages sont bien dessinés et intéressants.
Bien sûr, il y a de forts échos avec la crise que nous traversons (vivons) actuellement.
Est-ce qu’il faut pour autant éviter de lire ce genre de romans pour autant ? J’ai envie de dire que cela dépend de la sensibilité de chacun.e. Celui-ci est tellement bine fait que ce serait dommage de s’en priver.
L’autrice a sorti un nouveau roman The Glass Hotel et a parlé des similarités de Station Eleven avec la crise actuelle . 

Résumé : Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…

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Premières lignes — 17 août

Premières lignes, sans tarder :

 » Lovelace occupait un corps depuis vingt-huit minutes et ça n’allait pas mieux qu’à la seconde où elle s’était éveillée dedans. Aucune raison valable n’expliquait cet état de fait. Rien ne dysfonctionnait ; rien n’était cassé. Tous ses fichiers s’étaient correctement transférés. Aucun scan système n’expliquait ce sentiment de malaise, mais il était réel, il lui rongeait les connexions. « 

Les voyageurs, tome 2 : Libration par Chambers

Libration (A Closed and Common Orbit) le tome 2 de la série Les Voyageurs de Becky Chambers, reprend l’histoire là où s’était terminé L’espace d’un an. Pourtant, on ne retrouve aucun autre membre de l’équipage du Voyageur, sauf l’IA, Lovelace qui vient d’intégrer un corps synthétique. On va s’intéresser également, et de très près, au personnage de Poivre, la mécano croisée dans le tome précédent. Poivre et « Lovelace » qui, très vite adopte le nom de Sidra, quittent le vaisseau et vont vivre — ou essayer de vivre — tranquillement parmi la multitude d’espèces que l’autrice nous a déjà décrites. Si le premier tome n’est pas indispensable pour suivre l’histoire, il est quand même conseillé, puisque tout l’univers imaginé par Chambers y est bien développé alors qu’ici, il n’est que résumé.
Cette fois, l’autrice se concentre sur deux personnages : celui de Lovey/Sidra, l’IA qui a bien du mal avec son « corps » et sa vision étriquée, et celui de Poivre dont on va connaître le passé assez sombre. Toutes deux connaissent un parcours dont l’horizon a été —  ou est — limité (d’où le titre original A Closed and Common Orbit ), pour des raisons différentes. Les interrogations sont diverses : qu’est-ce qui fait une personne consciente ? qui a le doit de la définir ? comment se forge-t’on une identité ? Si on rajoute l’exploration des émotions et des sensations ( de Poivre, dans son passé,  ou de Sidra, dans le présent ) avec la force des sentiments amicaux, ici, plus qu’amoureux, on obtient un roman sensible et intelligent qui ne brille pas par l’action mais par la finesse et l’originalité. C’est un genre de SF différent que je ne qualifierais pas de « trop gentil » comme j’ai pu le lire ici ou là. Au contraire : c’est une bouffée d’air pur. Et tant mieux, on n’a pas forcément envie de lire à longueur de temps  des scènes de batailles à gogo et des histoires de méchant.e.s qui se dézinguent…

Une bonne nouvelle : j’ai trouvé le tome 3 de la série en occasion. je vais pouvoir poursuivre ma lecture. Et je viens de lire que le tome 4 sortira en anglais en février 2021. En attendant, l’Atalante publie l’autre roman de Becky Chambers : « Apprendre si par bonheur » dans quelques jours.

 

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Premières lignes – 11 août

La chaleur m’ayant épuisée, voici en retard les premières lignes d’un roman bien intéressant, pourtant :

 » Un vent démoniaque accueillit la pâle clarté du jour de furieux hurlements infernaux. Ce n’était pas vraiment l’aube, d’ailleurs, même si, quelque part au-dessus des nuages noirs bouillonnant, le soleil avait réussi à de nouveau se hisser dans les cieux, mais plutôt le crépuscule du Diable lui-même, cinglé d’embruns et de draperies de pluie à vous broyer et accompagné des assourdissants roulements du tonnerre, des beuglements du vent, du cliquetis incessant des drisses, le tout ponctué par le fracas mouillé des voiles déchirées, fasseyant à deux doigts de l’anéantissement. « 

L'option Excalibur par Weber

La scène d’introduction est claire : nous voilà en plein naufrage. Les navires anglais de la flotille rejoignant la France pour le service du roi Edouard III vont sombrer. Sir George Wincaster, son épouse Mathilda, son fils, des chevaliers, soldats et marins se préparent à mourir. Mais ils sont sauvé in extremis par …. un vaisseau extra-terrestre. A partir de cet instant, une étrange aventure commence pour Sir George : réduit à l’état de soldat-esclave, il doit mener des batailles incessantes sur des planètes pour le compte de son nouveau maître, un extra-terrestre particulièrement arrogant et avancé technologiquement qui ne manque pas de lui rappeler combien les humains du 14ème siècle sont primitifs. Mais Sir George aidé par Mathilda, une conseillère avisée, va peu à peu chercher à comprendre. Il va même recevoir de l’aide de personnes particulièrement inattendues.

Je connaissais David Weber pour sa série basée sur le personnage de Honor Harrington, aux éditions l’Atalante. J’avoue que je n’avais pas trop envie de me lancer dans les romans puisqu’il s’agit de SF militaire et que ce genre de SF et moi, hum… comment dire ça simplement… disons que nous ne sommes pas potes ? Mais le thème de « L’option Excalibur » m’a paru assez sympa. De plus, c’est un one shot. Je n’ai pas regretté mon choix, j’ai été captivée tout au long de ma lecture. L’histoire est bien faite et ne manque pas d’un certain humour.

L’option Excalibur – David Weber – L’Atalante Poche (la petite dentelle)

 

Voilà un roman qui va rejoindre le lChallenge de l’Imaginaire. 

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Premières lignes – 3 août

Premières lignes de la semaine 

« Guille
Tout a commencé le jour où Mlle. Sonia, la maîtresse, nous a posé une question. Derrière les fenêtres, il y avait un grand soleil jaune qui brillait et les feuilles des palmiers bougeaient comme quand papa a pu se réveiller et qu’il me fait au revoir de la main à la porte de l’école et qu’il a ses gants verts parce qu’on est en hiver.
Mlle Sonia s’est levée de derrière son bureau, qui est celui de la maîtresse puisque c’est le plus grand, et elle a tapé des mains plusieurs fois, ce qui a fait des petits nuages de craie dans l’air. Elle a toussé  un peu, aussi. Nazia a dit que c’était à cause de la craie, qui fait dans la gorge comme quand on mange un sablé et qu’on a la bouche tellement sèche que des fois, si on ne boit pas d’eau, on vomit.
 » Bien, et maintenant, avant la récréation, je voudrais que vous répondiez à la question suivante, les enfants », nous a dit la maîtresse.
Puis elle s’est retournée, a pris une craie rouge et a écrit au tableau, en très gros :
Quand je serai grand, je veux être…. « 

Voilà : Guillermo (Guille) a neuf ans et quand il sera plus grand, c’est certain, il veut être Mary Poppins. C’est original mais c’est un projet qui lui tient tant à coeur que cela inquiète son institutrice qui l’oriente vers la psychologue scolaire, soupçonnant un secret que l’enfant cherche à dissimuler. A partir de cet instant, l’auteur, Alejandro Palomas nous invite à découvrir peu à peu ce que dissimule Guillermo (et son père). Roman choral où les enfants aussi ont la parole, Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins aborde avec tact et tendresse des thèmes sérieux — et parfois graves sans tomber dans la mièvrerie mais sans les édulcorer non plus. Il y est question d’amitié, d’amour, de différence, de famille, de deuil, de manque, d’imagination….
Alejandro Palomas a dit qu’il avait tenté à plusieurs reprises d’écrire ce roman sans y parvenir  (une fois vers 20 ans, une autre vers 30). Il lui a fallu attendre la quarantaine pour trouver le ton juste et multiplier les points de vue.
Et le ton est là — les tons — ainsi que la justesse. Un beau roman.

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins par Palomas

Résumé : C’est l’histoire d’un petit garçon débordant d’imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins. L’histoire d’un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère. D’une institutrice qui s’inquiète confusément pour l’un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves. D’une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l’air d’aller beaucoup trop bien. Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?
Un roman choral aussi tendre que bouleversant, qui emprunte à l’enfance toute sa sincérité désarmante pour dire l’amour, le vide, le rêve et la puissance de l’imaginaire.

 

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Premières lignes – 27 juillet

Premières lignes de cette semaine

 » J’oublie tout après chaque pas.
Je finis par crier « Anna » et referme brusquement la bouche de surprise.
Mon esprit est vide. Je ne sais qui est Anna ni pourquoi j’appelle son nom. Je ne sais même pas comment je suis arrivé ici. Je me tiens dans une forêt, protégeant mes yeux du crachin. Mon coeur cogne, j’empeste la transpiration et mes jambes trembent. J’ai dû courir mais je ne me souviens pas pourquoi.
« Comment… »
Je suis interrompu par la vision de mes mains. Elles sont osseuses, laides. Les mains d’un inconnu. je ne les reconnais absolument pas.
Eprouvant la première point de panique, j’essaie de me rappeler autre chose me concernant : un membre de ma famille, mon adresse, mon âge, n’importe quoi, mais rien ne vient. Je n’ai même pas de nom. Chaque souvenir que j’avais il y a quelques secondes a disparu. « 

Les sept morts d'Evelyn Hardcastle par Turton

Ces premières lignes sont à déguster. Parce qu’elles constituent ce qu’il y a de meilleur dans le roman. Avec la couverture.
Le reste, quant à lui… Et bien, le reste, malheureusement n’est pas à la hauteur.
C’est rare que je fasse ce genre de commentaires mais parfois, il est difficile de faire autrement. (Je vais essayer de faire soft sachant qu’un être humain a écrit ce livre et a fourni des efforts pour cela donc inutile de tout dézinguer sans raisons )

Pourtant, le pitch avait tout pour me plaire :

 » Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée.
Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?
Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.
Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.
Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Mixez Agatha Christie, Downton Abbey et Un jour sans fin… « 

Pour ce qui est de « mixer Agatha Christie Downton Abbey et Un jour sans fin, c’est autre chose. On est déjà très loin de l’habileté et de la clarté d’Agatha Christie.  Après un long (très long) début bien laborieux pour tenter de mettre en place les personnages et les lieux à la façon Cluedo ( pourtant, il y a un plan en début de livre, ça n’est pas compliqué), l’intrigue avance lentement. Puis plus on avance dans le roman, plus on sent où l’auteur va nous mener. Ce que je veux dire, sans dévoiler le dénouement (qui n’est vraiment pas extraordinaire) si  certain.e.s veulent le lire, c’est que lorsqu’on est habitué à lire des romans à énigmes, des thrillers bien ficelés, des polars et du fantastique, « Les sept morts d’Evelyn Hardcastle » est cousu de fils blancs — et de gros.
Si le côté Un jour sans fin est présent, je cherche encore la référence à Donwton Abbey… Voyons, parce qu’il y a la présence de domestiques dans un manoir ? D’ailleurs, au sujet des serviteurs, j’ai eu la surprise de voir le mot » servant » tel quel en français (au masculin) à un moment. Pourtant, ça n’a pas le même sens…
Bref, au fil des pages, on a hâte de savoir ce qui va enfin se passer, tout étant un peu fouillis. Mais cela reste long, fastidieux et un peu ennuyeux.
Quand j’ai refermé le livre, j’ai fait : « Ah, et c’est tout ?  » 😂. Oui. Tout ça pour ça. Et il y a 500 pages… 🤔
Je sais que le livre connaît un  beau succès(et tant mieux pour son auteur) mais je le trouve faible. Par contre, je me demande s’il ne serait pas intéressant une fois adapté en mini-série par exemple ( on éviterait ainsi les longueurs, les descriptions inutiles, les retours en arrière sans intérêt et les personnages creux).

 

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Premières lignes – 20 juillet

Ayant enfin pu renouveler mon stock de livres à la bibliothèque, j’ai ramené entre autres celui qui suit. Premières lignes percutantes.

« Pa mettait trop de temps à trancher les gorges des garçons.
Près de dix minutes s’étaient écoulées depuis qu’il avait disparu dans la cabane de quarantaine et fie avait passé les sept dernières à en fixer furieusement la porte dorée tout en s’empêchant d’arracher un fil qui pendait de sa tunique noire en lambeaux. Si Pa revenait au bout d’une minute, cela signifiait que les garçons étaient déjà morts de la peste des pécheurs ; au bout de trois, qu’il avait dû mettre à leurs jours. « 

Puisque ça paraît un peu étrange, cette histoire de gorges coupées, je mets tout de suite le résumé, histoire de donner du contexte :

 » Fie fait partie des Corbeaux, la dernière des castes de Sabor. Les intouchables. Avec son clan, elle écume les routes, prenant en charge les pestiférés pour les brûler. En tant que sorcière, elle dirigera un jour son clan et sera responsable de la survie des siens. Son destin semble tout tracé. Jusqu’au jour où, lors d’une mission, elle aide le prince de Sabor à s’évader du palais pour le soustraire à une énième tentative d’assassinat. Fie négocie alors avec lui un pacte sacré : si elle conduit le prince en lieu sûr, il promet, une fois roi, de protéger les Corbeaux. Mais il faudra pour cela déjouer bien des pièges et des trahisons…

Merciful crows dont c’est le premier tome : La voleuse d’os ( deuxième à paraître en VO cet été) est donc une série fantasy jeunesse/Y.A  (je dirais plus Y.A que jeunesse) signée Margaret Owen.  L’intrigue en elle-même est basique — et efficace : emmener deux protagonistes à un certain endroit après avoir conclu un pacte malgré les nombreux dangers et surtout échapper à des poursuivants toujours de plus en plus actifs. Le principe du voyage du héros.
Sauf qu’il s’agit d’une héroïne et que lors de sa quête, elle va tomber amoureuse.
L’univers de Merciful Crows (Sabor) est intéressant. Le système des castes n’a rien de nouveau mais comme toujours, je préfère un processus bien rôdé et habilement utilisé que quelque chose de soi-disant innovant qui ne tient pas debout. Ces castes hiérarchisées selon le mode « oiseau » sont vraiment bien faites : à chaque caste est liée un don (désir, traque, sang, ….). La magie est donc présente aussi.
Côté personnages, on suit essentiellement Fie, l’héroïne et les deux protégés, le prince Jasimir et son garde du corps Tavin. Les personnages secondaires sont brièvement décrits et mériteraient parfois d’être un peu développés : Pa, Hangdog (l’ex de Fie).
Puisque j’en suis à parler des points faibles, j’ai remarqué également que les scènes d’action restaient souvent imprécises dans leur description. On en vient à se demander qui se trouve où et comment il ou elle en est arrivé.e là…  C’est un peu gênant dans la mesure où le reste est particulièrement agréable à lire. Il y a des dialogues percutants, sur le pouvoir, l’oppression…. Et il y a de l’humour.
J’en viens à la romance qui tient une part importante dans le livre. Il est vrai qu’au début, j’ai levé les yeux au ciel en voyant la jeune Fie s’amouracher du (beau) noble en fuite. Stéréotypes, nous voilà ! Ce qui paraît étrange car l’autrice ne donne pas du tout dans le cliché : elle place un personnage non-genré (Madcap – un bel emploi du « iel » ). Elle évoque ouvertement la bisexualité du prince et de son garde du corps sans compter les mariages entre personnes de même sexe (la tante du prince, par ex. qui a des époux et des épouses). D’ailleurs, l’histoire d’amour n’est pas si neuneu que cela ; elle est plutôt intense. Il s’agit plutôt de quelques passages un peu mièvres qui affaiblissent l’ensemble. Ou alors, peut-être s’agit-il d’ajouter un ton plus doux dans un univers particulièrement sombre ? Ce serait alors bien trouvé de la part de Margaret Owen. A ce sujet, il y a des scènes qui relèvent de la fantasy pour adultes…. Bien glauques.

J’ai passé un bon moment et j’aimerais volontiers connaître la suite des aventures de Fie et des autres. Voilà un roman qui va aller droit dans le Challenge de l’Imaginaire.

Illustrations réalisées  par l’autrice :

Merciful Crows, tome 1 : La Voleuse d'os par Owen

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