Premières lignes #8avril

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

Les 1ères lignes de cette semaine viennent d’un texte à mi-chemin entre le récit et l’autobiographie qui a fait assez parler de lui suite à l’élection de Donald Trump.

 

Quatrième de couverture pour planter le décor:

Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter.
Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

Ce qui est intéressant, c’est l’ouverture du récit par ces mots:

« Je n’ai pas écrit ce livre parce que j’ai fait quoi que ce soit de remarquable. Au contraire, je l’ai fait après avoir réussi une chose assez commune qui, pourtant, n’arrive presque jamais à ceux qui ont grandi là où je suis né. Car, voyez-vous, je viens d’une famille pauvre de la Rust Belt, une ancienne région industrielle, ayant vécu dans une petite ville de l’Ohio où l’on produisait de l’acier et qui subit une récession et connaît une découragement croissant d’aussi loin que remontent mes souvenirs. »

Et, en effet, l’auteur âgé de  32 ans lors de la publication de son autobiographie n’a pas tant de choses à relater sinon une enfance mouvementée et la réalisation du rêve américain ou, comme il le répète assez souvent dans la dernière partie du livre: « comment j’ai réussi » – si tant est que la réussite personnelle soit liée au nombre de dollars sur un compte en banque – mais je chipote….

Lecture intéressante, particulièrement la 1ère moitié qui concerne les origines de sa famille, l’enfance de l’auteur, « Hillbilly élégie » est bien documenté et ressemble presque à un essai, du moins au début du livre.
L’auteur n’explique pas « pourquoi les petits blancs pauvres ont voté Trump », l’astuce vendeuse de l’éditeur étant un peu facile, sur ce point; mais par la description de la vie des hillbillies, son expérience personnelle, on comprend mieux ce qui se profile derrière ce refuge dans la xénophobie et l’ultra-conservatisme (l’auteur ne se cache pas être lui-même un conservateur).

C’est là un récit très honnête, souvent poignant.
Malheureusement, la partie qui relate l’ascension sociale de l’auteur est assez fatigante et pleine de répétitions (je dois dire que j’ai lu le dernier tiers en grande diagonale, ne perdant pas grand chose au passage). Pourtant, je ne regrette en rien cette lecture, qui peut être un plus pour un(e) lecteur(rice) européen(ne). En effet, nous sommes assez perplexes devant ce vote (Trump) et parfois, nous oublions – ou ignorons ce qui est fort compréhensible- certaines réalités qui ne nous touchent pas forcément.
Pour finir, je me ferais l’avocat du diable en ajoutant que nous avons ici même en France nos  propres « hillbillies », (votant Le Pen ou Wauquiez et consorts) , et les solutions pour tenter de réduire la pauvreté ou la précarité sont loin d’être plus efficaces que celles apportées par les politiciens américains.(mais je dis ça, je ne dis rien, bien sûr).

Hillbilly élégie – J.D Vance 
Editions Globe
Traduit de l’anglais
(États-Unis)
par Vincent Raynaud
288 pages
22 €

 

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14 réflexions sur “Premières lignes #8avril

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  2. He thinks he explained why that social segment voted for Trump but I am not sure every critic agrees with him. It’s also personally repellent to me that he argues against various kinds of ameliorating social programs although he’s clearly been the beneficiary of several. This sort of « self made man » story that doesn’t acknowledge that he was probably admitted to Yale Law School precisely for what are essentially affirmative action reasons (because he was different from their usual student, so they overlooked his faulty preparation) really tires me out. (I went to college on the same basis, so I certainly don’t object to it. I just wish people wouldn’t lie about it).

    I guess he’s planning a future as a politician.

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